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Full text of "L'histoire Des États-Unis D'Amérique"

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Miéigm 

' «'7 ~ l îiim ^ 



r n.miRTciniv. 



/L'HISTOIRE 



/ • 



DES ETATS-UNIS 



D'AMERIQUE. 

PAR C. O. -BARBAROUX, 

AVOCAT, BOT. 






Edition revue et conigée pour Tusage des Écoles. 



PHILADELPHtA t 
HOOAN &THOMPSON. 

1836. 

1 






V ~ 



;54 



* • 



Emtbrrd according to the Act of CongreM, in the year 1833, 
by John Frost, in the Clerk^s Office of the District Crourt of the 
Eastem District of Pennsylvania. 



8TBRK0T7PRD BT L. SOWHBOTH—PkiloddpHa. 



ADVERTISEMEPJT OF TIIE AMERICAN EDPTOR 



.. Thb following " Hiatory of Ihe United States" 
hflfl been selected from a seriea of French publi- 
cations of H similar character, and prcpared for the 
use of schoola in this cauntry. It appeara to be 
written with strict impartiality, and so much care 
and labourhavebeenbeEtowcd oa the work by Ihe 
aulhor, ihat only a few and very slight alterationa 
in tfie lext, hâve been found neceasary in order to 
render it a proper nianual foc ihe young American 
reader. Beeidea makiog thèse altérations, the 
editor hs3 added a set of questions for reviewing 
the leason afler tranalating it in tlie clasB. Aa 
thèse refer to the sensé, and catinot be anawered 
without a cotrect understanding of tbe French 
test, it ÎB beiieved tbcy will render the work a 
piDEt désirable class book in ail our schools where 
French language is studied. 
The views of our history presentetl in tbis work 
sre Iboae of an intelligent and impartial foreigTier. 
Thcy présent the subject in an uspect somewhat 
varied by the position of the writer, Irom thst in 
which we are accoatomed to regard it ; bnt atiU 



tel 

r 



4 ADVERTISEMENT. 

in a point of view, as flatter ing to our 
pride» as it is fàvourable to the culti\ 
patriotic fèelings and sentiments. 

"The editor hopes and believes that tl 
tory** will prove to be a yery interesting 
■8 mefal dass book, for stodents in thc 
langnage. 



DES ËTATS-UNIS 
D'AMÉRIQUE. 



PRÉAMBULE. 

La république des Ëtats-Unia d'Amérique 
occupe uoe vaste partie de t'Aïuprique septen- 
trionale, burnée, au nord, par les grsnda lacs el le 
Canada; au midi, par le gx>lfb du Mesique; à 
l'orienl par l'océan Atlantique; à l'occident, pu 
l'océan Pacifique et le Mexiciue. L'étendue de 
ses eûtes sur l'Océan, depuis la nouvelle Ecosse, 
au Bord, jusqu'à 1b limite ouest de la Louisiane, 
est de plus de neuf cents lieues. Ses ports la 
rendent maîtresse de k navigation du golfe du 
Mexique, et du commerce de toute l'Amérique 
septentrionale. Sa population est déjà aussi 
nombreuse que celle de plusieurs grands états de 
l'Europe, et la progression dans laquelle elle 
augmente indique qu'elle surpassera bientôt celle 
des plus poputeun. Ses relations s'étendent à 
toutes les parties du monde connu. Cependant il 
. a'j a pas quatre siècles que cette contrée q 



Lendent à | 
lendant il J 
rée * «ta I 

M 




découverte : lea premiers établisseniens qu'y ftt- 
mérent lea Européens, ne remontent pua à t 
cents aos; long-temps elle ne fut qu'une simpls 
colonie; ses peuples ont subi une grande révolo- 
tion ; enfin ils ne se sont constttutéa en état libr^ 
et n'ont commencé leur marche de nation que 
depuis moins d'un demi-siécle. 

Sans un aussi couit espace de temps a été établie, 
«ir des bases touta nouvelles, l'existence politique 
de cette nation, dont les gouvememensde l'Europe 
ont, en peu de jouis, oublié l'origine peu reculée, 
et qu'ils n'ont pas osé traiter en sœur cadette dans 
le partage de la puissance. Les États-Unis 
d'Amérique pèsent aujourd'hui, comme tous les 
grands états, dniu Ja balance politique. Leur 
jeunesse et leur vigueur ont suffi pour les y faire 
admettre à côté de rivaux, qui, souvent, n'ap- 
portaient pour titre que des précëdens historiques 
et leur gloire passée, stériles hochets avec lasquek 
ee consolent les peuples vieillis. 

Plus heureux, l'American n'a point passé par 
les temps antiques, beaucoup trop vantés; il n'a 
point subi le moyen fige, qui fait la honte de la 
civilisation ; son histoire commence avec les temps 



Ce n'est pas que l'Amérique fût déserte avant 
l'époque oîi on la découvrit Des peuplades nom- 
breuses t'habitaient ; mais ces nomades menaient, 
au Betn des forêts, une vie inconnue. Leur in- 



dVhérkiub. 7 

diflêrence pour le paaaé, ol peut (•tto niiasi la nfltce 
pour des hommes simples et doot les passiaaa 
n'inléreasaient paa l'Europe, ont feit le silence de 
leurs annales. 

L'histoire ilea États-Unis d'Amérlqae comprend 
trois époques. 

La première date du premier établissement 
Européen sur leur territoire, et finit à l'insurrection 
des colonies contre la métropole. 

La secoude comprend toute l'histoire de la rËvo- 

La troisième commence à la reconnaissance de 
l'indépendance Américaine par l'Angleterre, et 
s'étend jusqu'à nos joure. 

Elles fourniront la matière des trois dernières 
parties de cet ouvrage. 

Mais, avant que de donner le tnbleau de ces trois 
périodes, il est important de feire savoir, dans uno 
première partie, par quelle succession de travaux 
et de découvertes les peuples de l'Europe péné- 
trèrent dam le Nouveau-Monde, et y établirent 
des colonies, au premier rang desquelles prit 
bientôt place lit république de Wasliington. 

Ici l'intérêt des laits se lie à l'utilité de la science, 
à l'étude des progrès de l'esprit humain et de h 
cinlinlioiL ^^^ 



8 RisUM^ QB l'HISTOIRB 



PREMIÈRE PARTIE. 



D]6C0UVERTE DU NOUVEAU-MONDE. 

Découvertes et navigations des anciens par 
rapport au Nouveau-Monde. 

Pour présenter .le tableau complet de la dé- 
couverte du Nouveau-Monde, il faut remonter aux 
temps antiques et faire connaître en peu de mots 
les entreprises successives qui concoururent d*une 
manière directe à amener ce grand événement 

Dès les premiers temps, des hommes hardis, 
poussés par le désir de savoir ou par les besoins 
du commerce, entreprirent de longs voyages à 
travers les terres, tandis que les premiers naviga- 
teurs parcouraient les côtes. De là résulta une 
première connaissance de la forme du globe et de 
la position dei dhrerses régions.* 

Les Égjrptimif paraissent être les premiers qui 
se soient livrés au conmierce maiitime. Peu de 
temps après rétablissement de leur monarchie, ils 
trafiquèrent sur le golfe Arabique et la côte occi- 
dentale de l'Inde. Mais bientôt leurs institutions 
religieuses et la fertilité de leur sol, concentrant 
leur industrie dans leur propre pays, leur firent 
abandonner les expéditions lointailies. 



Les Phémciena, an contraire, dont k patrie ne 
pouvait acquérir de l'importance que par le com- 
merce, éCeodireut promptemcut leurs relatïoiiB dans 
toutes les mera, et devinrent les principaux iiui> 
chanda du monde. Ils osèrent mÉme franchir le 
détroit de Gadés,* et vïaitérent les câtea occidea- 
taies de l'Uespérie. 

La prospt!rit« des Phéniciena éveilla l'altentioa 
des Juifé, leurs voisins; mais les institutions sin- 
gulières que leur prophète-législateur avait établies, 
empfcbérent long-temps Tesprit ào commerce de 
s'introduire parmi eux. Ils se bornèrent à quelques 

Instruits à leur tour por les Phéniciens leurs 
fondateurs, les Carlhaginois s'adonnèrent avec 
activité à la navigation. Tandis que leur métro- 
pole étendait son commerce dans l'Orient, ils 
dirigèrent leurs expéditbna vers le Nord et l'Oc- 
cident. Ils passèrent le détroit de Gadès, et fireDt 
le tour de l'Espagne. Ils descendirent aussi le 
long des eûtes de l'Afrique, jusqu'à» tropique da 
Cancer, et découvrirent les Les Canaries, qu'ils 
appelèrent Forlunées, et qui furent pendant plu- 
BÏeure siècles la dernière limite de la navigation 
_ dans l'Océan occidental. 

Bientôt les récits des navigateurs éveillèrent la 
' é et l'esprit d'observation. On tenta des 




r, aiul iRNlé de ii ville île Cadix. 



J 



10 RESUME DE L^HISTOIRE 

découvertes dans le seul but de connaitre miet 
la terrre. 

Les preùiiers voyages de ce genre dont l'histol 
ait conservé le souvenir, sont ceux d'Hannon 
de Himilcon. Le Périple d'Hannon nous apprei 
qu'il suivit la côte occidentale de l'Afrique, d 
couvrit l'île ie-'Cemé, aujourd'hui Gorée, et qu 
poussa jusqu'au cap des Trois-Pontes, sur la cà 
de Gainée. Hérodote rapporte qu^une . flotl 
équipée par Nécho, roi d'Egypte, partit de la m 
Rouge, environ 604 ans avant l'ère Chrétienne, 
le tour de l'Afrique et revint par le détroit ( 
Gadès. Pline prétend qu'Eudoxe de Cyziqi 
exécuta aussi ce périlleux voyage. 

Les Grecs à leur tour se livrèrent à la navigatic 
Leurs expéditions furent toutes dirigées ve 
l'Orient, et eurent pour but des entreprises militain 
Alexandre considéra comme un des plus gran 
événemens de son règne le voyage de Néarqi 
dans rinde. 

Les Romains furent les premiers qui, dans le 
navigation, abandonnèrent le^ côtes et se livrére 
au cours régulier des vents. Leur commerce ( 
rinde leur apprit à suivre la mousson, et à navigu 
en pleine mei: pendant son mouvement périodiqu 
C'est le pas le plus considérable qui ait été û 
dans la navigation pendant toute la durée de 
puissance Romaine. 

Toile était cependant l'imperfection de l'art 



D'AMâuQUIL 11 

fetat des connaiâsances humaines, que les anciens 
se figuraient la terre divisée en zones, dont les 
seules convenables à l'homme, selon eux, étaient 
les tempérées ; les zones glaciales et la zone torride 
étant .également inhabitables. Cette opinion re- 
tarda même lés découvertes, des plus hardis marins 
josqu^à la fin du moyen âge. 

Les anciens ne connaissaient du monde, en 
Eoic^e, que les provinces situées à l'oH^t de 
l'Allemagne et au midi de l'Angleterre ; en Afrique, 
que celles qui bordent la Méditerranée et le golfe 
Arabique; en Asie, que les pays situés entre 
l'Europe, la Grande-Tartarie et le Gange. Ce- 
pendant ils se livrèrent avec persévérance à l'étude 
de la géographie, et, vers le second siècle de l'ère 
Chrétienne, Ptolomée publia une description du 
globe terrestre, qui a servi de guide à tous les 
voyageurs modernes, et que les Arabes furent les 
premiers à traduire et à s'approprier. 

Moyen âge» 

Le goût des Arabes pour les sciences, et prin- 
cipalement pour la géographie, donna lieu S une 
ibole d'observations curieuses sur la forme du globe 
et ses dimensions.- Mais leurs recherches et leurs 
travaux ne pénétrèrent point en Europe. En 
Espagne jnême, la nation conquise ne profita pas 
des études des conquérans, et ce ne fut qu'a l'époque 
des croisades que les Vénitiens Tapi^xlèt^uX. <^xl 



12 RESUME DE l'histoire 

commerce des Sarasins les connaissances de Pancien 
monde. 

Treizième et quatcrzième siècles. 

Les voyages .dans TOrient du Juif espagnol Ben« 
jamin, du Vénitien Marco Paolo, de l'Anglais 
John Mandeville, ranimèrent, dans le 13** siècle et 
au commencement du 14% l'esprit de recherche et 
l'amour des expéditions lointaines. 

(1302) Ce fut en ce temps que Flavio Gioïa, 
bourgeois d'Amalfî, ville du royaume de Naples, 
conquit à jamais l'empire des mers par l'invention 
de la boussole: toutefois les navigateurs ne se 
hasardèrent à entrer dans les mers qui n'avaient 
pas encore été fréquentées, qu'environ cinqàunte 
ans après. Alors seulement la marine prit un 
caractère plus hardi. 

Dans ce même siècle, l'esprit de piraterie qui 
animait les Normands développa encore le goût 
des découvertes. 



f 



Q^inzième siècle. 



Néanmoins, au commencement du 15' siècle^ 
l'aTt de la navigation n'était gfuère plus avancé 
qu'avant la chute de l'empire Romain. 

Alors les Portugais, dont les guerres continuelle» 
avec les Mahométans avaient exalté le courage 
aventureux et développe le génie entreprenant^ 



le livrer aux grandes expédifiona 
navales. 

Je«n t" vensit de tbire la pabc avec le roi de 
Ciistille. Pour utiliser l'activité de ses tmapea, 
(1411) il arma une flotte contre les Maures, dont 
il détacha quelquea vaisseaux, chatgêB de naviguer 
sur la câte occidentale de l'Afrique. Ceux-ci 
doublèrent le cap Non, qu'on regardait comme le 
terme de la navigation possible, et s'avancèrent 
à soixante lieua au-iîelà, jusqu'au cap Boyador, 
qu'ils ne crurent pas pouvoir taumer. 

C'est de cette entreprise peu importante que 
dttte l'époque où l'esprit de découverte brisa les 
burières de l'autre hémisphère. Elle ranima le 
goût des études géographiques et le souvenir des 
tentatives feitcs par les anciens- 
Un des fils du roi Jean, Henri, duc de Viseo, se 
déclara le zélé protecteur de ces sortes d'entre- 
prises. Ilanna successivement plusieurs escadres 
qui découvrirent, en 1418, Porto-Santo, et l'année 
suivante Madère, où on transplanta des cannes à 
sucre venues de Sicile et des vignes de Chypre. 
Le sucre et le vin de Madère divinrent en peu 
d'années des objets d'un commerce considérable. 

BicnlAt ces navigateurs descendirent jusqu'à la 
rivière de Sénégal, et la dépassètent même. 

Ces découvertes donnèrent il la marme por- 
UigÛM une lêpulatitm extraordinaire; et des 



'\ 



14 RESUME DK L'mSTOIRiS 



aventuriers, venus de toutes les parties de l'Europe^ 
briguèrent l'honneur d'y servir. 

Les règnes suivans furent aussi remarquables 
par les travaux de la marine portugaise ; et, sooB 
Jean II, Barthélémy Diaz toucha au Cap de Bonne- 
Espérance. 

Il faut remarquer ici que presque toutes leB 
découvertes faites sur les limites occidentales du 
monde connu, avaient eu pour objet la recherche 
d'un passage pour aller dans l'Inde, en fiiisant le 
tour de l'Afrique. 

Tous les têtes rêvaient à ce but, lorsque le 
bruit se répandit tout à coup qu'un navigateur 
avait touché à un continent, en suivant la route 
précisément opposée et en marchant toujours verB 
l'occident Cet homme, dont le puissant génie 
s'était dirigé hors des voies connues avec une 
confiance absolue, une audace inouie« était Chris- 
tophe Colomb. Mais le continent qu'il avait 
découvert n'était pas l'Inde, c'était VAmérique, 
à laquelle un aventurier plus heureux donna son 
nom. 

Ce fait, si important dans l'histoire qui nous 
occupe et dans celle de l'espèce humaine, mérite 
d'être rapporté avec quelques détails. 

Découverte de V Amérique par Christopîie Colomb, 

Christophe Colomb, né sujet de la république 
de Gênes, sans qu'on sache précisément le lieu ai 



p'AMÉHlqnE. 15 

e, embrassa dëa son en lance 
la profession de marin. Bien jeune encore, U lît 
tiB voyage au pôle arctique. Jelê, après un combat, 
«ur les eûtes du Portugal, il prit du aervice B«r 
les vaisseaux de ce pajrs, fît plusieurs voyagea aux 
Canaries, aux Açores et sur la côt« de Guinée.* 

Tous les esprits étaient à cette époque tour- 
née vers les découvertes et surtout vers le pasage 
de l'Inde. Colomb remonta aux principes qui 
avaient guidé les premiers navigateurs, mËdila 
profondément sur leurs diverses tentatives et 
ttcquit enfin la conviction qu'il était poiisible d'exé- 
cuter par d'autres moyens l'enterprise qu'ils 
avaient conçue. Plusieurs objets trouvés en mer 
à l'ouest de l'Afrique, annonçant des terres et des 
hommes, l'autotité d'Aristote et de Sénèque, qui 
placent les Indes à l'occident de l'Espagne, celle 
de Platon, (jui suppose, son Atlantide an même 
endroit, les probabilitiés géographiques, et surtout 
cet instinct secret qui pousse le génie vers les 
vérités cachées, le convainquirent que la navigation 
vers l'ouest de l'ancien monde conduirait néces- 
l'Indfe ou vers d'autres terrea io- 



Plein de cette grande idée et fier de pouvoir ' 
doter sa patrie, il propoea son projeèt au sénat 
Gênes, qui le rejeta comme chimérique. L 
■ n rui le tendra ei l'h^iiiiei de Banb^Jemr FnreMMIo, qHi 
^riWtil dilmuvprl Mxlili»- 



j 



16 RESUME DS l'hIBTOIRB 

Portugais, auxquels il en fit ensuite homma^ 
nourris du préjugé que la route de Tlode devait 
être ouverte vers TOrient, n'adoptèrent pas on 
plan qui bouleversait tout le système reçu. Ce- 
pendant ils en tentèrent en secret, mais infruc- 
tueusement, Tezécution. Colomb, irrité de cette 
perfidie, envoya son frère Barthélemi en Angleterre 
pour y proposer son projet à Henry Vil (1484) et 
lui-même se rendit en Espagne pour le présenter 
à Ferdinand et à Isabelle, qui gouvernaient akn 
les royaumes unis de Castille et d'Aragon. 

Les retards qu'il éprouva pendant buit années^ 
les disgrâces qu'il eut à* supporter, les jealoosies 
dont il fiit l'objet, auraient dégoûté tout homme 
moins convaincu et d'un caractère moins fort que 
Colomb, n résista à tout, et, secondé par quelques 
honmies instruits et amis de leur pays, il obtint 
enfin le commandement d'une petite escadre avec 
le titre de grand-amiral et de vice-roi de toutes 
les terres qu'il découvrirait 

Ce futile 3 août 1492 qu'avec trois petits bÀ- 
timens mal équipées, Colomb mit à la voile du port 
de Palos en Andalousie, à la vue d'une fi)ule de 
spectateurs. Il toucha à Goméra, l'une des Car 
naries, et en repartit le 6 septembre en tirant vers 
l'ouest Cest de ce jonr que commence véritable- 
ment le voyage pour la découverte du Nouveau- 
Monde. 

Les veata aliaée le conduiaxent lapidemeut à 



fUC. 



d'amskiiive. 17 

nne grande diataDce des Cftimiies. En (ranchisaant 
des liinites qui n'avaient jamais été ilépassëes, ses 
marins ae livrèrent à de vives inquiétudes; pour 
leBdiealper il disaimula une partie du chemb qu'on 
taisait^ mais leê CTaintea de née compagnons au^ 
mentant ohnquo jour, il sut en prévenir les consé- 
quences en multipliant les tables, les encourage- 
mens, les traits de fermeté, avec une supériorité, 
one force d'arae et une présence d'esprit incon- 
cevables. 

Le soir du 11 octobre, quoiqu'on n'aperçût qu6 
le ciel et l'eau, il et prendre à ses vaisseaux des 
précautions polir qu'ils ne fussent pas jetés à la 
cûte. Tous les équipages veillèrent Vers dis 
heures du soir, Colooib, place sur le gaillard 
d'avant de eO[i vaisseau, découvrit le premiiir et 
fit voir à plusieurs de ses gens une lumière qui 
était en mouvement à peu de distance. Un peu 
après minuit on entendit crier : terre, d'un des 
de l'escadre qui était en avant Au 
aperçût distinctement vers le nord une île 
pUte et verdoyante, couvert* de bois et arrosée 
plusieurs ruisseaux. L'Amérique était dé- 

Aa lever du soleil les équipages s'avancèrent 
ide la musique, enseignes déployées. 
Colomb fut le premier qui mit le pied dans la 
Nouveau-Monde, le vendredi 12 octobre 1492 ; il 
jB jvit flolennellement pcsBeenotL wi.u;«iiiîNs^i^'^ 



18 BESUIIS DB l'hiSTOIRB 

et de f^rdinand, pendant qu'un grand nombre de 
naturels du pays entouraient avec étonnement lei 
Européens. 

Ces habitans avaient la peau couleur de enivre 
foncé, ,1a physionomie douce et le corps bizarre- 
ment peint de couleurs éclatantes. Leur île porte 
encore le nom qu'ils lui donnèrent, celui de Gua- 
nabani : c'est une des Lucayes. 

Colomb découvrit, peu de jours après, Cuba et 
St-Domingue, qui vient de reprendre son nom 
originaire, celui d'Haïti, et qui a vu, en trois cents 
ans, trois races d'hommes tour à tour maîtresses 
de son soL 

Les Antilles étaient découvertes, et le pas qu'il 
y avait à faire pour arriver au continent allait être 
franchi. Un événement ordinairie manqua priver 
le monde du fruit de ces travaux. Colomb, qui 
voulait announcer lui-même les résultats de son 
entreprise à la cour d'Espagne, fut assailli à son 
retour par une efiroyable tempête. Croyant 
que le vaisseau allait périr, ce grand homme ne 
voulut pas que sa gloire fût anéantie et l'humanité 
dépouillée des avantages de son entreprise, n 
écrivit à la hâte sur du parchemin une relation 
abrégée de sa découverte. Il la mit ensuite dans 
un gâteau de cire, enfermé dans un tonneau qn'il 
jeta à la mer, avec l'espoir qu'il serait poussé vers 
quelque côte habitée. Tranquille alors^ il ne 
redouta, plus rien des élémens. Mais le aort lai 



» 



RESCHE BK L'HiaroiRE 

it d'accomplir lui-même 8on ouvrage. De 
retour en Espagne, comblé de glorieetd'bonneutB, 
il fit successivement plusieurs voyages aux Antilles, 
les reconnut presque toutes, et enfÏD le 1* août 
1498, six ans apiès sa première découverte, il 
descendit sur la côte nord-est de l'Amérique méri- 
dioDaJe, à l'embouchure de l'Orénoque. 

Oublions ici ChrJatopbe Colomb, que l'ingratitude 
des rois laissa mourir dans la disgrâce, et qui lit 
ensevelir avec lui les fers dont le soupçonneux 
Ferdinand avit osé le faire cliarger, en récompense 
de ses bienikils et de son génie, et, passant sous 
silence toutes les autres découvertes de cette 
époque, hâtons-nous d'arriver à celle du psjs dont 
nous retraçons l'histairc. 

Dicouvrrtei det Anglais en Amérique. 
Henri VII régiuit en Angleterre. La nation, 
épuisée par-^ea discordes intestines et par les 
mutiles efforts c^u'clle faisait pour conquérir Ir 
France, n'avait pas encore tourné ses pensées vers 
l'art de la navigation, qui fait aujourd'hui sa puis- 
sance. Quelques faibles navires portant les pro- 
ductions d'un comté k l'autre comté, telle était la 
marine Anglaise au moment où les Espagnols pre- 
naient posaeœion de l'Amérique du Sud et du 
golfe du Mexique, où les Vénitiens v' " 
l'Orient, oii les Portugais, s 



MOA^B^^I 



20 d'ameriove. 

rance, ouvraient la route si loni^mps cherchée 
de rinde. 

Henri VII, auquel Berthélemy Colomb avait 
offert inutilement les services de son frère avant 
que l'Espagne les acceptât, fut vivement aiguillonné 
par le succès de ce grand aventurier. Mais il 
n'avait pas assez de conÇance dans les navigateurs 
anglais pour leur donner la conduite d'une entre- 
prise du même genre. • H choisit donc Jean Cabot, 
Vénitien, pour commander Texpédition qu'il voulait 
envoyât à la recherche du passage de l'Inde» 
unique but des entreprises navales de cette époque. 
Cabot partit de Bristol, et ayant navigué quelque^ 
semaines droit au nord-ouest, il découvrit la grande 
île de Prima Vista, ou Terre-Neuve^ et le continent 
de l'Amérique, depuis le Labrador jusqu'à la Vir- 
ginie (4 juin 1497.) Comme le véritable but de 
son voyage n'était pas rempli, Henri en considéra 
les résultats comme sans importance pour luL 

Peu après le voyage de Cabot, l'Espagnol Juan 
Ponce de Léovi découvrit la partie la plus méridio- 
nale de l'Amérique du nord, qu'il appela du nom 
de Floride (1512.) Cet aventurier, crédule comme 
l'étaient les nouveaux hôtes de l'Amérique, cher- 
chait, avec des contrées à conquérir, une île 
miraculeuse où les Caraïbes lui avaient appris que 
coulait une autre fontaine de Jouvence. 

Ainsi se trouva connue la majeure partie de la 
côte est de l'Amérique Mpteixtnoinl^ ^ wsot 



D AHERlttUE. 

EJlués les Étsls-Unis. Nous en verrons 

ment chaque partie reconnue, peuplée 

en gouvernement colonial, former une sorte de 

république BÉparêe et s'unir enSn avec les gou- 

vernemens voisins dans l'intérÉt commun de la 

liberté et île l'indépenâance. 

Suspendons un moment ici notre marche pour 
jeter un dernier regard sur le 15" siècle, qui vient 
de finir. Le 14° avait été assez riche de l'inven- 
tion de la bouBsole, le 15* vit celle de l'imprimetie,* 
qui réveilla l'amour des Bcienccs, d'uù naquit 
l'esprit des découvertes. Dans les derniérea 
années de ce siècle le monde ancien fut dépouillé 
de la rouille du mojen Age, et l'esprit humain fit 
plus de progrès dans la connaisfonce du globe qu'il 
n'en avait fait depuis l'origine des tempa Les 
découvertes semblèrent inhérentes à l'époque. 
L'Amérique même parut ne pouvoir plus être hors 
de l'univers connu. Si Colomb, guidé par la pré- 
vision d'une autre terre, ne l'eût pas trouvée, quel- 
ques années plus lard, Alvarés Cabra!, que le 
baeard y conduisit, l'aurait rencontrée. 

Cependant ne soyona pas injustes envers ceux 
vinrrait auparavant Si l'on a regardé comme 
de Guillaume Poetel que, même avant 
Jésus-Christ, les Gaulois aient fréquenté fréquem- 
ment les eûtes de l'Amérique septentrionale, on 
convient qu'au ItC siècle (982,) les Norwégien» 



^ .T«ii 



• uân. 



M 



22 RESUME DE l'HISTOIRE 

passèrent du Groenland, où ils avaient touché, à 
rtle de Terre-Neuve, D est encore certain qu'en 
1504 le9 marins bretons et normands y péchaient 
déjà^la morue. Le pays était donc connu aupara- 
vant Les côtes du Canada devaient l'être égale* 
ment, puisqu'en 1506 un Français, Jean Den3rs de 
Honfleur, donna une carte du golfe oii se jette le 
fleuve Saint-Laurent, qu'avait déjà remonté l'Ëspag* 
nol Velasco pendant rispace de 200 lieues. On 
rapporte encore qu'en 1508 un pilote de Dieppe 
amena en France un Canadien, 

Les discordes de François I" et de Charles- 
Quint, et ensuite les diâ^rens de l'Angleterre avec 
la cour de Rome, occupèrent trop Henri VII pour 
qu'il se livrât à de nouvelles expéditions. Sous le 
long règne de Henri Vm et sous ceux d'Edouard 
VI et de Marie, la nation anglaise, é*ab(»rd trop 
divisée, ensuite presque soumise à l'Espagne, fie 
songea pas à établir des cbîouies en 'Amérique. 
En un mot, soii^ante-un ans s'étaient écoulés depuis 
la première découverte du nord de ce continent 
sans qu'on y eût formé aucun établissement. \ 

Lorsqu'£]isal)eth monta sur le trône, elle recon- 
nut aisément que l'avenir d'un peuple dont le pays 
était environné par la mer, était fondé sur set? 
fbrces navales. Elle dirigea l'activité àtrwB sujets 
y^rs l'art de la navigation, et protégea les entrer 
prises qui tendaient à la populariser. 

Squ9 ce règne, Frobisher visita plusieurs fins les 



AMERIQUE. 28 

côtes inhospitalières du Groenland et du Labrador . 
(1576*1578,) Drake, ayant doublé le cap Horn, 
longea les rives occidentales des deux Amériques ; 
Humphry Gilbert (1580) et Raleigh (1584-1587) 
tentèrent successivement d'établir une colonie à 
Terre-Neuve et dans la Virginie, contrée à laquelle 
Elisabeth donna cet heureux nom pour rappeler 
que la découverte en avait été faite sous l'autorité 
d'une reine qui n'avait pas subi le joug du mariage. 

Mais ces travaux n'eurent que peu de succès, 
malgré la constance et la capacité de Raleigh. 
La colonie, établie en vertu d'une charter royale 
(1578,) fut plusieurs fois détruite par les sauvages 
et plus encore par la famine. Un seul fait peut- 
être offre quelque intérêt, au milieu de tant de 
minières dont le tableau déchire le cœur. Vers 
1588 vint au monde dans la colonie le premier 
eo&nt né de parens anglais. Virginie fut le nom 
de cette fille qui, la première, prit possession au 
nom de l'Europe, et sans esprit de retour, de cette 
8Utre patrie, et qui commença le peuple Américain. 
* Toutefois cent six ans s'étaient déjà écoulés 
depuis le premier voyage de Jean Cabot, sans que 
les Anglais eussent formé un seul établissement 
stable en Amérique^ sans qu'ils en eussent retiré 
autre choM que l'usage, pris des Indiens et déjà 
répandu parmi les Espagnols et les Portugais, de 
iîimer du tabac. 

A cette époque, et \a deTuièie T«v»fe^ ^^a^ ^"©^ 



24 RBBun m L*Bnrraisi 

d'Elisabeth (1602,) Gosnold étant parti de Falmootii 
pour TAmérique, navigua droit à FOnest» au lien 
de descendre vers les Antilles, selon Tosage 
d'alors. Ayant touché à la baie de MaasachnsettiS 
dans PAmérique du Nord, il fut de retour en quatre 
mois, et réduisit ainsi des deux tiers la kngûear 
du voyage an Nouveau-Monde. 

De r Amérique et de ses HabiUtns. 

En ce temps PAmérique avait été explorée par 
les Anglais sur toutes ses côtes. Les Espagnols 
Pavaient parcourue intérieurement en divers sens 
et y avaient envahi de grands empires. Elle était 
aussi bien connue que Pavait permis le caractère 
peu observateur des première conquérans. Divisée 
en deux grandes portions, dont Pune s'étend an» 
dessous de la ligne à plus de huit cents lieues vers 
le pôle sud, dont Pautre paraît toucher au pôle 
nord, et qui sont séparées par le golfe du Mexique, 
comparable à une vaste mer Méditerranée, elle est 
placée à la fois sous toutes les latitudes et ofiVe un 
sujet fécond à Phistorien, au naturaliste, au peintre, 
au philosophe. 

L'Amérique du Nord, qui seule doit nous occuper 
ici, est incontestablement et sera long-temps encore 
la plus reoiarquable des deux grandes divisions du 
Nouveau-MoiMde. A Pépoque où est arrivée cette 
histoire, la cognée de PEuropéen n'avait pss 
encore fnppé au cœur les immenses ^tto ^seoi \à 



DAHERIQUE. 25 

~ couvraient; et ces forfits, à mesure qu'elles 
B'dviuiçaieiit vers le Nord, ee dépouillaient des 
lianes et des pkntea rampantes du Midi, pour 
laisser errer les regarda sur les prairies sons fin qui 
se déroulaient entre les troncs élancés de lean 
arbres. Un climat tempéré, assiûni par un Jroid 
vif en hiver, par dos venta réguliers en été; un 
oiel constamment pur, un sol genËTalemont fertile, 
où les rivières, n'étant pas embarrassées par les 
plantes basses, n'avaient pas bit de rréquena dé- 
bordemens, une oontréo silencieuse et monotone: tel 
fut le pays qui s'ofirît aus premiers Européens qui 
descendirent dans l'Amérique Septentrionale. Ia 
nature végétative les éturma par sa puissance ; 






de 

débilité remarquable. Des animaux d'espèces peu 
multipliées* el privés d'énergie, fuyaient dona des 
(otÉts sons broussailles ni bruyères qui pussent les 
dérober à l'adresse des hommes, et les animaux 
qu'on y transporta d'Europe dégénérèrent bient<)L 
L'homme lui-même n'était point entièrement 
échappé à cette loi. Les naturels du pays, quoique 
grands et bien faiu, étaient moins robustes et plus 
timides que les Européens. Ils étaient plus propres 

■ Oq he muTm que qnntrfl wpveea At quadiupÉiln daofl le* 



^^BoOiia, 



S6 REHVMK DE LIIIBTOIBG 

h supporter Ici fatigues de la course quo les p4 
(iu truïail. J* front rétréci et couvert, le» y 
petilH et pcrçane, te vÎBOge large et presque* q 
barbe, les lëvrca épniiacs, les oreilles grandes^ 
cheveux noirs, longs, ruiics, la peau unie 
poil, une plijsïoQoniic mélancolique, tel eat^ 
portrait de tous les naturels de l'Amérique. Ijeto- 
peau, couleur de cuivre, n'éprouve que très-peu ds 
changcraens psr la diUerence des latitudes. 9od« 
la ïooe torride on n'u point trouvé de nègres; 
mais ceux qu'on y a transportés jiar la nuito de» 
câtea d'Afrique, ont conservé toutes leurs forcw) 
tandis que !ee autres hommes les perdent sons C8 
ciel énervant. 

Mais si les habitans du Midi do l'Amérique sont 
d'une mollesse et d'une ignomnco nourries par 
l'absence du travail, sur un sol qui n'a i>ae besoin 
d'être fécondé, à mesufe que l'on s'avance vera 
le Nord les hommes sont plus octife ot plus iit- 
telligcne. Les premiers Bavent rarement compter 
jusqu'à dix ; les autres comptent juaiu'à mille -et 
au-delà. 1a guerre et In chasse, à travers d'im- 
mcnacs déserts où rien ne les arrf'te, l'inclcmence 
des élémens, qu'ils bravent sans cepse, le dé&ai 
fréquent d'alimens, les endurcissent au point de ne 
plus redouter In làim, la fiitigun ni la donleni 
Tout le reste de leurs mœurs fnvariic ces diapoaip 

' Oitt l'uniOmu d'iUlavn aiw ta ttu «luul «ola. a 



Mtftittui:. S7 

tion*. I^sauvnge eii<1ure ta faim plusieurs jours 
aaiiB impatience, et no craint pas de chanter avec 
orgueil aur le bûcher où son ennemi le cooaume 
et le déchire avec (Ici luiclies ardentes. 

Clicz cea noniadcB. la, culture dos terrce ost peu 
de chose, et ils rnlrandotinent aux femniea. Celles- 
ci, achetées de leurs parcns, paient le prix de leur 
hyinon par les Imsaux le* plus rudes, que les 
hommes coneidcrent comme audessaus de leur 
diguitê. Indifiercates & leurs époux, auxquels ]« 
nature semble n'avoir laissé de sens que pour ne 
pomt permettre l'entier anéantisaement de leur 
race, elles nourrissent chacun de leurs enfkni 
pendant plusieurs aiinces et n'en élèvent ordinai- 
rement pas plus de doux, qui périsssnt fréquem- 
ment dans les chasses h travers tes dcaerts. Vic- 
times do leur vie pénible, la plupart des enMs, 
qui naissent mal conformés ou délicats, meurent en 
peu de temps. Si ta mère périt, l'enfiint est guel- 
iiuefuia enterré vivant auprès d'elle: aussi tous 
ceux f[ui survivent Gjrment-ils une race peu uom- 
l>r«use d'hommes bien faits et ag-ilca. 

L'épuisement est rapide cliex le suuvage, qui 
prend peu d'alimens et qui souvent eu est privé 
(tiir son iruuuciance, 11 est en butte h des maladies 
aigu«s T^llnnt du l'inalémence des saisons, ou 
dvê oxcâi qui suivent nécessairement une absii. 
iicoco trop loo^e. Aussi sa vie est-elle génènl«> 



S8 R£8VMK DE L^HISTOIRE 

On accuse aussi les Américtns d'une imprévoy- 
ance et d'une mollesse qui les dégradent Ce re* 
proche n'est pas fondé dans certaines situations de 
leur vie ; car qui ne sait leur force de volonté et 
d'intelligence à la guerre ; quand, après des mois 
entiers de marche, ils reconnaissent à l'herbe 
fraîchement foulée ; aux rameaux brisés des forêts^ 
qu'une tribu ennemie a passé au même lieu, qu'elle 
soit telle direction, que tel est le nombre de ses 
guerriers? Qui ne sait avec quelle précision, a\reo 
quelle étonnante rapidité ils se dirigent dans les 
déserts sans jamais s'égarer ; avec queUe vigueur 
et quelle vélocité ceux des contrées les plus méri* 
dionales conduisent à la rame une pirogue contre 
courant d'un fleuve pendant cinq ou six cents 
lieuen? 

Leur froide et longue inattention n'est que de 
l'Indifférence pour tout ce que les besoins présens 
de la natuVe ne leur inspirent pas. S'ils ne répon- 
dent rien aux exhortations du missionnaire, aux 
questions du voyageur, c'est qu'en ce moment ils 
n'ont pas besoin d'eux. Quand ils contemplent 
les fleuves et les fbrêts pendant des heures entières, 
ils réfléchissent peu au passé ou à l'avenir ; mais 
ils savourent toute leur indépendance. Libres de 
toute contrainte, ils abhorrent le travail ; leur plus 
vive imprécation contre un ennemi, c'est qu'il sent 
réduit ^ labourer un champ ; la même, dit un abbé 




le premier 



s AHllSiqUB. 

pbiioRqihe,* que Dieu prononça c< 
liomme. 

L'origiae ûee AméricaiiiB c 
paTiLissent Armer une race d'hommes à part La 
couleur de leur Cciot se rapproche assez de celui 
des hnbitana du Dord-eat de l'Asie, et Ja tradition 
des Mexicans semblerait indicjucr iju'ila viennent 
de cette partie de l'ancien monde. Daoa cette 
supposition, les Tartares du Nord auraient pénétré 
dans l'Amérique par les îles ijut la séparent du 
Kamtacliatka, lies qui peul-Ëtre joignaient autre- 
fois les deux cootinens, et peuvent en avoir été 
détachées par l'éruption des volcans dont elles sont 
aeniées. D'un autre côté le teint des Esquimaux, 
eemblable à celui des Européens, et la présence 
dans le nord de l'Amérique de plusieurs animaux 
d'Europe peuvent aussi faire supposer que les 
Américains sont originaires de cette dernière con- 
trée. Dana ce cas, les Gaulois du Nord auraient 
peuplé très-anciennement le nouveau continent 
par le Groenland et le Labrador. A l'appui de 
cette opinion on pourrait présenter des rapporta 
dans les mosurs et le langage, qui n'ont été con- 
eidcrée an ce sens par aucun auteur. En 1534, le 
navigsteut Jacques Cartier trouva que les habitans 
de "Terre-Neuve et du Canada partaient les che- 
veux liés Mi-^leeBus do la tête comme un paqitet de 



90 RESUME vm i/hotoibs 

yôtn*** cet usage est absolument le même qoe 
celui des Gaulois et des Sicambres de rantiqiiîté.'l 
Crinibus in nedum tortis vénère Sicambri^ dit 
MartiaLf On sait aussi que les habitans des llei 
de l'Amérique sont dans l'usage de se tatouer et 
de se peindre le corps de diverses couleurs. Césarl 
rapporte que les guerriers du nord de l'Angletene 
se peignaient de la même manière ; ce qui les fit 
appeler Picteê par les Romains. Ces reasemUânp 
ces ne sont pa^de simples effets du hasard. Sont- 
elles le résultat de l'imitation, ou prouvent-elles 
une commune origine? Du moins elles servent 
de jalons à l'historien et suppléent en quelque 
sorte aux documens précieux qu'il eût été â 
facile aux premiers colons de recueillir. Mais 
l'ignorant orgueil de ces Européens était ai grand, 
qu'il fallut une bulle du pape pour les convaincre 
que les Indiens étaient des hommes comme eux. 

* Charlevoix, Hiat. de la Noav. France, tom. I, p. 13. 
t Criniê H nodum eoactis apud ChrmanM. Sénèqne 
I Ckumnentaires, Uv. Y. 



SECONDE PARTIE. 



ÉTABUMBItENT DES AlUI-Ua BH AmîSIVIS, KT 
HIBTOmB DB lAURS COLOHIRi JCB^d'Î Ii& BÂTO- 

lonoit. 

Élisâdbtk mourut en 1603, eties Sluarta montè- 
rent Bur le trâne. La paix et le caractère de 
Jacques I", l'impression qu'avait laite le bon Buecês 
du vojoge lie Gosnold, donnèrent une nouvelle 
activité aux eutrepriBea maritimes qui avaient le 
Nouveau-Monde pour but. Ce prince partagea en 
deux portions les terres dont les navigaleara 
Buglaie avaient pris possession en Amérique 
depuis le 34* jusqu'au 45" degré de latitude. 

Deux compagnies tiireat autorisées à y faire des 
établissemeuB. L'une, formée k Londres, reçut le 
droit de s'établir dans la première portion, appelée 
la première colonie de Virginie ou colonie du sud ; 
l'autre compagnie, formée du marchands de Bristol 
et de Pif mouth, dans la seconde Virginie ou colo- 
nie du nord, qui depuis flit agrandie et appelée 
Noifvell e- Angleterre, 

Cet acte de concession (2 nov. 1606) est le çli 
^ UCieD qui ait été donné pu \q gaM,'q%taKttiSic&-^^' 



J 



32 RESUME Ds L'HierroiRB 

tanniqtte, après celui qu'Elisabeth avait accordé 
(11 juin 1578) et qui était demeuré sans résoltiL 
C'est le seul qui mérite attention, puisque c'est le 
premier qui ait régi un établissement fixe. Les 
clauses en sont remarquables. Le territoire était 
cédé aux colons, qui n'en conservaient pas moins 
les droits de citoyens anglais. L'administiatian 
demeurait dans les mains du roi, qui nommait à 
toutes les places. Le commerce était permis anz 
colons avec toutes les puissances étrangères, et 
l'on exemptait des droits toutes les marchandises 
qu'ils devaient porter en Angleterre, ou en retirer 
pendant un certain nombre d'année& Enfin k 
jugement par jurés était établi 

Les compagnies de Londres et de Plymouth ne 
négligèrent rien pour recueillie les avantages de 
cette concession; mais comme elles agirent sé- 
parément et à des époques difierentes,nous suivrons 
séparément aussi l'histoire de leurs premiers éta- 
blissemens, en rappelant successivement la fondar 
tion de chacune des autres colonies. 



r 



d'ahesiqce. 



PREMIERE SECTION. 



HlBTOntB D 

bÉtolutiom de 1688. 

Virginie. 

Cinq ceata colona, embarquée sui trois vaissesHic 
par les soins de la compagnie as LanâFes, dont 
nous venons^c putler, quittaient la Tamise le 19 
décembre 1606, bous le commandement du capitaine 
Newport. PluH heureux que les navigateurs qui 
l'avaient précédé, Newport, qui se proposait de 
débarquer à Rotmoke, où avalent été ibndéa leB 
Uiciens ëta'blissemens anglais, fut poussé plui au 
nord par uncoupdeventdanBlabaiedeCfteïflpeoft, 
découverte en 1586 par Lane, tade immense où se 
jettent une foule de fleuves, et qui remonte au nord 
A plus de cinquante lieues dans les terres. 

n ae fixa sur lea bords de la belle rivière de 
Poiahatan, qu'il appela Jamei, du nom du roi 
Jacques, et yibnda la ville de James- Toum (1607.) 

Lea Anglais furent à peine débarqués qu'ils 
méconnurent l'autorité du gouvemeineut et refu- 
sèrent d'admettre au conaei\ ie te to\omft \^ «.■**■ 



34 RESUME DE L^HISTOIRE 



I 



taine Smith, désigné pour en faire partie, et doit 
la capacité éveillait la jalousie de ses collègue& 

Bientôt les discordes intestines et la diminution 
des vivres firent naître l'inquiétude. Le goave^ 
neur Wingfiel fut surpris au moment où il alhit 
s'éloigner dans le seul bâtiment qui restât depuii 
le départ de Newport pour rAngleterre. Pour 
comble de misère, la conduite imprudente dei 
colons et peut-être la défiance et la férocité dei 
Sauvages, suscitèrent une guerre cruelle avee 
ceux-cL Les colons recoururent alors ^u génie 
actif de Smith, qu'ils investirent de la Bupréme 
autorité. 

Smith ayant fait fortifier James-Town de manière 
à le préserver d'un coup de main de la paît dei 
Indiens, se mit en campagne, forma des alliancei 
avec les uns, battit les autres, malgré la supériorité 
de leur nombre, et ramena l'abondance dans k 
colonie. 

Dans un de ces combats, étant tombé dans un 
marais, il fut pris et dut son salut à la fille d*un chef 
qui se jeta entre lui et le Sauvage qui allait le 
frapper, au moment même où sa tête était déjà 
baissée pour recevoir le coup mortel. A son retour 
à James-Town, Smith trouva la colonie presque 
entièrement anéantie. Heureusement Newport 
arriva d'Angleterre et ranima le zèle de tous en 
rétablissant l'abondance et amenant de nouveaux 
plantcuTB, 






Les défrichetneDs commençaient à s'éteodre, 
lorsque le hasarJ fit découvrir un misgoau qui rou- 
lait dee p&illettea bfillanteB, que l'on prit pour de 
l'or (2 juin 1608.) On abandonna Hurle-cliiimp la 
culture ciea terres pour ramasser ce prétendu trésor, 
et l'on expédia bientôt en Angleterre un bâtiment 
chargé de talc. Tel fiit le premier envoi de la 
colonie anglaise vers la métropole ! L'ignoraiice et 
l'espoir d'imiter les Espagnols avaient fait aban- 
donner tes travaux utiles ; la famine reparut. 
L'intàtigable Smith ae remit en campagne et sbutb 
la colonie. D entreprit ensuite de pénétrer dana 
la baie de Cliesapeak, qu'il parcourut tout entière, 
A l'extrémité de celte baie, il rencontra des Sau- 
vages armés de haches provenant OTJgbairement 
des Français du Canada. Ce fait prouve que ceux- 
ci avaient dés long-temps pénétré dans le nord de 
l'Amérique, et que les naturels de la Virginie 
avaient des rapporta de guerre ou d'amitié avec 
les peuplades les plus éloignées. 

Cependant la compagnie qui avait lôndé la o 
louie n'en relirait aucun avantage, Jacques I", 
voulant améliorer sa situation, lui accorda des pri- 
vilèges plus amples et le droit de se gouverner 
ellfc-mèmB (23 mai 1609.) De nouveaux action- 
naires se joignirent il elle, et les principaux seig- 
neurs de l'Angleterre prirent place parmi eux. 

Lord Delawarrefiil fait gouverneurâvie. Avant 
■on déport, Thomas Gates, ainsi c^\Il« Gtet^ft %imGt- 



86 RESUME DE L^HISTOIRE 

mers et Newport, furent chargés de conduire neuf 
vaisseaux et cinq cents émigrans en Virgink 
Par un hasard singulier on oublia de fixer le xaqg 
de ces trois cheâ, qui, ne pouvant s'accorder ma h 
préséance, montèrent sur le même vaissean, qnNn 
ouragan jeta sur la côte d'une des fles BerBrada 
Le reste de l'escadre étant arrivé à Jamefl-TowBi 
ne put y donner une connaissance légale de h 
nouvelle charte, et Smith garda le pouvoir jiuqaH 
l'arrivée du navire qui portait le nouvel acte oo» 
■titutif. 

Mais, blessé dangereusement par FezploBÎQi 
d'un paquet de poudre, il fut obligé de quitter k 
Virginie (1609.) Après son départ tx>u8 les élé* 
mens de prospérité de la colonie et toutes ki 
richesses s'évanouirent devant l'esprit de débandie 
et d'insubordination. Les Indiens, ayant appn 
son départ, fondirent de tous côtés sur les établi» 
semens formés près des rivières de James et d0 
Nansemond. La famine devint si pressante qu'on 
fut réduit à dévorer les corps de ceux qui succom* 
baient à leurs maux. En six mois il n'y eut ploa 
que soixante personnes, sur près de cinq centi 
qu'avait laissées Smith en partant 

Summers et Gates arrivèrent alors des Bennudea 
Leur présence était impuissante pour calmer tant 
de maux. Il fut résolu de quitter ce funeste 
séjour. Tout le monde était embarqué, les vai»' 
£ieaax naviguaient dé^à vers l'Angleterre, et h 



cokmie rfexiataii, plus, loraquo le lord Delaworre 
les reacantra, les ctintraignlt de retourner et réin- 
Btalk lea pbnteora ik James-Town, que Gates, par 
un heureux mauT^ment, n'avait pas voulu qu'on 
incendiât en portant. Ce besoin de feire le bien qui 
caractérise les belles âmes, g'uidait le lord Dela- 
wsrre, Ses granden qualités rétablirent l'ordre et 
inapirérentdu respect aux Indiens pour les Anglais. 
Au lord Delawarre, que sa. santé rappela trop tAt 
en Angleterre, succédèrent dans le gouverneuienti 
mais seulement comme ses lieutenans, d'abord 
Percy, homige douj^ mais trop fiiible, puis Tliomaa 
Dale, qui passe pouf avoir sauvé la colonie par la 
promulgation de la loi martiale, dont le philosophe 
Frani;ois Bacon conseilla l'exécution, et enfin 
Gates, qui étendit les établissemens anglais et vit 
joindre les Bermudes et tootee ies tlea situées à 
Irois cents lieues de la c^te au territoire de la co- 
lonie (1612.) 

£1616) Ce fut vers cette dernière époque qu'on 
jeune Anglaise, Rolfe, obtint la nukin de la jeune 
Indienne Poeahimta>, la même qui avait sauvé la 
vie au capitaine Smith. EUIe était fille de Pme- 
halan, chef des Ckiccahominiet, nation voiàne 
de la colonie. Ce mariage, célébré avec une 
pompe extraordinaire, fitconclure un traité duraUe 
avec Igb Indiens, qui se reconnurent tribuloiree de 
la colonie : mais Rollc ne trouva point d'imitateura 



dB RESUME »B L'HISTOIBS 

Soos la direction de Thomas Dale les* terres db 
la colonie cessèrent d'être coltiyées en commun. 
Qiacun put devenir propriétaire. Le monopole 
èessant, l'industrie et Factivité* naquirent avec la 
concurrmee, et la colonie, désormais à Tabri da 
besoin, prit un rapide accroiasement Ce fht alors 
que la culture du tabac, source de la richeiaBe de 
la Virginie, s'introduisit dans le pays. La vente 
en lut si fiivonible, malgré les déclamaticms du roi, 
qui s'en était déclaré l'ennemi, que les planteurs 
négligèrent toutes les autres cultures. On fit 
croître du tabac jusque dans les rues 4e James- 
Town. La nécessité de se procurer des vivres fit 
recommencer les vexations envers les Indiena 
ns formèrent dès lors des projets de vengeance 
trop cruellement réalisés dans la suite. • 

Long-temps la couronne' voulut exercer des 
droits sur le commerce du tabac ; mais enfin les 
colons, qui avaient formé des entrepôts en Hol- 
lande, pour éviter des taxes onéreuses, obtinrent 
de l'introduire seuls dans le royaume, moyennant 
un impôt plus modéré. 

(1620) A peu près vers ce même temps la com- 
pagnie envoya à la Virginie un nombre considéra- 
ble de jeunes filles prises dans les familles du 
peuple, mais de bonnes mœurs, dont la présence 
encouragea les planteurs, éloigna de leur esprit 
l'idée du retour et amena d'heureux mariages, 
çoi ârent là proepénté de la nouvelle patrie que 



ecB femmes s'éluiont donnée. Remarquona pour- 
tant ici qu'elles lurent toutes vendues, ou, bî l'on 
veut, qne te droit d'épouser chacune d'elles fut 
aChaté pour une certaine quantité de tabac. 

Un événement non moina importnnt fUt l'aTriïée 
d'un vaiaseau bollandaie, venu de la c3te de Guinée, 
qui vendit aux planteurs vingt nègres, premiers 
esclaves qui accrurent rapidement la. richesse de 
la colonie, et dont la graduelle multiplication 
menace aujourd'hui l'exiatence de la, république 
entière. 

Noua sommea arrivés à l'époque où ta seconde 
compagnie, formée en 1606, et à laquelle avait 
été attribuée k partie nord de l'Amérique ang-taiee, 
s'occupa pour ta première Ibia de profiter de ta 
concession que lui avait &ite Jacques I".* Déjà 
la colonie de Virginie élait Soiisaante. Poursui- 
ïons l'histoire de celle-cL 

Jacques Cartier, suivi de quelques Français, avait 
touché au Canada eu 1535, et fait alliance avec 
plusieurs tribus indiennes. Les élablisaemens 
français s'étaient étendus dans le pays. D'autres 
avaient été tonnés, sous François 1", et depuis ce 
prince, nu cap Bjeion (1541.) à Québec (1608,) sur 
le fleuve Saint-Laurent et & Port-Royal, ville 
située dans la partie la plus Beptentrionale lie la 
baie de Funday (1605.) Henri IV, k son tour 
Avait nommé un lîeutenan^gé^érBl de l'Acattie, 
* Vofei fi^aloiaX\ùsvnttia%tl^a■lï\13^^SA\t^ 



40 RESUXfi DE L'iaSTOIBK 

vaste territoire, compris entre les 40* et 40" degrés 
de latitude nord. . 

Sous le prétexte que cette contrée appartena,it 
au roi d'Angleterre, et quoique l'on ftlt en pleine 
paix, lé capitaine Argal, sous l'autorisation de 
Thomas Dale, alors gouverneur de la Virginie 
pour le lord Delawarre, ^'empara de la ville fran-* 
çaise de Poit>-Royal (16i4,) qui était sans défense 
et que les colons abandonnèrent pour se réfugier 
chez les Indiens, leurs alliés. 

Cette piraterie fut hautement blâmée. Les 
Français rentrèrent dans leur ville immédiatement 
après la retraite d' Argal, qui, à son retour, vint 
attaquer les Hollandais, depuis long-temps établis 
4sar la rivière d'Hudson. Ceux-ci n'étaient pas 
non plus en mesure de lui résister, et se soumirei^t 
à remettre la colonie au roi d'Angleterre; mais 
Os refusèrent d'exécuter cet injuste traité lorsqu'ils 
eurent reçu du renfort et pourvu à la défense de 
New-York, leur capitale, alors appelée Amsterdam* 

Le lord" Delawarre étant mort, Yardley fut 
ncnnmé capitaine-général de la Virginie (1619.) 
Ce fht lui qui convoqua la première assemblée 
des habitans; réunion mémorable d'où date le pre- 
mier pas vers Taffiranchissement des colonies. • 

La puissance législative, jusqu'alors exercée, 
d'abord par les rois, ensuite par la compagnie en 
Angleterre ou par ses agens en Virginie, passa 
eotre ]as nuàna des habitans. 



A^AldcRIQUS. 41 

liQB onze bourgs alors ezistans élurent leurs 
députés, qui se réunirent au gouverneur, devenu 
rimage du roi, et au conseil de la colonie qui fut 
celle de la chambre des pairs. L'assemblée se 
tint à James-Town (juillet 1619,) et fut désormais 
appelée chambre des bourgeois ; véritable conven- 
tion d'un peuple qui voulait être pour quelque 
chose dans ses lois, et belle imitation des institu- 
tionsde la mère pairie l 

Sous un gouvernement semblable la colonie ne 
pouvait que prospérer. Elle étendit au loin ses 
établisBemens ; mais une catastrophe imprévue fut 
de nouveau sur le point de l'anéantir. 

On* sait de quels peuples elle était entourée. 
Powhatan leur chef ou Wirowanée, père de Po- 
cahcmtas et allié des Anglais était mort (1618.) 
Son successeur Opchankahou, qu'on disait Mexi- 
cain et que sa bravoure avait élevé au commande- 
ment, fiitigué de voir des étrangers envahir petit à 
petit son territoùre, résolut de les expulser. Il 
mit quatre années à gagner successivement les 
peuplades voisines et à préparer dans l'ombre son 
terrible projet L'admirable constance des- Sau- 
vages à garder un secret se surpassa cette fois, et 
le jour même de leur attaque ils apportèrent aux 
Anglais les présens de leur chasse, comme pour 
leur montrer qu'ils savaient à leur tour se servir 
des annes à feu qu'on avait mises entre leurs mains. 

AnJKNir qu'ils avaient ûxé (22 maxB IQESi;)*^ «^ 

d2 



43 iiESUMB bs l'eibtoirb 

précipiterait tous à la ibis dans les habitations des 
colons, et massacrèrent tout ce qu'ils recontrèrent, 
sans distinction d'âge ni de sexe. Le reste ne dut 
son salut qu'à la pitié d'un d'entre eux. D avertit 
son mettre, qui courut donner l'alarme à James- 
Town, où se «Téfugiérent tous ceux qui purent 
échapper à la fureur 4cs Indiens. 

Tout pleins de l'horreur qu'inspire le spectacle 
d'une aussi atroce vengeance, kravènt répétée 
dans la suite, devons-nous blâmer le sentiment qui 
la commanda 1 Les Américains, injustement dé* 
pouillés par les Anglais du fruit de leurs travaux, 
du sol de leur pays, de leur indépendance autrefiûs 
sans bornes, n'eurent-ils pas raiscm de tester un 
puissant efibrt pour extirper le mal dans sa racine ? 
Si, débarqués sur nos rivages, quelques Indiens 
prétendaient commander chez nous et nous -dé- 
posséder de notre patrie, tout moyen ne serait-il 
pas jugé légitime pour repousser ces étrangers? 

Une guerre sanglante suivit cette rupture, et 
les Anglais déployèrent les mêmes moyens et les 
mêmes fhreurs contre les' Indiens que celles dont 
les Espagnols avaient &it rougir l'humanité dans 
leurs colonies. On les chassa dans les forêts 
comme des bêtes fiiuves. On fit avec eux des 
traités de paix pour les assassiner ensuite par sur- 
prise, et la dissimulation du Sauvage devint le 
partage des Anglaia On dépeupla ainsi une 
rmÊte étendue de pÊLyg, et du moins on fit du repos 



D'uiEKiqvB. 

pour 1& colonie, qui ee releva leniement de son 
désastre. * 

Lei- rëanioDS de la compagnie de Virginie à 
I/mdces ilevinrcnl b cette époque le théâlre des 
discordes des deux fiqtions qui divisaient l'Angle- 
terre, sous les noms de parti des provinces et<de 
parti de la cour. Le roi Jacques n'ayant pu y 
faire triompher ce deroier, cita la compagnie au 
tribunal du banc du roi, après avoir &it empri- 
aonner ses principaux officiers, et la dissolvit, comme 
tenant de la couronne tous ses droits et privilèges 
( 1633.) Ses établissemens avaient déjà coûté cent 
cinquante mille livres sterling, plus de neuf iniîle 
personnes avaient BUCCessivement passé en Vir- 
ginie, et cependant sa population n'était pas de 
1,800 individus. En 18 années elle avait eu dix 
gouverneurs. 

Jacques ^occupait de donner une nouvelle 
organisation â la colonie lorsqu'il mourut 

Charles I" continua l'œuvre de son père. Il 
adjoignit au gouverneur un conseil -de douïe mem- 
bres (1635.) Les impôts furent levés, les statuts 
promulgués sans le concours des colons. Un ordre 
de Clmrles les contraignit de ne vendre leur labae 
qu'à des commissionnaires autorisés par le roi et 
qui achetaient pour luL Des coocessions fiirent 
fiiles par la couronne dans les limites mémeade la 
colonie, et nuisirent beaucoup à son repoa et i. te. 
tenee. 



^Mltoi 



44 RESUME DE L^HISTOIRE 

John Harvey, successeur d'Yardley, rendit ef 
régime encore plus intolérable. Les coloiu^ in- 
dignés, se soulevèrent contre lui et renvoyèrent 
prisonnier en Angleterre. 

Le roi refusa de leur rendre justice, renvoya le 
gouverneur à son poste; mais il le remplaça bientAt 
par William Berkeley (1699,) dont les taleiiB et ke 
vertus firent pendant près de quarante ans le boih 
heur de la colonie. 

A l'approche de la convocation du parlement 
qu'il s'était dispensé de réunir pendant préa de 
douze ans, Charles, qui voulait se populariaei^ 
permit à Berkeley de convoquer l'assemblée gén^ 
raie de la colonie, et lui' rendit presque tous lei 
droits dont jouissaient ses sujets de la Grande» 
Bretagne, se bornant à empêcher la Virgrinie de 
commercer avec les puissances étrangères. L'in- 
fluence de cette douce administration fut telle qu*ta 
commencement de la guerre civile la colonie 
comptait 20,000 habitans. 

Elle ne fut point ingrate, et demeura fidèle à 
Charles I*', même après l'abolition de la monarchie 
et le bannissement de son fils. Le parlement 
n'était pas disposé à supporter une pareille opposi- 
tion, n arma une flotte, et la Virginie fût obligée 
de reconnaître la république. 

Sous Cromwel elle fut tranquille. Connaissant 

l'esprit qui l'animait, beaucoup de royalistes 

d'Angleterre vinrent y cheicYieit \q 'ksv*\ Voik 



D'AMEUtttlB, 

présence exalta l'opinion des calons à tel point, 
qn'à 11 mortde MalLews, dernier gouverneur pour 
Cromwel, ia Virgiiiie leva l'elendard rojal, et pro- 
clama Charles II. 

La «contre-révolution qui s'opéra tout k coup 
alors en Angleterre et replaça ce prince but le 
tcOne, sauva ia colonie dfl châtiment sévère auquel 
elle e'étsit imprudemment exposée. Elle éclata 
en transports de joie. 

Ils ne furent pas longs. Le parlement, non 
content d'adopter les idées du dernier gouveroe- 

BUgmenta d'une manière insupportable. L'acte 
de itavjgation, imaginé par le protecteur, fût rendu 
par ceux qui !e remplacèrent Plus tard (1663) 
On en perfectionna la rigueur. 

Cet acte interdisait le commerce des colonies à 

ceux de l'Angleterre. U Jaisait de la métropole 

un vaste entrepôt de tous ses produits d'outremer 

et lui aesurait l'approvisionnement de toutes les 

f colonies. Il fut le premier pas des Anglais dans 

Ile système si habilement développé, dans la suite 
per PitI, qui (ait la grande charte commerciale de 
I la nation, et qui, après l'aToir enrichie, la ruinera 

peut-être un jour. 
1 Les plaintes dea colons contra l'acte de navîga- 
^ tioa ne furent point écoutées. De 1&. qu^\^ '>^^ 
^^pamoieree interlope avecAes étiMigiï'a, ^«w.'5i\V 



46 RESUME DE L*HISTOIRE 

• 

rèment les Hollandais établis sur la rivière d'Hud- 
son. Profitant du mécontentemeiit général, quel- 
ques vétérans de Ci^omwel, bannilB en Virginie, 
formèrent le projet de rendre la colonie indépen- 
dante. Le complot fut découvert, et long^temps 
Tesprit d^ révolte nécessita une surveillance 
rigoureuse. • * 

A ces maux se joignit la baisse prodigieuse du 
prix du tabac, paf suite du monopole royal (1675,) 
des attaques multipliées des Indiens contre une 
colonie qu'ils voyaient languissante, et (1676) du 
mécontentement causé par des concessions royales 
de terres fiiites sans discernement, et qui souvent 
comprenaient des propriétés déjà cultivées. 

Ces motiâ facilitèrent l'insurrection de Natha- 
niel Bicpn, colonel de milice. A la tête des mé- 
contens armes sous le prétexte de combattre les 
Indiens, il mit en fuite le gouverneur Berkeley. 
U convoqua ensuite l'assemblée- des habitans, qui 
le confirma dans le pouvoir dont il s'était emparé* 
Berkeley, avec peu de force, lutta contre lui, et le 
rayage de la colonie fut le résultat de la guerre 
civile. Sept mois s'étaient écoulés depuis que 
Bacon avait été promu au pouvoir. L'Angleterre 
préparait pour le réduire un grand armement, lors- 
que sa mort mit fin à la révolte (1677.) 

Bacon paraît avor été guidé-par des motifs géné- 
reux dans ses premières démarches, et conduit à 
Ja révolte pu Ja sévérité avec laquelle le goîVCTex» 



r • 



I>*A]f£RtqUE. 47 

neur i^oppos&it à ce. que les colons s'armassent 
d'eux-mêmes contre les Indiens. 

Aj^réfl la mort de» Bacon, Berkeley convoqua 
une assemblée de représentans du peuple pour 
dcstriser lesldaiesde la cobnie. La clémence 
acheva d'assurer la soumission des mécontens. 
(1678) Un traité avec les Indiens prévint de nou- 
veaux malheursL « 

Depuis cette époque jusqu'à la révolution de 
(166^ l'histoire de la Virginie n'offire aucun évé- 
nement remarquable. Sous difierens gouverneurs, 
la colonie fut administrée d'après les maximes d'au- 
torité arbitraire qui caractérisèrent les dernières 
années de Charles IL, et les conseils imprudens 
qui égarèrent Jacques II. Les Virginiens ne joui- 
rent que d'une fidble portion de la liberté assurée 
par la constitution du pays. (1679) Une loi défen- 
dit, sous le gouverneur Colepepper, de se plaindre 
des actes de son autorité. Le chevalier Andross 
augmenta encore le poids du gouvernement en 
voulant établir en Virginie tout le cahos de la ju- 
risprudence anglaise (1692). 

Cependant les émigrations, occasionées par la 
fiuîilité d'acheter des terres, continuaient, la cul- 
ture du tabac s'étendait de jour en jour, et la popu- 
lation de la colonie était déjà de soixante mille 
babitans à l'époque de la révolution. 



*■• ■ 



48 RESUME DE L'HISTOIBB 

Maryland. 

Le lord-Bultiftiore, que les rigueurs de Henri 
Vlir envers les catholiques déterminèrent à cher- 
cher dans le Nouveau-Monde un asile à la liberté 
de conscience, obtint, en (1632), une concessioti 
dans le territoire iAême déjà donné à la colonie de 
Virginie. • 

Environ cent émlgrans, presque tons d^mie con- 
dition distinguée et catholiques, suivirent Calvert, 
chargé de diriger Texpédition, et descendirent strr 
les bords dé la Potomack, au nord de la baie de 
Chesapeak. Ik achetèrent des indigence le terri- 
tpire où ils bâtirent la ville de Sainte-Marie, et 
donnèrent *à leur établissement le nom de Mary- 
land, eii rhonneur de Marie de France, reine 
d'Angleterre. 

n est à remarquer que la concession fiûte au 
lord Baltimore ne co|itenait aucune clause qui 
astreignit la nouvelle colonie à soumettre ses lois 
à l'approbation de la couronne. Ck>mme elle pri- 
vait les planteurs, de la Virginie d'une partie de 
leur territoire, ils réclamèrent contre elle; mais 
ce premier démembrement d'une colonie anglaise 
fut consacré par le gouvernement, et un libre 
commerce autorisé entre les deux colonies. 

(1637) La première aseemblée des habitans du 

Maryland, après quelques discussions avec de lord 

Baltimore, Jai aasignA un revenu fixe et s'en dé- 



I>'A]lEBKè1IB. * 49 

dan indépendante, pour la direction des affiûres 
de la colonie. 

W« Claybome avait fondé dans Tile de Kent un 
étaUiasen^ent, aous Tauton^tion du roi et du gou- 
femeor de Virginie. Il soutenait, en armant les 
Indiens^ aon refus de reconnaître la juridiction du 
Maiyland. (1639) L'assemblée le déclara coupa- 
ble de haute trahison, et il Ait obligé de renoncer 
à ses prétentions. ^ • 

l0a persécutions religieuses procurèrent un 
n^e accroissement à la population du Maryland. 
Un grand nombre de catholiques de la métropole 
et de la Nouvelle-Angleterre (colonie du nord dont 
nooa ferons bientôt connaître Thistoire) vinrent y 
cheroher un asile, déterminés par Tesprit de modé- 
ntion qui portait les habitans de cette colonie à 
accorder à toutes les sectes les mêmes privilégea 

Le nombre des colons s'étant considérablement 
aeeni, on reconnut, en 1639, la nécessité de ne 
plue les convoquer que par représentans. £n 1650 
le pouvoir législatif fut composé de deux chambres 
séparées et du gouverneur. 

Jusqu'à l'époque des trojibles d'Angleterre, la 
tranquillité du Maryland ne fut pas troublée. Une 
seule guerre contre les Indiens fut terminée par 
leur entière soumission. 

Lons du: renversement de la monarchie, Claybome 
npomt U avait embrassé le parti du parlement, 
et vbiùiJt soulever h colonie, fl s^empaxa «a «^^V 

E 



60 MMmmK m L'HinonuB 

de Vwatontéf mak raimée suivante il Ait ezpabé 

(1651) Fliuseim aimées après il reparut de non- 
?eaa avec des pouvoiis de la chambre des com- 
nnmes d'Angleterre. Sa présence fit éclater la 
guerre civile entre les catholiques romains et les 
parttsBiis de la révolution. Ceux-ci triomphèrent, 
leur fknatisme se déchaîna contre les papistes et 
les quafcen^ successeuts des anabatistes et vérita^ 
liles apôtres de la tolérance nniverseUe, A Jeur 
sdle n'étût devenu trop exagéré par suite de la 
petiécutiinL 

Malgré ces commotions la colonie p ro sp érait, et 
lors du rétablissement de la royauté, elle comptait 
douze mille habitans. 

Le Maryland proclama avec une vive allégresse 
le retour de Charles IL L'assemblée législative, 
immédiatement convoquée, rentra dans tous ses 
droits. L'histoire du Maryland n'ofire plus rien 
d'intéressant jusqu'à la révolution d'Amérique; 
■es rapports et -son voismageavec la puissante 
colonie Virginie lui ravissent toute importance 
▼éritable. 

Caroline. 

(1406) Pendant que Jean Cabot découvrait le 
nord de l'Amérique Septentrionale, jusqu'à la Vir- 
ginie, Ponce-de-Léon parcourait la Floride» (1614) 
çaTSiaabetb comprit dam la Virginie. 



t 



D AHEJIUtDE. 

Eq France, ÏVançois I" fit reconnaître Je mÊme 
pajs par VerazB.ni (1523, 1524, 1525 ;) mais ce ne 
fut que BOUS Charles IX que lea Françaia aoagè- 
rent sérieusenient à s'y établir. 

Le grand Coligni, (àtigué de voir les calviniatee 
en butte aux persécutions toujours renouvelées 
d'une cour sans tbi, forma le projet d'ouvrir en 
Floride un refiige à eea partisans. H y envoya 
plusieurs vaisseaux bouh les ordres de Ribeaut, qui 
éleva le fort Charles sur la rivière d'Edistow. En 
1564, Laudonnièrea y &t une nouvelle expédition 
et se fixa sur les borda de la rivière de Mai, depuis 
appelée San Matheo, Il nomma le fort qu'il con- 
etruieit la CaroUrie. Les Espagnols, qui prétend' 
aient ^ la 'possession exclusive du pays, attaquèrent 
les Français aous le commandement de Pedro 
Ménendei:. Ils les battirent et en firent plurâeurs 
prisonnierB; quelques autres, las d'errer parmi les 
Indiens, où les Elspagnols leur disaient la chatse, 
se rendirent volontaîremenb Les historiens s'ac- 
cordent tous h dire que les uns et les autres furent 
pendus par les Espagnols (1565,) qui placèrent 
BUT k tète des victimes un écriteau portant ces 
mots : Non comme Français, mais comme hiré- 

CoUgni était mort aasBBsiné, et la cour de France 
ne portait pas assez d'intérêt aux siens poursonger 
& venger une pareille injure. Un simçle çartisïit ■ 
ie cjievalier de Gouig\ieB,'ï e^w^*. fc^-^ûsas- 



/ 

52 Résvus, DE l'huttoire 

Il arma quelques bàtimens à ses frais, fut en Fl^ 
ride, conclut une ligue avec les Indiens, toajoQB 
plus favorables aux Français qu'aux autres étiu- 
gers, battit les Espagnols et fit pendre ceux çà 
tombèrcfht entre ses mains au même endroit oi 
avaient été suppliciés ses compatriotea H fit 
placer sur leur tête un écritean qui portait: Nm 
comme Espagnols, mais comme meurtriers ; ironie 
chevaleresque et barbare qui prouve que la loi ds 
talion n'est pas toujours un acte de justice. 

L'établissement de Gourgues fut bientôt abu* 
donné. Les Anglais firent ensuite de leur oMé 
plusieurs tentatives inutiles pour en former dui 
)e même pays, auquel ils conservèrent le non de 
Caroline. Ce ne fut qu'en 1668 qu'ils 8*y fixèrent^ 
en vertu d'une concession faite à plusieurs Be|^ 
neurs puissans et qui, comme celle du Maryland, 
ne soumettait pas les actes de la colonie à l'appRh 
bation de la couronne. 

Déjà le pays était habité sur plusieurs pointiL 
Des émigrans de Virginie s'étaient fixés près dn 
détroit d'Albemarle sous la protection du gouver- 
neur Berkeley. Ils formèrent une première colonie 
en Caroline. 

Un nombre considérable d'habitansde la Barbade 
avait peuplé le reste du pays situé au sud du cap 
Fear; on y établit une seconde colonie et ^m gou- 
vernement séparé. Telle fut l'origine des deui 
Curolineaf qui s'étendaient deçuÂi^ \e ^K^ Ql^ci^^ ^ 



latitude non! -jusqu'au 36°, et depuis la mer Atlan- 
tique jusqu'à 1b limite indéfinie de l'Océan du sud. 

Ces deux états se gouvemèreol séparément. 

(1669) Les propriélaires du comté d'Albemarle 
eurent recours au célèbre Locke pour leur donner 
Ce philosophe établit la tolë- 
B pour première base de sou goU' 
lis il favorisa moins la liberté civUe. 
n établit une cour supiËme, cumposée des concee- 
BÎonnaires nomméa par la charte royale, et présidée 
par l'un d'entre eux soua le nom de palatin. H 
créa une noblesse héréditaire avec majorais, com- 
posée de Landgraves et de Caciques. 11 établit 
une assemblée législative par représeutans. Tous 
cei corps délibéraient en commun. 

Une foule de rêgtemens minutieux compléta le 
gouvarnement de Locke. H n'eut aucun auccèa 
et excita un mécootcntemont général. Des insur- 
rectiona eurent lieu ei arrêtèrent lea progrès de la 
colonie. (1693) En^n, après la révolution, lea 
propriétaires prirent le parti de renoncer à cette 
constitution, et la Caroline, affranchie des entraves 
qui s'opposaient à Eon développement, vit alors 
naître pour elle une prospérité ir 

b3 



54 RKBUME DE l'hISTOIRE 



DEUXIEME SECTION. 



I 



Histoire des colonies du nord, ou de ul Nov- 

YELLE-AnoLETERRE, jusqu'à JJL REVOLUnOI 

DE 1688. 

Ce fîit une utile institution que celle qui, mnb 
Jacques I", donna à la fois Texistence à deux colo- 
nies américaines. Elle établit deux contres de 
commerce et dut exciter une noble émulation entre 
les deux compagnies qui se chargèrent de les 
créer. 

On vient de voir ce que fit la compagnie de 
Londres pour la colonie de Virginie. La conh 
pagnie de Plymouth, propriétaire de la colonie ds 
nord, n'exécuta pas d'aussi grands travaux. 

Le premier vaisseau qu'elle arma iîit confisqné 
par les Espagnols (1606), qui prétendaient' alon 
exclure dos mers de l'Amérique toutes les nationa 
Un faible établissement fut ensuite tenté à Saga- 
dahoc, et bientôt abandonné. Depuis lors la com- 
pagnie se contenta de se livrer à la pêche sur les 
côtes de la nouvelle Ecosse et à Terre-Neuve. 

On se souvient que le cik^\\am<â ^m\W\^ le ^|ênie 
tutélaire de la Virguoie, \>\eeiBé ^AXi^^iQiVsaRXMalL 



(1609), était repassée en Angletenw. La com- 
pagnie de Plymoath lui ofirit en 1014 le comman- 
dement d'uii vaisseau avec lequel il parcourut 
toutes les côtes du pays concédé à cette compagnie, 
depuis la rivière de Penobscot jusqu'au cap Cod. 
n en présenta la carte et la description à Charles, 
prince de' Galles, qui, dans la chaleur de son admi- 
ration, lai donna le nom de Nouvelle-Angleterre. 

Depuis le voyage de Smith, la compagnie -de 
Plymotith ne fit aucune nouvelle expédition. Les 
iliscordes religieuses amenèrent les premiers éta- 
l)lissemens sur le territoire* concédé.' 

Plusieurs sectes divisaient l'Angleterre. Henri 
Tm avait méconnu Tautorité du pape, et son fils 
Edouard VI consacré le rite anglican. Marie, au 
•contraire, se déclara contre la réforme ; beaucoup 
•de protestans se réfugièrent sur le contine^jt. Elisa- 
beth, tout en les rappelant, fit approuver le rituel 
4inglican par Pacte dit d'uniformité, La secte des 
puritains ne voulut point s'y. soumettre, fut persé- 
cutée, et, de son côté, proclama que l'église d'An- 
gleterre, aussi bien que le pape, étaient anti- 
^^hrétiens (1580.) Roîeit Brown réduisit en corps 
^ doctrine les dogmes religieux de ces sectaires. 
On les appela brownistpi. Obligés du fuir la 
persécution, ils se réfilgièrent en Hollande, d'où 
ils résolurent de passer en Amérique. 

Sur l'avis que, s'ils n'obten«L\ftTil ^ ^ "ïsk 
Avonuice £>rmelle qtf iIb 7 amÀsaX. V^««^ ^^ 



68 RESVia StB I.*HISTOIRB 

* moins on fenseiait les yeux, ils traitèrent aveo 
k 'compagnie Si Virginie (1618) pour la cession 
d'une étendue de terre dans les limitei de sa con- 
ceflBJcm. 

New Pîymoutk, 

Cent vingt brownistes partirent en 1620 sur un 
seul navire. Ds devaient se rendre sur les boinds 
de la rivière d'Hudson ; mais le hasard les con« 
duisit an, cap Cod, où ils s'établirent provisoirement 
et ^Hidèrent la ville de New Plymouth, quoiqu'ils 
ne fbssent pas sur le territoire qui leur avait été 
cédé. Es se hâtèrent de c(mstituer leur état 
d'après leurs principes religieux. L'égalité par> 
fiiite, garantie par l'assemblée régulière des habi- 
tans, et la communauté de Mens furent instituées; 
et comme la religion importait plus que la morale 
à des sectaires, ils changèrent le nom des mois et 
des jours de l'année comme a3rant une origine 
païenne, punirent de mort le culte d,es images, 
tandis que le fouet fut la seule peine du faux. Us 
déclarèrent en outre ne vouloir admettre dans 
la colonie que des membres de leur communauté 
eligieuse. 

Cette exclusion, contraire à l'esprit de colonisa- 
tion, la sévérité des lois^t la communauté de 
biens, plus encore que la mauvaise qualité du sol, 
arrêtèrent la prospérité de l'établissement Dix 
Années après sa ^ndation il ne com^t ^^ \»Vva 



D'AXERIQinE. 57 

de trois cents habitons. Les colons adquirent enfin 
de la compagnie de Pljrmoath le territoire sur 
ieqsel ils s'étaient fixés, et se gouvernèrent libre- 
ment, jusqu'à la réunion 4e leur colonie à celle de 
Mawachnsetts. 

Massachusetts. 

LacQm]jagniede Plymou^, quatorzeannéesapres 
l'autorisation qu'elle avait obtenue fle Jacques I'', 
sollicita et obtint d'étendre son territoire jusqu'au 
48* degré de latitude pord (1620;) c'était le dou- 
Uen Elle ne fit rien cependant en exécution de 
ces deux actes; seulement en 1627 elle céda à 
quelques biownistes la partie de ce vaste pays 
située à l'embouchure de la rivière Charles. 
Ceux-ci établirent la colonie de la baie de Massa- 
chusetts, ainsi ajppelée du nom du Sachem, ou chef 
indien de cette partie de la côte. Us fondèrent la 
ville de Saleiii, et l'année suivante, celle de Charles 
Town (103a) 

L'intoléranc^ accompagna les brownistes sur lé 
territoire américain et la persécution frappa les 
anglicans qui se trouvaient parmi eux ; mais comme 
ces derniers étaient «ux-mêmes persécutés en An- 
gleterre, la colonie s'accrut rapidement par les 
émigrations qui eurent lieu, surtout dans la classe 
aisée. 

Eo ce tempe, J& compagnie de PlymoQÛi cjb^ 



68 aimmi ra L-HiBiona 

sa charte aux colons, et leur tranamit le droit 
de se gouverner, sans être sous l'influence d'un 
conseil résidant à Londres; transaction singulière 
et sans autre exemple dans l'histoire des colonies 
anglaises, par laquelle les acquéreurs cessaient 
d'être directement soumis à la courcnme. Le roi 
toléra cette innovatic»!. 

Dix-sept vaisseaux, portant quinze coïts colons, 
partirent alors pour la Nouvelle-Angleterre, et les 
villes de Boston, Dorchester, Roxborough et plu- 
sieurs autres furent fondées. 

Bientôt les ravages qu'exerçait la petite-vérole 
parmi les Indiens, Taccroisseraent de la col(mie et 
la nécessité d'étendre Içs cultures dans l'intérieur 
du pays obligèrent les foeemen (les bourgeois) les 
plus éloignés à se faire représenter par députés 
dans leurs assemblées générales (1630.) 

La représentation coloniale décréta qu'aucune 
loi ne serait portée ; aucune taxe Jevée, aucun 
office public donné, que de son cons^sntement 
Tout, dans ce système, tendait au républicanisme, 
et appelait l'émigration des nonoonformistes, d'une 
manière alarmante pour la mère-patrie. Aussi 
Charles I'' avait-il déjà lait et fit-il de nombreux 
effi)rt8 pour s'y opposer. Néanmoins beaucoup 
d'Anglais célèbres passèrent à la colonie de Mas- 
sachusetts. Hugues Peteifs, depuis chapelain de 
Cromwell, et Henri Vane, fils d'un des ccmseillers 
laUmea du roi, vinrent y ranimer le 7è\e deaVsKs^^ 



nîflteB^ et exercèrent une grande influence sur 
riccroissement de la colonie. 

Ces émigrations devinrent si fréquentes que 
Qmrles les défendit par une proclamation. Un 
embargo fut mis sur les naivresqui allaient mettre 
à la voile. Olivier CromweU, John Hampden et 
j^usieurs autres, qui s'y étaient embarqués, furent 
ainsi contraints par la mauvaise étoile de Charles 
I* à demeurer en Angleterre. 

Cependant, en dépit de cette défense, les migrai 
tions continuèrent, et, en 1638, plus de trois mille 
personnes arrivèrent sur la colonie. Charles, 
inite, mit en cause la corporation* de Massachu- 

. settsbay, pour usurpation des droits de la couronne ; 
elle fut condamnée à perdre son gouvernement 
Mais Torage grossissait contre Charles dans toutes 
les parties de ses états, et il cessa de donner 
aucune attention aux afiaires d'une province si 

' éloignée et si peu considérable. 

Dés les premiers instans de son établissement, 
la colonie de Massachusetts cultiva l'amitié de 
celle de New-Plymouth, dont elle était voisine. 
L'attitude menaçante que prirent autour d'elle les 
indigènes, et les craintes qu'inspira le voisinage 
des Français, cimentèrent encore cette union. 

Ceux-ci, comme «on l'a déjà vu,* occupaient le 
Canada: leurs établissemens furent attaqués en 
1614 pv le capitaine ArgaL Lorsque, sous Charles 

.^ÏST * Page 35, 



60 

l", la graerre éclata entre la France et PAnglelHiib 
TAcadie et le Canada, compris en partie daaa k 
Nouvelle-EcoBse, lurent conquis par le t^jiStmmm 
Kirk et restitués ensuite par un traité. Mu% m 
1632, un parti français «'étant emparé d*iin 
toir anglais établi sur la rivière de 
Richelieu parut vouloir 7 former un 
régulier.* Le voisinage de tels ennemis fit 1 
les colonies anglaises du nord. On achera le firt 
de Boston : on en construisit d'autreti New^ïlf- 
niouth et le Massachusetts s'unirent encore d*iBt 
manière plus intime. 

Providence et Rhode-hland, 

Roger William, ministre du culte à Salent tel 
le Massachusetts, avait prêché contre la etdà 
de saint Georges du drapeau britannique, qu'il » 
gardait comme un signe de superstition et d*idott> 
trie, et obtenu que cette croix serait eiileféa 
Bientôt il fut banni de la colonia Suivi de sesdi^ 
ciples, il se dirigea vers le sud, acheta aux IndMi 
un territoire considérable (1634), et, lui ajot 
donné le nom de Providence, ils s'y établirent 

A la même époque une femme, mistriss Hotdî» 
son, créa la secte des Antinondens, qui 
que la foi sans les œuvres suffit au salut, 
à son tour de la colonie, elle et ses disciples 
tarent des Sauvages une Ue fertile dans la baiadi 



1 



f 



d'ameriqvb. 61 

Nananiaiisettd, qu'ils appelèrent Rhode-Island, et 
ib A*/ établirent Ds ne formèrent, avec les pré- 
oédeos émigrés sortis du Massachusetts, qu'une 
même corporation, qui demeura durant quarante 
années sous la direction de William^ et où la morale 
la plus douce fut prêahée. William^ enseignait 
que la loi civile est sans empire sur la conscience, 
et que toute peine infligée pour matière de croyance 
est un acte d'oppression. Il proclamait le libre 
exercice du jugement particulier comme un droit 
naturel et sacré. Cette morale véritablement évan- 
gélique fit le bonheur de la colonie, dont le gou- 
vernement fut purement démocratique, jusqu'à 
l'époque de la charte royale qui l'incorpora (1663), 
après une suspension de ses propres lois qui dura 
dixannée& 

Connecticut, 

La colonie de Ck)nnecticut fut formée de la mê- 
me manière que celle de Rhode-Island. £n 1634, 
le pasteur Hopker, ayant obtenu, de la cour géné- 
rale de Massachusetts, la permission d'aller s'établir 
au loin, partit avec quelques disciples, traversa de 
vastes solitudes, et s'arrêta sur le bord occidental 
de la rivière de Connecticut Bientôt d'autres 
disciples, en venant le joindre, fondèrent l^s villes 
dUaxtford, de Springfield et de Weathersfield. ^Le 
territoire qui leur était concédé était hors de la 
limita du Maemcbaaetta: Ua en {KofitàseuX. yirax 



02 RESTHE DB l'histoire 

oigaaiser on gouvernemeiit indépendant ; et, modi- 
Ant les institutioiis de la colonie-mère, ils ne pri- 
vèrent pas de leurs ' droits politiques ceux qui 
n'étaient pas membres de leur église. 

Ss tmitèi^nt ensuite pour la paisible possession 
- du pays avec les lords Say et Brook, qui avaient 
bâti un fort à Tembouchure du Gonnecticut et 
avaient des droits sur leur territoire, et forcèrent 
les Hollandais de Manhadoës ou New- York, qui 
étaient déjà établis sur la même rivière, à Taban- 
donner. 

(1662) Dans la suite, la colonie de Gonnecticut 
fUt aussi formée en corps politique par une charte 
royale. 

Chierre des colonies de Rkode-Idand et de Con^ 
nectieut avec les Indiens» 

Les tribus indiennes, voisines dé Rhode-Islaiiid et 
de la colonie de Gonnecticut, étaient nombreuses 
et aguerries. Les Péquods, la plus remarquable 
d'entre elles, conçurent de vives alarmes des nou* 
veaux établiiBsemens qui venaient d'être faits sur 
leur territoire. Mais, voulant les attaquer avec 
succès, ils s'effî>rcèrent de former un traité d'union 
avec les Narragansetts, qui habitaient prèsi de 
Rhode-Island. Geux-ci, Vécoutant qu'une vieille 
inimitié, refusèrent de traiter et s'allièrent avec les 
Anglais (1637). Les colonies s'étant armées, les 
Sauvages fureot surpris loi la livière Mistiq dans 



d'ameriqite. 63 

«ne podtkm fi>rtifiée. Au moment où las Anglais 
escaladaient les palissades, les aboiements d'un 
chien se firent entendre : un combat opiniâtre eut 
lieu, dans lequel les Péquods furent presque entiè- 
rement massacrés. La guerre ayant continué, 
ceux qui survécurent aux fure(irs inouies de cette 
campagne, où les Narragansettd déployèrent, sous 
la protection decr Aiiglais, toute Iq. barbarie des In- 
diens, abandonnèrent pour toujours le pays à ses 
ttoayeaax possesseurs. 

Neuhjffaven, 

Au moment où cette guerre finissait, quelques 
^migrans arrivèrent d'Angleterre à Boston. Ne 
voulant pas se soumettre à un gouveoiement 
auquel ils n'auraient point de part, ils allèrent 
fimder, sous le- nom de NeuhHaven^ une colonie 
indépen^B^, sur les bords de la rivi^ de Con* 
necticut, où ils (Rétablirent malgré les HoUandais 
qui étaient alors maîtres de Manhadoëa 

Cette colonie fut dans la suite réunie au Con- 
necticnt (1665.) ''\ ' ^ 

Faits communs aux colonies de la Nouveïïe- 

Angïete,^e. 

L'émigration vers les colonies cessa à la con- 
vocation du long parlement • Les maximes des 
puritains triomphaient et la guerre civile retenait 
U» espirits torb^ms, 



64 BEsmis vm t'HorrootB 

Depuis rarrlvée des. premiers brownistes à k' 
Noavelle-ABgleterre josqu'à cette époque (1640,) 
vingt-un mille deux cents colons y étaient passé& 
. L'échange d'émigration devint alors à peu près 
égal entre les cdonies et la métropcde ; vers ce 
temps furent fiâtes les premières exportations des 
produits de la Nouvelle-Angleterrà . La chambre 
des communes les exempta de tous. drcÂta d'impor- 
tation et d'exportation (1642.) 

Répondant à cette fiiveur, ou, pour être plus 
exact, suivant leur propre instinct, les colons ap- 
plaudirent avec énergie à toutes les mesures ré- 
volutionnaires du parlement^ et s'efi^èrent de 
prévenir chez eux les tentatives en faveur de la 
royauté. . 

(1643) Warwick fut nommé par le parlement 
gouvemeur-généal des colonies, et celles-ci ne 
désapprouvèrent pas la création d'une. ))lace si 
contraire à leurs droits. Ainsi les usurpations 
sont mutuellement tolérées entre gens du même 
parti. 

A peu près dans le même temps, quelques es- 
prits élevés formaient le projet de confedérer les 
colonie& On répandit le bruit qu'elles étaient 
menacées par une ligue générale des Indiens. 
Le sentiment d'un danger commun suggéra l'idée 
d'une défense comnfune, et les colonies de Massa- 
chusetts, de New-Plymouth, de Connecticut et de 
^eiv^Hàven armèrent, à IHmit&tiqp detf Provinces- 



D AMEBIQtrE. 65 

■Uaiea hollandaifies, une confédération perpétuelle 
o^nsive et défensive, soua le nom de colonies 
oniea de ta Nouvelle-Angleterre. C'était déclarer 
par anticipation leur future indépendance. Mira- 
beau arma la France p&r la terreur qu'inspirèrent 
les brigands dont i! la disait menacée ; les colonies 
furent confédérées par la crai nte chimérique, mats qui 
devint bientôt générale, de l'armement des Indiens. 

(1648) Par cet acte, chacune des colonies de- 
meurait distincte, conservait aa juridiction et ses 
limites; mais une aâsemhlêe générale de leurs 
députés délibérait sur les objets d'un intérêt com- 
mun. Cette confédération subsista quarant ans, 
c'est-à-dire jusquea à la révocation des chartes 
des compagnies de Londres et de Plymouth. par 
Jacques II. 

Le parti qui dominait en Angleterre fevorisait 
trop les colonies du Nord pour s'apercevoir des 
dangers d'un acte qui rompait en partie les liens 
qui les unissaient n la métropole, 

(1648) Le Rhode-Island fut exclu de la confedé- 
Tatim souH le prétexte que son établissement 
n'était pas formellement autorisé pur la compagnie 
de Plymouth. Ses habitans s'appliquèrent dés 
lors à cultiver l'amitié des Indiens, desquels ils 
obtinrent la cession entière de leur territoire, Ha 
«valent tenu leur première assemblée des colons 
en 1647. Elle liit composée de tous lea haamt» 
libres. 



06 SEeuiu: DS {.'BWromB 

Feu de temps aprêa, l'assemblée générale w 
permit (1652) un nouvel empiécemeat but les droits 
de l'Angleterre, en urdonnont la fabrication à 
Boston d'eipécea d'argent qui portaient le nom de 
Ib colonie et la figure d'un arbre, symbole de son 
accroiasement 

Lea confédérÉB, augmentant chaque jour leur 
propre pouvoir, firent des traités avec les Français 
de l'Acadie et les Hollandais de Manhadoéa (1650- 
1651,) souh la participation de la métropole et buih 
égaid à sa situation envers les puissances dont 
dépendaieut ces colonies.'*' Ce fut ainsi que pen- 
dant les troubles de k mère-patrie ils apprirent à 
se gouverner par eux-mênieB, 

I^ parlement s'Était dès lors occupé de la sépa- 
mtion des colonies d'avec la métropole. Il rendit 
enfin un acte pour confirmer l'autorité de celle-ci : 
■nais vainement voulut^il la ressaisir ; vainement il 
ordonna au Maseachusetts de prendre une nouvelle 
charte^t de tenir ses assemblées au nom du gou- 
it d'Angleterre : le Massacbuaetts refusa 
'e (1651,) et le parlement ne renou- 
vela pas ses réquisitions. 

Cependant la discorde éclata souvent entre les 
colonies de la Nouvelle- Angleterre. Le Massa- 
chusetts refusa d'obtempérer plusieurs fois aui 
décisions du conseil général ; maïs le Connecticut 

• L'Anglpifire dfdiira Ingufne dlii Hollande en 1851, « l« 
coloiiei teuèniit an paii avec la HglInndaiB de MuibsdoN. 



et le New-HttvEB ayant réclamé ttuprâa de Crom- 
wcl contre l'un de ces rcfiia, une aimple rnennce 
de celui-ci ûi rentrer le MafsachiisettB dans le 
devoir (1646.) Les disputes religieusea troublèrent 
anssi le ropoa <ie colonies confédérées 

Mais a'ila Étaient agités par lea discordes, les 
colons n'oubliaient pas les institutions utiles; s'ils 
persécutaient les catholiques, les anglicans et les 
quakers, qui venaient de paraître, ils faisaient de 
nobles effotia (1650) pour donner au collège qu'ils 
avaient établi à Cambridge en 1636 un accroisse- 
ment proportionné aux nouveaux besoins de leurs 
établisseraens. 

Ainsi marchaient » k fois les colonies anglaises 
dans les voies du fanatisme et de l'intolérance et 
dans le sentier plus tlillîcile de la liberté et de la 
civilisation. En peu de temps elles devaient aban- - 
donner les premières et mettre toute la vigueur de 
leur jeunesse à parcourir l'autre. 

Après le rétablissement de la royauté, le Massa- 
chusetta évita soigneusement do se déclarer pour 
le nouvel ordre de choses, et s'efforça de consolider 
son indépendance, soua la protection de la métro- 
pole. L'assemblée générale fit à cet égard une 
déclatstion de principes d'une énergie et d'un ré- 
publicanisme remarquables. Le gouvernement 
anglais relUsa de sanctionner les demandes de la 
colonie, et bient/it les nouvelles rigueurs qu'amena 
navigation (1663) 




achevèrent d'aigrir ]i 

Le Rhode-Islsnd, qui avnit tout à redouter da 
UaseachuBetts et de la ligue des colonieH du Nord 
dont il avait été exclu, fut charmé du rétablisse- 
ment de la monarchie, et obtint, en 1662, une 
charte royale qui reconnaissait l'assemblée géné- 
rale dea habitans. 

Le Connecticut apprît avec indiflerence le retour 
de Charles 11. (1662) Il oblmt à sou tour une 
charte royale, qui réunissait à la colonie celle de 
New-Haven. Ce dernier état, alors indépendant, 
refusa d'abord de se soumettre à cette décision; 
mais le roi ayant, à cette époque, &it au duc 
d'York, son frère, une coaceaaion qui paraisBait 
compromettre l'existence du New-IIaven, il se 
hftla de s'unir avec le Connecticut pour se sauver 
d'une invasion p]us dangereuse. 

Neio-Hampskire el Mairie. 

La compagnie de PlyiuDuth avait inconsidéré 
ment morcelé la partie septentrionale de son terri- 
toire entre divers acquéreurs qui n'y créèrent- 
aucun élabliasenient sérieux. 

(1639) John-Moson devint propriétaire du New- 
Hampsbire, et Georges du district de Maine. 

Quelques particuliers seulement étaient dissé- 
minés dans le New-Hampshire, lorsque les dis. 
ûordes religieuses du Massachusetts, auxquelles 



_ pris< 



d'axÉriiide. 69 

est due la fondation du Rliode-Island et du Con- 
neclicut, fiivoriaèrent la formation d'une nouvelle 
colonie doos cette province. 

Le ministre Wheelwriglit, proche poreot de mia- 
Ireœ Hutchinson, fondatrice du Rhode-Ieland, fut 
banni comme elle, et par rapport ÎL elle, du Massa- 
chusetts (1637). Il ae dirigea vers le Nord et 
fonda la ville d'Excter, près de la baie de PÏscata- 
qna (1623); quelques émigrans, venus d'Angle- 
te^re, bâtirent ensuite la «ille de Douvres. 

Des querelles religleusea sur la grâce et les 
œuvres dÉgénéiérent en gtierre civile et firent le 
maJheur de la colonie naissante. 

Cependant, le rapide accroisseroent du Massa^ 
chnselts avait engagé son gouvernement à en dé- 
terminer d'une manière invariable les limites. La 
charte les indiquait à trois milles au nord de la 
Merrimack. On prétendit qu'elles devaient être 
prises à partir de la source, et non de l'embouchura 
rivière, qui coule du nord au sud; on en- 
t ainsi une grande partie de New-Hamp- 
de Mainà N'ËlanC pas en état de soute- 
aa ses droits, le New-Hampsliire préfera se sou> 
mettre à la juridiction du Massacbusetts (1641). 
Mais le ministre Wheelwright, ne voulant pas la 
reconnaître, se retira dans le district de Mains. 
(1B50-1652) Peu d'années après Georges, proprié- 
taire de ce district, se soumit à son tour it la juri- 
<ietica du ftfaawchiaetti. '8oui cette t 



^uisgnt^l 



70 RESUME DE l'histoire 

protectioii, les deux nouvelles colonies acquirent 
bientôt une haute importance. 

ISeuhYork et New^eney^ 

Les Hollandais avaient formé des établisBema» 
considérables dans TÀmériqué du nord, dés Faïuiée 
1609. Dans la même contrée, ils avaient oonqais 
en 16% sur les Suédois, un pays étendu que ceux- 
ci occupaient depuis 1638. £n un mot, ils posBé- 
daient une grande partie de la côte, qui s'ét^cd 
depuis la Delaware jusqu'à Ttle Longue, jdosienrB 
forts et des comptoirs sur les rivières d'Hudson et 
de Connecticut • L'entreprise du capitaine Aigal, 
en 1614, n'avait fidt que les eflânyer, et, depoisy 
leurs établissemens s^taient de beaucoup accma 
Charles IL malgré son caractère eflSminé, osa en- 
treprendre de les expulser en pleina paix de ces 
possessions situées au centre des colonies anglaises. 
En conséquence (1664), il donna à son frère, le 
duc d'York, le pays qu'ils occupaient, une grande 
étendue de côtes et un terrltmrc^ immense, qui re- 
montait de r^nbouchure de la Delaware jusqu'aux 
lacs du ïiord. Cette contrée fut nommée New- 
York. Le prince céda presqu'aussitôt au lord 
Berkeley, et à Georges Cùrteret, la |Nirtîe de ce 
même territoire située entre la Delaware, l'Hud- 
son et la mer. Cest le New-Jersey, d'abord appelé 
Nouvelle-Suède. 

I^e officiera que le duc d'York, cbirgea de preik« 




AK£RI<tlIE. 

dre poEsesaïon ilu paya qui venait <ie lui être ci 
cêilé avec une aussi grande perfidie, 
dus avec le tord Baltimore, propriétaire du Marj- 
land, s'emparèrent (1664) de la Nouvetie-AcoBtec- 
dam, capitale des colotiies hollandaises, qu'ils 
appelèrent New-York, el achevèrent en peu de 
temps la conquête des nouveaux Pays-Bas. 

L*un d'eux, ayant remonté la rivière dlludaon 
pour s'emparer du fort d'Orange, depuis appelé 
Albany, eut une entrevue avec les cbefe des cinq 
nations indiennes de cette partie de l'Amérique, et 
conclut avez eux une alliance, qui subsista long- 

gi.i. 

Toutefois, les mœurs des premiers colons hollan- 
dais se conservèrent long-temps dons le New- 
Jersey, el ont même sensiblement influé sur celles 
de la population aciuelle. 

Le traité de Bréda, qui rendit l'Acadie aux 
Français, assura aux Anglais la possession paisible 
des nouveaux Pays-Bas. Mais la guerre s'étanl 
rallumée en 1673, les Hollandais reprirent New- 
York, et tout le pays qui en dépendaiL La ces- 
sation de la guerre remit, un an après, ce pays en 
!a possession des Anglais. 

(1674) Le duc d'York fit alors confirmer as 
charte, et envoya pour gouverner ses possessions 
d'Amérique, sir Mmond Andross, homme d'un 
■ctère dut et hautain, qui mécontenta les colons, 



72 RESUME DE l'uISTOIRE 

et éleva des contestations avec tous les étatfl^ 
voisins. Le mécontentement alla toujours croissant 
jusqu'au moment pu la colonie fut appelée à hhe 
discuter ses intérêts par ses représentans (1683.) ^ 
Le cdonel Dongan la gouverna depuis cette 

m 

époque jusqu'à la révolution, avec autant d'habileté 
que de bonheur.. 

Suite de Thùtoire des colonies du Nord, 

En &iiaant au duc d'York la concession du terri- 
toire occupé par les Hollandais, Charles IL avait 
nommé, des commissaires pour réorganiser les co- 
lonies du Nord. Us reconstituèrent Tétat de 
Maine indépendant du Massachusetts. Mais la 
cour générale refbsa de reconnaître leur autoritét 
et reprit ce pouvoir de suzeraineté qu'elle exerçait 
auparavant sur le New-Hampshire et sur IJétat /de 
Maine. 

Le courroux du monarque éclata. Il rendit un 
quo warranto contre le Massachusetts,* et la haute 
cour de chancellerie annula*la charte de la com- 
pagnie de Npuvelle-Angleterre (1684.) A cette 
grande injustice, le caprice de Charles II. opposa 
un grand bienfait H fit cesser, par une ordonnance, 
les persécutions exercées dans la NouveDe-Angle- 
terre contre les quakers. 

Ces secousses violentes n'empêchèrent pas 

* Injonction par laquelle les princes anglais ordonnaient de 
rendre compte des droits de la couronne qu'ils prétendaient 



; ■r'-^^'r. » ^ 



raccroiœement des colonies. En 1673, elles comp> 
120,000 Kmea. et pouvaieBl mettre sous lea 
10,000 hommes. 

'on aime à voir les établissemeiiH des £uro- 
pêenB prospérer, on se platt aussi quelquefois à 
remarquer le courage des Indiens qui tentent de 
icpouEaer ces spoliateurs au-delà des mers. En 
1TT5 Philippe, jeune prince des environs de la 
baie de MassachuBetts, parvînt à former une ligua 
de plusieurs nations. Quoiqu'il ne lût lui-même 
chef que de cinq cents guerriers, il rassembla plu* 
sieurs fois 3,000 alliés, avec lesquels il fondit but 
les Anglais. La guerre fut poussée avec un 
affreux acharnement, et ne finit que par la mort 
de Philippe, tué par un des siens. Il avait incendié 
un grand nombre de viUdges, et fait périr plue de 
six cents Anglais. 

Charles IL étant mort, le nouveau souTeram, 
Jacques 11, fit exécuter la décision portée contre 
les colonies de la Nouvelle- Angleterre. Un mËme 
gouverneur fut donné au Massachusetts, au New- 
Hampshire, et aux provinces de Maine et de Nu< 
tagansetls. Les représentations des colonies pour 
le maintien de leur liberté furent sons eSeL (1665> 
1637) Le gouverneur Andréas fit successivement 
casser les chartes des états de Rhode-Islaiid et 
de Coonecticut,* Il s'efibrça même de faire an- 
iecKtuncliuUdiniQBlniiic d'ubn « >• 



^ 



nnlei toutes celles qui étaient encore en vigueni. 
9 le luÊme temps, le New-Jereey et le 
furent également réunis sous l'autorité 
gouverneur, et anne^iéa à la Nonvelle- 
!. L'usage de rimprimerie fut même 
bterdit dans New-Vork. Ainsi fiirent momenta- 
nément anéanties 1^ conlMëralion et la liberté des 
colonies du Nord. 

Cet ordre des choses était trop contraire aux 
dnits et aux inlérfts des colons pour qu'ils le sup- 
portassent patiemment Le 13 avril 1689, les ba- 
biCaus de Boston se soulevèrent, emprisonnèrent 
le gouverneur et les membres de son conseil, et 
rétablirent l'ancienne forme de gouvernement 

Bientôt la nouvelle de la fiiite du roi, et de 
l'établissement de Guillaume m, dissipa l'inquié- 
tude que dommit aux colons la hardiesse de leur 
démarc be. 

La colonie de Bhode-Island et celui de Connec- 
ticut, rétablirent aussitôt leur gouvernement: le 
New-Hampshire, malgré son désir d'être réuni an 
Massachusetts, Ait reconstitué en colonie indépen- 
dante. 

Dans le New-York, quelques milices avaient 
wmlu imiter la Nouvelle-Anglelcrre et chasser 
'Iwir gouverneur particulier. Mais' ce chefi qui 
partisans, sut résister jusqu'à ranivée 
de nouveau gouverneur pour le roi Guillaume, 
ai)9u«l il remit le commandement. 



Peirnsylvanie et Delaware. 

Un traité entre le duc d'York, le lord Berkeley 
et Carteret, avait créé le New-Jersey: untiuté 
enb^ ceux-ci et Guillaume Penn fit fonder ta Penn- 
sylvu)ie (1674), située au nord de k Virginie et . 
au Bud du New- York. Le quaker Peon, fils d'un 
amiral qui avflit &it des avances considérables aux 
Stuart, reçut en terres en Amérique le rembourse- 
ment de ce qui était dis à Bon père. Penn avait 
long-temps habité le New-Jersey, et exploré la 
contrée qui lui était donnée. H vit dans cette ao- 
ceasion la faculté d'cl&blir un liAvre de repos laii- 
Tersel contre l'intolérance des religions, et se livra. 
avec ardeur à l'accomplissement de ce dessein. Il 
légitima même la concession qui lut était faite en 
achetant le terrain aux Sauvages, ses premiers 
poaseBseuTB, qui devinrent les amis de la colonie 



Penn établit d'abord un gouvernement libre, dont 
les formes, trop compliquées et peu appropriées à 
l'esprit du temps et des lieux, ne plurent pas, et 
qu'il remplaça bientôt par un ordre de choses à 
peu prés semblable à celui qui présidait aux colonies 
Toisioea. Il se rendit en Amérique (1683) avec 
deux mille émigrans, et débarqua but les bords de 
la Deiaware, oii il jeta les premiers fbndemens de 
Philadelphie, In ville des frères. Un an après, on 
j comptait cent maisons de bftties. L'aoBemblée 



7» 

dsB colons eut lieu par reprée^ntans et pablia des 
loû sagea, qui établirent l'ordre, k liberté abecdiu 
de eoDscience, et l'obéissance au propriétaire. 

Une décision du roi Jacques H. avait compris 
duisla concession de Guillaume Pena une partie 
de 1h péninsule qui eépare la Delaware de la baio 
de Chesapeak Plus terd cette même partie fut con- 
Btituée en colonie sous le nom de Delaware (1701), 
et, quoique régie par des lois distinctes, elle con- 
tinua d'obéir aux ordres du gouvemeui de la Penn- 

Bptte dernière colonie demeura fidèle à l'esprit 
quk Avait présidé à sa fondation. Les calvtnîsteB 
cherchaient un aaile à la Nouvelle- Angle terre, lea 
lathériens en Virginie, mais toutes les sectes trou- 
Têrent en Penaeylvanie un refuge, et y vécurent 
constamment en paix. Malheureusement l'esclS' 
Tage des noirs ternissait l'éclat des inatitutioiu 
toat£a patriarcales de cette colonie remarquable. 
Mois la société des amis s'opposa bientét à cet in- 
fâme tralic, et le code pénal que cette colonie doit 
à son fondateur acheva de !a présenter au monde, 
comme l'asile de la tolérance et de l'humanité. 

Lors des troubles d'Angleterre, elle demeura 
attachée à. Jacques II. Elle ne voulut reconnaître 
la dynastie d*Orange que quelque temps après son 
nt; cependant Penn évita avec adresse 
lUx que pouvait lui faire éprouver ce retard 
:e époque, la Pennsylvanie fut du petit nom- 



s' AMERIQUE. 77 

bre des étnta qui n'eurent point à abroger des lois 
ïnlolënntea, ni à détruire les privilèges de quelque 
culte dominant. 

OOHHDUUTIOnB BEI^TIVES AUX D. 



L'histoire des colonies anglaises du nord et du 
sud de l'Amérique ne présente que peu d'intérêt 
de détail, mais son ensemble oïïts des fiiits impor- 
tans et de grandes leçona. 

On y retrouve les conquËtes joumalièrea de la 
civilisa tion européenne sur la barbarie américaine, 
et l'indication de l'anéantissement prochain d'une 
des races de l'espèce humaine, celle dea bommea 
cuivrés, qui, chaque jour refoulés vers l'océan du 
sud, doivent disparaître lorsqu'ils n'auront plus de 
déserts à parcourir. 

On y voit le plua rapide accroissement des étals 
dont les habitans jouirent de plua de liberté. Le 
Massachuaetts, créé long-tempa après la Virginie, 
doit à. ses institutiona libéralea sa richesse, m. popu- 
lation et une sorte de prééminence sociale entre 
les coloniea de l'Amérique. 

On y reconnaît par quel ressort secret des colo- 
nies florissantes préparent leur indépendance fu- 
ture. Le récit de leurs efforts pour la conquérir 
ne sera plua pour le lecteur un objet d'étonnement : 
la résistance aux volontés arbitraires de la métro- 
pole, et surtout à l'acte de navigation, la ctsifëd^ 
L a2 




ntionDon autorisée îles cotanies, lai B.an>ntdi 
appris qae le peuple dont il parcourt l'Iiistoire n 
bieûtût msitre absulu de sca deEtiDÉea. 

Enfin en voyant tact de petits goiivememeiu 
Bembkbles ee créer sur un mode unifonne et prue- 
pérer en peu de temps, on apprend (jue le gouvei> 
Dénient populaire, appuyé de la tolérance univer- 
selle, est le plus confijime aux besoina de l'espèce 
humaine. Et ai l'on retrouve dnna ces constitu- 
tions quelque mêlajige insensible d'aristocrstie, on 
TC souvient du temps où cUea furent fondées, et 
l'on attend de l'avenir une reconnsiasaucB plut 
finmelle des droits du peuple. 




TROISIÈME SECTION. 



HlSTOIBH 

If£RIQ,DE. 

L'histoirg des colonies anglaises d'Amérique 
marche maintenant de front et ne doit plus être 
que rarement sépiirée. 

Guillaume QL avait refusé au Massachusetts de 
lui restituer son ancienne charte dont il demandait 
avec instance le rétabLiasement. (1693) Il lui en 
damia bientôt une nouvelle qui fut loin de satisRùre 
pleinement les colons, car elle attribuait au rai la 
nomination du gouverneur et du conseil d'état, qui 
autrefois Étaient élua par la colonie. Par cet acte 
le New-PI;mouth et la Nouvel le-Ecosse étaient 
réunis au Massachu^etlA à l'exclusion du New- 
Hampshire, qui sollicilait la même Viveur. 

Dès son arrivée, le nouveau gouverneur Phippa 
convoqua l'assemblée des représeataos (2 juin j 

1692.) 

Dans le même temps le New-York fut le tl 
_4s diïinons fîuiestâ& Lo gouverneur 1 



le théfttre j 




ni-' 



BEBVKE DB L'EnaTOIU 

ajwit ostupé l'autorité suprême, qui apputenait à 
l'assemblée des colons, uae convention insuirec- 
tionnelle se réunit à Albany , et Leialcr, qui né- 
CtHinut à son tour l'autorité de nouveau gvuvenieuT 
envoyé par le roi, fut pris et mis à mort Mais 
les dissensioiis n'en durèrent pas moins plusieura 
années encore. 

Cependant un orage plus graiid menaçait la 
Nouvelle- Angletene, Louis XIV. régnait en 
fiance, et Guillaume m, irrité par l'orgueil plua 
SUCCÈS de ce prince, avait résolu de s'i^ 
ambition. Tandisqu'illuttaitcontrelui 

Enrope, l'Amérique fut le Ihéûtre d'événemens 
miiltipliës. Les colonies de la Nouvelle-Angle- 
terre eurent à lutter à la fois contre les Français 
et contre les Indiens, dont les jalousies firent de 
pQÎBsans anxiliaires pour les deus peuples rivaux. 

La province de New- York devint le but de plu- 
sieurs expéditions de la part des Français, k cause 
de ta. communication avec lea lacs et des voies 
qu'elle ouvrait aux Anglais pour attaquer les éta- 
blissemens des Français au Canada. Le comte de 
FroDtignac écboua dons une entreprise sur cette 
province (1888,) par suite d'une surprise des Indiens 
des cinq nations iroquoises sur Montréal, où mille 
Français furent massacrés. Cette aurprise fut 
vengée par une autre. Les Français, guidés par 
deux officiers entreprenans, traversèrent secrète- 
ment une putie de New-York et entrèrent de 



D AMEElCtCB. SI 

nuit à Skeneciady, ville voisine d'Albany, et la 
eaccagêrcat. 

Les habituDB du Massacbusetta pensaient que le 
seul ntuyen de finir la guerre était de priver les 
FittQçaia de leurs principaux êtabliBsemena du 
* Canada. Il s'emparèrent en conséquence de Port- 
Royal, et menacèrent Québec. Le prin-tempa 
Buivant, une grande expédition &it prépoiêe. Le 
New-York et le Conneciicut devaient attaquer 
Montréal par le lac Cbamplaiu ; le MaseachuaetU 
devait s'emparer de Québec pur le Saint-Iaurent 
Trente vaisseaux parlant deux mille honimea miient 
à la voile ; mais de fiiusses manœuvres et le retard 
desindiena alliés firent manquer l'eipédition; et 
l'escadre revint après avoir tait d'inutiles dêmon- 
EtratioDS. 

(1693) Le roi Guillatune était pressé de reprendra 
les opérations. Chaque état se soiitnlt à fournir 
UD contingent de troupes pour défendre les limites 
les plus ipenacées, celles du New-Yorlt ; un papier- 
monnaie fut créé dans plusieurs États pour payer 
les frais de la dernière campagne. C'est le pre- 
mier qui ait été émia en Amérique. 

Cependant t'Acadie avait été conquise sur les 
Français. Le gouverneur Phippa espéra long- 
temps pouvoir incorporer cette province aux colo- 
nies anglaises, en lui donnant un gouvernement 
semblable ; mais la présence des Français eur U 
froDtièret et l'amour des colons pour eux dègobu 





» 



Phippa de ce projet. L'Acadie reposa d'elle-œliiDe 

aous l'aulOTité de la France ei 

Les hostilités cessèrent &u tnité de Rjswîck. 
Les coDquêieB réciproques lurent rendaes, et l'on 
discutait encore pour lee limitea des paye contigns, 
ItHsque la guerre éclata de nouveau (1702.) Néan- 
ntoioe les Françus d'Amérique traitèrent du main- 
tien de ta paix avec le lord Cornbury, gouverneur 
de New-York, ainsi qu'arec les Indiens des cinq 
nations qu'ils redoutaient principalernent Ce 
bizarre traité eut son exécution, et la neutralité 
du New- York, pendant la guerre des detix métio- 
polee, fit retomber son poids sur le Masachasetta 
et le New-Hanipshir& 

Après plusieurs années d'inutiles hostilité^ le 
gouvernement allait envoyer des forcée destinées à 
conquérir les colonies françaises, lorsque ta bataille 
d'AImania (1707), qui changea !a face des aflkires 
en Eorope. fit abandonner ce dessein. Depuis cette 
époque jusqu'à la paix d'tJtrecht (11 av. 1713), par 
laquelle l'Acadiefutcêdéeà l'Angleterre, un grand 
nombre d'expéditions fut combiné contre les établis- 
semens français, et toujours les ravages les plos 
afireax signalèrent la part que les Indiens prenaient 
aux differens des Anglais et des Français d'Amé- 

Des discussions sans importance entre legoaver- 
neui de New- York et ses administrés «menèrent 
une déclaration remarquable de l'assemblée des 



I 



D AHEBI4IIB. 

reprêaentaflH; elle portrait que toute taxe impoeée 
aux cdons sans leur eoTuentement était un atten- 
tat au droit de propriété. Peu d'annéee aupara- 
vant la cour de Maseachusetts avait fait une pareille 
déclaratioD. La reine Anne, recannaiesàat les 
droits des colona, avait auiisi réglé que la inËme 
autorité [jui détenninait l'impût devait en prescrire 
l'emploi (1705). 

Tandis que des actea aussi vi^ureux prouvaient 
l'indépendance véritable des colons de la Nouvelle- 
Angleterre, leur fanatisme se ralentï^Bait graduel- 
lement. 

En 1692 il se réveilla tout d'un coup. Des con- 
Tulaioniuîree répandirent partout la terreur des 
sortilèges et des maléficea; d'atroces supplices 
ftappérent sans raison les plus respectables citoy- 
eufl sans distinction d'âge, de sexe, de dignité. 
Cette fièvre ardente passa tout à coup; des jeûnes 
et des prières publiques expièrent ces sanglantes 

Vers le même temps les propriétaires du New- 
Jersey, titigués des difficultés que leur présentait 
l'administration de la colonie, remirent leur charte 
(1702), qui y envoya un gouverneur, et con- 
voqua l'asBeuiblée des députés des communes. 

Pendant les vingt-cinq années qui suivirent la 
paix dTJtrecht, l'hiatoire des colonies de la Nou- 
velle-Angleterre n'oflre ni guerre importante, i " 
«etiop d'edat, ni homme à génie créateur. Mai» 




I 



au milieu des querell» loujoim renouvelées entre 
les gouverneurs et k coor géoétaie de Massachn- 
BStlB, qui reprêBonlail les quatre colonies conitiifr 
rées, au milieu des usurpations mutuelles de pou- 
Toirdes diflërens IntérÉlaqui se combattent, une 
chose frappe souvent, c'est la marche rapide ds 
l'esprit public et sa direction constante vers l'in- ' 
dépendance. 

En 1719 t'assemblte générale rend un bill élf 
btissant un droit sur les marchandiBes venues pu 
des vaisseaux anglais. (1720) Le raïnintère bri- 
tannique censure cet acte, dont le Massachusetts 
<we pourtant maintenir les dispositions. La mê- 
me année rassemblée, qui pense que le salut dee ] 
peuples paœe avant la prérogative royale, déchre 
elle-même la guerre aux Indiens, sans la participa- ] 
tion du gouverneur. Elle nomme ensuite une 
commisaion permanente pour en surveiller les opè- 
rations (1723). Enfin, pour s'être opposée aa 
pouvoir des gouverneurs (I72C-1T21), elle est di»- 
BoutCt et lesml^mes députés sont réélus. Plus tard, 
ttansfêrée dans la ville de Salem (1728), pour avoir 
voulu diminuer et régler annuellement le salaira 
des agens du ministère, elle persiste dans l'oppo- 
sition qui lui a valu cet exil, et le ministère est 
obligé décéder. Ce n'est jaraaisque par la menace 
de la priver de sa charte, qui consacre pour elle le 
gouvernement représentatiF, que le cabinet de 
Londres obtient des transactioDS momeotanéet et 



D AHKIUQDE. 85 

l'obéiBStmcé aux acMa que les coIouh jugent hors 
des attributions de ses ofSciers. 

L'ame àe ceux-ci a acquis plus d'iDdépetidance à 
mesure que leur esprit a élé plus éclairé. Aux 
dernières convulsions du finalieme religieux avait 
succédé le buatisme de l'ignorance, remplacé k 
eon tour par une certaine cruauté dans les mŒurs, 
qui bientôt seak eutièreroent efîacée. SI en 1693 
les couvulaionimires ont Tait déciroeT les colonies 
du nord ; si en 1721 le peuple a repoussé l'inocu- 
letion, qu'on bill oiÉme osa proscrire; si en 1724 
John Lovewel a levé une compagnie d'hommes 
féroces pour la chasse des Indiens, dont le gouverne- 
ment paie les chevelures ;* désormais le caractère 
national sera exempt de ces taches honteuses. 

Cependant le peuple américain se développe. 
Si le Marylsnd est le théâtre de révolutions reli- 
gieuses (1689), la Virginie se prononce avec force 
contre l'esclavage des nègres, et, ne pouvant ré- 
sister h la volonté de la métropole, elle assujétit 
du moins leur importation à un droit (1699). Si 
\m gouvernement arbitraire est imposé au New- 
York, et ai l'usage de la presse y est interdit (1734), 
des collèges sont établis dans leConnecticut(1701) 
et le New-Jersey (1738); des joumaujtsont fondés 



1 



S6 HEBVaB DE L 

daoB le HBsaocliusettB (1704), le Bhode-Ialand et 
le New-York (1T33); une împrimei'ie eet établie 
pM Benjamin Franklin (1706). D'un autre c6té, 
Peun, qui a résigné aea droilâ Etir la Pennsylvanie 
(1699), revient avec de nouveaux droits plus éten- 
dus, préaider encore à sa prospérité (1718). La 
nouvelle colonie do Vermont est établie indépei^ 
dante de toute autre (1?24); le Diew-Harapahir^ 
aSianclii de la tutelle du Massanhuaett^, est om- 
fltitué en état libre (1727); et la capitale de la 
Pennsylvanie compte déjii douze mille babitanB. 

Etat de la Caroline à la même époque. 
Parmi lea colonies d'Amérique, !a Caroline 
mérite eeitle un article il part dsns l'histoiie de 
l'époque que nous venons de parcourir. 

(1693) Depuis l'abolition de la constitution de 
Loche, elle florissait malgré l'invasion des Espag^ 
sois dans le midi de aon territoire, et les ravagea 
que motivèrent les secoura accordés par lea colona 
aux Flibuatieis, ces pirates célèbres dont la baiDS 
éclatait de préférence contre les Eepegnols. Lont ' 
de la guerre de 1703, les colons formèrent te projet 
la ville de Saint-Augustin; ayant armé 
leurs milices et les Indiens, ils pillèrent la ville 
investirent le fort, dont bientôt ils 

Cette malheureuse entreprise occasiona 1' 
billets de confiance et l'établissement d' 



éclatait de prêter 
de la guerre de 1 

Li'enlever la villt 
leurs milices et 
Cette malheui 
aion de billets de 



la l'émi»- i 
ait d'ims j 



D AJtEBKtUG. 



87 



^ 



tue fiur les personnes et les terrea. Ces maux 
staient tolënibles; tniLis le culte anglicrtn fut admis 
JMT Due loi comme culte dominajit (1703). et les 
discordes religieuses firent plus de mal aux Caro- 
linienB que les impi^ts. 

(1712) Peu d'années apréa, k colonie fut le théft- 
iHssBcre affreux, exécuté par tes Indiens, 
«t long-temps préparé dans l'oaibre. Une guerre 
cruelle le suivit A la paix, les restes de la puia- 
Bante nation des TwicaTorax abindonuiJrent leur 
pays pour aller habiter plus au non], et se réunir à 
la confédération des cinq nations iroquoisea. La. 
colonie avait déjà forcé à la paix les Indiens Apa- 
loches, qui habitaient le territoire eituê entre lea 
rivières de Sayannah et d'AIalamaha. 

Vers ce temps, le gouverneur Joboson essaya 
inutilement d'introduirerusagedebireécloiredea 
vers à soie, que le gouvernement anglais tenait 
beaucoup à naturaliser dans la partie sud de 
l'Amérique. 

(1729) C'est ici que prend véritablement place 
la divieian de k colonie en deux provinces dont 
BOUS avons déjà parlé ; car ce fut maintenant 
^'elles furent constituées en états séparés. 

Peu de temps après la Caroline fut le IbéStre 






5 qui 



destruction complète tous les établissemena du 
midL Le courage et l'adreeso des colons eu di- 



^ 



Cependant lee concession Lia ires (la k Cuoline 
Kfusaieat d'aider les colona dans leurs guema 
avec les Indiens. Les Egpa^ols avaient aouleTé 
ces peuplades ; en 1741, elles envahirent la ton- 
tière, au nombre de six mille hommea. Pour leur 
résister, an fut obligé d'armer les esclaves sègrea 
et de proclamer la loi martiale. Les Indiens ayant 
été vaincus, le territoire de la puieeBnte tribu des 
Yamassis fut partage, et cinq cents cmigrans 
irlandais y furent envoyés pour couvrir les fron- 
tières; mais bientôt les concessionnaires les dé- 
pouillèrent, BU grand regret dans autres colons. 
Feu après, ils méconnurent et annulèrent pluaieura 
actes législatifs de l'aBsemblée générale de la co- 
lonie, qu'ils prirent enfin le parti de dissoudre. 

La guerre avec l'Espagne présageant quelqus 
expédition contre les établissemens du sud, les 
milices, auxquelles le gouverneur enjoignait de se 
rassembler, en profitèrent pour le déposer et dê- 
claiorqu'elleane reconnaissaient plus le gonverae- 
■foent des concessionnaires, et qu'elles n'étendaient 
X*éîr qu'à celui du roi (1748.) Cédant à leur 
désir, le roi retira la charte des conce^MinaireB 
dont il acheta les droits, et envoya un gouverneur 
en son nom. Les dernières traces de la constitu- 
tion de Locke disparurent alors, h l'exception de 
h. tolérance religieuse que cette institution avait 
inspirée aux colons. 

Le long repos dont la France jouit 



ino- ] 



D&HRRIQItE. 

rite de Louis XV, et l'Angleterre 

Wolpole, contribua puisdamaient » 

richesse et U population de toutes les colonies- 

d'Amérique. 

Géorgie. 

En 1733, fiit fondée la colonie de Géorgie et 
Utie la ïilie de Savannak Ogiethorpe, élève du 
prince Eugène, homme d'état et philanthrope, 
chargé de surveiller l'établissement qui fut formé 
par souscription, s'y rendit lui-même avec les pre- 
miers colons. Mais loa terres leur furent données 
en espèce de fiels qui nuisirent à l'accroieBemeut 
de la colonie. 

Des Écossais, des Saltzbourgeois et des Suisses, 
qui s'y étaient fixés (1735,) se retirèrent bientât 
en Virginie (1741,) dégoûtés par la forme du gou- 
vernement, et par la défense d'importer des nègres 
sous ce climat brûlant, que la culture n'avait point 
encore tempéré. 

Caroline et Géorgie, 
Lors de la guerra avec l'Espagne, Ogiethorpe, 
chef des milices de la Géorgie et de la Caroline, 
entreprit inutilement de s'emparer de Saint-Au- 
gustin. Do leur câté, les Espagnols parurent en 
Géorgie (1742) avec des régimens entièrement 
composés des noirs fiigitifs de lu Caroline, démarche 
qui tendait à porter la révolte parmi les esclaves 



90 Bannu db l'histoirb 

de la CardUne, dont le nombre s'élevait aa double 
de celui des hommes libres, et peut être évalué à 
quarante mille. 
Cette tentative n'eut aucun succès. 

Suite de rhistoire générale des colonies jusqu^à 
la révoltUion d'Amérique, 

Ancune nouvelle attaque n'eut lieu entre lee 
>|m ^i»iiing et Espagnols jusqu'au moment où la 
IVuice et l'Espagne, que rapprochait le gouverne- 
ment des deux branches de la famille de Bourbon, 
recommencèrent la guerre. Les hostilités furent 
à la fois portées au nord et au sud des colonieB 
anglaises. Les Américains, après d'honoraUee 
eflEbrts et presque sans le secoora de la métropole, 
s'emparèrent de la ville de Louisbourg, dans l'tle 
dn cap Breton, sur le golfe Saint-Laurent 

(1744) Cette expédition fit manquer aux Français 
la conquête de la Nouvelle-Ecosse, et exalta pen- 
dant plasieon années le courage des Américains^ 
qoi tentèrent plusieurs fois de s'emparer des posi- 
tions fintifiées des français sur le lac Champlain 
(1740,) et principalement de la pointe de la Cou- 
roone qui commande la navigation du lac. 

Fea i^en fidlut qu'ils ne perdissent tant d'avan- 
tages à l'apparition d'un escadre française de qua- 
rante vaisseaux, portant près de 4^000 hommes, et 
commandée par le duc d'Anville. Les ouragans, 
JetimalÊdim et les discordes des cbeià la détraisî- 



rent presque entièrement, et elle revint en France 
sans avoir rien iàit. Cet écbec empécho la France 
de rien tenter durant le reste de la guerre, et 
jusqu'au traité d' Aix-la-Chapelle (174S,) oùtouteslea 
puLssanceB Iffilligérontes rcUtrèrent dans leurs po9- 
sesstDns,etqui rendit aux Fran çaisl'ileducap Breton. 

A cette époque, le papier- monnaie du Massachu- 
setls n'avait plus que le onzième de la valeur no- 
minale, n fol retiré de îa circulation avec l'argent 
que l'Angleterre compta en indemnité des (raia de 
la guerre (1749;) les autres colonies n'employèrent 
pas le mi^me procédé et en éprouvèrent de grands 
désavantages. 

La discussion que fit nattre le traité de paix le- 
laCivement à la fixation des limites respectives, 
qui, depuis le traité d'Utrecht, devaient être tra- 
cées, ralluma la guerre au bout de quelque tempK 
Voici quellue fiit l'origine de la querelle : 

Dès 1600, les Français du Canada s'étaient 
avancés vers l'Ouest, où ils rencontrèrent les 
grandes rivières qui se jettent dans le Mississippi. 
En 16T3, le jésuite Marquette, s'abandonnant au 
courant de ce fleuve, le descendit jusqu'au 33" 
degré de latitude nord. Le chevalier I^salle le 
descendit ensuite jusqu'à son embouchure dons le 
golfe du Mexique. De faibles colonies furent 
établies sur la Maubile et au Bilosi. En 1722, 
leurs restes se fixèrent à la Nouvelle-Orléans, 
florissait déjà en 1731. 



^ 



r. 



par Lesalle avait reça h { 
nom àe Louisiane ; elle se joignait au Canada psr 
lee lacs du Nord. Ce pays, connu sous le Dom de 
Nouvelle-France, lôrmait un arc, du midi au nord,. 
dont les possessions anglaises étaient la corde, et 
interronipait à l'ouest leurs concessions, qai e'éten- 
daient, d'après les titres et les prétentions des pn>- 
pTiél&ires, jusqu'à la mer du Sud. La Gxationdes 
Umites dans celte partie amena des discussionB qui 
s'enveiiimérent bientôt. 

Les Fram;.aiB s'occupaient d'établir iine ligne 
de postes militaires depuis le lac Champlain jtw- 
qn*au Miraiesippi. Les Anglais de leur côte fta- 
toiiBèrent (1750,) sous le nom de compagnie de 
l'Ohio, une association commerciale avec dotation 
de 600,000 acres de terren, dons le pays réclamé 
par les deus puiBSitnces, et qui touchait à la Vir- 

Le gouverneur de la Nouvelle-France, qui seul 
dirigeait toutes les forces des divers établissemenB 
de l'Amériijue, ne* craignit pas, quoique leur popu- 
lation fbt à peine du vin^tiOme de la population 
anglaise,* de lutter avec les Anglais, dont chaque- 

* Etat de la population en 1760. 



COLONIES ANGLiUHBB. 



LEBlifti de Lnnebotiie inDuvelle Ècome).. . . 
irow-HïmprtiitB 



d'ameriqub. 93 

colonie avait un gouvernement eéparé, ce qui 
nuisait à l'ensemble. Il fît enlever les facteurs 
Anglsia de k compagnie lie l'Oliio (1751.) Din- 
widdie, lieutenant-gouverneur de Virginie, fit 
porter (1753) scfl réclamations au commandant 
fiaoï^is par le jeune major Washington, si célèbre 
depuis. Ce fut alora que lût tué Jumonville, dont 
mort la mort a servi de texte à d'atroces calomnies. 
Waahington ne lut point écouté. La compagnie 
de rOhio leva un régiment pour couvrir ses pos- 
aeeeions, dont elle confia le commandement à cet 
oQicier, qui fut battu et pris après quelques succès 
peu importans. 
La guerre paraissait inévitable. Le gouverne* 

















































CuoUnB du Nd 
























c„„™,. 




....isaiSM 








.... TOW 




94 RESVltt DE I, HIAToniB 

ment britannique engagea lescolonieBàB'iinîrpwir 
une défense commune. Le New-Hampsliire, le 
Haasachusette, le Rhode-Majid, le Connecticul, le 
Pennsylvanie, le Marylanil et te New-York, donl 
lei délégués s'assemblèrent ii, Albany, décidèrent i 
qu'un grand conseil, composé des envoyés des di^ 
fêrentes assemblées législatives et d'un président 
général, serait réuni pour fixer les contingeus des 
divers éiAts en hommes et en argent, et diriger 
les opérations mililaircs (175i) Cette délibération 
était une sorte de déclaration d'indépendance. 
Les délégués du Connecticut se refusèrent d'a- 
dopter un plan qui donnait tant de pouvoir à un 
président: l'Angleterre le rejela, dans la crainte 
tout opposée de donner trop de forces à des colo- 
nies déjà peu soumises à la métropole. 

La cour de Londres envoya, dès l'année Buivante 
(1755), des forces imposantes en Amérique, Les ^ 
différeus gouverneurs des colonies se réunirent en 
Virginie, et y tracèrent un plan de campagne qui 
eut d'abord un plem succès: en un mois plusienrB 
forts fiirent pris sur les Français, et toute la non- 
veUe-Ëcoase fut conquise. 

L'esprit des habilaiis de celte province faisant 
présager des résistances, le gouvernement britan^ 
nique les fit tous transporter dans ses diversescolo- 

B, après avoir détruit leurs établissemens. 
Maù lea succèB des Anglais ce faTeuV -çaa ta, ' 
rée. Bientôt \a maftieutcttae XaWaiûifNcJ 



1^' 



du général Braddock sur le fort Duijuesne, qui, pai 
ea, position, commuidait la. navigation de l'Algnedy 
et de la Munongaliela, amena k mort de ce géné- 
ral, la retraite précipitée de l'armée angliise au- 
delà des frontières do la Pennsylvanie et du New- 
York, et l'abandon d'une graodo partie de ces con- 
trées par les coIodb. La déroute eîit été plus 
complète encore, ai le Jeune Washington, qui 
Bcrrait comme volontaire sous Braddock et qtii 
avait prévenu le tacticien européen dea dangers 
que présentait une guerre d'un nouveau genre pour 
lui, n'eût eauvé les débris de l'armée. 

D'un autre cûté, deux autres expéditions au 
nord échouèrent également faute d'ensemble dans 
la conduite de la guerre. Ainsi finit la campagne 
de 1735, pendant laquelle les Indiens ravagèrent 
les frontières dea étala du Midi. 

Cependant, en Europe, la guerre n'avait pas en- 
core amené d'hostilités ; la première fut la prise, 
par les Anglais, d'une lôule de navires marchands, 
au [noment où on a'; attendait le moins. 

Shirley, homme de cœur, mais d'un génie trop 
entreprenant, fut nommé commandant-général dea 
forces anglaises en Amérique (1755), et eut en peu 
de temps vingt-un mille hommes de troupes pro- 
vinciales sous ses ordres; mais aucune de aes en- 
trcprities n'eut un plein succès. Le lord comte de 
Louduu, gui lui succéda, luttaavec^u d'&vaixta^ee.. 



bravo Mantcalm, commsndantgéaéral des Fran- 
çaia aa Canada, qu'il essaya inutilement d'aasiéger 
dans Louisbourg. 

Le prbcipal lait d'urines de cette dernière cam- 
pagne fut k prise du fort Guillaume-Henr]' par le 
général Montcalm. Ce fort était gardé parle colo 
nel Mooroê et trois mille hommes qui capitulèrent 
Les Indiens, violant la capitulation, seloa leur 
DSBge, maEsacrèreut une partie des assiégés, mal- 
gré les efforts du général français. La prise de ca 
fort rendit les Fiançais maîtres des lacsGeorgeaet 
Champlajn: Os dominaient également sur le lac 
Ontario par la prise du fort Ossouego, et, par la 
poesession du fort Duquesne, sur le pays de l'Obiop 
qui joint le Canada à la Louisiane. 

Leurs succès en Asie et en Europe avaient été 
tout aussi rapides, et l'Angleterre était réduite au 
dernier degré d'abaissement Un seul homme la 
«,UTa; cet homme était William Pitt, depui» 
appelé lord Chathun. 

lia puissance de la tribune lui avait ouvert Iv 
chemin du conseil britannique, d'où l'étendue de- 
ses vues l'avait contraint de se retirer (1756), 
brsqae fut tracé le misérable plan des demiêree- 
campagnes. Rappelé en 1757 par la voix publiqae 
et placé à la tète du conseil, il en devint l'ame, et 
la prospérité de l'Angleterre fut son ouvrage. D 
ranima l'esprit public dans les colonies, eavayt, des 
•ecDura, fit renaître la confiance et créa les succès 



J 



ètonnana qu'eurent bientèt lea Anglais en Amé- 
rique, comme dans les autres parties du monde. 
Par ses Boins, le comte de Loudun comoianda jus- 
qu'à 50,000 hoinmGS dans la NouTelle-Angleterre, 
et obtint sans hésitation des impôts qui s'élevèrent 
aux deux tiers des revenus des colona. Bientôt la 
ville de Louiabourg, le fort de Frontignac bot 1b 
lac Ontario, et le fort Duquesnc, si important pour 
la Virginie, le Maryknd et la Pennsylvanie, fiirenl 
enlevés aux Français (1758). Ainsi fut ouverte ]a 
route de Québec et reconquis le pays ei long- 
temps disputé. 

Ce n'était point assez si le Canada n'était entiè- 
rement subjugué. Une attaque fut dirigée, l'année 
suivante (1750), sur ]à. capitale par tiois points dif- 
fêrens. La position de cette ville et ta force de la 
garnison, commandée par le marquis de Montcalm, 
rendaient le succès fort incertain. Le général an- 
glais, Wolf, ne ss dissimula aucun des obstacles 
qu'il avait à vaincre: plus ils étaient grands, plus 
sa grande ame tint à les surmonter. Après une 
foule de manœuvres où le génie des généraux el 
l'intrépidité des soldats se surpassèrent, un succès 
de WolfforçaMonlcalia à sortir des positions qu'il 
avait prises. La bataille fiit livrée; elle tiit Bsn- 
glantc. Wolf, blessé trois fois, expira en entendant 
ces cris; lit fuient, ilê fuienZ! — Qui! demanda 
avec effort le héros.— iei Français? — Je meurt 
Mntcnl .' Montcalm fut aussi blessé aortelleciWQt, 



I 9B BEBUUE DE l'hISTOIBB 

etlotaqu'il apprit qu'il allait cesser d'être: Tant 
mieux, à\t-ii,jene verrai pat la reddiliande Qué- 
bec! Paralea Hublimes, dignes de ces deux morta 
glorieuses ! 

Québec capitula peu de jours nprês. 
L L'année suivante (1760,) les Français tentèrent ^ 

[ vainement de la re^ireodre, et la reddition de M(»> 
tréol, leur dernier boulevard dans le Canada, 
acheva lu conquête de cette immense province. ] 

Pendant les trois années suivantes, les négocia- 
tions qui avaient lieu entre les puissances belligè- 
lantes suspendirent les hostilités, qu'une nouvelle 
rupture fit reprendre en n&i: les colonies anglai- 
ses y coucourureuL Les Français, entièrement ' 
expulsés du Canada, qu'ils avaient si long-temps 1 
et si glorieusement occupé, descendirent en Loui- | 
sianc, où la population indienne s'aima en leur ] 
&veur contre les Anglais. La Caroline et la , , 
Géorgie, qui d'ailleurs prenaient peu de part à la 
lutte contre la France, virent à tout instant leurs 
trontiéres ravagées, et firent tour ù tour la paix et 
1b guerre avec les peuplades indiennes, et princi- 
palement celle des Chérokis. 

L'évacuation du Canada par les Français araeiia 
d'autres résultats plus importans. D'un côté, les 
troupes britanniques, n'étant plus employées à 
couvrir lea frontières commencèrent à devenir à 
charge aux colons ; de Vautre, les citoî^ina, rpa 
dealevéBB ocO&aoïà^ da nubces viwntA. twJaaji 



Il de leurs propres forces, rapportèrent 
dans leurs ibyers un esprit plus énergique et plus 
indépeudaut. N'ayant plus à lutter avec les Ca- 
nadians, ils curent le temps d'examiner la nature 
de leurs rapports avec la métropole, qui étaient 
loin de leur être favorables. Le mécontentement 
commença lorsque l'expulsion des Français fut 



La puissance colossale de ceui-ci en Amériqne 
s'était évanouie devant le génie du premier PitL 
Lorsque ce grand homme se fîit retiré du ministère, 
e Georges III, la nation anglaise 
re de la direction qu'i] lui avait 
imprimée. Elle ne compta presque que des succès, 
acheva de dépouiller la France de ses possessions 
d'Amérique, et obtint enlîn, à la paix de 1763, la 
cession définitive du Canada. 

Dons le mf me temps, les colonies du nord pre- 
naient un rapide accroissement L'université de 
Brown, qui venait d'ftre fondée dans !o Rhode- 
Island (17^) achevait de répandre l'instructioD 
parmi le peuple. Les Indiens, repousses plusieurs 
fois do la frontière du midi (1760-1761,) étaient 
pour long-temps condamnés à la paix. De nou- 
velles provinces se peuplaient ,* les vastes déserts 
où sont aujourd'hui les états do l'Ohio, du Ken- 
tuckf, d'indiana, do Missouri et de Michigan, au- 
paravant fréquentés par les seuls Fra.it(\aja, «s^ 

* Ifouimmcat celle lin TennciiOo,CMo\itiB4u,o«i^'ïffft- 



I 



100 lûsuME : 

s'étaient unis par des majriagea avec les Indivis, 

étaient explorés avec plus de prévoyance par le 

peuple américain (1753-1763,) En un mot la 

nation tout entière s'avançait à grauds pas vere la 

Tirilité, et touchait au moment de la manifester 'i 

Bolennellement. 

CONSIDERATIONS OÉnÉrUiES. 

Les persécutions religieuaea avaient vu les An- 
glais calvinistes se rôfugier dans la Nouvelle-An- 
gleterre, et les luthériens en Virginie, tandis que 
les foiéta de la Pennsylvanie offraient un asile à 
toutes les sectes. Ce triple peuple, issu en grande 
partie d'hommes que la persécution ou des passi- 
Dnsvioleiites avaient jetés dans le Nouveau-Monde 
BOUS les derniers Stuart, tenait de ses aieux un 
esprit élevé et un génie indépendant. 

Los Américains, armés de bonne heure pour leur 
défense personnelle contre les Indiens et les Tran- 
çais, avaient contracté des habitudes guerrières et 
BU apprécier leurs propres forces ; souvent même 
Us les comparaient avec orgueil avec celles de la 
métropole, qui osait les opprimer et ne savait pas 
toujours les défendre. Plusieurs actes du gouvei^ 
nement, qu'ils considéraient comme injuste^ et 
notamment l'acte de navigalion, avaient exalté 



Dans le principe, l'esprit de controverse, et 
plus tud les déveioppemens que donnèrent à leura 



o'AMÉniltUE. 101 

îdêea la (olêiancc politique et icligicuee, leur avaient 
appris à regarder toulea leurs libertés comme leurs 
droits de citoyens Englata, toutea les restrictioiw 
que le ministère y mettait dans l'intérêt du mono- 
pole de la mère-patrie, comine des usurpaticaia, 
Ds ne conseillaient point à. voir dans la Brande- 
Charteuaa concession de munilîcence royale, mai» 
la simple reconnaissance des droits étemels des 

D'ailleurs leurs constitutions particulières ten- 
daient toutes à la démocratie, sans ce mélange 
d'institutions féodales qu'on retrouve dans les lois 
anglaises. Elles étaient basées sur l'égalité réelle 
qui dut exister entre des énùgmns, tous commerçans 
ou planteurs. ' Ces institutions créèrent un peuple, 
vivant dans un autre ordre d'idées que les peuples 
de Bon temps. Ce peuple applaudit avec transport 
au:c trioDiphes des républicains anglais, qui lui 
parurent vouloir doter l'Europe de la même somme 
do liberté dont Jouissait déjà l'Amérique. 

Les colons ne considérèrent jamais les chambres 
d'Angleterre comme investies du droit de les im- 
poecr, parce qu'ils n'y étaient point représentés, et 
que la distance qui les en séparait s'opposait à ce 
que leurs intérêts y tussent soutenus. Les taxes 
rju'ils payaient n'Étaient, selon eux, que des dons 
volontaires qu'ils pouvaient refiiser. Avec de tels 
principca, ils durent se conserver exempts du dea- 
pMiime ministériel, aux séductions duquel ils 



l 



103 BESDlfE DE L'HWrontE 

n'étaient point en butte. Le clergé même flit 
presque BUiB autorité parmi eux, parce qu'il n'ovfiil 
point la hiërBrchie qui constitue des dignités et 
asnctionne l'influence liee dignitaires. 

Kn peu d'années lea nouvellea générations de ce 
peuple durent perdre les sonvenirsde la mére-patrîe 
et leur attachement pour elle. Alors elles nupportè- 
rent moins patiemiuent ceux des actes dugoiiveme- , 
ment qui tondaient à paralyser leurs libertés. In- I 
sensiblement elles s'accoutumèrent à désirer d'é- . 
chapper à la suprématie de la métropole : ce désir i 
fîjt flatté par toutes les puissances, jalouses, dans i 
les derniers temps, de l'agrandissement extraordi- ] 
oaire de la Graude-Bretagne, et bientôt le jong 
de l'Angleterre devint intolérable aux colonies . 
d'Amérique. f 

Ce joug fut enfin brisé. Noua allons rappeler 
les causes et parcourir lea phases de cette grande 
révolution qu'on a déjà vu germer dans le cœur dé^i 
tous les Américains; que l'état des idées, les néces- 
sités des lieux et des temps, le défaut d'équilibre | 
entre k force des colonies et la puissance de la mé- 
tropole rendaient inévitable. 



L. 



TROISIÈME PARTIE. 

RÉVOLUTION D'AMÉRIQUE 

SECTION PREMIÈRE. 

HlBTûmG DE LK RETOLCnOn I>' AMERIQUE JDStlll'A 



Caate de la révotutiim. — btpôt du timbrer^ 
Troablea. 

Fmbx connattre les cauaea et l'origine de k 
révolution d'Amérique, c'est en retracer preeqne 
touta rhiatoire. Comme révolution, elle a été {kjto 
lora de la déclaration d'indépendance des colonies: 
ce n'est que comme guerre qu'elle s'eat prolongée ; 
différente en cela de celle de France, qui compta 
plusieurs périodes d'un intérêt à peu prés égaL 

Quelques développenieuH sont nécessaires pour 
retracer fidèlement les premières scènes de ce 
grand drame, que tout l'univetB regarda avec une 
égale curiosité, et qui remit en pratique des prin- 
cipes depuis long-temps relégués dans lea livres 
deg atopisles et des philosophes. 



a 



Comme la PnincesoUH LouisXIV.,rAngleteiTe, 
après lu poix lie 1763, fut considérée avec méfiance 
et jolouHie par touCca lea puissances. Les vexa- 
tions exercées par elle sur le commeice do muni- 
tionB de guene que la France feiBait avec la Hol- 
lande avaient irrité celle-ci. La France, de scm 
côté, attendait avec impatience l'instant de venger 
ses défaites. Lea auggestions de ces puissancea 
donnaient un essor plus imposant aux plointea des 

kcolona contre lea taxes, les prohibitiona nouvelles 
imposées au commerce des Américains depuis la 
paix. Pour réprimer la contrebande, occaaionée 
par cea nouvellea lasea, le gouvernement enjoignit 
AUX officiers de la marine royale de aurveiller le 
commerce, et de confisquer lea navirea américaina 
qui trafiquaient avec les Eapagnola et lea Français 
des Antilles. Ce trafic consistait en certainea 
marchandises de fabrique anglaise, que la métro* 
polo votikit être seule en droit de vendre aux 

A la nouvelle de cea mesares injustes qui les 
privaient d'une de leurs principales reasoarcea, les 
colons a'irril^renL Les commorçans de Boston, 
chef-lieu de l'état ce Massachusetts, prirent la ré- 
solution de ne plus faire aux Anglais aucun achat 
de marchandiaeB de luxe (1764.) Plusieurs an- 
tres villes imitèrent Boston. Tous les négocions 
Bgireat bientôt d'un commun BCWfi4,\a. 4 
do satû&ire aux paiemena eiweia \ea -««lÀRnm ! 



anglais les oblig-eanC à ne plus folie d'achats. 
L'ADgleierre ee trouva ainsi tout h coup privÊe 



Le gouveraement, voulant éviter les cooeéquen* ' 

ces de cett« irritatioti et déjouer les effi)rts des ' 
colons, permit le commerce avec lea Antilles; 

mais les droits qu'il lui imposa le frappèrent d'une ' 

prohibition tacite. Il décida en outre que les fonds , 

lésultsnt de cen droits seraient versés en espèces ! 

BU trésor de la Cra^de-Bretagne. C'était achevif ' TJ 

d'épuiser les colonies d'argent monnojé. L'aigreur ' 

des Américftina redoubla. B'autres réglemeuB 4 

encore augmentèrent leur mécontentement; tooa 1 

paraissaient en effet tracés en oubli de leurs et dfi I 

la justice ; l'Angleterre semblait sa faire un jen i 

de la prospérité des colons. Ils lîrent des remon- J 

trancea qui ne furent pas écoutées, Vao ligue 1 

contractée entre toutes les principales villes do [ 

contineut rendit bientôt générale la résolution | 
qu'avait prise le commerce de quelques-unes. 
Cette résolution fiit esccutée avec une constance 
qui décelait les diagoattions et le caractère de la 

I ' Cependant jusqu'ici les colons, tout en considâ- 
1 nnt ces réglemens commerciaur comme vexaloirea^ 
ne lea regardaient pas comme illégalement ordo(i> 
néa L'impût seul leur paraissait avoir ce carac< 
tère. Jamais ils n'y avaient été soumis que par 
dès actes d'opptemoa ou ■ya \m ftâô^st* ^ 



i 



glelerre, 1 

B^ur^à I 

du pa;a I 

binet de 1 



t 



106 RÉSOKÉ DB L'BinVISE 

leurs asBCmbléea provincialee ; mais l'Angleli 
duM m détresse pëcuiiLBiTe, eut bicnUt r 
cette reœource, illégitime d'après la toi du p 
IVaîlleure le lord Bute, qui dirigeuit le cabinet d 
LondieB, espérait, en introduisant les taxes àane 
cette putie de l'empire, amener un jour le parle- 
ment à en consentir de pareillee pour la Grande- 
Bretagne. 

Un bill fut rendu qui établisEuit un droit de tim- 
bre BUT tous les actes patiséti dans les colonies 
(10 mars 17tJ4.) Le premier] ministre, lord Gren- 
ville, qui ne s'en dissimulait pas les inconTéaieuB, 
crut devoir en suspendre l'exécution pour y prépa- 
rer les colonies. Ce retard eut un cfibt tout con- 
tniie à celui qu'on en attendait L'irritation alla 
toojou^'ii ".roissant ; des moyens d'oppositioas furent 
préparés dans le peuple. La résistance des Amé- 
ricains (1765) s'appuyait sur les efforts admirables 
que fit au parlement l'opposition anglaise en leur 
feveur, eSôrts qui semblaient sanctionner leur 
répugnance à se laisser imposer par une assemblée, 
où ils n'étaient pas représeatëa* Enfin le biU 
passa. Franklin, citoyen déjà célèbre par ses vei^ 
tus, son patriotisme et ses découvertea dans let 
Gciences, et qui était à Londres l'agent de la Vii^ 

1 Bujel anglBis ne peut îlte swi(jcti d une lue. al co 



à 



ginic, écriîit la mÈme jour : Le soleii de la liberté 
vient de se coucher ; aUumoas les flambeaux de 
tiTiduilrie. — A/(eîufeî-«ous, lui répondit Thompson, 
à voir tnentàt s'atlvmeT (TmtlTes fiambeaux. 

La nouvelle do l'adoption du liill de l'impôt du 
timbre produieitvuieinipresaion profonde en Améri- 
que. Vainement le ministre Grenville, pour adoucir 
la rigueur de Ift loi, pivt-il eoin de n'envoyer pour 
l'exécuter que des Américains ; l'agitation ee ma- 
nifealade toute parL lAchambredesbouigeoiade 
Virginie proteste (29 mai 1765,) par un arrêté, 
contre le droit que s'arrogeait le parlement angluB 
d'imposer lea colonies. Une association d'opposuta 
au bili, dont lea membres prirent le nom d'en/îins 
de la liberlé, répandit partout le zélé de ses princi- 
pes. A Boston, des tumultes populaires curent 
lieu ; on f dévasta les malaonB de ceux qu'on soup- 
çomiBit avoir été chargés de la perception de 
j'impdL Les capitales de Rbode-Island, du Con- 
necticut, du Ncw-Hampshire, furent le théâtre da 
semblables excès. Les journaux ccktéreut contre 
le bilL n fût imfHinié et crié à New- York en ces 
termes: fWie de VAngUierre et ruine deCÂméri- 
qve. Les avocats et les notaires décidèrent uts 
onimementde ne pas se servir du papier timbré 
dans leurs actes. En un mot, le cri de malËdiction 
contre le nouvel impût fui universel en Amériquei 
et retsotit au fond des campagnes des états les 



106 BSSUME.DB l'histoire 

plmi éloignés^ comme au sein des villes des états 
dé Test 

Dés que le papier timbré arriva dans les difier- 
entes villes, les vaisseaux mouillés dans leurs 
ports mirent leur pavillon en berne ; les cloches, 
enveloppées de draps funéraires, sonnèrent le 
trépas; le deuil et la consternation réc^nèrent. 
A I%iladelphie, à New-York, des attroupemens 
CQDJndénUes exigèrent des préposés de l'impôt 
Xmt démÎ8si(»L A Boston, des figures allégoriques 
fàtéot pendues à un arbre depuis appelé Arbre de 
iàUbertê; de là naquit l'usage de planter partout 
dw min'es de la liberté, £n plusieurs endroits les 
ipoitvemeuTS firent déposer le papier timbré dans 
làn citadelles ; en d'autres, il fut enlevé et brûlé 
pst la multitude. 

Quelques habitans de New-York, voulant préve- 
nir le blftme et les dangers que devaient amener les 
mDiiveiàens populaires, convoquèrent une assem- 
blée générale des habitans hors de la ville. U, il 
ffat proposé, pour faciliter l'accord des oppOBÊiâ au 
UU, de mettre, à l'aide d'un co^té permanent, les 
patriotes de la province en relation avec ceux des 
antres états. Ce comité se mit sur-le-champ en 
xi^pport avec les enfana de la liberté des autres 
provinces. Bientôt il rédigea un acte d'association 
où, en soutenant les droits du peuple américain et 
tindtant le bill du timbre de pamphlet, il protestait, 
ém/ûa raatg9 des hommen qui n'ont pas complète-^ 



S'AUEftlltUE. 100 

it brisé leur joug, de Bon respect pour le gott- 
La pluprt dea citoyens eignèrent cet 
acte par patriotisme ou par feibleeae. Le New- 
York et le CoQuecticut furent les premiers états 
Bsaocits par ce pacte, auquel se rallièrent succes- 
sivement les autres colonies. 

Cependant les papiers publics répandaient les 
doctrines nouvelles, et lour à tour, chaque ordre de 
citoyens se hfLtait de renoncer k l'usage des pto- 
duits de l'industrie anglaise. Une société des Amû 
dea Arts fiit formée à New-York, pour le perfec- 
tionnement des manufactures américaines, et les 
produits coloniaux prirent une faveur extraordi- 
naire. Tous les colons se faisaient une obligation 
d'en faire usage, et leurs goûts ainsi que leurs ha- 
bitudes cédaient à leur patriotisme. 

Otis père et fils et Warren, citoyens des plus 
considérés de foston, proposèrent à la société 
des en&ns de la liberté de confédérer toutes les 
coknûee d'Amérique, en assemblant un congrès 
où Knilea enverraient des députés ayant pour mis- 
sion de s'opposer &. l'exécution des lois inconstitu- 
tionnellee dont on se plaignait. Cette proposition 
fut accueillie par rassemblée des repréeentans qui 
la convertit en arrêté et décida que le congrès se 
réunirait à New- York le premier mardi d'octobre 
1765, pour délibérer sur les circonalaiices présen- 
tes et envoyer eu Angleterre des rcniontronces. 

Le con^a m réunit en efiêt à New- York le T 






nhlB^fv wm déduHkaides draiti d« eîtofm 
Sin pétitioni fiiisul amttB idn^ 
iM voi et WK dnnilra f Amluteiic Oé j 

fouik à rA j Bé ri fMb qoe pv 

Sm défoÉM finoftMHMis pour porter i 

«Ito 




MâbABeaci^fleàtélé 






gram. Galitt è» k CbralM BMnfinnfe i<f 

flC fit cpvQQW Mplm pnd 

88 n provBQOt 




Att adiMi des ecè— qoe 

pHilo«ÉMèer^;itatkaéiBiaaMBt SileSèdélé 
dw aitide Nev-Yovk Ibt findée pvdesnwMd» 

p^^*^-|iT. TTilh jnr It rr^T^iriirnf iî[ TlumuniU, 
étebtjbiu Bmamàmèum kmlme amée^lafid 
< kn» d8 > TÊm p M —e at pl i fl i Bflnr opi^nBa. 



RéwKaiitm de Cimpôt du timbre. — Droits itaMi» 
SOT le thé. — NotiVeaxix troubles. 

La. nouvelle des troubles d'Amérique agita toute 
l'Angleterre. Une foule de fortunes particulières, 
la richesse commerciale du Iroyaume même se 
trouvaient compromiseadans ces diSereada. Cette 
crise inattendue amena la retraite des ministrea 
auteurs de l'impùt du timbre. Le marquis de 
Bockingham succéda au lord Grenville; etlegénè' 
rai Conwaj, partisan comme le premier ministre 
de la cause des Américains, eut le département des 
colonies. Us sentirent que le seul moyen de ee 
tirer de la position difficile où s'était placé le 
gouvernement, était de révoquer l'împât du timbre. 
Ils s'efforcèrent donc de retenir les Américaina 
dans l'obéissance Jusqu'au moment oùle parlement 
devait se rassembler (1765-1766). La bi y fut 
soutenue par tous les partisans de l'ancien minis- 
tère et attaquée avec vigueur par les omis du nou- 
veau et par William Pitt, qui ai long-temps avait 
fiilt la glorie de sa patrie. Enfin la loi de révoca- 
tion fut rcnâuc; maison crut devoir la lâire accom- 
pagner d^une déclaration portant que le parlement 
avait le droit de faire les lois et réglemensde toute 
nature à l'égard des colonies. 

Cette acte fut le signal de la joie univeraelle on 
Angleterre, et les Américains l'accueillirent arec 
. transport L'asaemblée de Maasacbusetta nts 





I 



BesUXe de ti'HIBTOlSM 

Jm remerctmens il W. Pltt, eC la Virginie décMi 
qn^tm obélisque Berait érige en l'honneur des hom- 
mes qui avaient cpousû la cause des colonies. Pltt 
EUTtout, pour avoir ijit qu'elles avaient lëgitime- 
Btent résisté, devint l'objet de la vénérstion pub- 

Le sentiment qu'il avait loué dominait chez les 
AméricainE, qui avaient lait l'essai de leurs forces. 
D était désonnais impossible qu'une injustice fiii 
supportée par eux. Heureusement pour la liberté, 
elle fiit bientôt commise. Bernard, gouverneur 
de Massachusetts, irrité de ce que Otis, président 
de l'assemblée des représenlans, avait fait exclure 
des élections les officiers de la couronne, car alors, 
comme toujours, le pouvoir prétendait avoir ses 
créatures dans les chambres, voulut empêcher 
qu'on n'élût quelques candidats populaires. Il no 
pA j parvenir, et les patriotes se vengèrent en 
fbisBDt décréter la publicité des débats de l'assem- 
blée; mesure qui de tout temps fit trembler le 
despotisme. Ds firent aussi une long-Qe résistance, 
lorstpi'ila furent invités à payer les dégâts tàits 
pondant les derniers troubles dans le New-York et 
à Boston. Cette insubordination irritait le roi, que 
la lord Bute, son plus intime conseiller, poussait à 
la ligueur. Les fonds, sur lesquels on avait compté 
en portant l'impÛt au timbre, manquaient aux 
'iMoins de la cour, aux dépenses projetées par les 
nlinistrea. On voulut regagner d'une autre 



D'\HF.aiq(rE. 113 

manière sur les colonisa d'Amérique ce qu'oo 
n'avnit pas obtenu parle timbre; le ministère fut 
de nouveau culbuté, et un nouvel impôt bot le 
verre, les couleurs et le thc, (jue lea colonieH rece- 
vaient d'Angleterre, fut proposé. On créa en 
même temps, pour percevoir ce droit, un oorpa de 
douanes dont l'administration principale devait 
aiêgec à Boston. C'était dans la ville la plus 
agitée que l'on plaçait ce nouvel élément de dée- 
union. Du muins le comte de Ciiatham, qui venait 
d'être &it garde dcs-sceaux, éloigné du conseil par 
ECS infirmités, ne prit-i! point part à uea meaures 
et eclaissa-t-il porter le poids au duc de Grafton, 
premier secrétaire de la tréson^rie, et au chancelier 
de l'échiquier, Ciiaries Townshend. 

Quoique le nouvel impôt sur le thé et autrei 
objcls parût être un simple règlement de commerce, 
les Américains, habitués à censurer les actes de 
1b métropole, en jugèrent difieremmcnt et eurent 
de nouveau recours aux ligues contre l'iatroduction 
des marchandises anglaises. Mais cette fois elles 
furent moins actives que la première. Les aseem* 
blées provincidea protestèrent néanmoma avec 
énergie contre l'impôt (1768.) Plusieurs furent 
difsoutes. Les gouverneurs, surtout celui de 
Massachusetts, cloient constamment en querelle 
avec ellos, et ces animositcs amenèrent de nou< 
veaux mouvemens qui décidèrent en grande partie 

■ k2 



m RÉBcnÉ 

Un tumulte eut lieu il Boatou à. l'occaBÎoa d'an 
bâtiment soupçonaé de coutrebaudc, que le peuple 
voulut sauver malgré les employés des douanes. 
Le gouverneur, voulant prévenu le retour de 
pareillea scèneB, appela mie forte garnison dana 11 
ville. Lea habitanE députèrent quelques-uns d'en- 
tie eux pour enipËcher l'arrivée dea Iroupes et 
demander la convocation de l'assemblée des repré- 
sentane. Bernard lit dea réponses évosiTca, et 
temporisa en attendant l'arrivéedes troupes. UaJs 
les bourgeoia de Boston, s'étant Tcunia et présa- 
geant quelque coup d'état, décidèrent l'armement 
général des citoyens, soub le prétexte d'hostilités 
probables avec la France. Cette mesure décisive 
reçut eon exécution. 

Les troupes arrivèrent alors, et les magiatrats 
de Boston, s'êtant refusés de leur fournir le loge- 
ment, elles occupèrent la vdle militairement: l'ir- 
ritation allait cioissanL 

Le parlement d'Angleterre, convoqué nir la En 
de l'année 17S8, ayant blAmé, en termes sévères, 
la conduite des colonies et approuvé que le roi em- 
ployât la force pour les réduire (1769), l'exaspéra* 
liOD des colons fut à son comble. L'oaaemblée de 
Virginie fiit réprimandée avec aigreur pour avtûr 
ftit des remontrances énergiques. Ses membres 
se réunirent alors comiuc individua privés, et pro- 
posèrent une nouvelle association pour repousser 
l'inlmductioa des muchandiies aagUûfta. Q^tta . 



d'axÉei4iig. 116 

; adoptée par les rfiver- 
Bes colonies. Un [nstant même ellea ceseèrent 
tout commerce avec celles de Géorgie et de 
Bhode-lBland, qui avaieni retardé d'entrer dans 
ta ligue. Les jojmaiix désignèrent comme de 
mauvais citoycna ceux qoi refuraiient d'entrer dans 
l'association ; l'indignation publique les pouranivit, 
et tout le monde ee Et un honneur de ee parer 
avec des objets de fabrique américaine. 

L'oasemblée de Maeaacliusetta ayant été con- 
voquée It la Gn de mai, demanda l'cloigneDicnt de 
la garnison de Boston, disant n'élre plus libre pour - 
délibérer. Le gouverneur l'ajourna à Cambridge 
et lui adressa une demande d'argent pour le paie- 
ment dcB troupes britanniques, à laquelle elle ne 
satisfit point. L;! Caroline du sud, le Marjland, le 
Delawore, le New-York, et la Virginie, prirent les 
mi'^mea réaolutionB. Les progrés de l'esprit d'op- 
position déterminèrent enfin le gouvernement à 
promettre la révocation de l'impôt qui l'avait 
BuscîLé, en ce qu'il portait sur le verre, le papier et 
les couluurs, ne maintenant que la taxe sur le thé. 
L'assemblée de Virginie protesta avec une nou- 
velle énergie contre cette taxe, et les confËdém» 
lions reprirent plus d'activité que jamais. Cepen- 
dant rassemblée de New-York, cédant à de sourdes 
menées, permit l'introduction dans l'état de toutes 
les marchandises anglaises, sauf celles qui étaient 
, gMv6es de quelque droit Cette résolution ponTiit 



116 RESUME DE l'hIBTOIRB 

anéantir les confédérations en en neutralisant 
VeSet: d'autres événemens les raDimèrent. 

L'exaspération du peuple de Boston contre les 
troupes augmentait chaque jour. Des rixes écla- 
taient à tout instant Le deux mars 1770, une 
querelle a lieu entre des cordiers et des soldats f 
ceux-ci viennent en force pour soutenir leurs 
camarades : le peuple se soulève. Partout reten- 
tissent ces cris : Chassoîis ces misérables ! Le bruit 
se répand tout à coup que le feu a été mis à la 
ville; le tocsin sonne; les postes militaires sont 
entourés par la foule, qui vomit contre eux mille 
imprécations. Quelques coups de feu sont tirés 
par les soldats ; trois hommes du peuple sont tués. 
La confusion règne dans la ville ; de toute part on 
crie : Aux armes ! Les attroupemens se dissolvent 
enfin, lorsque le détachement qui a fiiit feu est em- 
prisonné. 

Tandis que de magnifiques funérailles étaient 
fiiites aux victimes de cette journée, les prisonniers 
étaient jugés. Chose digne de remarque, et qui 
fait plus l'éloge des Américains que tout ce que 
nous pourrions dire, ils furent défendus par les 
principaux chefs de l'opposition, et acquittés par 
des jurés citoyens de Boston. 



Le thé ett jeté à la mer. — Le port de Boston est 
fermé. 

L'impôt sur le thé avah seul été maintenu par 
le parlemeoti maislea colons nu voulaient; pas le 
Bobir. Les employés des douanes étaient tombés 
dans le plas profond mépris: la rag-e fermentait 
dans tous les cœurs (1771). Tandis que le cabinet 
britannique prep»'t de ces demi réaolutiona qui per- 
dent leurs Buteurs, la possibilité d'une guerre avec 
la France, qui occuperait l'Angleterre, donnait de 
la confiance aux Américains. La révolution pré- 
cipitait sa marche. Les membres de la ligue en 
régularisaient le cours; toutes les passions cos' 
oouraipnt Si en accroître le succès. Partout les 
esprits s'enflammaient à la lecture de pamphlets 
écrits dans le style emphatique qui caractérisa 
cette époque (1772); puriout ils se disposaient à 
une explosion générale. 

La compagnie des Indes avait envoyé nn grand 
nombre de caisEes de thé sur difiêrentes places 
d'Amérique (1773). On força ses tàcteura k se 
retirer, et ses commissaires û en refuser le dépAt. 
Sur ces entre&ites, plusieurs cargaisons de thé rlr- 
rivent à Boston, Le peuple en empÊche le débar- 
quement, et signifie aux capiiainos des vaÎBScaan 
l'ordre de remettre en mer. Le receveur des dou- 
uies ne veut en délivrer le permis qu'après avoir 
perçu le droit; le gouverneur appuie co refus. 



J 




Dbhb ces momcna solennels, le comité des paCrioteg 
était Bseemblé, et les nouvelles de chaque îoBtftnt 
accroiasaient l'indignation populaire. Tout ù coQp 
on homoie déguisé en Indieu et placé dans lea ga- 
leries jette le cri de guerre. L'assemblée ae dis- 
sout et se porte avec la foule au mole, près duquel 
Boal mouillés les vaisseaux chargea de thé. Une 
vingtaine d'hommes pareillemetit déguisés en In- 
diens montent sur les vaisseaux et jettent le Htë à 
la mer à la vue d'un peuple immense, sans tumulte, 
sans opposition. La foule se dissipe ensuite tran- 
quillement. 

A New-York, à Philadelphie, àCharlea-Townle 
thé ne fut pas reçu ou resta en magasin. 

Le gouvernement britannique répondit à ces 
escés en mettant en interdit le port de Boston 
(1774), qui en avait donné le signal. U changea 
1 de la province. D'un autre cdlé, 
a lo Canada* pour se l'attacher, en cas 
utres colonies. Enfin le géné- 
lal Gage, à juste titre aimé des Américains, fut 
nommé gouverneur du Massachusetts et investi des 
pouvoirs les plus étendus. 

A la nouvelle de ces déterminations, toutes lea 
assemblées provinciales protestèrent avec la plus 
vive indignation. Celle de Virginie décida qu'un 
congrès des députés de tous lea états serait réuni 
chaque année pour délibérer sur les intérêts coDI- 
* Od appela ce bill, Je Hli ds Québec 



D'AXÉBIItUE. IIQ 

muns. Philadelphie, ville située au centre des 
colonies, fiit désignée pour le lieu où. il tiendrait 
ses Béances: toutes !es assemblées proviocialea 
adhérèrent à cette décision. C'était consacrer le 
droit de réaistance à l'oppcesaion et se constituer 
nation indépendante : tout l'Amérique applaudit. 
La ligue fut de nouveau conclue et jui^e, quoique 
dénoncée comme criminelle par le gouverneur 
Gage : les plus recommandables citoyens ; prirent 

Le jour où le port de Boston fut fermé fiit ob- 
servé partout comme mi Jour de deuil général. 
Ua corps de troupes ayant été stationné sur l'istbnto 
pour maintenir la clôture, leur présence occasiona 
de fréquens rassembleniens et des rixes violentes. 
Dans les provinces voisines, le peuple s'empara 
des armes et des poudres des citadelles royales. 
L'assemblée des habitans de Massachusetts, eoua 
la présidence de Hancock, arma douze mille mili- 
ciens toujours prêts à marcher,'*' et prépara des 
munitions de guerre et de bouche. 

Réunion du congrèi général. — Déclaration de* 
W droits. — Combal de Leiànglon. 

Cependant le congrès géDêraJ se réunit à Phi- 
ladelpliie (4 sept 1774.) Jamais peut-être 
spectacle aussi grand no s'était olfert à rattention 
des hommes. Une nation ignorée prenait 
■ Oh Ih appali viitutt-wm ; iKHamia i la ninal 



: j 

J 



nellemeDt les r^nea de son gouTcrnement Déo- 
déa à la réaislance envers les actes oppresaift de 
l'Angleterre, maïs incertaine des moyens propres 
i les en délivrer, les Américains avaient remis à 
lenra députés la défenee réguliëre de leurs droiU 
et des pouwirs illimités. Le congrès justifia ta 
confiance de k nation ; tous ses actes prouvèrent 
la sage prévoyance et la patriotique énergie de ses 
membres. Les députés, au nombre de cinquante- 
cinq, commencèrent leurs travaux par des lepié- 
•nilstions au général Gage; iis décrétèrent en- 
aiiite que si l'on employait la force pour mettre i 
exécution les derniers actes du parlement, tonte 
l'Amérique devait s'y opposer par la force. Os 
nnimèrent la ligue contre l'introduction des mai- 
dmndises Bn^laises; ils adressèrent un mémoire 
jnsti&catif au roi et aux chambres, et firent une 
adresse à la nation anglaise, exprimant une afibctim 
non filiale, mais fraternelle. Luur acte le plus t&- 
marquable fut la déclaration des droit», monument 
éternel de l'esprit d'indépendance et de asgesee 
qui les animait Le préambule était un détail des 
injustices qu'ils avaient Enbics et des griefs dont 
Qb demandaient le redressement : suivait la no- 
menclature des droits de l'homme, tels à peu près 
que la constituante les proclama en France, et 
que la charte de 1S14 les a en partie reconnus. 
LcB réfiolutiona du congtèa iftflkttCT». Vb^kUi- 
frflumt 'général des WbitaoB e>V &bb '£aniAïfficvDMa««. 




publics (1775,) et furent succcBeiFCment approu- 
vées par les a^emblëes coiiBtitutioaiielles de tous 
les États. Plusieurs provïnces se préparèrent à 
la guerre. Cellea do la Nouvelle-Angleterre eur^ 
tout, où lea ministies des autela prêchèrent une 
EOTte de croisade contre la tyrannie, exaltées par 
leurs opinions mystii^ues, autant que par les vex' 
Btiona dont elles étaient l'objet, se hâtôient de 
tbrmer des corps de milice active et les exercer. 

Mais au milieu de cet accord unanime, lea rojr- 
aliatos de New-Vork, ou, pour lea appeler du nom 
qu'ila se donnaient, lea îoyalittes, cer il eat des 
hommes qui se diecnt serviles sona arrière-pensée 
et qui veulent a'avîiit avec loyauté ; lea loyalisteSi 
disoos-nous, effrayèrent le commerce de leurs 
villes maritimes, et parvinrent à empêcher que 
l'assemblée n'accordât son adhésion aux décisioas 
du congrès. 

ConTormëraent aux décrets qu'il avait rendus, 
lea marchandises anglaises cessèrent d'être ad- 
miaes dans tous les ports, sauf ceux de New-York 
(1 fêï. 1775.) Partout l'ancien gouvernement 
toontr&it ses fonnea tout ik coup paralysées, et ses 
rouages «ans action ; partout le nouveau gouver- 
nement se déveioppoil et envabissait l'autorité. 
Des clubs ou des attroupemens le suppléaient là 
où il n'était pas organisé, et tandis que les chefs 
du peuple poussaient l'Amérique vers la guerre, 
-«mboatmea plus modérés s'y \iùauù«tii. ^icràaia 



■ ■ . "V 

■ 123 RESDHE DE L HISTOIKK ^V 

H Kvec l'espoir qu'on D'en viendrait pas à décider 11 1 

H querelle par les armes, et que le miniatère briUn- I 

I nique ae départirait de aea prêteotiona. I 

Lea Ausloia. tntisuéa d'une conteslation qui du- 



\ 



Lea Anglais, tntiguéa d'une conteslation qui du- 
iBJt depuis dix ans, y mettaient une grande indiffi- 
lence; et le ministère, comptant sur les moyem 
presque infinis qu'il avait de nuire aux colcuiiGS^ 
croyait avec conSance pouvoir les réduire atns 
efforts (1774). Le parlement venait d'être asaecn- 
blé (1775). Sur la nouvelle do k dissidence de 
l'état de New-York, il inclinait à prendre des 
meeurea de rigueur et à déclarer la rébellion des 
colonies. Ce fut alors que le lord Chatham, ce 
vieil ami des droits du peuple, sollicita le ministère 
de céder aux justes réclamations des colonies, et 
proclama de nouveau la justice de la cause améri- 
caine. NoTi, dit-il, lei terres classiques de ta liberté, 
eàîes de la Grèce et de Rome n'offrent ni peuple, 
ni sénal, dont la cottduite paraisse plus ferme si 
jrfiM luMe que celle du congrès de Philade^tlue. 
Cesl à nous de presser, par des représenlalioBt 
assidues, sa réconciliation avec la mère-patrie. 
Ces paroles trouvèrent de nombreux échos au par- 
lement et dans les villes principales d'Angleterre. 
IVanklin, Burke, Wilkes en augnieotèrent le poids, 
mais inutilement. Les ministres, aveuglée, se rciri- 
rica entendre, et la province de Mssss- 



H cbusetts fut déclarée en état de rébellion. . On ïd- j 
H tardit presque tout conunerce à la Nouvelle-Angle- 



s aueriqub. 138 

tene, et on la priva du droit de pêcher à Terre- 
Nenve: c'était lui défendre de vivre. CesmesureB 
forent euccessivemcnt Étendues aux États lea plua 
opposée aux mesures ministéiiellea. 

Cependant tout prenait un sinistre aspect en 
Amérique : les citoyens faisaient des amas d'armes; 
les officiera anglais les recheichaient partout, et le 
plus souvent sans succès. Les plus timides habi- 
tans de Boston alkient se cacher à la campagne; 
le reste de la population était rÉaolu de braver les 
Anglais en face et de s'ensevelir au besoin bous les 
ruines de la ville ; on délibéra mf me si on ne l'in- 
cendierai l pas. 

Un grand dépôt d'armesavait été fait àConcord, 
ville située à dix-huit milles de Bosicn. Le géné- 
ral Gage voulut s'en emparer ; on crut même, non 
sans fondement, qu'il voulait proUter de ce coup de 
main pour faire enlever John Hancock et Samuel 
Adams, deux des chefs les plus influens des patri- 
otes, et les directeurs du congrès provincial de 
Massachusetts (19 av.). Quand les troupes an- 
glatsea parurent à LexingCon, elles trouvèrent un 
peloton de milice sur pied. Le major Pitcatm, 
qui dirigeait les Anglais, s'écria: Sêparei vou» 
rebelles ! et il commanda le feu. Les miliciens se 
retirèrent d'abord ; mais bientôt, s'étant renibrcés 
d'un certain nombre des leurs, ils firent face à 
l'ennemi et l'assaillirent jusque dans Concord, où 
néumoinelea annea recherchées furent dêtmitea 



A 



I 



A leor Totour ft Lexington, les Angolais furent itiv 
fnéa pu les liommei à la minute, qui, se potuit 
fBitout en tirailleurs, engagèrent un combat D 
vif et firent perdre tKaucoup du monde ans : 
gbis. Le général Gage envoya seize compagnies 
■nitenîr les troupes royales, ijui rentrèrenl il B(» 
ans beaucoup de peine Le succès des 
Américains acheva de les soulever: leurs soldati 
accoumrent et bloquèrent dans Boston les troupes 
du général Gage. L'enthousiasme i' 
tons les cceurs. On rapports que Samuel Adaaa 
■yant tu le combat engagé s'écria: Oh! ^ 
9oici une beureiae ti ~ 

lévolution n'est véritablcncnt commencée qu'après 
«jne le fourreau de l'épéo est jeté. 

Des rapports contradictoires sur le combat de 
Lexington fiireut adressés en Angleterre par le 
général Gag«, désormais odieux aux Américain^ 
et par l'assemblée provinciale de MaseachusetU, 
dans chacun desiguels la première attaque et ime 
foule d'atiocilés étaient imputées au prti crailraire. 
Mais l'assemblée ne se borna point ù ci 
décréta une levée de treize mille six 
mes, qu'elle mit sous les ordres du colonel Waid: 
elle fixa une solde pour les miliciens, à l'aide d'un 
nouveau papier-monnaie. Le Conuecticnt, '. 
Rbode-Ialand, le New-Hampsliire imitèrent le 
MasBachusetls. L'enthousiasme devint univenel) 



D AVGRIQIIE. 

et les chels ia corps furent obligés de refuser 
ploaieurs milliera d'enrôlemens volontaires. 



Tous suivirent la trace des Anglais jùgitife, et 
la ville de Boston lût étroitement bloquée. C'était 
inutilement que la, mec était ouverte aux troupee 
britanniques, puisque sur toutes les côtes de 
l'Amérique on se préparait k les repousser. En 
effet, la nouvelle du combat de Lcxington souleva 
toutes les provinces. Le iVew-Vork reprit enfin 
le parti de l'indépendance, et ne fut jamais le der- 
nier à faire des sacrifices à la liberté. La Caroline 
du sud, quoique noQ comprise dans la proecriptitHi 
parlementaire, nrnut avec eathousiasme pour la 
cause coloniale. Dana la Pennsylvanie, les quakers 
eux-mêmes se déclarèrent pour l'insurrection ; dans 
le Jersey et le Maryland, le peuple s'empara du 
trésor provincial et des armes des arsenaux. Le 
gouverneur de Virginie s'efforça inutilement de 
prévenir une prise d'armes générale. Dans le 
même tempe, les milices américaines se multi- 
pliaient autour de Boston, et trente mille hommes y 
assiégeaient la garnison, qui s'était renforcée par 
l'arrivée d'un puissant secours. Les vivres deve- 
naient rares autant que les munitions de guerre y 
abondaient. Le camp américain, au contraire, 
Tegorgeait da vivres; mais les armes et les mo- 
l8 



i 



I 



IK REsniE DE L BiarOIKE 

utioaa j étaient en petite quantitë. L*sdKW 

dea cba£seaTs américains el leur exaltatÎMi tnl 
^{tient d'ailleurs BuSâatomeDt la dlacipline da 

Les premien occupaient, en ikce de Boaton, b 
presqu'île où est bâtie la bourgade de Charte»- 
Town, et ïenaicnt de fortifier précipitamment U 
bviteur de Breede-Hill, d'où ils pouvaient jelei 
des bombes dans la vUle. Lea Anglais résolurent 
de s'emparer de cette position. Le 17 juin, 1775, 
ila débarquèrent en eSbt à Cborlcs-Town, qu'ils 
încendtérenl et s'avancèrent, soqb les ordres da 
géaénl Uowe, vers les travaux des Amëricsins; 
Ceux-ci combattaient en présence d'nne tbule de 
leurs concitoyens placés sui toutes les hauteurs 
pour voir l'attaque el les encourager. Animés 
par ce spectacle, ils eurent de la peine à attendre 
que les Anglais Tuaeent arrivés à la portée du 
moQsquet; ils les foudroyèrent alors. Deox (bis 
les troupes royales turent repoussêes. Un seconis 
que leur envoya le gênértJ Gage, et l'arrivée du 
général Clinton rétablirent le combat, qui dura 
plusieurs heures: L'opiniâtreté des Américains 
&t eatin obligée de céder : ils se replièrent en 
bon ordre, contre l'habitude des nouvelles levées, 
et le docteur Warren, qui les commandait avec 
les généraux Putnam et Pomeroi, fiit tué pendant 
qu'il les ralliait Us ne s'étonnèrent pas de cette 
perte, et battirent en retraite sans comprMnetlra 



D'AlÛRIltlJE. 127 

leurs antres avaniatros. La presqu'île de Charies- 
Tovm fut occupée par l'ennemi, qui n'osa pas 
pousser plus loin, et donna le temps aux Améri- 
cains de se tbrtilier dans leurs lignes. Ce combat, 
connu sous le nom de Bnnker'e-Hill, coûta onze 
cents hommes aux Anglais et doubla la hardiesse 
de leurs ennemis. La vue de Charlea-Town 
réduit en cendres inspira A ces dernière une som- 
bre fiireur et la ferme résolution d'exterminer les 
incendiaires. 

Expédition sur les lacs. — Washington est êbi 
généralissime. 

Pendant que ces choses se passaient k Boston, 
comité de sûreté générale de Meseachusetta 
autorisait le colonel Arnold, homme d'un esprit 
entreprenant et d'une rare intrépidité, ù lever des 
troupes et à s'emparer des ibrts anglais sur le lac 
Cbamplain, pour prévenir une attaque par le Ca- 
nada. Celui-ci se portait rapidement vers ces 
post^, qu'il espérait surprendre, lorsqu'il rencontra 
le colonel Allen, parti du Connecticut avec le même 
dessein, conçu séparément et dans le plus grand 
secret par les patriotes des deux provinces^ Ces 
deux che6 se réunirerent franchement, et en peu 
de jours ils s'emparéut, presque sans résistance, 
du Girt de Ticondérogn, de ceux de la pointe de 
la couronne et de Skeenesborough, et d'une corvette 
anglaÎBe, mouillée sur le lac. 



[ Copendont dea funcroilleB mogniliquea avaient 
I été faites aux Euerriers^itoyens morts à l'a&ire 
de Biinker's-Hill. Leur Éloge, et Burloul celui da 
docteur Warren, que Bca vertus faisaient aîmerdes 
fduB ardens loyalistes euji-niËmea, et que les minis- 
tres du culte peignaient comme un martyr da 
l'indépendance, e^ïalta encore le courage des Amé- 
ricains. Ils serrèrent Boston de plus près que 
jamais et le privèrent presque entièrement de 

Dans le même temps, le congrès se réunissait 
pour la seconde fois à Piiiladelphie. Le premier 
congrès avait allumé le feu de la guerre ; celui-ci 
devait songer à la pousser avec vigueur ; mais il 
avait à redouter le reftoidissement dea passions, 
le découragement A l'aspect d'une lutte longue et 
sanglante dans laquelle s'engageait une population 
toute agricole et commerçante. Le désordre d'une 
umée indisciplinée et réunie k la li&te, le manque 
de fonds et de munitions de guerre, le parti que 
lee Indiens pouvaient prendre dans cette querelle, 
appelaient sa sollicitude. Enfin ils devaient crain- 
dre la jalousie des asacmblées provinciales entre 
elles et envers le congrès lui-même, qui ne voulait 
ni envahir leurs droits ni les laisser agir selon des 
voes d'intérêt privé, dans une situation où font 
'dépendait de l'accord unanime. L'admirable 
prudence des députés au congrès surmonta tous 
ces otistacles. 






Bg e'occu^rent d'abord de nommer un gêné- 
nlissime. Le congrès ne voulait point couûimei 
dons le CDioDiaDdcinent le général Putnam, que 
OOD rang d'ancienneté y avait placé dans lea pre- 
nuéres actions, mais que son exaltation patriotique 
éloignait tropde toute idée d'accommodement avec 
U mére-patrie. Le général Lee détealait k 
tyrannie avec emportement ; bod génie était aitre- 
prenant, mais Lee était né Anglais. Gates^lua 
modéré, et non moins expérimenté, était Anglais 
auB^ On ne pouvait choisir un de ces guerriers, 
sans l'exposer à im retour secret vers sa première 
patrie ou sans renoncer à toute transaction avec 
l'Angleterre. H était un député de la province 
de Virginie, décoré depuis vingt ans du grade de 
colonel de milices, qu'une suite d'actions d'éclat 
et de traita de fermeté honoraient également n 
était d'un fige déjà miJr ; d'un esprit étendu et 
prévoyant, d'un caractère modeste mais énergique, 
d'un patriotisme éclairé, et penchant peut-être plus 
vers la réconciliation aveq l'Angleterre que vers 
la séparation des colonies. Une grande fortune 
assurait son indépendance et augmentait la consï* 
dèration dont il jouissait Ce législateur, ce héros, 
ce sag'e était Washington. Toutes les voix se 
réiuiirent en sa foveur, et il fut nommé généralis- 
sime. H était présent à cette séance solennelle; 
a se leva, rendit grftce au conpt8,ftt. le ^ïia^^ 
eas de révère, de se aouvenii i^via \>û.-^'ïkv% %»»*• 



vm rebumë db L'HivronuB 

mia en ce Jour plus de confiance en aon patrioIianB 
qu'en sa propre capacité. 

Sous tout autre chef, la révolution pouvait ien- 
nir de l'aiiarcliiei bous celui-ci. tout s'organia. 
D partit pour Boston, où l'arTo* 
transports de joie, où ses rivaux se mirent bous wh 
ordres avec une noble confiance. Le choix da 
autres officiers généraux avait répondu à ce pre- 
mier choix i mais les soldats étaient sans année, 
eans unifomes, sans tentes; les magasins étaient 
vides, et l'Amérique n'avait pas d'ateliers pour lo\a- 
nir son armée. Le congrèe, d'accord avec le géné- 
ralissime, prit des mesures aussi hardies que le 
permettaient son extrême pénurie d'urgent et la 
circoQspectian dont 11 avait besoin pour accorder 
une dictature modérée au chef de l'armée et diri- 
ger une foule encore indocile et sans ordre. Pour 
Washington, eon premier soin fut de régler ta dis- 
cipline de l'année. Le termedca engagemens ap- 
prochait et pouvait renvoyer à la fois la moitié des 
troupes dans leurs foyeiq; Washington en fit pro- 
longer la durée. 11 approvieiotma see soldats 
d'armes et de poudre, dont ils pouvaient manquer 
au milieu de la première uction. Les corps furent 
organisée d'une manière uniforme pour toutes les 
provinces. Le zèle des Américabs se prêta avec 
une incroyahle ajdeur s tous les sacritîcea 
t^ X-e congrès, reconnaissant qu'ai 
HiovinciBlcs seules appartenait le droit d'un 






d'amÉrkidb. 131 

des ^axBe, ne leva pomt d'impôts, mais il émit un 
papier-monnaie qui fiit accueilli avec empresse- 
ment. H régla la solde de troupes, établit des ibn- 
deciea et des tàbriquea à poudre, créa un service 
des postes, à la. tête duquel fut placé Franklin, et 
forma près de New-York un camp de cinq mille 
hommes pour prévenir toute lenla.tive de la part 
dea Anglais, ou En leur&veur. Il s'occupa encore 
de s'attaclier les principales tribus d'Indiens. Paj> 
mi les adresses qu'il rédigea ensuite, il làut remar- 
quer celle aux peuples opprimés du Canada. ËUe 
eut un tel effet sur leur esprit, que malgré leur 
vieille inimitié contre les Américains et la difie- 
rence de religion, le gouvernement ne put point 
obtenir qu'ils s'armassent contre eux, ni que l'évè- 
que de Québec les j engege&L Ayant ainsi paré 
aux plus pressans besoins, le congrès publia un 
tnanifisle où il justifiait les Américains et déclarait 
qu'ils ne poseraient les armes qu'après la réparation 
des torts qu'ils reprochaient au gouvernement an- 
glais. Ce cnanitèste fut lu en tête et aux acclama- 
tions de l'année, et répandu avec profusion dans 
toute l'Amérique. 

Pendant que le congrès se livrait à ces impoi- 
ttna travaux, la Géorgie se joignait à la contedér*- 
tion, déclarant qu'elle considérait comme injurieuse 
l'exception faite en sa laveur dans les actes du 
|ulement contre l'Amérique, et ajoutant qu'elle 
~ lit partager le sort des autres colonies. Aimi 



m Xaas In 1 

ee'occopa 
en TépooM I 



se troaTèrent réunis en un eeul bisceau t 
états d'Amérique. 

Ce fut alors que le congrès cessa de b' 
des propoaitioas à fiiire à l'Angleter 
& TiLcte dit de concUialion. La bataille de Bonlt- 
er's-Hill avait prouvé qu'aucune transaction n'était | 
plua possible, el que ce n'était pas aux Amêricaini J 
à redouter rêvéneniest de la lutte. L'acte d'union 1 
des colonies fut tnis en dêlibéiation. Il était temps: I 
elles ne tenaient plus à la métropole. Nulle port ' 
l'autorité du roi n'était plus reconnue, et presque 
partout les gouverneurs royaux, abaudonnéB de 
lenrs officiers, en étaient réduits à d'impuisBantet 
protestations contre les actes des assemblée* ptt^ 
vinciateB. 

EffoTtx de divers gouvemewi en faveur de TA^ 
glelerre. — Boston at repris par les palriotei. 
I QueJqQes-una d'entre eux ne se décourageaient 

, pas pour cela. En Virginie, le lord Dunmore, ayant 
refusé de livrer l'arsenal à rassemblée, le peuple 1 
le pilla et mit en fuite le ^uvemcur. Mais celui- 
ci, dont l'opiniâtreté égalait au moins l'impradencer 
arma quelques nègres, forma une escadre, et com- 
mença contre les Virginiens une guerre de pirate^ 
qui eut pour résultata l'incendie de la ville de Nor- 
folk par Dunmore, un combat très-vif à Gmt- 
^^ge, où l'avantage detoeata uti. ^nAiotea, et 
l'eaitjer souléveinent de la çtovuis». ■ï>ifflm«»_ 



préparait une entreprise plua imparlante, qui, par 
Ixuiheur pour les Américains, ne réussit pas ; c'était 
d'onnei les nègres de la Virginie et les loyalistes 
hiibitant à l'ouest de cette province. Cette Ifame 
fbt découverte, et manqua son effet par l'arresta- 
tion de Conelly, agent de Dunmorc, et qui l'avait 
onrdie. 

Des projeta à peu prés semblables occupèrent 
BDSsi Campbell, gouverneur de la Caroline du sud. 
n essaya inutilemeat de semer la division entre 
l'assemblée provinciale et la convention nouvelle- 
ment convoquée. Son projet Était d'armer les par- 
tinnsde l'Angleterre; mais il livra le secret de 
ses desseins à un agent dos patriotes, qui se disait 
l'envoyé des loyalistes, et il fiit obligé de prendre 
la fuite. Ainsi cessa l'autorité royale dans cette 
province, oiî, après queli^ues mouvemens, les roy- 
alistes consentirent à demeurer neutres dans la 
guerre contre la Grande-Bretagne, et où tous les 
autres habitons ee hâtèrent d'obéir aux décisions 
du congrès. 

Le gouverneur de la Caroline du nord fut aussi 
obligé de s'enliiir, malgré son adresse à déjouer 
le« eSbrts de la convention provinciale, et à armer 
en secret les ennemis de la cause américaine. 

On agissait avec plus de modération en Penn- 
sylvanie. Cependant les quakers eux-mêmes Iki- 
niADl trêve à l'aDslérité de leaieçnni:À7i»-,«t<{>W- 
*Miua ^ prenaient les armes; çiè» 4a wàawîS» w. 



184 RESUME DB L'ωrromE 

dix mille hommes s'organisaient; les fbmmes bro- 
daient les drapeaux; on fortifiait les bords et le lit 
de la Delaware. Au milieu de cet entraînement 
universel, le gouverneur, sans partisans, restait 
spectateur du mouvement régulier du peuple. 

Il en était autrement dims l'état de New-York, 
où les intrigues du gouverneur Tryon et l'opinion 
d'une partie des habitans favorisait si ouvertement 
la cause royale, que le congrès cru devoir rendre 
une loi des suspects^ acte qui, ^^tte fois, était des- 
tiné à les efirayer, et non à les décimer, et qui ne 
fit jamais couler le sang. Tryon s'éloigna alors, 
laissant toute l'autorité à la convention provinciale, 
qui E(p hâta de nrettre les côtes en défense, le gou- 
vernement britannique y faisant ordinairement 
aborder ses armées d'Amérique. 

Le Maryland se distinguait par ses réglemens 
d'utilité publique, et le calme de sa convention 
provinciale ne fut démenti qu'une fois, ce fut le 
jour de la*prise d'armes par le peuple dans l'arsenaL 

Dans le New-Jersey, le peuple s'empara des 
caisses . publiques et en appliqua les sommes à 
solder les milices. Le gouverneur ne pouvant 
réussir à faire rec(Hmaître l'autorité du roi, de- 
meura sans pouvoir au mDieu des habitans. 

Le Connecticut et le ^ode-Island, auxquels 

leur charte primitive n'imposait pas l'autorité d'un 

gouverneur rojral, furent organisés en peu de temps 

/BieJoa les rœuz du congrès. Pour lœ ^nantir des 



D'iHEBIdUH. 135 

atlsquea de ta marine royale, il leur envoya le 
g-Éuéral Lee, dont le brûlant patriotisme httta lea 
mesures les plus énergiques contre les tentatives 
de la Grande-Bretagne et les ennemis du nouvel 
ordre de choses. Lee, ayant Ëcilement levé des 
corps de volontaires dans cette province, se rendit 
à New- York, menacé par lea Anglais, que les habi- 
tans de l'Ile-Longue, située en Ace de la ville, ap- 
pelaient de tous leurs vœux. 

Le gouverneur du New-Hampehire, effrayé de 
raccroiasemcnt des forces des ÎDaurgés, se retira 
dans un fort éloigné. Dans la Géorgie, après 
quelques hésitations, le pouvoir royal fut aboli. 

Il l'était partout en Amérique, et celui du peuple 
le remplaçait progressivement. Le congrès auto- 
risa dès-lors lea provinces de Mnseachusetts, de 
New-Hampsliire et de Virginie à réformer leur 
constitution. Ce fut vers ce temps que Ton reçut 
d'Angleterre la nouvelle que le roi avait dédaigné 
de faire réponse à la pétition du congrès, et que 
l'on commença à parler publiquement d'indépen- 

Cependant le général Gage était remplacé à 
Boston par William Howe (octob. 1775). La 
presqu'île de Charles-Town avait été abandonnée 
par les Anglais, qui désespéraient de pouvoir s'y 
maintenir. Enfermés dans les murs de la ville, 
leur détresse croissait de jour en jour. Taioe- 
ment ils tentèrent de tàibles expéditions aa àéium 



I 



136 HESimt; ! 

et voulurent punir et eSrajer les Américain^ et 
incendiant la ville de Falmouth ; le congrès répan- 
dit à leurs attaques eu armant une foule de mci- 
les qui enlevèrent lea convois destinés pour l'anaée 
de BoBton, et eu décréuuit que lea prisonnier m- 
glais aerûent traités comme l'étaient les Améii- 
cains. Ainsi se prolongeait le blocua de Boston, 
et chaque jour la disette et l'a&iblisBeiaent gtg- 
nûent les Anglais; chaque jour la. confiance re- 
doublait chez les Américains. Us venaient de 
renoncer aux couleurs de leur pavillon, trop con- 
forme à celui des Anglais, pour substituer aa 
champ rouge qui Tomait treize bandes altemative- 
inent bhncJiea et rouges, emblème du nombre et 
de l'union des colonies. 

Comme les Anglais de Boston pouvaient recevar 
du secours d'un jour ù l'autre, on résolut (mars 
1T76) de ne point attendre qu'ils fussent plus fcffta 
et de les réduire au plua tâL Lu hauteur de Dor- 
chester, d'où l'on dominait la ville, fut occupée et 
fortifiée par les Américains; et, après peu de joun 
d'un feu continuel, une convention fut conclue en- 
tre les généraux Howe et Washington, d'après la- 
quelle les Anglais évacuèrent la place, y laiasant 
toutes leurs munitions de guerre, et heureux qu'on 
leur permît de se retirer. Leur nrrière-garde sor- 
tait à peine de la ville, que Washington y entrait 
de l'autre côté au bruit de la musique 
déploTéea. Blentât elle tût tbrtifiée, et les di 



très de ses habitans réparcs aux dépens des royal- 
iates, que l'on déclara traîtres ù la patrie, et dont 
les biens furent confisqués et vendus au profit du 
trésor public. Plusieurs avaient suivi le général 
Howe, qui fut faire reposer Bon armée et réparer 
aee écliece à Hali&x. 

Guerre du Canada. 
Ce nouveau euccéa enflamnra encore les Amëri- 
cains. Us avaient profité des lenteurs du siège 
pour commencer une entreprise non moins vaste et 
plus délicate, la conquête du Canada, dont 11 était 
d'autant plus urgent de s'assurer la possession et 
de s'attacher les peuples, qu'il offrait une voie aux 
Anglais pour prendre les Américains à revers, tan- 
dis que les flottes britanniques les attaqueraient de 
front. Le congrès confia la conduite de l'expédi- 
tion BU g-énèral Schujier (1775); mais, atteint 
d'une grave maladie, il laissa le commandement an 
géDBra] Monlgomerj, guerrier de la plus vaste ca- 
pacité, d'un courage et d'une patience indomptables, 
et qui, jeune encore, s'était distingue dans la guerre 
de sept BUS. Il partit du lac Champlain, descendit 
la rivière de Sorel, prit plusieurs forts, contrai- 
gnit les babitans de Montréal îk se rendre à discré- 
tion, et cerna, dans le fleuve Saint Laurent, le 
général Carlelon, gouverneur du Canada. Son 
humanité, son généreui courage et sa loyauté Im 
gagnèrent l'amour des Canadiens et le déyone- 



BMOt des dens, qu'il eut retenir soua lea dr^eain 
à l'eipintion de lenr engagement, malgré ka 
BÙaères dont ils ét&ient accablés. BientAt il se 
dirigea vers Québec, qu'il espérait enlever en peo 
de tempe. Quelle fiit sa joie loiEqu'il renccntra h 
la pointe des Trembles, préa de cette ville, im cc«'ps 
nombreux d'Américains commandés par le colo- 
nel Arnold, esprit avenlureoi et fécond en res- 
Hturces, dont on ae rappelle la première expédition 
nu la froDtiéie du Canada! Arnold était parti du 
camp de Boaian, et, tiiant droit au nord à travers 
des déserts impraticables et au milieu des neiges 
de l'hiver, il t:tait arrivé, après des Tatlguesinouies, 
devant Québec, qu'il aurait surpris saus l'infidélité 
d'un courrier. Washington avait conçu le projet et 
tnicé le plan Je cette expédition véritablement hé- 
roïque, et (]ont la réussite aurait complété l'entière 
conquête du Canada. L'on a cependant dit que 
Washington n'était pas un homme de génie. Cer- 
tes, si des entreprises d'une hardiesse inconcevaUe, 
d'une utilité reconnue, conçues d'après des idées 
qui auparavant n'étaient nées chez personne, diri- 
gées avec audace et persévérance, constituent le 
génie, onnepeutlerefiiBcràWashington; ànooins 
qu'un certain faste, repoussé par son auatère vertn, 
ne soit un des attributs nécessaires du génie. 

Honigomery, sous les ordres duquel Arnold 
s'était rongé, somma Québec de se rendre. Carl«- 
ton était urivéi il s'y refusa. Les rigtuan àa 



Fhi?er dans ce climat gUcé n'auraient pas pemia 
à des soldats ordinaires de s'établir en rase cam- 
pagne, pour s'y plier aux lenteurs d'un siège ; mai% 
ooflammés par l'exemple de leurs che6, les Amé- 
ricains étaient devenus des héros. Une poignée 
de miliciens brava un froid aussi vif que celui qni 
détruisit en Russie, trente-six ans après, une armée 
prés de mille fois plus nombreuse. L'assaut fut 
livré, et les Américains s'emparèrent d'une partie 
de la basse ville, au milieu d'une neige épaisse qui 
tombait, et d'un feu meurtrier. Montgomery, à 
la tète des siens, dont la rigueur du froid ralentis- 
sait la marche, et après des efforts incroyables, qui 
inspirent peut-être autant d'effiroi que d'admiratioDi 
fut tué au moment où il allait occuper une batte- 
rie ennemie. L'intrépide Arnold fut blessé, et les 
Américains obligés de battre en retraite. Le siège 
fut alors converti en simple blocua Arnold prit le 
commandement des troupes. 

L'Amérique pleura Montgomery comme mi 
héros, et l'Angleterre donna des marqœe de 
rei^ct à sa mémoire. Fox, qui commençait alors 
sa brillante carrière tout consacrée à la libertés 
accusa le ministère d'avoir &it un ennemi de ce 
héros doué de toutes les vertus. Carteton le fil 
inhumer avec pompe; le congrès adopta ses 
enfiuis, et l'histoire, la poésie, la peinture, légo^ 
rent à la postérité l'ez^nple de mm. immortel dé- 






140 eÉsviie . 

(1T7B) Amold St des efforts suriiDinuas pour 
cootmuer le Eiég« de Québec Le géoéi»! Tl»- ' 
nwB, qoi remplaça Montgoraerf, éprouva diten 
échecs, tenla plusieurs fois de donner t'aaraut, et 
fbt enfin obligé de renoncer à l'expêditioD. Le» 
Anglais venaient do recevoir un puissant seooon 
qm portait leurs forces à treize mille hommes ; lee 
généraux Borgoyne et Philipps commandaient 
aons les ordres de Carkton. Celui-ci eut mÉiiie 
isseE d'empire sur les prétrea catholiques, poni les 
ongager à refuser les sacremens h ceux des Ca- 
nadiens qui s'étaient déclarés pour les AméricaioK 
Bientôt ce» demiera turent abondonnés de tons 
leurs partisans, subjugués par ce criminel abua 
de la puissance ecclésiastique. Les Américains 
se retirèrent alors à l'embouchure du Sorei, où le 
général Thomas, mourut et fut remplacé par Sul- 
livan. Delà ils tentèrent une dernière entreprise, 
l'attaque d'une portion des forces anglaises campée 
aux trois rivières, sur la rive gaocbe du Seave 
Baint-I^ureuL La surprise qu'ils préparaient fiiL 
nanquée, et l'armée américaine complètement 
battue. Arnold s'était enfermé à Montréal, qu'il 
évacua bientôt Los débris de l'armée se repliè- 
rent de toutes parts Jusqu'à la pointe de la Cou- 
ronne, oii les Anglais n'oaèrcnt pas les poursuivre. 
Ainsi échoua une entreprise commencée avec 
aatantde bonheur que ô'^MÛace, e\, &oW-\Timecièa 
etft présenté des avantagea \iiça.\GiûûSwa. "V». 



D'ASERIQtrE. 14A 

mort de Monl^omery, au moment où Québec 
allait être pria, compromit tout le reate de t'expé- 
ditioQ. Mais elle eut au moina cet avutage, que 
les Anglais, rcdoutaut une nouvelle tentative aia 
le Canada, divisèrent leurs forces pour en tenir 
une partie dans ce pajs, et loin du théâtre dea 
principales opérations. 

Le congrès ne s'étonna point de ces revers, et 
célébra cette campagne comme si elle eût eu 
d'heureuses conséquences. 

Dûpositùm des esprits en Angleterre. — JHcwM- 
mejts en Caroline et en Virgmie. 
Jamais, depuis la révolution de 1688, l'Angle- 
terre n'avait été aussi violemment émue quedepuÎB 
l'inaurrcctiun des colonies. lies partis opposés se 
reprocliaient réciproquement de l'avoir suscitée. 
Les torys accusaient les wbîgs d'avoir soulevé 
l'Amérique par l'empire de leurs doctrines démo- 
cratiques. Les vvhïgs proclamaient que les toiys, 
par d'injustes prétentions et la soif du ponroir, 
par leur mépris dea libertés nationales, par leur 
aveuglementct leur incapacitê,avaient déshonoré la 
nation anglaise aus yeux de l'univers, et détaché le 
plus beau fleuron de la couronne britannique. Il 
semblait que les antiques querelles qui ensanglan- 
tèrent le royaume, au tempe de la reine Anne, al- 
laient revivre avec toutes leurs fureurs. Au milieu 
dû ces n'crimi nations, on e.'pçT'A t)^«\«»^WSM»Kn. 



142 RESUME DE l'hISTOIRE 

qui se trouvaient, à Terre-Neuve, ne recevant plus 
de vivres de l'Amérique, avaient été obligés de 
s^éloigner des côtes, et qu'une soudaine irruption 
de la mer avait englouti plus de sept cents barques 
et quelques vaisseaux, qui n'avaient pu prendre 
asile dans les ports américains. Cette nouvelle 
fit une impression sinistre en Angleterre. L'oppo- 
sition s'en empara; les passions s'exaltèrent encore. 
L'Europe devint attentive à ces grands débats. 

Au terme où en étaient les choses, il est fort 
douteux que les ministres eussent rien obtenu des 
colonies en renonçant à leurs prétentions et à leur 
qrstèine, d'ailleurs si conformes à l'orgueil britan- 
nique : ils persistèrent Un bill fut rendu pronon- 
çant la confiscation de tout navire qui trafiquerait 
avec les insurgés, et de toute propriété américaine 
qui pourrait être saisie. Pour obtenir à prix d'or 
des soldats, les ministres négocièrent avec toutes 
les cours d'Europe. Refusés par les grandes puis- 
sances, ils traitèrent avec quelques-uns des petits 
états d'Allemagne. Ils envoyèrent enfin en Amé- 
rique dix-sept mille étrangers, et portèrent leur 
armée d^outre-mer à quarante mille hommes efièc- 
tifs. Un grand nombre de vaisseaux devait sou- 
tenir les opérations de l'armée. Les généraux 
Howe, Burgoyne, Philips, et Cornwallis, les ami- 
raux Howe, Peter-Parker et Hotham furent char- 
gés de divers commandemens. Un plan d'attaque 
jxwâMerens points fut arrêté; mais la politique 



dUmeriqve. 143 

anglaise fut toujours fidèlement employée : "on 
tâcha de semer la désunion entre les Américains. 

Pendant que Carleton rétablissait l'autorité de 
l'Angleterre dans le Canada, et que Howe, à 
Halifax, se préparait à reprendre l'offensive, le 
gouverneur de la Caroline du nord, soutenu par les 
Anglais, rentra sur le territoire de la colonie, arbora 
l'étendard royal et rallia à lui près de dix mille 
mécontens ; mais le général américain Moore, à 
la tête des insurgés, le mit en fuite et le battit 
ensuite près de Wilmington avant qu'il pût être 
secouru. Néan-moins les loyalistes n'avaient pas 
perdu tout espoir dans cette province ; il se rani- 
mèrent lorsque l'amiral Peter-Parker eut débarqué 
au cap Fear un corps considérable de troupes 
commandées par le lordXIÏorwallis, qui fit bientôt sa 
jonction avec le général Clinton, depuis peu venu 
dans la province. Les Anglais avaient résolu de 
s'emparer de la ville de Charleston, dont la 
possession assurait la conquête de- l'état; mais 
n'ayant pas réussi à s'emparer du fort Moultrie 
(28 juin 1776,) qui défend l'entrée des deux 
rivières au confluent desquelles est bâtie la ville, 
et ayant éprouvé des pertes considérables dans 
l'attaque de ce fort, construit en bois de palmi^ 
et défendu par dç simples milices nationales, ils se 
rembarquèrent pour aller grossir l'armée qui se 
formait sur les côtes du New-York. 

D'un autre côté Dumnoio^ ^ TSSSOMfû^ 



ce les cfitea de la Virginie, n'ayant aucun port 
ir se réparer, vit df'truire ses équipagea par les 
Contraint enfin de brûler lui-même sea 
[, il alla chercher un tefoge aus Antilles, 
aans avoir pu réussir à soulever les ségrea. El 
une conspiration ourdie par 1e gouverneur Tryon 
fut découverte. Elle avait pour but principal de 
livrer le général en chef à l'ennemi Une autre 
éctnua aussi dans les environs d'Albany. Lu 
panition de quelques-uns tles coupûblee prévint le 
retour de pareilles tentatives. 

Prfparatif» du congrès. — Déclaration d'indê- 

Le congrès cependant s'efforçait de préserver 
les cAtes en armant en guerre les navires unéri- 
caittB. En peu de temps dix-huit frégateâ et un 
gnnd nombre de chaloupes canonnières fiirent 
construites. L'escadre américaine, sous le com- 
mandement du capitaine-g-énéral Hopkins, com- 



a succès les Angla 
centres. L'enthousiasme éta 
eu peu de jours les soldats 
uatioQ s'accoutumait à agir ce 
de sa pleine indépendance. 



goui 



avec 1b métropole, 
fii^tiâ ou sans pouvoir, 



t partout et créait 



iiis long-temps 
royaux é 
congrès ftisait des | 



■■ et cependant elle protestait de ea fidélité ao 





gouvernenieDt anglais. La justice ie rendait au 
nom (il) roi ; dans les temples on priait pour UQ 
souverain dont on battait lus armées. Les esprits 
justes s'offensaient d'une aussi choquante contra- 
diction, qui nourrissait chez les uns les idées d'un 
lEppracliemcnt désormais impossible, comprimait 
chez les autres leur patriotisme, qu'une réconcili- 
ation pouvait rendre criminel, et paralysait en 
quelque sorte faction révolutionnaire du congrég, 
EVanklin, à son retour d'Europe, avait le premier 
prononcé le met d'indépendance. Les Euccée de 
l'aristocratie anglaise contre l'opposition dans les 
débats sur les colonies, succès qui depuis ont tou- 
jours été croissant, quelque sujet qui ait ranouvelé 
la lutte, lui avaient appris qu'aucune transaction 
I n'était désormais possible. Le congrès en fut 
convaincu lorst^u'il vit les triomphes de ees arméesj 
la nation lorsqu'elle eut connaissance des levées 
faites contre elle en Allemagne, et de l'acte du 
parlement qui défendait tout commerce avec les 
colonies, et abandonnait ics propriétés américaioeB, 
publiques et privées, à tous ceux qui parviendraient 
à s'en emparer. Mis hors k loi des iwtions par 
l'Angleterre, les Américains ne pouvaient plus 
s'en reconnaître les sujets. I^h plus modéréH 
partagèrent cette opbiun à la lecture de l'ouvrage 
de Tliomas Paine intitulé te si 
gie adroite de l'insurrection et diatribe BODglanlfl 
i^tte la rojauic, vice capital, selon l'ai 




I 



146 sÉhdué de L'œsTOies ■ 

la constitution anglaise. Ud cri unanime appek 



I iSlon l'iodépendan 

Le congrèB voulut toutefois sonder encor 
ion en portant un décret qui dispensait l 
tionnaireB publics de prêter eennent au roi d'An- 
gleterre, et le déctarait déchu du droit de conférer 
RUcun pouvoir en Amérique. Il ordonnait ensuite 
que les provinces qui ne l'avaient point fait encore 
K canatituassent librement Ce décret n< 
trad'hésitation que dans quelques états; mais bien- 
tôt tous se constituèrent. Aucun s 
ployé rojal ne iîit conservé, et, chose digne de re- 
marque, ce fut sans qu'il y eût contre eux ni m 
naces, ni reproches personnels. 

Pendant que ces choses se passaient, Ixe, député 
de la Virginie, tîiisait la motion de déclarer l'indé- 
pendance. " Puisque notre union avec l'Angle- 
terre, dit-il, ne peut nous assurer la liberté et li 
bonheur, qui font l'objet de noe vœux, rompons ce 
nœud &(al et osons conquérir pour jamais ce bien 
dontnousjouiseonsdéjà. Ce n'est plus ici la liberté , 
orageuse de Rome et de la Grèce que noua reven- 
diquona, ce n'est plus le privilège de «juelques pa- 
triciens, c'est la propriété de tous. Les nations at- 
tentives se promettent de noire victoire une exis- 
tence plus libre et plus douce. N'écoutons plus 
la voix de l'Angleterre. Ses promesses sont des 

ttnhiaonB. Ne nous Ibrons point à sa foi donnée 
■I violée ai souvent dans cette querelle, cetta ibi 



d'ahÉrique. 147 

britsnnique qui sera plus honteusement célèbre en- 
core que k foi punique. ConfioDa-nous à la lilierté, 
source des sages conseils et mère des grands hom- 
mes. L'astre qui éclaira les Grecs, les SuisieB, les 
HolkDdais, quand ils fondèrent ou conquirent la 
libertë, luit aussi sur nos têtes; leurs glaifos ne ae 
eont point émoussés en passant dans noa mains. 
Hâtone-nouB de prépare run asile oA l'infortune pu- 
isse échapper à la tyrannie. Que l'Amérique ait 
à son tour ses Lycurgiie et ses Numa ; qu'elle soit 
indépendante I" 

La proposition de Lee flit accueillie avec une 
joie calme. Pour plus de maturité, la délibératiou 
fijt ajournée. Les états de Pennsylvanie et de 
Maryland, qui hésitaient d'abord, donnèrent de 
nouveaux pouvoirs h leurs députés, malgré l'oppo- 
ailion de J. Dickinson, éloquent partisan de la ré- 
conciliation et patriote estimé. Enfin le congrès 
reprit sa délibération, et le 4 juillet 1776, sur le 
rapport de Thomas Jefferson, R Franklin, et John 
Adams, la déclaration d'indépendance fut arrêtée. 
C'était l'application solennelle des droits déclarés 
par le premier congrus. Le préambule énonçait 
les principes du congrès sur les droits politiques 
des peuples; " Lorsqu'une suite d'abus et d'usur- 
pations, disait-il. tendant bvariablement au même 
but, montre évidemment le dessein de réduire uo 
peuple sous le jeug d'un despotisme absolu, il a le 
droit, et il est de son devoir de renverser un pareil 



148 RESUME DE L^HUTOIRE 

gouvemement, et dé pourvoir, par de mm^elles 
mesares, à sa sûreté pour l'avenir.'* Venait ensuite 
la déclaration, conçue en ces termes : 

'* A ces causes, nous, les représentans des Etato- 
Unis d'Amérique, assemblés en congrès général, at- 
testant le Juge suprême de l'univers de la droiture 
de nos intentions, au nom et de l'autorité dn faon 
peuple de ces colonies, publions solenn^ement et 
déclarons que ces colonies unies sont et doivent 
être de droit des états libres et indépendans, qu'el- 
les sont franches et exemptes de toute obéissance 
envers la couronne britannique. — ^Et, nous reposant 
fermement sur la protection de la Providence di- 
vine, nous engageons mutuellement l'un envers 
l'autre, pour le maintien de la présente déclaratioiiy 
nos vies, nos biens et notre honneur." 

Telle fut cette déclaration célèbre, faîte par des 
hommes sages et paisibles, et qui seule put pré- 
server les col(xiies do leur perte, au moment où, 
sans argent, sans arsenaux, avec de simples milices, 
elles allaient lutter contre toutes les forces réunies 
de la Grande-Bretagne. Elle constitua les colonies 
en république sous le nom des treize Etatè-Vma 
tPAmérique, 

Cet acte fut partout accueilli avec des transports 
d'allégresse ; des ft'tes ^publiques eurent lieu dans 
toutes les villes. Le zèle pour la défense com- 
mune redoubla, car tous les doutes, toutes les irré- 
solutions avaient cessé. 



:-■■/.- * 



DlMERlttOE. 

Ainâ l'habilelê des patriotea ai 
rent enfin prendre une résolution audacieuse, ajnaï 
l'impèritie des ministres anglais, qui ne eurent ni 
prévoir ni arrêter le mol, amenèrent le démembre- 
ment d'une des plus Sorissantes portions de l'em- 
pire brïtaimique. 

OONSinEKATIONS Gli:NERALEB. 

Les révolutions naissent ordinsirement d'un état 
de mslaiae, qui amène un besoin général de change- 
ment ; par fois elles résultent d'un ejtcés de vigueur, 
avec lequel n'est plus en rapport l'ordre établL 
Halgré leur penchant à suivre les voies acoontu- . 
■nées, les habitudes faites, les peuples, lorsqu'ils ont 
atteint leur virilité, sortent d'eux-mf mes de tutelle. 
Ia circonstance la moins importante en apparence 
peut alors déterminer ta révolution. 

L'Amérique, avont la sienne, était heureuse; 
la plupart des colonies étaient libres et moitresses 
de leur gouvernement; la corruption niinistéfielle 
n'avait point passé les mera. L'aisance était uni- 
verselle. Le travail empêchait les esprits d'être 
remuans. Long-temps encore les choses eussent 
pu avoir le même cours. Mais l'impât du timbre 
et les actes dont il fut suivi sufiirent pour appren- 
dre à l'Amérique qu'alla avait atteint sa majorité. 
Un ministère plus habile eût pu le lui faire oublier 
long-temps encore, et les colonies ne s 
point iéparéea ée la métropole. 



1 * 

190 BB8UMB Dl L'HUROIUB 

La léfolatioii d*Aiiiériqiiei paç VéÊkt 'dei 
cipes émk dans les manifeatet de m moleiiii^ pnl| 
dèa son (xrigine» un caracfcâfv ^'aliatiaetioa et de 
généralité -qa'ancimiB révolutian nî^Ae «vaut eeUat 
là, et qui devait a|^er PattentiaD do tons Im 
peuples. Elle suivit à cet égazd le ooun que hi 
imprimait la nation^ accoutomée à jouir d*iflW 
grande scimme de liberté polHÂqiie et réligieanb 
et depuis kog4emps livrée à là dkniiMÎrMt èm 
doctrines philosophiques, à tnven leequdte Im 
véritables principes fimasent toujbom par ifétàtim 
La déclaiBtion des droits en était le réenmé; l^ute 
d'indépendance en fut le dévélgiq^eiiMiit en mÉûim* 
L'imposant caractère du eongiés qui le réd^gaa 
avec calme, au milieu du grand mouvement na- 
tional, ne se démentit pas. Cette sage fieidear 
Tempécha de placer au commandement snptésM 
de l'armée le général Putnam, et lui fit f ré Ek a 
Washington, qui^ s'il n'avait point eu rhoaneur du 
premier succès^contre les Anglais, était* plus piepie 
que lui à soutenir la grande lutte qurveiudt de 
fl^engager. 

Le congrès de Philadelphie se trouva touVà-eoup 
investi d'une confiance d'autant plus gnmde, que 
toute la nation était dans l'attente et ne demandait 
qu'une direction. Ck>mme il avait pour but l'intérêt 
réel de toute. l'Amérique, il fut bien autrement 
puissant que le congrès d'Albany, qui au ftnd 
n'avait pour but que l'intérêt de la métropole. 



i^^émAM 



v 



d'amÉri4VB. 151 

Mais anjourd'liui la liberté ôtait ét&blie dam 
bmtes les colonies qui vaulurcnt accepter la Eoli' 
darité de la reBistalice des BosConnienB aux actes 
vexatoircB du gouvernement britannique. I! res- 
tait encore à la consolider. L'acte d'indépendance, 
en créant la république, confondit toua les ïntérêta 
dans l'intérêt commun. Il donna une marche 
régulière à l'inBurrection, et laya les AmérioainB 
de la détàveur qui souvent s'attache au nom 
d'insurgêfi. Il apprit au monde qu'un grand peuple 
s'était levé et venait demander place parmi lea 
puissances. 

NoHB venons de voir le congrès organisant le 
nouveau gouvernement, créant des armées, un 
trésor, des arsenaux, une marine. Il a conquis 
le territoire américain sur les Anglais de Boston, 
sur ceux que conduisaient quelques gouverneurs 
de provinces, La révolution est lîite. Mais 
l'Angleterre, dominatrice des mers et redoutable 
entre les grands états de l'Europe, la menace de 
toute sa puissance. HfLtons-nous de voir comment 
l'Amérique repoussera les fléaux dont elle eat 
menacée, comment sera sanctionnée sa mémorable 
révolution. 



152 RESUME VM L*HBnOIIS 



DEUXIEME SECTION. 



D'iniEFBEIDAlfCB JIIBQIT'a LA. BJBOORIIABHAMS UB 
LA. BKFVBUQIJK PAR LA. IRÂIKIB. 

Entrée en campagne et ptan^ — NigoeêmtiomBj-^ 
BatmOie de BroMyn.-^WatMngUm m reOn 
derrière la Ddaware, 

Ataht la déclaFatkm d'indépenduiee, le ginénl 
Hbwe avait quitté Haliftz* avec les leniwts qii*il 
avait reçus d'Angleterre. Il avait opéré mi d^ 
barqaement non loin de New-York (% juin 1718^) 
et s'était établi dans l'Ile-des-Etats (Staten-Idaiid,) 
à l'emboachure même de lHodson, dans Peqpé- 
rance de rallier à lui les royalistes da New-Yocfc 
et la population de TIle-Longae (Long-Uand.) 
Là, le rejoignirent l'amiral Howe son firére^ et le 
général Clinton. Trente-cinq mille hotmoes 
obéissaient à ses ordres. Les Allemands et les 
Anglais, qui composaient une partie de son armée, 
rivalisaient de zèle. Les royalistes accouraient 
sous ses drapeaux. Le New-York panûssait ne 



d'ahÉrique. 153 

devoir opposer aucune résistance. Le projet des 
Anglais était de s'emparer de l'Huduon et de 
s'unir, en le remontant, avec l'armée du Canada, 
qui devait descendre par le lac Chaniplain, après 
avoir enlevé les forts pria sur les Anglais par les 
colonels Arnold et Aile», deux annéca auparavant. 
Ainsi Ira provinces insurgées eussent été séparées 
en deux portions el privées de communication 
entre elles; on aurait pu se porter à volonté sur 
tous, les points et écraser principalement les pro- 
vinces de la Nouvelle-Angleterre, qui étaient le 
véritable foy'er de la révolution. Tout semblait 
garantir le succès de ce plan tracé par le ministère 
britannique. 

Tandis que les armées royales débarquaient dans 
la partie de l'Amérique qui devait leur présenter 
le moins de résistance, le congrès, plein d'une no- 
ble assurance, déclarait l'indépendance des Élats- 

Washingtoo avait préparé tous lea feibies moy- 
ens de défense qui étaient en son pouvoir pour ar- 
rêter les ennemis à l'entrée de l'Hudson. Il avait 
placé des corps de troupes dans toutes les positions 
menacées. Mais son armée, af&iblie par l'indisci- 
pliné des milices et par !a méfiance du congrès 
envers la troupe de ligne, instrument ordinaire 
d'usurpation ou de, despotisme, qu'il ne voulait pas 
multiplier, n'était pas, ù beaucoup pn-s, en état de 
rêfliBter à toutes les forces des Anglais. 



154 RESuv E DK L*Hisionai 

Plein de confiance dans ses moyenfl de 
Howe ne voulut point cependant commencer ki 
hostilités sans fiiire connaître les intentions dn goi' 
yemement anglais. Il répandit avec profu âoi 
(juin 1776) une proclamation ^ftopte à eflOnayerlei 
rebelles et à ramener les hommes timides. Il en- 
tra même en négociation avec Washington. CeM- 
ci rejeta habilement toute commnnicatînn, «os h 
prétexte qu'on ne lui donnait poiai les titres de m 
place, et qu'on traitait les Américains indépeiidiDi 
comme une troupe d'hommes sans droits étaUia 
D en référa au congrès. * 

Le général Howe se décida alors à entier en 
campagne. Il fit passer scm armée de FDe^es- 
États sur l'Ile-Longue, plus voisine de New-Tork, 
et bientôt les Américains que Washington j avait 
placés, refoulés de toutes parts sur New-York, fo- 
rent complètement battus à Brooklyn (22. août). 
Washington y était passé au commencement de 
l'action. Il eut la douleur de voir écraser les siens 
sans pouvoir fiiire venir à leur secours le gnm de 
l'armée. Ceût été exposer au hasard d'nne bataille 
le sort de l'Amérique et tous ses défimseura. H 
préféra une défidte à ce danger sans ressoarces. 
Les Américains perdirent trois mille hommes, trais 
généraux et six pièces de canon. 

Ce terrible échec amena l'évacuation de la ville 
de New- York par lés Américains, qui se retirèrent 
vers le haut de l'ile de ce nom. La terreur régnait 



155 

partout. Les miliciena se retiraient dans leun 
foyers malgré les ordrea du génûral en chef! Ce 
fut ttlora que le congrès décrêtu la formation d'tma 
armée de ligne, qu'il fixa pour terme aux engage- 
mens, d'nbord la En de la guerre, ensuite trois an- 
nées de service, et qu'il assigna des concesaions de 
terres aux soldats et officiera. Tous les moyens de 
ranimer le cournge des troupes etde multiplier les 
enrôlcmens furent mia en usage; mais presque 

Profitant de son avantage, Howe fit de BouvelleB 
propositions (11 sept.). Mais les cammissairea 
nommés par le congrès, voulant traiter seulement 
au nom des Élats-Unia comme états indépcndans, 
la négociation fût rompue, et le eongrès approuva 
la conduite de ses mandataires. 

Les Anglais reprirent immédiatement les hosti- 
lités. Les Américains avaient concentré leurs 
forces sur Elngs-Bridge, à douze milles au nord de 
New- York. Howe les harcela dans leur camp, 
leur livra plusieurs attaques sérieuses (oct), et fit 
tous SCS efibrts pour les amener à combattre en 
bataille rangée, ce que le prudent Washington ent 
soin d'éviter. Howe revint alors attaquer avec 
la piuB gronde vigueur le Ibit Washington, où 
commandait le colonel Macgow, à la tête de deux 
mille six cents hommes, qui furent obligés de capi- 
tuler iàute de munitions. De l'autre côié de l'Hud- 
■on, en &ce du fort Wasliinglon, et deiUné comme 



j 



156 REBVMX DK VHMtfTOafM 

laiil^arrêter la navigation des Anglais sur le fiemra^ 
était placé le fort Lee. Les Américains l'éyaoaé- 
rent aussitôt, y laissant leurs munitions, leurs t^ir 
tes, leur artillerie, et les Anglais, s'en étant empa- 
rés, furent les mattrMf de pénétrer dans le cœur du 
New- Jersey, eijhjrtjjer sans obstacle leur mouve- 
ment de jonctîoii ^BÇj^ tannée du Canada. 

La prise de ces 1(£fts acti^va oe^qu'avait com- 
mencé le revers de Brooklyn. iMyinilices amé^ 
ricaines épouvantées se débaiJSp8h;-la troupe 
de ligne se livra à une e ffniyÉ j ile déattrtion. L'ar- 
mée fut presque dissoute ; À peine resta-t*il sous 
les drapeaux trois mille soldats. L'armée était sans 
outils pour se retrancher, san^ tentes pour s'abriter, 
sans munitions pour se défendre, presque sans ar- 
tillerie et sans chevaux. 

Au milieu de l'effroi général, les proclamations 
du général anglais circulaient Ott vit une foule 
de gens du peuple implorer leur pardon ; des famil- 
les riches et considérées, des magistrats, des fonc- 
tionnaires du nouveau régime même s'empressè- 
rent de faire leur soumission. Cependant on re- 
marqua que la classe moyenne restait fidèle à la 
cause de l'indépendance. Toutefbis, comme on 
voyait les méopiiteB3 dt l'int^ieur se préparera 
la révolte, poiir les contenir on fbt obligé d'envoyer 
dans le comté dé MomiÀouth, qui dépend de la pro-^ 
vince même de New-Jersey, où les années étaient 




e partie des feibles corps qui res- 

Mais au sein àe l'adversité, le courage de Woah- 
iugtoa ne se démentit pas. Résolu d'accomplir le 
mandat que le congrès lui Sivait donné, son audace 
8'iccrut dans les revers, et SB constance devint ua 
objet d'admiration. U ordonna aux corps séparés 
ie rejoindre l'armée principale. Il sollicita les 
provinces de faire immédiatement des levées. Sei 
ordres furent exécutés avec lenteur ; les provinces 
ne répondirent pas à son appel, si ce n'est ceilee 
des contrées du nord. Pour comble de malheur 
les milices du Maryland et du New-Jersey, une 
partie de celles de Pennsylvanie déclarèrent 'que 
leur engagement était expiré et quittèrent leurs 
drapeaux. Avec les débris de son armée, Wash- 
ington, trompant l'ennemi et feignant de vouloir 
reprendre l'offensive, opéra sa retraite sur la rive 
droite de la Delaware pour couvrir Philadelphie, 
BÏégc du gouvernement et du congrès. 

Enlètiemeat du général américain Lee. — Guerre 

contre ka Indiens. — Coi^édératûm des Elala- 

VnU. — Dictatwrede Wathinglon. 

Fatigués des combats multipliés livrés dans des 

lieux difficiles, où ils avaient acheté la victoire * 

force de saDg, les Anglais, croyant qu'ils pourraient 

s'emparer de Philadelpiiie dès qu'ils le voudraient^ 

n&olureat d'attendre que \m in'\éi« ^V f^*ft,«» 



I 



IlESCSE DE L mSTOIRB 

^É^MIBÏ' rendre inutiles les moyens <Ie défeiue 
Warfiing-ton préparait à la hâte. Celui-ci pro- 
du repos qu'ils lut laissaient II envoya &ire 
fles levées; il orilonna. aux généraux Gates> qui 
éCait préa ilea lacs, et Lee, qui commandait daua le 
haut Jersey, de venirle joindre. Ce dernier obéis- 
nit avec quelque lenteur, lorsqu'il fut enlevé se- 
crètement par un parti d'Anglais de la maigon 
écartée oiî il s'était logé, et conduit par eux à 
New-York. La. nouvelle de celte capture retentit 
jusqu'en Europe, et l'on y crut un instant que la 
guerre était finie. Les traiteniens qu'on fit subit 
& Lee, le refusde le reconnaître d'abord en son grade 
de général, amenèrent des négociations et de eévè' 
tes représailles. 

Sullivan, ayant pris le commandement da corps 
de Lee, se hfita d'obéir aux ordres de Washingtoo 
et de se rallier à luL Dans le' mêrae temps, 
l'amiral Peter-Parker et le général Clinton, à !a 
tête d'uno partie de l'armée anglaise, s'étant em- 
parés du Rhode Island, y tinrent bloquée la flotille 
du capitaine général Hupkius. L'amiral anglai 
fit ensuite voile vers les côtes de la Caroli 
la Virginie, o4 ses agens s'efTorçaient de soulever 
les Indiens de diverses tribus. Le loyalistes se 
Bouvenaiont de leurs désastres récens ; ils ne firent 
aucun mouveuienL Les Indiens répondirent donc 
•etds à l'appel qui leur était fait LesCreeksfireot 
■luic d'entrer en campagne ; les six tribus alliMB 



d'ahÉbique. 159 

s'ébranlèrent an instant; les Chérobis, n'écoutant 
que leur fiireur, massactèrent les habitaDS du pays 
qui leaaToisiDait; mais ces dignes auxiliaires dea 
Anglais lurent battus et presque entièrement 
détruits par les AméricninB, qui coururent bus 
armes, ranimés par la retraite de Anglais, apièB 
leur attaque infructueuse du Ibrt Moultrie. 

L'armée du Canada avait essuyé moins de revers 
que les autres corps américains. Depuis qu'elle 
s'était retirée ii la pointe de la Cuuroiuie, Csrletun, 
gouverneur du Canada, rassemblait des troupes 
pour tbrcer le passais des lacs et descendre par 
l'Hudson dans le cœur des provinces insurgées. 
Une escadre avait été équipée sur les lacs ponr 
chacune îles armées ennemies. On en vint aux 
mains prés de l'jle Valicourl, sur le lac Champlain. 
Arnold, qui commandait la flotte des Américains, 
fut battu et pwdit tous ses navires, malgré des pro- 
diges d'btrépidité. Le fort de la Couronne lût 
alors abandonné aux Anglais. Carleton n'osa pas 
pousser plus loin, parce que la saison était trop 
avancée. H se retira vers le Canada, et sa retraita 
donna la faculté à la plus grande partie des Amé- 
ricains réunis sous les ordres de Gates de rejoindre 
l'armée de Washington. 

Mais, malgré la réonion de toutes les forces dis- 
ponibles, l'armée américaine du New-Jersey était 
peu nombreuse. Les deujf provinces de New- York 
et de Ehode-Ialand, la majeure partie de celle de 



160 BEHUMi: DE L'RIsraiftl 

Juiiduétiiinif ftu pouvoir do l'ennemi, et àèe le pria- 
temps une puissante armée pouvait s'a vsncerdu câU 
àa Canada. Lo décourage m en l augmentait : déjà 
{dasieura Américaina des provincea occupées pu 
îea Anglais s'étaient rangés sous leurs drapeaux. 
Le recrutement se faisait avec Iea pins grandes 
difficultés pour l'armée républicaine, sans cesw 
nfiaiblie par les désertions. Le papier-monnaie 
baissait gradue tlenient de valeur. Le présent 
était pénible, l'avenir plus alarmant encore. 

Ve congrès ne se laissa point abattre, et ce iàt 
an moment de sa plus grande détresse qu'il décréta 
(4 oot. 1776) l'acte de confédération perpétuelle 
dea États-Unis, première constitution de l'Amé- 

L'eimemi s'approchait de In Dekware; le con- 
grès transporta le siège de aee séances de Phila- 
delphie à Baltimore ville du Maryland (12-20 déc.) 
Là, Bon premier acte fut de contierau généralissime 
ime dictature militaire dont ta durée lut lûtée à 
BÎz mois, ai le congés n'en ordonnait pas difie- 
Temment Sa confiance en Washington parut 
ainsi a'accroitre au moment mfme où ce général 
voyait sea armées battues de toutes parts. Aa 
milieu de tant de revers, pas un reproche de nég^ 
ligence on d'incapacité ne s'éleva contre les diefi 
de l'armée. L'orgueil n'avait pas persuadé aux 
L^mencains qu'iia fussent invmàUe.t, ïi\, ils cédé- 
but sans a'êlonnei à la force âea c\««b». ^%a»i, 



d'ajiebiquk. 161 

prévenir iaa maux plus gnmds encore : le congrès- 
fit un fort eniprunt, créa une loterie, ordonna qua 
BCH papiers auraient un cours Ibrcc. Il fixa même 
le prix de certaines denrées par une loi dont la 
rigueur adepuist'té si molheureuBement surpassée 
en France, sous le nom de Maximum. Lea as- 
semblées provbciales appuyèrent ces mesures de 
toute leur autorité, la patrie, quoique en danger, 
n'était pas perdue. 

Ditposilions de la France. — Le catgrè» etiroie 
des dipatés auprès de cette puitsance. — Départ 
de La Fayette pour F Amérique. 
Depuis long-tempE la France, éternelle ennemie 
àa. TAngleterre, sccotidD.it de eea vœnz la cause 
des Américains. Déjà son commeice avait fbumi 
(1775) des armes aux insurgés, et l'entreprenant 
Beaumarchais en Taisait fabriquer publiquement 
pour eut L'agent du congréH, Silas Deane, faisait 
quelques enrûlemens d'officiers, et même il avait 
t obtenu quelques vieilles arraea des 
c du RoL Ue toutes parts s'élevait en 
France un cri unanime en tàveur des Américains. 
Le gouvernement cédait trop lentement à cette 
impulsion, malgré son désir de venger les revers 
de la guerre de sept ans; et l'Espagne, par l'eSêt 
de sa haine contre l'Angleterre et du pacte de fa- 
mille couclu en ITtll entre les diverses branches 
de la ânulle de Bourbon, bç muiCCniV Kiw yw*>^ 
o2 



SwyM»^ I 



103 RESUME DB l'HISTOIBB 

vaincre bientôt, en faveur des Etats-Unis, la ré* 
pugnance qu'elle avait à seconder la France et à 
secourir une république. Le congrès, au moment 
des désastres ^de 1776, nomma (26 sept 1776) 
Franklin, Deane, et Arthur Lee, commissaires pour 
venir solliciter en France des secours, et pour ob- 
tenir la reconnaissance de Tindépendance améri- 
caine. L'arrivée de Franklin en Europe (déc.) 
fut un événement pour la nation. De grands 
seigneurs et les savans les plus remarquables se 
hâtèrent de Taccueillir avec distinction ; et, quoi- 
que la circonspection du cabinet de Versailles ne 
permit pas encore de Fadmettre à la cour, il en 
fat amplement dédommagé par les témoignages 
d'intérêt qu'il obtint de toutes parts et les secours 
que le commerce français fit passer aux insurgés, 
en attendant ceux plus efficaces du gouvernement 
Retiré à Passy, il était devenu, par mk mots heu- 
reux, ses vertus, son patriotisme, un objet universel 
de curiosité et de vénération. On personnifiait en 
lui la république, dont il était le représentant 
Les traités qu'il ofirait aux ministres étaient 
goûtés; mais le caractère indécis de Louis XVI 
s'opposait à une rupture avec l'Angleterre, où les 
torts auraient pu paraître de son côté, et Maurepas^ 
son premier ministre, était aussi faible que luL 

Un jeune Français d'un nom illustre, doué d'une 

candeur vertueuse et d'un courage indomptable, se 

présenta en ce temps aux envoyée «méivcainfi et 



D'AMÉaiquB. 18B 

leur offl-il son brea. lia eurent la générOBÎté de 
vouloir le détourner d'un projet qui parEisBailtémé- 
nire bu moment de leurs ilésastrea. Ce reFuBreii' 
s plus vives. Les envoyés étaient 
:e moment; il fréta un vaisseau, 
et, B'arrachant dea btas de ea jeune épouse, bnvant 
les oppoeitiona de la. cour, il partit pour l'Amérique. 
Ce jeune homme étAJt destiné à devenir l'ami de 
Washington et le défenseur le plus désintéreasé 
de la cause américaine. Il devait, en Europe, àtm- 
ner réreil à la liberté et à la révolution françaÏBe. 
Lorsque de fetales discordes l'exilèrent de sa patrie, 
il devait, du fond du cachot où le jeta le despo- 
lûme, le Iklre trembler et iotéresEer l'univera 
Dans toutes les crises où la liberté s'agita pour re- 
prendre son légitime empire, on devait le retrouver 
debout. C'était La Fayette. Il brava les menaces 
du ^uvenieinent britannique, qui l'eût traité hon- 
teusement s'il ett été pris, et débarqua à Charles- 
ton, dans l'été de 1776, avec dea dépêches impor* 
tantes, et, ce qui valait peut-être mieui, avec dea 
urnes. Son arrivée produisit une vive sensation 
sur les Américains, par lesquels il fiit reçu avec 
transport. H voulut servir dons leurs rangs comme 
simple volontaire et à ses propres dépens. Un dé- 
•crei du congrès accepta ses services: ils tiirent 
grands et multipliés. 

Plusieurs Français et d'autres Européens serviï* 
eot la mfime cause; SaiutOuuj, Fleuiy, l'iogé- 



nieur du Portail, Tofficier d'artillerie Daplean^ ïl I 
les illuBtree Polonais Kosciusko et Pulasku 1 

^Jhlaille de ÏVenfon. — Watbinglon dégage Phih 
^k ielpkie, — Troubleidaiu lei pronjices. — £nË>» 
|F ment dugéaêTal anglais Preseot, 1 

Les Anglais s'étaient répandus dans le New- 
Jersey ; Washington, itnpaBsible, de l'autre cWë 
de la Dekware, oliserveit leurs mouvemena et 
grosBÏaBait, son année. Tout à coup (25 déc.) il 
passe de la circonspection à l'audace. "Les An- 
glais, dit-il, ont trop étendu leurs ailes, il est temps 
de les leur rogner." Il passe la Dclaware la nuit 
de Noël, et son armée, sur trois colonnes, s'arance 
en silence vers Trenton et j surprend les ennemie 
Trois régimena allemands meftent bas les armes, 
et le général américain ïictorieuît, qui ne veut pu 
compromettre ce premier succès, reprend sa poai- 
tion de la veille sur la rive droite du fleuve. 

Les prisonniers furent conduits en triomphe i 
Philadelphie. Ces Allemands, qui partout se lîv- 
TBJcnt BU pillage et à la dévastation, inspinient 
plus de terreur que les Anglais eux-mêmes: on 
reprit conSance de toute part, en apprenant qu'ils 
avaient été battus, et les Anglais en furent si vive- 
ment frappés, que lord Comwallis, au moment de 
partir pour l'Angleterre, retourna précipifanaoent 
dans le New-Jersey. 

Profitant de cette ftvorable impression, Woah- 



d'&mebiqvb. 165 

ington se mit en mouvement et se décida h aban- 
donner tee rives de la Delftwuro et i. porter la . 
^erre dans le cœur mÊmc du NewJcrsey. Obli- 
geant les Anglais à le suivre, il dégageait ainsi 
Philadelphie et prévenait une bataille qui pouvait 
décider en un jour du sort de l'Amérique. Bientôt 
les Anglais n'occupèrent plus qu'une petite partie 
du Jersey, dont leurs excts avaient soulevé la popu- 
lation, jadis portée pour eux. La Pennsylvanie 
était couverte, et le géuéraliasïme maître de porter 
la guerre sur le théâtre qu'il choisirait. 

n fut alors proclamé le sauveur de la patrie par 
l'Amérique et l'Europe, et lo congrès, qui retour- 
nait tenir ses séances à Philadelphie, étendit en- 
core des pouvoirs dont Washington savait faire 
nn si bon usage. Pendant plusieurs mois le géné- 
ral américain, presque sans arniée, eut l'oit de 
ftire illusion aux ennemis et à sa patrie elle-même, 
tant il déploya d'habileté et de vigueur dans une 
fîiule de mouvemens militaires. L'hiver de 1776 à 
1777 et le printemps de cette dernière année 
s'écoulèrent sans qu'il se passât rien de remanjua- 
ble. Des mouvemeus éclatèreut dans le Maryland 
et dans \n partie nord de l'état de New-Yoïb et 
furent heureusement comprimés (1777). Plusieurs 
affaires eurent lieu dans le Jersey et le Connecti- 
cut, et Arnold eut la gloire d'y combattre de nou- 
Tetn tes Anglais, 
* Voth cette époque, le lieutenant-colonel Bartwi, 



166 RESimÉ DE l'histoire 

se portant en secret, avec quelques hommes choisis, 
au milieu des Anglais qui occupaient le Rhode* 
Island, enleva leur général Prescot, qui venait de 
mettre à prij^a tête d'Arnold, depuis peu &it géné- 
ral par le congrès. Cette juste représaille de Teor 
lèvement de Lee fît une sensation fîivorahle. 

Pendant ce temps le généralissime uga^it succes- 
sivement placé son camp à Morristown et à Mid^ 
dlebrook^ dans des positions inexpugnables, que 
Howe ne pat jamais le déterminer à quitter pour 
se risquer aux hasards d'une bataille. Les Anglais 
se retirèrent alors dans Staten-Tsiand, où ils se 
préparèrent aussi secrètement que possible à une 
grande expédition. Washmgton les observait at- 
tentivement, renforçant toujours son armée, multi- 
pliant ses efforts pour retenir les milices que Tex- 
piration des engagemens rappelait de nouveau 
dans leurs foyers, et faisant armer les citoyens par- 
tout où les Anglais menaçaient de se porter. Il 
redoutait qu'ils ne tentassent dit faire leur jonction 
avec l'armée de Canada, qui venait de rentrer en 
campagne. Il fit faire, en conséquence, des dispo- 
sitions aux généraux Sullivan, Putnam, et Sterling. 

Campagne de Canada. — Capitidation de BuT" 

gayne. 

Cependant l'armée anglaise du Canada était ren- 
trée en compagne, non plus sous les ordres du gou- 
Femeur Carleton, dont l'humanité égalait le cou- 



d'ahesiqvb. 167 

nige, mais sous ceux du général Burgoyne, guer- 
rier expérimenté et avide de gloire. Elle était 
nombreuse et abondamment fournie de tout C!om- 
posée d'Anglais et d'Allemands, ellt^t^flûQtenue 
de corps de Canadiens et de Sauvage» 4u'on avait 
armés. Avec ces forces, Burgoyne se porta de la 
pointe de la Couronne devant le fort de Ticonde- 
roga, que les Américains évacuèrent après une 
vive résistance pour se retirer sur le loi} Edouard. 
Le général Schuyler avait indiqué ce rendezvous 
général après la malheureuse rencontre d'Hub- 
bardton et la prise des forts Sainte-Anne et 
Skeenesborough, où les Américains, après des pro- 
diges de valeur, avaient perdu presque toutes leurs 
munitions et Ikrtillerie nombreuse des forts. L^en- 
nemi se rassemblait à Skeenesborough et se dispo- 
sait à franchir les seize milles de pays impratica- 
ble qui séparent le fort Sainte-Anne du fort Edou- 
ard, où Schuyler, avec une armée réduite à quatre 
mille hommes épiÉrfb de fiUigues, accumulait ce^ 
pendant les obstacles de (m|0 espèce sur la route 
de Burgojrne. Celui-ci, pMant ce temps, âiisait 
attaquer les forts qui sont sur la limite de l'état 
d'York, du côté du lac Ontario et dans le pays des 
Mohawks. Les Améncains battus étaient lâche- 
ment abandonnés aux Indiens de l'armée anglaise, 
qui les torturaient impitoyablement Toutefois 
Burgoyne manquait de vivres. Il voulut enlevé 
ceux que les Américains avaient axsAXii^«a^gE»&^^ 



168 RESUME DB l'hISTOIRB 

quantité à Bennington, à vingt milles de l'Hudson^ 
et y reçut un échec considérable. Dans cette oc- 
casion les Américains durent la victoire aux secouii 
amenés de la Nouvelle- Angleterre par les gén^ 
rauz Lincoln et Arnold et le colonel Morgan, déjà 
connu par sa belle conduite sous Montgomery aa 
siège de Québec. Ce premier succès fit bientôt 
affluer de toutes parts les milices des provinces 
Toisines, que Washington avait immédiatement 
fiut nasembler et porté sur ce point, qu'il ne croy- 
ait pas aussi prochainement menacé. Sur ces 
entrefaites Gates prit le commandement de Tannée 
américaine, qui avait battu lentement en retraite 
jusqu'à Saratoga. La confiance s'était rétablie, et 
un parti d'insurgens avait même été attaquer la 
forteresse, depuis peu perdue, de Ticonderoga. 
Burgoyne se consumait en efforts pour s'assurer, 
avant l'hiver, du cours de l'Hudson, qu'il avait eu 
rimprudence de passer. Les mois de septembre et 
d'octobre virent deux combats epiniâtres : dans le 
premier, l'avantage demeura indécis ; c'était déjà 
nn succès pour les Américains, qui furent vain^ 
qneurs dans la seconde afiaire, où Arnold fut de 
nouveau blessr\ La position de Burgoyne devint 
désespérée. Sans vivres, même pour opérer sa 
retraite vers les lacs, il fallait qu'il succombât ou 
qu'il gagnât Albany à travers un pays aflreux et les 
lignes toujours croissantes des Américains. E avait 
peràu une foule d'officiers de marque, et le camp 



d'amebiqub. 169 

célébrait les funérailles du général Frazer au fra- 
cas épouvantable de Tartillerie américaine, dont les 
boulets disaient, par intervalle, voler la terre jus- 
que sur le visage du chapelain qui officiait 

Burgoyne, après beaucoup de tentatives pour se 
tirer de Tépouvantable position où il était, fut enfin 
obligé de capituler avec toute son armée. Ce tri- 
omphe inattendu porta la joie dans toute l'Amé- 
rique et fut le signal des plus grands ifénemena 
en Europe. Gates reçut du congrès des honneurs 
particuliers. Les prisonniers anglais fhrent con- 
duits à Boston, où on les retint contre les termes 
de la convention, les Américains ayant découvert 
qu'ils se proposai^t de la violer de leur côté en 
passant à l'arnéè de Howe et non en Angleterre, 
comme ils s'y étaient soumis. 

Telle fut la fin de cette expédition, entreprise 
avec tant de moyens et de jactance; où, par un 
abus criminel du droit de la guerre, Burgoyne 
toléra les plus hognUes excès des Sauvages. Howe 
seul dut s'imputer sa non ^ÊÊf^ ^pnoe que, jaloux 
de comprima la révolte mth de lui» il négligea 
d'exécuter le plan da ministère et de se joindre à 
l'armée du nord pour cocuper avec elle le centre 
des colonies insurgées. Toutefois le général Clin- 
ton avait agi dans ce sens ; mais la catastrophe de 
Burgoyne rendit inutiles les succès que le premier 
avait obtenus sur l'Hudson. 

P 



I 



170 

L'armée de Howe débarque dans le Maryland.— 

Batailies de Brandywiae et de Gennanloioit, — 

Lei Américaina se retirent à Vallei/-Forge.— 

La FVajtce reconnait rindëpcndaTice, 

Pendant que ces choses se passaient à l'année 

du uord, l'armée du général Howe était entrée aa 

fond de la baie de CheBapenli et débarquait dsM 

le Marylaod (25 août 17T7,) menoçimt la ville de 

Philadelphie. Washington voulait couvrir celle 

ville, n prit poaïtiun sur lu rive gauche du Bnn- 

dfwine. Le 11 septembre une grande bataille eut 

lieu, dans laquelle l'avantage, qui paraissait d'abord 

décidé en feveur des rtpublicunB, se changea vctb 

le soir en une déroute complète. .Waahing-ton, 

trompé par de feux avis, ne put éviter sa dê&ite. 

La Payelle, qui ralliait lea troupes, fut bleesé à. la 

jambe dans cette journée, qui livra aux Anglais la 

majeure partie de la Pennsylvanie inférieure. 

Le congTèa ni le généralissime ne (iirent ébranlés 
de se grand revers. Le pouvoir dictatorial fut de 
nouveau, et pour la seconde fois, confié à Wash- 
ington. On prépara k défense de Philadelphie. 
L'armée républicaine s'étant portée du côté de 
Lancaslre à la rencontre de celle des Anglais 
(SS oct,) ceun-ci s'emparèrent de la capitale de la 
confëdéralion. Le congrès s'était rendu à Lan- 
caetre, et sa constance neutralisa l'impreaion 




de Philadelphie. Le fleuve avait été couvret de 
forts Et de travaux propres k emp^ber les Angl&îi 
de le remonter. Ceux-ci résolurent de les détruire 
et de s'assurer du coure de la Delaware. Une 
partie de leur armée se jeta dans le Jersey. 
Washington voyant qu'elle s'affaililiasait en «'éten- 
dant, l'attaqua avec beaucoup de rigueur au bourg 
de Gerraantown. Après des Buccès importans, 
la victoire lui échappa encore une fbÏB, et le coo- 
grèa eut la magnanimité de donner publiquement 
des éloges à sa conduite, à son plan d'attaque et à 
la valeur de ses troupes. Il fut plus loin, il eut 
l'énergie de casser le g-énêral Stephens, pour avoir 
mal dirigé son corps pendant la retraite. Malgré 
ces désaatreB multipliés, rendus plus sensiblea pour 
l'armée du centre par le succès de Gates, la con- 
fiance publique n'abandonna pas le ^néralisaîme, 
qui attendait impatiemment les troupes du Canada 
pour tenter de nouveaux efforts. Cependant Greene 
et La Fayette avaient suivi les Anglais dana le 
Jersey. Ce dernier y reçut le commandement 
d'une division, et cessa de servir comme volontaire. 
Les troupes de l'année du nord arrivèrent enfin 
■ouB les ordres de Gates. Il était trop tard pour 
rentrer eur-le'champ en campagne, et les deux 
armées ennemies prirent leur cantonnement pour 
l'hiver, celte des Anglais principalement à Phila- 
delphie (1777,) colle des républicains dans une 
eoatrce agreste et déserte, ii.pçe\feeNi^W3^tji^. 



172 RESUME DB l'HISTOIRB 

(1778) Là elle fût accablée de maux inouia. Lu 
fiunine, les maladies, le Iroid, le dénuement absolu 
de munitions, de vêtemens, de chaussure, Tépron- 
yèrçnt à la ibis. Le mécontentement éclata et 
amena la désertion. Le général en chef fut cap 
lomnié auprès des soldats et du congrès. Sa ver- 
tueuse constance résista à tout II opposa la fidélité 
de La Fayette aux intrigues de quelques lieute- 
nans jaloux. Si le congrès fut sourd à la calomnie, 
l'histoire doit dire qu'il se montra peu actif, et 
quelquefois peu propre à réparer les maux dont se 
plaignait Washington. Il voulut essayer, sans 
moyens suffisans, un coup de main sur le Canada ; 
mais l'expédition n'eut pas lieu. La Fayette, qui 
avait reçu le commandement de cette nouvelle 
armée, revint bientôt sur un théâtre qui lui conve- 
nait mieux, puisqu'il y avait plus de dangers à 
courii; ; et bientôt il fit voir par la belle défense 
de la position de Baron-Hill, près de Philadelphie, 
que sa présence n'était pas inutile à l'armée du 
centre. 

Dès les premiers jours du printemps Henri 
Clinton remplaça le général Howe dans le com- 
mandement de l'armée britannique. Les succès 
qu'avait obtenus ce dernier étaient loin de com- 
penser les désastres de Burgoyne ; et le ministère, 
qui le blâmait de n'avoir pas suivi le plan qui lui 
avait été tracé, voyait avec peine qu'il fiiUait se dé- 
tenaiiier à de nouveaux sacrifices. La nation 



anglaise éplatait en murniureH, et la Joie des pni»- 
aances rivales ne se contenait plus. Lé parlement 
était l'acéne qui fixait les regards de l'Europe. 
Le lord Chatham y publiait de ooiiveau que "si l'on 
ne mettait promptemeut un terme à la guerre en 
traitant avec les AméricaiiiB, et qu'on leur donnât 
lo tempe de se jeter dans les bras de la France, la 
perte de la patrie Était imminente." Mais le mi- 
nietère s'obstinait à vouloir terminer la querella 
par lea armes et par l'entière soumission de l'Amé- 

Cependant le congrès renouvelait ses instancee 
auprès de la cour de Versailles, oii il était appuyé 
par tout ce qui avait quelque autorité. Le roi ne 
oe déterminait pas à reconoaiUe l'indépendance: 
c'eût été rompre avec l'Angleterre; et, sait qu'il 
ne fût pas préparé à la guerre, soit qu'il ne voulût 
pïs la provoquer, il héaitait encore. Au milieu de 
ces retards, le désespoir s'était emparé des députés 
américains, lorsque la nouvelle de la capitulation 
de Burgoyne vbt prouver à la France qu'on ne lui 
offrait point dans l'Amérique une alliée indigne 
d'elle. Toutes les irrésolutionsr toutes ces lentes 
précautions que l'impatience dé l'opinion publique 
taxait de &ibleBse et de pusillanimité, cessérenL 
L'indépendance et la souveraineté de la république 
furent reconnues par un roi absolu; et un traité 
d'allisnce oBênsive et défensive fiit conclu entre la 
IHbc» et les Étatt'Uiûa. Ci'«VBi\.\<&^nimWft'¥^ 



174 RxsuifB MB L^maroiRE 

pie unéricam qui posBut solennellaiMMt du nm; 
de colonie à celui d'état libre, et qui annonçait à 
l*imiv8ni que l*ère d'action du Nouveau-Mcnide 
était amvée. Toutes les nations lurent attentives 
à oe giand spectacle, et la joie de la France, qui 
portait un coup aussi sensible au cœur de son éter- 
nelle ennmnie, ne permit pas au cabinet de Ver- 
wlles de voir tout ce qu'il faisait en proclamant la 
flonveiaineté du peuple et le droit d'insurrection. 

OONBID£BATION8 OENEBALEB. 

Le premier acte de la révolution américaine 
était achevé; le congrès avait proclamé l'indé- 
pendance. Lorsqu'il rédigea cette mémorable dé- 
diuatîon, il ne fut point entraine par l'inquiète 
impétuosité qui règne chez le peuple au milieu des 
glandes crises. Il marcha avec calme dans la voie 
que loi indiquait l'état moral et les besoins nou- 
veaoz de la nation, qui suivit ses pas avec confiance. 
Od vit les possesseurs de nègres des états du sud 
ne pas hésiter un instant à déclarer que tous les 
hommes naissaient égaux et libres. Aucun prin- 
cipe de justice on d'humanité ne fut méconnu. 
Onpualysa les effiurts des ennemis du nouvel ordre 
de choses; mais nulle part on ne leur dressa des 



■La révolution se fit sans secousses: elle partit 
A aniva à son ternie toujours d'un pas égaL 
CqModant elle aurait pa être arrêtée d«i son 



i^'AMERn^irs. 175 

cours par Jpplrce. YiOs Anglais s'étaîelit emparés 
de plnsSMWpontions importantes ; ils avaient armé 
les Indiens ; de toutes parts ils menaçaient TAmé- 
rique. Le congrès répondit nne seconde fois à 
lem^ menaces par on décret mémorable; c'étak 
la confédération d'octobre 1776, qui acheva de ci- 
menter Tunion de tous les états. Le zèley «ffiiibli 
par les revers, fut ranimé par la confiance ; et les 
succès reparurent. 

Mais la constance et le courage des citoyens et 
l'organisation populaire du gouvernement ne suffi- 
saient pas contre les forces disciplinées et la fécon- 
dité des ressources de l'Angleterre. Aussi, tandis 
que les principes de la révolution soulevaient toutes 
les provinces, les armées britanniques pénétraient 
dans la plupart d'entre elles. Celles du centre 
étaient en partie occupées; le nord et le midi 
étaient menacés d'une invasion prochaine. L'hési- 
tation devenait générale, parce que les moyens de 
résistance manquaient à la volonté des peuples. 
La France les leur donna et consolida la révolution* 
en se déclarant pour l'indépendance. Tandis que 
le ministère anglais était appuyé dans ses rigneors 
par toute la nationalité britannique, toutes les illus- 
trations de la France fiiisaient des efforts en fiiveur 
des insurgens, plus encore par amour des principes 
proclamés en Amérique que par haine pour l'An- 
gleterre. Dès-lors la révolution fut assise. Et ce 
fut un roi absolu qui, le pftenÂei) toaai«KLfKfiK3Qsa& 



176 - RCfliniB DK l'hi0toirk 

au démemibrement d'une monarchie BS^f^néBce à 
la première république moderne ! Et les gouverne 
mena européens, aveuglés par leur haine poui 
l'Angleterre, ne virent, dans la lutte qui s'était eo* 
gagée, que l'humiliation de celle-ci, et ne s'aperçu- 
rent pas que, devant eux, et sous leur égide, 
tait la question de leur existence tbture ! 



D^AHEKIQUB. m 



SECTION TROISIÈME. 



DEVOLUTION B AlURIQUE, DEPUIS LA RBOOIQIAIS- 
8ANCE DE LaVkFUBUQUE PAR LA FRANCE, JUS- 
QU'A SA RECONNAISSANCE PAR l'aNOLETERRE ET 
A LA fAIX GENERALE. 

La France déclare la guerre à V Angleterre.'^ 
BataiUe de MonmotUh. — Départ de La Fayette 

pour la FraTice, 

• 

Les traités de la France avec l'Amérique n'étal- 
ent pas encore publics. Le ministéie anglaili 
hésita s'il en préviendrait l'efEet en reconnaissant 
lui-même la république. Mais le roi vetaaA son 
aveu à cette mesure. On voulut alors user des 
moyens de conciliation* oubliant que le moment 
était décisif, et croyant fidre suffisamment, en cette 
extrémité, que d'accorder à l'Aménque ce qu'elle 
avait sollicité autrefois, mais qui n*était plus assex 
pour elle. L'opinion publique accueillit mal ces 
projets, contraires à l'honneur de la couronne ; dl6 
voulait la reconnaissance de la république on k 
guerre. 



179 RESUME DE L*HI8T0IRE 

Le cabinet de Londres reçut enfin lanotificatian 
des traités fidts par la France. Le parlement 
s'agita à l'aspect des calaroitiés qui menaçaient la 
nation anglaise. Ce fut alors que Chatham mou^ 
rant se présenta (7 md 1778) une dernière fois à 
la tribune, et, demandant la cause^e ce désespoir 
universel, déclara que, puisque rai avait eu le 
malheur d'attendre si long-tioips, on ne pouvait 
plus opter sans déshonneur, t^^M^ ^® restait plus 
qu'à déclarer la guerre à la maison de Bourbon. 
** Tout parti, dît-il en finissant, vaut mietÊK que le , 
désespoir. Faisons tous un dernier Sjjfecf^ et ti 
le sort veut que nous tombions, tombons du moin» 
en hommes,^ Chatham, épuisé, ne put poursuivre ; 
bientôt il tomba en convulsion, et ne se releva 
plus. Quatre jours après, l'Angleterre perdit cet 
homme d'état vraiment patriote, qui mourut pauvre, 
après avoir administré si long-temps les richesses 
de l'état, et qui avait élevé la nation anglaise au- 
dessus de toutes les autres nations. 

D'après l'autorité de ses paroles, le parlement 
refiisa de reconnaître l'indépendance des Etats- 
Unis, et se prépara à continuer la guerre. Des 
commissaires filrent cependant chargés de tenter 
la conciliation sans promettre l'indépendance. 

L'on sentait que la France prendrait bientôt une 
attitude hostile. Déjà ses ports étaient remplis de 
vaisseaux armés. On prépara les moyens de lui 
résister. Les plus célèbres amiraux furent appelés 



o'ameriqub. 179 

au commandement des forces navales. Un em- 
bargo fut mis sur les vaisseaux marchands français. 
Comme cette mesure n'amena que de stériles re^ 
présailles et qu'on voulait rompre, depuis qu'(m 
avait appris qu'une eseaÉlre française partie de 
Toulon (13 av.) sous les ordres du comte d^Estaing 
se dirigeait sur TAmérique, l'amkal anglais Byroa 
fut chargé de 1q suivre avec une armée navale; 
l'amiral Keppelg^épiion côté, reçut ordre (13 juin) 
de mettre à la voile et d'attaquer. 

Quatre jours après (17 juin) eut lieu le premier 
acte d'hlM^ité entre la France' et l'Angleterre. 
La frégate française la Belle Poule fut attaquée 
par une frégate qu'elle mit en fuite après un com- 
bat de plusieurs heures, à la vue des deux escadrea 
Cet événement retentit dans les deux hémis- 
phères; toute contrainte devenait inutile, la 
guerre était commencée ; elle fut immédiatement 
déclarée. - * 

Tandis que d'Orvillers, sorti de Brest avec 
trente-deux vaisseaux, cherchait Eeppel et le 
combattait à Ouessant, que dans d'autres mers 
Fabri et Kersaint illustraient la marine française, 
d'Elstaing, avec douze vaisseaux, naviguait lente- 
ment vers l'Amérique, emmenant avec lui M. Gé- 
rard de Rayneval, ministre plénipotentiaire du roi 
de France au congrèa 

Cependant arrivaient presque en même tempi 
en Amérique, la nouvelle des tiaitâa«i'q«&>.YiwssA 



iSO BESDMK : 

(3 moi) et les cominissaireB pacificateurH de l'An- 
gleterre (9 juin.) Ceux-ci tentèrent d'abord de 
^adrener bu généralissime, qui renToys leuis 
dépêches an congrès, où elles furent rejeiées (17 
juin.) lia 9e livrèrent alors ik des intrigues inul- 
tipliéea pour répandre leurs manifestes dans les 
movinces et la corruption parmi les patriotes; 
mais d'éloquens écrivains, et principalement Druy- 
ten et Thomas Paine, leur répondirent avec avan- 

Pendant qu'ils s'elTbrçaient de désunir les Amé- 
ricains, les Aniflais, alarmés pur les prépatatîls de 
leurs emierois et le bruit de la prochaine arrivée 
d'une escadre fiançaiso qui pourrait les bloquer 
dane la Delawuie, se déterminèrent à évacuer 
Philadelphie, et il regagner New- York à travers 
le NewJereey. Aussitôt Washington quitte son 
OBfflp de Valley-Forge, les poureuit et les atteint 
dans une position difficile près de Monmouth; 
1a pAyetle et Enox soutiennent le premier choc 
dn Anglais. Un combat opiniâtre s'engage; le 
général Lee, qu'un échange contre le général 
anglais Prescot* avait rendu à ses compagnons 
d'armes, compromet par quelque lenteur les me- 
Burea de Washington ; mais les Anglais, de toutes 
parts pressés par les Américains, sont Ibrcés 
d'abandonner le champ de bataille. Aussitôt la 
àiaertion se met pamti Les Mlccnanda de leur 
* Iiamémaqul a*^t*u<n.(V(\i &lt.tiQâ*-'\i\via. 



d'amÉbiqcb. 1S1 

umëe, qni s'embarque pour New- York, où Wash- 
ington la cerne de toutes parties. 

La conduite de Lee, qu'à juste titre on aoupçonna 
de jalousie pour Washington, et qui compromit 
le Bitccèa de la journée, tlit déférée à un conseil 
de guerre, et il Ait suspendu de eea fonctions mi- 
litaires pour un an. 

A peine les Anglais touchaient-ils à New-York, qoa 
d'Eatning parainait devant la ville, d'où il se porta 
bientôt sur Rhode-Island, dont on voulait chasser 
les Anglais. Il prit position devant la ville de 
New-ftttt; tandis que le général Sullivan attaquait 
111e psr le nord ; nrnia bientôt une succession de 
mauvais temps ayant maltraité l'escadre française, 
qui avait remis en mer pour attaquer celle des 
Anglais, d'Eatalug se crut obligé de renoncer à 
l'entreprise de Rhode-Iskiid, malgré les représen- 
tations de Greene et de La Fayette, et se retira i J 
Boston pour se réparer. Cette retraite inopinée < 
flt manquer l'expédition, et amena d'amera re- 1 
proches. Des méfiances et des jalousiea éclaté- 
rent. Boston et Charleaton en Caroline furent te 
théâtre de soènca fâcheuses entre les Français et 
les Américains. Dans cette dernière ville, un 
véritable combat eut lieu ; mais la sagesse des au- 
torités, et surtout le zèle de Washington arrêtè- 
rent le mal, et resserrèrent les liens encore mal 
formés qui unissaient les deux peuples. Une des 
«Mwéjuences les plua Eunefelea iB\a.TOa.'iswaa'ia«ii» 



de rexpéditUQ de Rhode-lsland, fut q.ue y^ ^ 
sméricaine, bluquëe de toutes parla pa.»- ^„ g„ 
qui tenait Uiutes les cotée, ne put désax-zziaû '©►J'" 

Kucuae entreprise, ni eue d'aucun aecon/s su^ ^ 
triotea. *^ 

Les commisaajies uigUis continuaient \^„„ 
menées; ils forcèrent le congrèB de menacer à son 
tour les lorjB des Étata-Unis. Us furent plus loin, 
ils accusèrent publiquement la France de soufflet 
te feu de la guerre civile entre les deux hémÏB- 
jrfiêree. Ce fut alors que La Fajrette, animé poor 
BB patrie d'un amour qui avait quelque chose de 
chevaleresque, envoya à Carlisle, l'un d'eux, un 
cartel pour lui demander raison de ces insultes en- 
vers la France; l'Anglais refusa, et les cominiB- 
Rsires n'ajant pu remplir leur mission eous aucun 
rapport, repartirent pour l'Angleterre. Dans le 
même temps, M. Gérard de Rayneval, ambasBadeuc 
du roi de France, était admis au congTèe (6 aoùl> 
et Franklin, nommé minïatre auprès de Louis 
XVL, était reçu solennel lement à la cour (14 sept.) 
Bientôt La Fayette A son tour, guidé par le besoin 
de revoir sa patrie et d'y être utile à la cause com- 
mune, revbt en France s'o&ir à renlhousiaame 
univeisel et aujc lelicitations du roi. 



^ 



Campagne des Français ans; Antilles et des Ami' 

Twaini en Géorgie el en Caroline. — Siège de 

Savannali. 

L'ajniral Byron était urivêen Amérique et avait 
pria le commandement de l'escadre anglaise mou- 
illée à New-York. Lorsqu'il se porta, sur Boston, 
d'Estaing venait d'en partir pour les Antillea, et il 
Vj suivit. Là eut lieu une campagne de mer à 
jamais mémorable dans les làstes de la nation fimi- 
çaise, La Dominique, Sainte-Lucie, Saint-Vin- . 
cent, la Grenade furent tour à tour le théâtre dea 
exploits de d'Estaing. 

Pendant que les escadres ennemies se combat- 
taient dans les Antilles, les généraux anglais diri< 
paient tous leurs etforts sur les provinces méri- 
dionales des Étals-Unis, où le nombre des rojal- 
istes, la ikcilité des approvisïounemens, la douceur 
de l'hiver leur promettaient une campagne d'autant 
plus heureuse que l'armée américaine, aux ordres 
du généralissime, en était fort éloignée. Les An- 
glais commandée par le colonel Camphell débarquè- 
rent le 17 décembre 1778, en Géorgie, prés de 
l'emboucbure de la Savannah. Us s'avancèrent 
rapidement sur la ville qui porte ce nom, et s'en 
emparèrent après une bataille qu'ils gagnèrent. 

MaitreB de la ville (1779), ils ee répandirent 
dans le paya, ranimèrent leurs partisans, en tbrmè- 
nDt des corps et memcètenl hieaui». \b.C«s*oi*i, 



184 EÉSUlli DK L'mflrroiRK 

où s'étaient réfugiés les républicains les plaftfyÉ» 
promis. Le général Prévost, qui ccminuuidait les 
Anglais en Floride, se hâta de se porter sur Savan- 
nah, otl il forma son armée. Cependant les royal- 
istes se fiiisaient battre par les républicains de la 
Caroline, non loin d'Augusta, oh. un corps d'An- 
glais avait pris position. Dans le même temps le 
général Lincoln* nommé au commandement de 
l'année du sud par le congrès, arrivait en Caroline, 
rassemblait à la hâte les milices et se portait pré-' 
cipitamment avec elles et quelques troupes conti- 
nentales sur la rive gauche de la Savannah. Son 
apparition, jointe à la déroute récente des royal- 
istes, fit abandonner aux Anglais la ville d'Augusta. 
Bioitôt il fit passer la rivière à une partie de ses 
troupes, et une action très-vive s'engagea à Briar- 
Creek, ah. les Américains furent complètement 
battus. Cet échec nécessita des mesures vigou- 
reuses en Caroline, oîi bientôt entra le général an- 
glais, qui désirait vivement occuper la ville impor- 
tante de Charlesto^ Mais n'osant entreprendre 
le siège de cette Jptale, où s'étaient jetées les 
troupes américaines, le général anglais repassa eh 
Géorgie. Les royalistes qu'il avait armés se livrè- 
rent partout, sur leur passage, aux excès les plus 
affreux, égorgeant sans pitié tout ce qu'ils rencon- 
traient, jusq|i'aux animaux, ravageant et incendiant 
tontes les propriétés, et se servant pour guides des 
nègres, qu'ils armaient 



n AMEBiqDE. lOD 

lArmée navale de la France e'était couverte de 
gloire aux Antilles ; maïs l'Amérique senlait plua 
que Jiiaais le besoin de son secoure. Des plaintes 
s'élevaient de toutes paita contre d'Eataing, qui 
avait été porter la guerre loin de aoa théâtre prin- 
cipal. Uamiml voulut leur imposer silence; et, 
quoique les ordres du ministère le rappelassent en 
Europe, il se dirigea vers la Géorgie. Les Fran- 
çais débarquèrent, le 1 septembre 1779, près de 
Sttvannah, et les Américains s'étant bientôt joint» 
à eux (15 sept,) ils attaquèrent ensemble la ville. 
Maiâ après vingt-cinq jours d'un siège poussé avec 
vigueur et un assaut terrible où d'Esluing fut 
blessé à la tète des siens, les alliés furent contraints 
de lever le siège, que la saison ne permettait pas 
aux Français de continuer. L'illustre Polonais 
Pulaski, qui n'ayant pu soutenir la république 
dans sa patrie, venait la servir en Amérique, tilt 
mortellement blessé à Savannab, et mourut peu 
de jours après. 

D'Estaing partit immédiatement pour l'Europe, 
kissant une partie de sa fiotte aui Antilles, souh 
les ordres de Lamotte-PiqueL Une grande célé- 
brité l'accompagna en France, et cependant s'il 
avait conquis la Grenade, il avait manqué l'expé- 
dition du Rbode-laland, et écboué à. Savannab, et 
c'était la que le succès était le plus 
En un mot, il n'avait pas ftjt la guerre avei 
Américains, ce que semblaient réclamer les tr 



I 



1B6 bÉbvke: 1 

et leo circonHlanceB; il n'avait (ait que c 

l'Angleterre. 

t^êratUms des Anglais au centre. — Guerre cm- 
Ire leg Indiens incendiaires de Wioming.— 
Situation de l'ATiUrigue. — L'Espagne u dé- 
clare pour elfe. 
Pendant que ces choses ee passaient dans les 
étala du sud, te généra! Clinion, commandant ei 
chef les forcËB britanniqnes, fcisait partir de New- 
York quelques-uns de ses principaux officiers pour 
aller désoler les eûtes de la Virginie. Ds s'acquit- 
têient de ce cruel devoir en vrais pirates. Clinton 
les rappela eusuite pour porter ses farces sur 
l'HudsQU. Il voulait s'emparer des forts de La 
Fayette, à la pointe de Verplank, et lie Stoiiej- 
Point, par lesquels les Aiaéricains avaient rem- 
placé les forts Montgomery et Clinton (détruila 
en 1777,) et, comme eux, placés, sur les deui 
liords du fleuve pour en dominer 1ï navigation. H 
réussit en effet à les occuper. De là il porta une 
^Ttie de ses troupes sur les côtes du Connecticut, 
OÙ les corsaires américains trouvaient un asile 
constant, et il les ravagea soub la direction de 
l'ancien gouverneur Tryon. La ville de New- 
Haven souffrit beaucoup, et celle de Pairfield fut 
réduite en cendres. Ces brigandages redonblè- 
reul l'iiorreur toujours croissante qu'inspiraient les 
Anglais dons cette province toute républicaine. 



J 



S'AHÉRiqVE. 167 

Pendant cette dernière expédition, Washington 
Avait occupé les hauteurs qui bordent l'Hudson et 
fait attaquer en même tenipa les deux forte pris 
depuia peu par les Anglais. Stoney-Point fut 
repris par le général Waine après une action bril- 
lante, où un Français, M. de Fleurj, arracha de 
868 propres mains l'étendard roj^l qui flottait Bur 
les remparts. L'attaque confie le fart Verplank 
n'eut pas le tnéme succès. 

Vers le même tempe, (juillet 1779,) le génénl 
Sullivan reçut l'ordre d'aller tirer vengeance des 
dévastations commises par les Indiens du nord- 
ouest. Ceux-ci, pauBsés par les loyalistes et aidés 
par eux, avaient, l'année d'auparavant, attaqué à 
l'improviate k colonie de Wioming, établie sur 
une des branches du Susquehannah, à l'extrémité 
de la Pennsylvanie. Une parlio des habitans de 
Wioming était à l'armée ; les autres se défendi- 
rent et furent loua impitoyablement massacrés ou 
brûlés. £>a rapporte que des torys, imitant les Sau- 
vages, déchiraient leurs prisonniers avec les ongles, 
égorgeant de préférence leurs propres parens.* 
lAcoloniefùt entièrement détruite. C'étaient ces 
victimes que Sullivan devait venger. Il battit les 
Indiens et ravages complètement leur territoire, 
qu'on trouva couvert de moissons, planté de ver- 
gers, parsemé de maisons vastes et commodes, ce 

gaim d« l'indépendance, pu Chas. Botia, 
X.Mm.III.p.4U. 



11 



186 RÉSUMÉ DK l'HIMOIEX 

q};i indiquait une civilisation plus avancée db 
cette partie du continent qu'on ne Tavait er 
jusqu'flJors. Mais les soldats de Sullivan, ei 
•'acquittant de leur terrible mission, murmurâreiit 
plus d'une ibis des rigueurs qu'ils furent contraints 
d'exMoer; plainte généreuse qui, dans le cours de 
cette guerre sanglante, ne fut jamais répétée ni 
par les Anglais ni par les loyalistes. 

Pendant toute cette campagne, l'année de 
Washington, trop &iUe pour rien entreprendre, et 
placée sur les hauteurs inexpugnables de l'Hudsoo, 
«ù l'ennemi n'osait pas l'attaquer, n'eut point à 
livrer de combats importan& Mais les combats 
•MSMnt mieux valu que les maux qui accablaient 
1% nation. Depuis que la France avait pris les 
iniie% beaucoup d'Américains pensaient que c'était 
à elle à porter la poids de le guerre, et que leur 
tâche, était remplie. Contens de ce qu'ils avaient 
fkit, ils se laissaient aller à une langueur aussi 
profixnde que leur enthousiasme avait été jiif. Ni 
le congrès, ni Washington ne pouvaient les rani- 
mer ; tandis qu'avec plus d'énergie on eût pu espé> 
rer d'arriver à des résultats décisifs dans cette mê 
me année. D'un autre côté la guerre avait crée 
ane foule de spéculations usuraires. Les fourni 
ures de l'armée étaient devenues l'objet d'un com 
lerce honteux. L'absence de l'argent comptant 
' le besoin de crédit avaient amené la baisse du 
pier-monnaie, qui était tmnbé au 90** de sa 



DAHEKIQVE. 

valeuT nominale.* La trop fréquente éi 
ce papier par le congrès et par lea asacmblées pro- 
vinciales, l'incertitude d'une valeur territoriale 
hypothécaire, et surtout lee énormes contrefaçons 
que l'Agnleterre en avait faites, l'avaient fi.it dé- 
choir rapidement, et l'agiotog'C s'était empoté de 
1b plupart des claBscs de citoyens. Lu gëii&- 
ralicë des fortunes ét«it ébranlée. La guerre ci- 
vite autorisait d'ailleurs souvent la mauvaise fôL 
la perturbation morale de la nation gagna même 
les patriotes et pënélrB jusque dans le congrès: 
On y compta des indépendant, ou républicains ex* 
altée, et des dépendons, ou amia de la France. La 
lutte polémique qui s'était engagée entre les pub- 
licistee d'Amérique devint plus active. Mais ces 
bouillonnemens des passions soulevées avaient 
moins de dangers chez une nation accoutumée à la 
liberté ; et rien n'était désespéré. 

Cependant la participation de la France à la 
guerre devait amener celle de l'Espagne, quoique 
sa répugnance à reconnaître en principe l'indé- 
pendance des colonies araéricainea fût extrême. 
Tout annonçait qu'elle ne retardait encore de pren- 
dre part à la guerre que pour le làire à de meil- 
leures conditions. Elle s'offrit d'abord pour médi' 
atrice entre les puissances bdligërantes, et prit 

• L'AmMinue ïll aloM, mmme la Fhdm ['■ vii qninw am 
■ptcE, un limple repai ou une fùre Ae loulieri H payei 1 1 



190 BÉaCKÉ 

enfin les urnes en faveur de l'Amérique. IaIib 
des choses la conduisait à ce parti, et le ccagm 
qui le seaialt, ne voulut consentir à aucime ta 
ccnulitionB onéreuses auxqueUes l'Espagne lui p» 



Situation de C Angleterre. — Siège et 

CAorleMon, en Caroline. — Dévouement deiji»- 

met de celle procirtce. 

Les flottes réunies de la France et de l'Elague 
menaçaient les côtes de l'Ang-Ieterre. Un pq» 
de descente, dons cette lie était sur le point d'âne 
exécui«. Jamais l'Angleterre n'avait été dans ' 
m presfonl danger. 

1a Hollande, profitant àe sa neutralité, transpop- 
tait les armes des Français en Amérique. L'An- 
gleterre b'j opposa par la force. Alors la 
que goDvernait Catherbe IL, la Suède et le Dine- 
marck, Kn-mérent une confédération sous le titre 
de neutriAilé armée, pour protéger leur 
mutuel contre de pareilles vexations, et réprimer 
l'arrogance du cabinet biitumique. La Hollande 
prit des mesures semblables, 

L'Angleterre, dans cette grande crise, s'attira 
l'admiration universelle par l'énergie inflexible 
qu'elle montra. Ses amiraux battirent les Espog- 
Ods, s'emparèrent des convois de la France, con- 

r nrent de pu issus secours à l'annéed'Anérique. 
Dation entière prit part à la guerre ; le béaor 



■ dVm£Ku)CB. ISI 

^ptf alimenté par dea doua immenses ; les citojCDS 
Bonrurent nus armes de toutes parts: en un mot, 
^b Grande-Bretagne entière s'apprêta à combattre 
Bas Bourlxins, et l'iasue d'une guerre, où toos les 
■Bonarques absolus protégeaient une républiqae 
Bontie on peuple libre qui voulait la détruire^ put 
^knttre douteuse. 

H Le cabinet de Londres avait renoncé, pour le 
Hwment, à attaquer les colonies par le Canada. 
^kjt catastrophe de Burgoyne était de Avoiable au- 
Hnre de ce ctïtc pour les Américains. L'année 
■anglaise du centre, isolée dans New- York, entourée 
B|n provinces les plus exaltées, toujours observée 
BBIt Washington, ne pouvait tenter qne des entre- 
■fcbes peu importantes. L'armée du sud était la 
«eule véritablement active. Le général en chef 
Clinton avait sagement pensé que les proviocesdu 
midi, oïl les royalistes étaient nombreux, se range- 
raient plus aisément sous l'étendard royal, et que, 
de ce point, la guerre pourrait être plus facilement 
conduite contre le congrès. 

Il arriva de New-York, en Géorgie, dans les 
premieiB jours de l'année (1780;) et bientôt, 
d'accord avec les troupes victorieuses de Savamiah, 
il entreprit Is conquête de la Caroline du sud. H 
débarqua bot les cdtes de cette province, et mît le 
siège devant la capitale, Charleaton, où coramao- 
dajent le général Lincoln et le gouvemenr Rut- 
ledge, patriotes d'ua mérite «gai, d'un égale an- 



t 



I 



182 BEBUME 

torité. Malgré les ftibles moyena des 
tout fiit prép^É pour une défense digne de Vhar 
neur américain. ClinUm> de son câlé, 
ricD pour vaincre. Pendant le siège, deiut coip 
d'AméricainB, qui s'avançaient pour i 
mvilailler la place, furent complètement bUHR 
sans que la gnmiaon pût secourir aucun d'eux. Li 
fort Moultrie, qui, quatre ans auparavant ttû 
aeul arrêté une armée et repoussé une attaque 
peu judicieuse à k vérité, et mal combinée, m 
rendit presque sans dëfcnae. Charleeton cspitnli. 
après quarante jours d'un siège poussé avec h 
plus grande vigueur. Sept généraux furent &il* 
prisonniers; quatre cents bouches k feu, des m 
lions de toute espèce, quatre frégates, tombèreol 
au pouvoir des Anglais. 

Tandis que les habitans de Charleston se plaig- 
naient amèrement de n'avoir pas été s 
les Caroliniens du nord et les Virginiens, ClintoQ 
fhisait battre le pays et appelait les raécontens bous 
ses drapeauix. Bientôt les républicains se repliè- 
rent tous sur la Caroline du nord, abandonnant 
celle du End à Clinton, qui put alors en organiser 
le gouvernement. H avait reçu les vaincus comme 
prisonniers de guerre : il les déclara réintégrés 
dans leurs droits de citoyens anglais, pour avoir 
ensnite le droit de les enrôler. Ainsi, les soldats 
du congrès devenaient par ses ordres ce 
d'Angleterre: violence odieuse, qoi i 



D AKÉBiaUB. 



193 1 



pas KOI prisonniers les av&QUges de la paix et 
dont l'Anglais eut à se repentir. 

1a Caroline étant orgniiiEÉe, Clinton repassa à 
Hew-York, où i'oa avait besoin de sa présence, et 
laissa le conunandEment de cette province et de 
la Géorgie au lord CofnwaUis. Celui-ci éprouva 
de grandes difficultés pour l'cnrûletnent des Caro- 
liniens. Beaucoup avaient consenti à ne pas 
s'armer pour le congrès, bien peu consentaient à 
s'armer contre lui. PuÎB-qu'il IkUait iâire la guerre, 
ils préféraient la faire aux Anglais et aux Alle- 
mands qu'à leurs compatriotes. Cependant les 
persécutions dont les partisans de l'indépendance 
étaient l'objet ralentissaient le zèle des plus auda- 
cieux. L semblait en effet qu'ils n'eussent plus 
droit à l'humanité et à la justice des loia Au 
milieu de la désolation générale, les femmes, exal- 
tées par les calamités qui pesaient sur la Caroline, 
donnèrent un mémorable exemple de patriotisme. 
Elles encouragèrent leurs êpoui à la résistance; 
elles refosèrent de prendre part aux ffites des 
Anglais; elles s'empressèrent autjDur des patriotes 
qui arrivaient prisonniers à Charleston. Bannies 
du sol de la patrie, elles s'exilèrent avec fermeté, 
ou suivirent dans les cachots leurs époux persé- 
cutée. La misère ne put rien contre leur énergie 
Toujours elles se firent gloire du titre de rebelles 
à l'Angleterre. En un mot, dignes des éloges de 
ItùMMie) comme les femmes de Sparte, elles ap- 



> 



pritenl à leurs ennemie que la haine da jaag bt 
tutnique était bien avant dans l'esprit des pea|det 
poisque la partie de la société la plus étrangère 
aux aSaires puljliques en était si ptafondément 

Guerre génrrale. — La Hollande le déclare.— 
Retour de La Fayette en Amérique et arrâéf 
de Rochaiiibeau. — Mouvement de» armée* en 
Caroline. 

La fin de l'été et l'automne s'étaient écoulé» 
■ans que la Caroline du «ud, qui e'organisait, fïit 
le théfitre de granda événemetia. Des corpa de 
putisana ae montraient sur sa frontière et se reti- 
raient après de meurtrièrca rencontres. Le récit 
des mau^f qu'endurait cette province allait d'élat 
en état montrer aux peuples quelles étaient cette 
aut/Drité paternelle du roi et cette amnistie que lea 
généraux anglais avaient aï hautement proclamée 
Pendant ce temps Washington, retranché dam 
aon camp de Morriatown dans le New-Jeraeji 
s'efibrçait de rétablir son armée, dont le moral 
■voit conaidérablement soulfert, et de bloquer les 
Anglais dans la ville de New-York. Un Instant 
ceux-ci se crurent perdus. La rivière d'Hudsoo 
ae gela complètement, et, si les Américains eu»- 
«ent été en tbrce, ils auraient pu tenter un coup 
de main décislK Le fléau des engajremenB limi- 
r tés plus encore que la tiédeur des Améiicains fit 



W D AH£RI4VB. 195 M 

perdre cette précieuse occaaion de terminer promp- " 
tement la guerre. Les Anglais en profitèrent i 
pour parcourir en dévuatateurs une partie du Jer- 
sey. Ils furent plue loin: Clinton, qui venait: 
d'arriver à New- York, persuadé que sea ennemis 
étaient incapables de résister ù ses IbrceB, tenta 
mais inutilement de délc^er Washington de eea 
ftrtea positioae. Il se retira ensuite en incendiant 
le pays. Ces excès soulevaient graduellement les 
Américains, qui mettaient moins de lentenr & 
B'Brraer. Plusieurs traits de barbarie leur ineprè- 
lent une indignation telle que de tous côtés ils ' 
•ccoururent au camp. 

Cette même année vit une campagne navale 
mémorable aux Antilles. Lamotte-Piquet combat- 
tit le Commodore Cornwallis près du cap Français i 
(13 nv.) Le comte de Guicben et l'amiral Hodnej 1 
commandèrent des Sottes nombreuses, et se com- 1 
battirent trois fois avec plus ou moins de succès 
(15 av., 15-19 mai). Une escadre espagnole ayant 
rejoint les Français, le succès de la campagne . 
semblait devoir être pour ceux-ci. Mais leurs i 
alliés prélërant couvrir leurs possessions, le reste 
de la campagne ne vit rien de remarquable. Rod- [ 
ney se dirigea vers New- York aux approches de 
l'hiver. 

La guerre ne s'était point ralentie en Europe. 
De toutes parts on armait contre l'Angleterre. 'i 
VEÊftgae i'efibrçaitde lui reprendre Gilnaltar; 1 



et la Holluide, lasse àee hninilûtioiis de flon omi- 
merce, iprèa avoir feit un traité d'amitié avec les 
ÉlaU-UniB d'Amérique, s'était enfin décidée à la 
pierre contre la puisB&nce brituinique. Psrtoot 
Ut&quée, l'Angleterre luttait partout avec courage, 
et même elle paraissait devoir triompher en Amé- 
rique depuis la conquête de la Géorgie et de la 
Caroline du eud. Cependant ses tbrces étaient 
divisées entre les deux eatrémilêe des Ëtats-Dni^ 
et les dévastations de ses soldats éveillaient plus de 
lutine qu'elles n'inspiraient de terreur. Partout la 
mauvaise fortune relrcmpeit les âmes, et le salut 
du peuple se préparait par les moyens qui avaient 
Bemblê devoir amener sa ruine prochaine. 

La layette, fidèle à la cause de la liberté, et 
dont la principale occupation avait été de préparer 
des eeconrs d'hommes et d'argent, venait d'arriTer 
avec de bonnes nouvelles. Sa présence et ces 
Douvelles firent une heureuse sensation. Le con< 
grès eriiortft toutes les provinces à compléter leurs 
rêgimens. Les généraux américains redoublèrent 
d'activité. Ia nation enfin, émue jusque dans ses 
classes les plus timides, sentit qu'il s'agissait du 
salut de tous. L'intérêt public fit taire l'intérêt 
privé. Les capitalistes et les villes principales 
■vinrent au secours du trésor public; une banque 
fût créée à Philadelphie et ses fonds furent desti- 
nés aux approvi 
mot Teeprit publi 



^ 



n'AMÉHiqvE. lOT 

AUX premierH temps de la révolution, n s'occupa 
à la fbie de tout ce qui pouvait être utile à la 
liberté ou au pays. C'est ainsi que pendant qu'on 
prépBJBÎt lea umiemcns, une académie iea sciences 
et des Htts était sol enue liera ent établie à Boelon. 

Ce fut au milieu de cet élan national qu'arrivè- 
rent à Rhode-Island aept vaisseaux de guerre fran- 
çais et six mille bonimea commandëa par le ctunte 
de Rocliauibeau. Ce corps auxiliaire devait obéir 
BU général issi me ^VaBbi□gLon, à. qai le loi de 
France reconnaissait le droit de commander les 
troupes et de diriger les opérations des armées. 
Rochainbeau aunt)iic;a son corps comme l'avant- 
garde d'une armée plus considérable. La couleur 
de France fut mèlêc à la cocarde d'Amérique. 
L'argent des Français, répondu avec profusion pour 
les approïiaionnemens, fit renaître le crédit L' 
ion fut intime et l'entiiouslasme àœ AmérîoBJn^ 
ne connut plus de bornes. 

Clinton Qt une tentative pour déloger les Fran- 
çais de Rhode-Islund ; mais, l'armée de Washing- 
ton et les milices de la Nouvelle-Angleterre le 
menaçant de toutes parts, il renonça i son entre- 
prise, et Bt retraite redoubla l'ardeur des Amêri- 

Déjà depuis plusieurs mois Washington avait 
envoyé du secours aux Caroliniens; et Gates, tou- 
jours accompagné du souvenir de ses exploits con-, 
tre Burgoyne, venait de prendre le commandement 



I 



198 BsecME DE L'Huronue 

ëe TaimêB àa sud. D prit immêdintement l'offen- 
ave, pkBM, la Irontière et livia k Cainpden (15 
aofit 1760) une bataille ù CornwalliB, où le succéi 
resta aux Anglais, malgré des pertes importantes, 
mais dont les coneéquencea Furent la délivrance 
presque entière de la Caroline du sud: l'année 
Miglaise, épaisée par ce combat, fut obligée de sa 
retirer à Charlesloo. Beaucoup de Camlinîens 
désertaient et venaient joindre les républicains. 
Pour efirayer lés mecontens, Cornwallia employa 
des persëcutiana nouvelles. Il multiplia les sup- 
plices, et ses drapeaux devinrent un objet d'exé- 

II quitta enfin Charleslon pour se porter, par la 
Caroline septentrionale, vers la Virginie, où Clin- 
ton envoyait des forces, et où ils devaient opérer 
leur jonction prés de la Roanoke. Ce eussent ainsi 
occupé une partie du New-York, la Virginie, les 
Carolînes et la Géorgie, et le aoccès de !a guerre 
eût été înikillible; mais les corps avancés de 
' Coranallis ayant été battus en plusieurs rencon- 
tKfl, il ne put opérer son mouvement sur la Vir- 
ginie. 

Trdanm d'Aniold. — Mouvetnens des ariTiées en 

CaroliTie et en Virginie. 

Tout à coup l'attention générale fut attirée hors 

an principal théâtre de la guerre pat un événe- 

neat inattendu. Le général Arnold, célèbre à 




juate titre parmi les Américains, mais jaloux de 
sea cheÈ, humilié par ie blfLme que lui avaient 
attiré see déprédations, entraîné par le besoin 
d'argent, où le réduisait l'emportement de ses pas- 
aiooa, AmoU négociait avec le général Clinton. 
Retiré du service par suita de ses blessures et àee 
justes reproches dont sa conduite avait été l'objet, 
il venait d'y rentrer et d'obtenir le commandement 
d'un poste extrêmement impartant sur l'Hudson, 
celui de West-Point, Clinton lui avait envoTé 
)e major André, jeune homme de la plus haute 
espérance, avec lequel il était cliar^é de ee con- 
certer pour liiTer aux Anglais les positions de 
l'Hudson. C'était réaliser d'an seul coup le plan 
de la guerre, ai souvent manqué par les Anglais, 
et qui consistait à séparer les provinces du nord de 
celles du sud. André déguisé, et porteur d'un 
passe-port signé d'Arnold, s'en retournait vers 
l'armée britannique, lorsqu'il fiit reconnu pour 
Anglais, et arrêté par trois miliciens qoi refusè- 
rent les oflres d'André, et, peu de jours après, les 
récompenses du congrès; André, dont la beauté, 
l'esprit, le mérite intéressaient tout le monde, (iit 
traduit devant une cour martiale, composée de 
tous les officiers-généraux de l'armée, La Fajette 
lui-mémo y prit place. Il fut condamné comme 
espion et pendu comme tel. Il méritait une mort 
plus digne de son caractère, de l'amitié de Clinton, 
dont il était l'aidecamp, de l'attendrissement même 



200 KEStTME : 

de ses juges. Cette grande infortune occupa touie 
l'Amérique ; et, quarante ans après, l'Angleterre 
ne dédaigna pas de récliiTiier des ÉUla-Unie la 
dépouille morlelle d'Andrt, pour lui rendra Jea 
dernière honneurs. Mais la trahiaon d'Arnold ne 
fit point rimpression qu'il en attendait, la haine et 
le mépris furent seuls son partage. Il prit rang 
duis l'armée anglaise, débarqua dans la Virginie 
avec quinie cents hommes, et y commit d'affireux 
nvagca ; mais ni ses mémoires justificatif, ni ses 
proclamations, ni son exemple funeste ne purent 
engager un seul Vïrginien à se joindre à lui. Le 
général Leslie, qui commandait les Anglais sur 
ce point, devait se réunir par la Caroline du nord 
B,u lord Cornwallia, mais le combat de King'a- 
Mouolain et plusieurs autres attaques, où les Amé- 
ricains eurent du succès, obligèrent celui-ci à ré- 
trograder. 

(ITBl) Le général Greene, que son civisme dis- 
tinguait autant que ses talens militaires, avait rem- 
placé Gates au commandemen! de l'aimée républi- 
caine du sud. Le combat de Cowpens, où la 
cavalerie anglaise (ut presque entièrement détruite, 
fat pour lui un premier triomphe, que sa belle re- 
traite vers la Virginie rendit plus éclatant, et que 
ne put ternir la perte de la bataille de Guilfort, 
disputée avec talent et courage. 

Après cette allhire, les deux partis s'étaient 
retirés. Bientôt furent entreprises à la fois.jill 



-1 



D'AllÉKIltVK. 201 

ezpéditioiis hardieB. Gieene ee porta sur la Caro- 
line du sud, et CornwBllis Hur lu Virginie. Tandis 
que les Américains redevenaient les maîtres des 
Carolines, lea Anglais pénétraient jusque but les 
bords de la rivière de Jamea. En Caroline, la 
bataille d'Hobkirck, où Greene fût défait, lo eicge 
de Ninetj-Six, oii se distingua surtout le Polonais 
EoBciuako, et oii les Américains furent repousses, 
la bataille d'Eutaw-Springs, où la victoire tùt dis- 
putée avec un égal acharnement, (brcèrent ce qui 
restait d'Anglais à se retirer de poste en poète 
jusque dans les murs de Charlestoa En Virgi- 
nie, où Comwallis venait d'arriver après tuia 
marche longue et péoibJe, il opéra sa jonction avec 
les troupes coaimandéea, depuis la mort du général 
Philipps, par le traître Arnold,* et contre lesquelleB 
Xa Fayette manœuvrait depuis cjuelque tempiL 
Pendant cimi mois entiers, La Fayette et Corn- 
wallia furent toujours en présence dans toute la 
Virginie, et ils SB livrèrent plusieurs combats parmi 
lesquels ou remarque celui de Jamestown. Le 
résultat de cette campagne fiit la délivrance pres- 
que totale de la Virginie, et la concentration de 
l'arDiée de CorawoJlia dans Yorktown. Ainsi les 



I cbei lu Anflaii, oi il eal I 



LrenI, et fui {Vil; i 

mit daaa l'oubU 1 



203 usuitÉ Di 

années biitumignes, malgré leurs fré<[uenB bc 
éttientrepouBséesde toutes parts, et ne possédsient 1 
léellement en Amérique que quatre pointa ïmpof- I 
tana, New-Vork, Yoiktown, Charleston et Savan- 1 
nah. Sans doute c'a 
l'aide des flottes de la Grande-Bretagne, potir 
ressaisir k puissance dans les colonies. 
tère anglais aimait à le croire, et l'esprit public 
des colonies, quoique bien contraire à ces projets, 
les servait par une apparence de langueur, à la- 
quelle l'Angleterre se méprit; mais rheureuBe fia ' 
de la campagne de Virginie détruisit toutes ces ^ 
illusbns. 

Varialions de reipril public — Réforme dalrémrier \ 
Robert Morrii. — InsurTectiandeplutieurscorpf. i 
— Etat de ta guerre ginérale. 



s Américains en Caro- 
line et en Virginie, quoiqu'ils contribuassent à tL&i- 
blir leurs ennemis, avaient de nouveau abattu l'én- 
ergie de la nation. Les approvisionne mens man- 
quaient, les recrues ne partaient pas, quelques vété- 
rans désertaient. De trente-eept mille hommcaqui 
devaient être sous les drapeaux au l'' janvier 1781, 
à peine au mois de mai un huitième avait-il rejoint. 
Au milieu du découragement universel, la con- 
stance et les efforts du congrès étaient sans résul- 
tats. A la difficulté d'imposer les provinces, en 
arrachant à leurs assemblées le droit de le Stire 



209 ' 



EllM-mêmes, se joignait la necftwhé de déclarer 
que le papier-monnaie, entièrement avili, n'aurtiit 
pluH de coura forcé. Les frais de la guerre a'él^ 
valent à cent milliona par an, et les imputa n'en 
Tendaient pas plua de quarante. Ou résolut de làira 
on emprunt auprès des puissances alliées; la 
France y contribua de ses trésors et de son crédit. 
Seize raillions furent versés dans les coffres du 
congrès ou servirent à équiper ses soldats ; ce n'é- 
tait pas assez: il tàllait réparer les pertes, làire 
rentrer les impôts arriérés, et rétablir le crédit. 
Le congrès mit à la tète des finances Robert Mor- 
ris, patriote riche, puissant et estimé; son ta,)ent 
et sa. fermeté rétablirent l'ordre, la confiance rena- 
quit Il fonda ia banque nationale ; il fut plus loin, 
il émit des bons signés de lui en échange des fonds 
dont on avait besoin ; le montant des impôts et les 
subsides étrangers répondaient du paiement de ces 
bons, qui furent partout accueillis ; car ei le crédit 
de l'état était altéré, celui de Robert Morria était 
stable et universel. L'approvisionnement des ar- 
mées fut fait à l'aide de ce même crédit; en un 
mot les Américains durent presque autant aux 
opérations financières de leur nouveau trésorier, 
qu'aux négociations de Franklin et aux armes de 
Washington. 

Avant cet heureux changement, la misère des 
soldats amena l'insurrection des régimens de Penn- 
sylvanie, les seuls où il y eût tma asseï forte pr»- 



304 

portion d'étrangen irlandaisi ils demandaient le 
le pajerneut de leur solde et leur congé après les 
trois ans d'eniôlement Ëséa par la loL Ils se mi- 
rent en marche vers Philadelphie, après avoir 
Ibnné un conseil de guerre composé de tous les 
eergens, et refusé de reconnaître l'Butorité des 
gÉnëraux Wayne, Saint-Clair et La Fayette. Clin- 
ton, dès qu'il fut instruit de ce soulèvement, envoya 
des agens auprès des insurges qui tes retinrent, et 
fit quelque mouvement conune pour les soutenir, 
nMÎB ils refusèrent son appui. Washington craig- 
nait qne son armée, animée des mêmes sujets de 
[dainte, ne s'insurgeât atasei, il ne lit aucune dé- 
monstration à l'égard des troupes révoltées. Des 
commisBaices du congrès firent droit à leurs récla- 
mations, et elles rentrèrent dans l'ordre, Lea 
émissaires de Clinton furent exécutêa comme 



Feu de jours après, el sous le même prétexte, 
lee régimens du New-Jersey se livrèrent aussi à Is 
révolte. Washington, cette fois, fit marcher con- 
tre eux des corps d'une fidélité éprouvée dans le 
dernier mouvement, et les chc& de l'insurrection 
ftirenl punis sévèrement Cet acte de vigueur, et 
les soins que le congrès mît à faire payer la solde 
des troupes et à veiller a leur équipement, prévin- 
rent tous les Boulèvemens. 

Cependant quatre puissances formidable* Inttai- 
■Dt contre l'Angleterre, et son énergie ■ 



D'AJiÉRiqUE. S05 

ts cette lutte. De nouvelles forcea 
navales se dirigeaient des porta britanniques vera 
l'Amérique ; lu mer liee Antilles était aux anûntuK 
anglais; les colonies hollandaises subissaient leur 
joug, celles de k France étaient menacées dans 
l'Inde, et la Ibrtnne était lialancée dans l'Europe. 
Les Américains se plaignaient ds l'inefficacité dea 
secours de la France; !a Hollande et l'Espagne 
l'accnsaient d'égoïsme. Le cabinet de Veisailica 
répondit a ces reproches d'une manière digne de 
lui. Il dirigea une grande expédition contre l'Ua 
Minorque dans la Méditerranée ; il sauva, par l'ac- 
tivité du bailli de Suffren, le cap de Bonne-Espé- 
rance qui appartenait aux Hollandais. Pendant ce 
tempe les Espagnols tentaient de reprendre sur les 
Anglais, commandés par le brave Elliot, Gibraltar, 
du haut duquel le léopard de Boint-James semble 
toujours prËtàfondreEur la péninsule. A la même 
époque les Anglais, les Français ensuite prenaient 
et reprenaient l'ile de Saint-Eustacbe, espèce de 
port franc, où prés de cent miUions de valeurs pnjè- 
rent tour-il-tonr la victoire. Enfin vers ce temps 
les Hollandais combattaient lea Anglais à Dogger»- 
fiank avec un acharnement inouï Josqu'alore. 



«)6 



aESUHE DE L BUTOIEE 



Wathiagtoji se porte en Virginie. — Si^e it 
Yerktotin. — Le lord Comtoallia capitule. — Fin 
de ta Campagne de Virginie. — La Fayette 

Les événemeDa en Amérique semblaient prendre 
une msTche décisive. Les opératiana du trésorier 
Robert Morris et les aclea du coogrés relevaient 
l^uelleraent l'esprit public. Washingtoa, re- 
tranché dans son camp de New-Windsor, sur lea 
borda de l'Hudson, vit que le moment d'agic était 
(uriïé, D'ailleurs le comte de Grasse, qui venait 
des îles avec ees vaisBeaux, était pressé par la sai- 
son et dêclarail vouloir prendre un partL Lea 
évênemens de Virginie et la conccatiation de 
Cornwallia à Yorktown firent penser que c'était là 
qu'il allait porter les canpa décisïâ. Le gêné- 
TalisGÎme eut une entrevue avec Rochambeau, 
après laquelle les troupes françaises et américalnee 
se portèrent tout à coup sur la ville de New- York, 
comme si elles voulu l'enlever. Aucune démon- 
attation ne fut négligée pour persuader à Clinton, 
qui y était renfermé, que tel était le projet des alliés. 
Celui-ci fit prompteraent ses préparalift de défense. 
D'heureux hasards firent tomber dans ses mains 
des lettres conSdcoiUetles de Washington, qui son' 
geaitalotsà l'attaque de New- York, et laissèrent 
passer la' correspondance àa général vi^inten, 
d'après laquelle fiit décidée l'attaqua d'Yorktown. 




D'AHIERIQtrE. 



Auœi lorsque Washington, levant Bon comp, se porta 
dans le New-Jeraey, Clinton crut-il que c'était une 
ruse pour l'attirer hors des mura lie New- York, et 
voulut il la déjouer en y rappelant tous les corps 
éloignés. Pendant ce temps le comte de Grasse 
ee dirigeait avec vingt-cinq vaisseaux de ligne 
vers la baie de Chesapeak. Alors Washington, 
traversant précipitamment le New-Jeraey et la 
Pennsylvanie, arriva inopinément en Virginie et 
ee joignit à Lt, Fayette, qui, trop fiiible pour lé- 
sister à toute l'armée de CorDwallis, avait pris une 
forte position en fioe de Yorklown. Le siège fut 
mis immédiatement devant la ville. ComwalliB 
hésitait s'il se ferait jour à travers les ennemis. 
L tàta la position de La Fayette. Sur l'avis qae 
Clinton préparait une expédition pour le «eoourir, 
il se résolut à défendre la place. Clinton, voulant 
éloigner de Yorklown une partie des assiégeana, 
dirigea une expédition sur le Connecticut, sous les 
ordres d'Arnold, qui incendia le pays. Mais 
Washington, plein de son objet principal, s'occupa 
à peine de cette expédition. Le siège de Yorklown 
fut poussé avec activité. L'assaut flit diSëré pour 
attendre le généralissime, autant que pour éparg- 
ner le sang des soldats. Clinton ne put mettre à 
la voile aussîtât qu'il l'Buralt désiré pour secon- 
rir la place, et d'un autre cûté, il ne voulait pas se 
jeter dans la Pennsylvanie, pour faire une grande 
diversion à l'ennemi, tant qu'il conservait l'eppoir 



306 REOTMÉ DE L'RBROntB 

de seooDrir plus efficacement la placei Dans cet 
intervalle les alliés poussaient vivement les tn- 
vaux du siège. Les Français, sous les ordres da 
baron de Vioménil, et La Fayette à la tête dei 
Américains, enlevèrent à la baïonnette deux re- 
doutes. Les assiégés, repousses dans une sortie, 
tentèrent vainement de fidre une trouée du côté 
de Glocester pour gagner le plat pays. Repousses 
de toutes parts, ils demandèrent vingt-quatre 
heures d'armistice pour traiter de la reddition de 
la place (19 octobre 1781.) Washington leur ac- 
corda deux heures. La ville capitula; et les 
Américains montrent encore avec orgueil la place 
où Comwallis, à la tête de sept mille hommes^ 
déposa les armes. Les propriétés navales des 
Anglais échurent aux Français ; les autres lurent 
le partage des Américains. 

A peme la place s'était-elle rendue que la flotte 
anglaise expédiée par Clinton à son secours parut 
dans les eaux de la baie de Chesapeak. Sur la 
nouvelle de la capitulation, elle reprit la route de 
New-York. 

A la nouvelle d'une victoire si importante et si 
glorieuse, des transports d'allégresse éclatèrent 
dans toute l'Amérique.* Les noms de Washington, 
de Grasse, de Rochambeau, de La Fayette étaient 
dans toutes les bouches. Le congrès leur décerna 
des récompenses nationales. Toutes les assem- 
* Le portier du eoDgrèf tomba mort en rapprenant. 



D'AHKBIqCB. 



2og 



bléea provincialea adressèrent des tëlicitations 
généralissime, dont la modestie attribua 
rage de l'armée et au secours des alliés tout le 
loérite de son succès. Si de Grasse n'eût été obligé 
de quitter en ce temps les mers d'Amérique, 
d'après les ordres de sa cour, Washington eût iin- 
mêdiatement dirigé de grandes Ibrcea sur la ville 
de Charleston. 11 se contenta donc d'envoyer par 
terre des renforts à l'armée de Greene, qui obser- 
1-ait les Anglais renfermée dans cette ville et dans 
Savannah, et lui-même regagna les bords de l'Hud- 
son, attendant le moment âvorablc pour attaquer 
Clinton dans New- York. 

Ainsi se termina la campagne de Virginie. Ia 
puissance britannique humiliée, les vaincus deve- 
nant à la tin vainijueurs, presque toute l'Amérique 
reconquise sur les Anglais, l'esprit pablic partout 
ranimé et porté à l'enthousiasme, tels furent les 
résultats de la prise d'Yorktown. L'indépendance 
des États-Unis était désormais assurée. La Fayette 
se retira alors. Il emportait les regrets et l'amour 
du Nouveau-Monde. Le congrès ne borna point 
sa reconnaissance à des remerciemena publics. 
Il décida (23 nov. 1781), par une faveur qui n'a 
jamais en d'exemple dans les annales diplomatiques, 
que les ministres plénipotentiaires de la république 
auprès des puisaancea, et spécialement celui près 
la cour de France, communiqueraient au général, 
toutes les fois qu'il le désirerait, tout ce qui serait 




et 

oflnF s 
bfntivieèe 
Miài 

08 MBQIB IWlBT SBMBIKIIBBf IPCnOB^Dl ttB BBDM 

RBl Is tim 4e iMliiuiJie te k-ffloté. 

Ltenée ■etile en eonle de Gnae ediefft uee 
gione k «mp i giie 4e 1781 dm lee Antillfle. 

TerMe —friwieg,— Weiteytoit le dêmA Ai 

(1788) La noafelle des déMstres de Torktown 
était armée en Angleterre. Pour la seconde fins 
une armée tout entière capitulait en Amérique. 
Les miniitrea ne pouvaient résister à Pascendant 
de rindignation publique. Us fUrent renvoyés^ et 
Fox, Rockingham et Famiral Eeppel remplacèrent 
le lord North et ses collègues. Les nouveaux 
ministres s'appliquèrent à conduire la guerre avec 
plus de prtidence que leurs prédécesBeure<$ mais 
leurs soins tendirent principalement à amener la 
paix, en détachant, s'il était possible, les puissancee 
alliées de la coalition qu^elles avaient formée 

Là Russie accepta le rôle dé médîaiÉic^ tlildiB 



que nea propositions étHÎent faites tour à tour et 
BÔpîtrément à k France, à l'Espagne, à k Holluide, 
et principalement à rAmérique. Le ministère 
rappela même le général Clinton, et le rempkça 
par Carleton, ancien gouverneur du Canada, dont 
l'humanité et lea vertus avaient olitenu l'affection 
dea Américains eui-mêmeH. Mais ceux-ci, redou- 
tant qu'on ne leur tendit un piège, oe voulurent 
rien écouter jusqu'à ce qu'un acte du parlement 
fût devenu k garantie des propositions faites par 
les envoyés britanniques. Le congrès déclara 
même qu'aucun traité ne pourrait être concla sans 
l'exprèB consentement de k France. L'Angleterre 
sentit mieux encore le besoin de la paix, lorsqu'a- 
prèfi k victoire mémorable de l'amiral Rodney con- 
tre le comte de Grasse aux Antilles (12 av. 1782), 
et les derniers oSbrts des Espagnols contre GibraJ- 
tar, elle vit qu'elle pouvait sans faiblesse reconnaî- 
tre l'indépendance américaine, et traiter sans avilir 
son pavillon. Rockingham étoit mort, et Shelbum 
l'avait remplacé i\ k tête du ministère, d'où Foi 
s'était retiré, et où venaitd'entrer le jeune William 
Pitt, fila du célèbre Chatham. Ce grand politique 
reconnut ii son tour le besoin de poser lea armeo, 
Des députés furent envoyés à la cour de France; 
ils y trouvèrent ceux de l'Amérique, parmi lesquelfl 
étaient John Adams et Franklin. Le traité avec 
l'Amérique fut provisoirement conclu le 30 novem- 
bre 1782. H assurait aux État«-Unis, dont 3 re- 




pté le pouvoir qu'avec une juste défiance de lui- 
:; qa'ïl ne devait ses siiccéa qu'à la justice 
de Ift cause améiicaiae et ù ]a valeur de ees troupeg, 
je démit publiquemeot du générolaL Peu de Jouis 
^trés il se retira à sod habitation du Mont-Veroon 
en Virginie, comme les héros de l'antiquité quit- 
taient sans faste la dictature pour reloumei à leur 
chartue. Maia les mœurs de leur temps rendaient 
cette simplicité moins remarquable et la perte du 
pouvoir looinB sensible. 



» 



Peu de mots sont mamtenant Décesaairee. Le 
drame venait de finir. La paix générale avait pro- 
clamé partout la solennelle reconnaissance de la 
lépublique. Huit années de lutte avaient préparé 
à cet important événement tout l'univeiB. Il ne 
(itt point étonné du nouvel ordre de choees qui ve- 
fiait ne s'établir, et qui cepeudont renferme peut- 
Étre tout son avenir. Les Américains en furent 
.moins étonnés encore. De la monarchie qui pesait 
sur eux à la république, il n'y avait eu que la lon- 
gueur de leur épée. Pour eux, faire une révolu- 
tion, ce n'avait pas été refondre tout l'ordre eocial, 
parce que beaucoup de leurs inBtitutiona étaient en 
harmonie avec leurs maurs et leurs besoins. Aussi 
leur révolution ne fut-elle sujette ni au délire ni 
au sang. Comme la raison était de longue habi- 
tude chei ce peuple, l'insurrection ne fit luiltte j\i 



eut que le congrès décrétât des impôts mfflïana 
poitr acquitter les dettes et tôire honneur à k &i 
publique. Une Df^gociation eut lieu entre eux, le 
eongrès et l'armée. Waahbgton devait encore 
"nette fois sauver la république piir son ascendant, 
tuot-puiesonl, sa modération et sa constance tné- 
hraniable. 11 rassemblu les officiers, leur peignit 
le crime dont l'armée se rendrait coupable si elle 
n'obéissait pas aux ordres de dissolution émanés dO 
congrès, et ai elle ne s'en remettait pas du soin de 
ses intérêts aux pères de la patrie. L'autorité de 
ses paroles et de sa personne &t renaître le calme; 
rmée déclara (4 déc 1783) qu'elle ne âétrintit 
s ses lauriers en manquant de confiance enveiH 
congrès. Un décret assura les droits de chacun, 
et Washington licencia lui-même ces braves, qui, 
pendant sept campagnes, avaient aussi souvent 
contre tous les besoins, qu'ils avaient com- 
battu l'ennemi. Ils retournèrent paisiblement dans 
foyers goûter enfin le rcposque leur héroïsme 
assuré pour long-temps à la république, dont 
'aient été les fondateurs avant le congrès. 
Les Anglais évacuèrent New-York peu de temps 
■préa, et les Français partirent de Rhode-Island, 
comblés des bénédictions de tous les Américains. 
Le généralissime avait conservé te commande- 
ment suprême. Il demanda k la résigner. Le 
congrès lui assigna une séance solennelle, où 
Wasbiogton, après avoir rapplé qu'il n'avait ac- 



L .L -^- .». 



210 REflUME DE l'hISTOIRB 



QUATRIÈME PARTIE. 



SECTION PBEMIÈBE. 



HmODtE DBB KTATS-Uim^ DEPUIS £A BlTVOLUTiail 
JU8Q17*! LA OVEUIE DE 1812. 

ÈtaX des partis, — ConstittOUm fédérale, — Prést 
dence de Washington, 

^INDEPENDANCE était TecoDiiue, la paix était 
faite, tout semblait devoir rentrer dans Tordre. 
Mais en un seul jour ne pouvaient pas être ci- 
catrisées les plaies de la guerre étrangère, calmées 
les agitations de la guerre civile et de la révolution. 
Kétat devait 43 millions de dollars au 1^' janvier 
1783, et le congrès était sans force pour créer des 
impôts sur des états indépendans. Il avait décrété 
des taxes sur les importations et sur d'autres objets; 
il fit d^inutiles réquisitions auprès de divers états 
pour qu'ils se soumissent à cette mesure. Sjguis 
puissance, il serait demeuré sans ressources, si 
Adams n'avait négocié avec le Hollande un em- 



d'americiue. S17 

prunl, qui servit à pnycr l'intérêt de Ja dette polj- 
lique. Le papier-monnB.ie était de nouveau tombé; 
l'embarrttâ s'augmeutait encore pnr les diScuItéa 
qui fl'étaienl. élevées avec l'ADgleterre pour la fix- 
ation des limitée du nord et les réglemeuH du 
commerce. Deux partis divisaient la nation : celui 
des fëdÉralifltea voulait une constitution plus vi- 
goureuse, qui fit de tous les états an aenl corps 
politique; l'autre voulait l'indépendance presque 
absolue de chaque état; le premier Biigw-it que 
tous les engag'emens contractés pendant la guerre 
fussent remplis, le aecoad demandait la réduction 
des taxes, et voulait restreindre Ies pouvoirs du 
congrès. IiO besoin de s'unir contre tant de maux 
accnmuléa était cependant senti de toutes parts: 
il triompha des partis, dont l'Angletarre enveni- 
mait secrètement les prétentions. 

L'oBBocLatian de Vincinnatus venait d'être in- 
stituée parmi les soldats de l'armée révolution- 
naire redevenus laboureurs; elle les unissait tous 
pour le maintien de la république et de l'honneur 
□atlonai. La Fayette était retourna d'Europe, el 
s'occupait avec Washington ue cimenter les bases 
de la nouvelle organisation lèdèrtJe. De toutes 
parla les hommes éclairés demandaient une assem- 
blée qui révisât le pacte constitutif de l'union. H 
avait été suffisant pendant la guerre, mais il était 
évidemment trop titible pour se maintenir aloni 
qu'un si grand iiitérét n'existait plus. On vo^it 



218 RESUMK DK L^HtBTOIRE 

naître entre tous les étate, et dans chactm en pw* 
tkalier, des prétentions rivalesL 

L'état de Virginie fat le ^H'emier qui convoqua 
une convention nationale (mars ITSfî.) 

(1786) EUle se réunit sans saccés ; peu d'états y 
avaient pris part ; ceux du nord, privés de leum 
pêcheries, étaient dans Tagitation, Le go uv erne- 
ment de filassachusetts avait été contraint de di»> 
siper, par la force, des rBssemblemens année dans 
lesquels on avait compté jusqu'à quinze mille indi- 
vidus. L'état de New- York, en refusant de ab 
soumettre à la taxe d'importation, avait implicite- 
ment décrété la suppression du systèiiie fédérai 
La confédération semblait se dissoudre. 

Alors le congrès convoqua (20 février 1787) 
pour le mois de mars suivant uqo oonvaation géné- 
rale pour rectifier le pacte constitutif et le mettre 
en harmonie avec le vœu général Les repréeen- 
tans des divers états, excepté celui de Rhode- 
Island, se rendirent donc à Philadelphie en sep- 
,tembre 1787, et présentèrent, à l'acceptation du 
peuple, la nouvelle constitution qui devait être 
exécutoire ^prés son adoption par neuf état& La 
discussion fut longue. Franklin lui-même se 
montra souvent parmi les opposans. Mais, se 
levant enfin, il s'écria que, le besoin public domi- 
nant toute autre considération, il fallait la voter 
unanimement, telle qu'elle était Toute discusuon 
cessa, et la constitution fut aceeptée avec la 



I 



d-'amériqui. 31§ 

condîtion àe pouvoir l'ameDder dans un temps 

Jusqu'ici l'Union n'avait été qu'une simple al- 
liance onlre des nations inilépendiuitea entre elles; 
elle devint, par la canatitulion, un tout homogène, 
donccliujue état ne fut plus qu*une partie. Douze 
|)rii\'iriccB prirent part n cet acte promulgué le 17 
sGpteriibren87, et complété plus lard (1789.) 

Il garantit k toira les états de l'union une forme 
de gouvernement républicain (CoaatiL art. 4, aect 
4;) la liberté absolue dea cultes, sans préférence 
pour aucun (amend. art 1" ;) le jury en matière 
criminelle (amend. art 6;) et en matière civile 
pour toute valeur jusqu'à 20 dollars" (art 7 ;) enfin 
le droit du peuple à rester armé (art. 2.) 

Le gouvernement est formé de deux cbambres 
législatives, sous le nom de congrès, et d'un pré- 
La chambre d^s représentans est composée de 
membres âgés de 25 ans au mobs, et citoyens des 
États-Unis depuis T ans, élus tous les deux ans par 
te peuple, selon les règles particulières de chaque 
état, et dans la proportion d'un pour 30,000 babï- 
tans {ConsL article 1-, secL 1 et 2). 

La cliambre du sénat est composée de deux séna- 
teurs pour chaque état, élus par sa législature par- 
^_ ticulière, âgés de trente ans, et citoyens des Etats- 
^Kf^ii depuis 9 ans. Elle est renouvelée par tiers 



m BiacnsBi.' 



Ddu kl denz ma. et présidée pir le 
dei £latB-Ciiis (ixticle 1% ncL 3). 
Anenii indivîda njnat une plice 



6). 
LeoGogrés k léiinkde dnit ea 

dMqoe année Cut. 1*^ aecL 4)l 

n & le droit d'ocdooner et de percemir lei 
de déekier la guerre, de Aire dei leréee dlmn- 
mee et d'argent, de régler les intérêts de Fétit 
arec les antres natiaos» et de frire tontes les lois 
(art 1% aect 6). La kÊ d'impdC doit nécemm- 
ment être défaattoe d*abord dans la chamlne des 
r e pr ésenti ns (article 1*, aect 7). CeUe-cit pn^ 
portioonée à k popolation, exprime les besoins de 
k nation. Le sénat, où cbaque état est égatement 
représenté, balance les intérêts locaux. Ainsi ao- 
cnne loi ne peut être rendue qu'dle n'ait en sa fiir 
veor k majorité do peuple, et celle des états de 
l'Union. 

Le président est le premier magistrat de k na- 
tion. Il est investi du pouvoir exécutif et sanc- 
tionne les lois (art 2, sect 1*0 ; il commande l'ar- 
mée, fiiit les traités avec le consentement du sénat, 
et nomme aux places vacantes dans l'intervalle des 
sessions, le congrès seul ayant le droit de les don- 
ner (article 2, sect 2) ; s'il refuse de sanctionner 
une loi, elle pst discutée de nouveau, et ne devient 
exéoutoire qu'après son adoption par les deux tiers 



du congrès (art 1", secU 7) ; c'est le veto si 
heureusement opposé au veto absolu que la consti- 
tuLion anglaise accorde au roi. 

Le président est choisi parmi les citojeiiB née , 

aux États-Unis, âgée de 35 ans et qui ont 14 an- | 

nées de résidence, par des élecLenra de cliaque ' 

état; en nombre égal à celui des représentaos et 
daa sénateurs (arL 2, sect. 1° et 4) ; la durée de 
ses fonctitftis est de quatre ans (art. 3, secU l"). 

Le pouvoir Judiciaire est remis à une cour su- 
prême (art 3, sect 3). 

La constitution, par une sage prévoyance, établit 
ensuite que tous les pouvoirs non délégués au con- 
grès demeurent réservés au peuple (ameod. 10)i | 
dont les droits ne peuvent été restreints par l'énu- 
mération qu'en fkit l'acte constitutionnel (amecd. 
IC). Elle consacre la liberté individuelle dans sa 
plus rigoureuse extension (art l", secL 9); pro- 
hibe la création de titres de noblesse et l'action in- 
dépendante d'un état sans le coucours des autres 
(art 1", sect W); enlin elle décide que les divers 
étals ne pourront fitre ni morcelés, ni réunis en- 
semble, mais que d'autres états pourront Être créés 
et constitués (art 4, sect 3). 

1^ nouveau gouvernement fut institué le 6 avrU 

1T89. Washington fut unanimement élu président 

des Élata-Unie pour quatre ans, en John Adams 

^^jice-président j 

^Kx'UnioD avait enlin un véritable pacte fédéral ; 



0?a msJBUMM PB li'ilIflnOIRK 

toiw lai étaU Fadoptérent BuccecBiTement, mptèâ 
des d«ciiBBioD8 plus ou moins pndoog^es. LeNei^ 
York parut ne s'y soumettre que pour n'étie ptf 
exclu de la eonfédératioa; la Caroline du nord et 
le Rhode-Island, qui le rejetèrent d'abord, Tacoep- 
tèrent enfin, la piemière en 1789 et le aecoQd uoe 
année apréfl. 

A peine cette constitution fut-eUe promulguée^ 
qu'elle fut attaquée de tous côtés par des* patriotes 
qui crurent y voir une diminution de liberté pour 
chacun des états de l'union, mais les partisans du 
système qu'elle établissait, connus sous le nom de 
fédéralistes^ triomphèrent de ces inquiétudes, et la 
confiance naquit 

JeffersoD, l'un des patriotes les plus estimés de 
l'Amérique, ami et disciple de Franklin, et que la 
France avait reçu avec plaisir comme ambassa- 
deur à la fin de la guerre, fut chargé du départe-' 
ment des aflhires étrangères. Hamilton, militaire 
déjà illustre, qui, l'un des premiers, provoqua dans 
le congrès la formation de la conventicm qui venait 
de constituer l'Amérique, eut celui de la trésorerie. 
Knoc, général qui commandait l'artillerie lors de 
la capitulation de Comwallis à Yorktown, fiit fidt 
secrétaire-d'état de la guerre. 

n fiillait rétablir les finances délabrées, régler 
les relations des États-Unis avec plusieurs puis- 
sances, prévenir les incursions des Indiens. Le 
ps^nier oongrèa porta quelques lois d'impôt et 



d'organkation propres à consolider le nouveau sys- 
tème, la dette publique s'était accrue dea inté- 
réta <iui n'araient pas été payéa Jusqu'à présent, 
on y satisfit déHormaiB ; les douanes furent mieux 
réglées; des taxes intérieures Jurent établies pour 
la première foia ; k banque des États-CJuie et une 
caisse d'amortissement lurent fondées, le crédit se 
ranima. Le congrès entama encore dos négo- 
ciations avec pluaieuiB peuplades d'Amérique et 
quelques granSs états d'Europe ; sa marche rassura 
les eaprita au dedans et le fît respecter au dehors. 
Il termina ses travaux le 3 mars 1791. 

Les tribus indiennes qui habitaient un nord- 
ouest de rOiiio avaient commis de nouveaux rava- 
gea. Deux fois elles furent Inutilement attaquées, 
et ia seconde foia les troupes américaineH, com- 
mandées par lé général Saint-Clair, furent complè- 
tement battues (déc.) Le second congrès était 
assemblé braque cette nouvelle arriva. Des 
; de troupes furent ordonnées, malgré la ré- 
pugnance extrême de quelques membres du corps 
législatif k mettre la force armée entre les mains 
iu gouvernement, et des fonds furent volés pour 
paiement 

Qtle époque arait vu naître des divisions vio- 
entes parmi les membres du congrès, elles étaient 
•gaiement dans la nation. Lea fédéralistes, à la 
tâte desquels était le trésorier Hamillon, et lea 
démocrates, dont JeAbrson était le chef, s'attaqua- 



224 RESUME DE L^HUTTOIRB 

ient avec acharnement; les traités à conclure 
pour le commerce avec l'Angleterre et la France 
étaient un des principaux objets* de la désunion. 
L'imp6t établi par le congrès sur certains olgets 
d'importation acheva de les aigrir. Dans la Penn- 
sylvanie, une insurrection eut lieu et une assem- 
blée de députés, réunis à Pittsburg, déclara ne 
vouloir pas se soumettre à l'impôt Washington 
évita autant qu'il le put un éclat, et apaisa lente- 
ment ces trouble& Mais il ne put apaiser l'irrita^ 
tion toujours croissante des esprits, qui prenai^it 
une tendance irrésistible vers ]a démocratie, et se 
jetaient dans une opposition tout-à-iàit hostile. 

Révolution française. — Seconde présidence de 

Washington, Politique générale. — Adams, 

président. — Préparatifs de guerre. — Mort de 
Washington. 

Cependant la France, à son tour, avait com- 
mencé sa révolution, et l'Amérique applaudissait à 
ce grand acte. Elle voyait avec joie - proclamer 
en Europe les mêmes principes qui venaient de 
triompher chez elle. Sa reconnaissance pour 
Louis XVI n'était pas entière. Elle se souvenait 
qu'il n'avait prêté son appui à la cause de l'indé- 
pendance qu'à la dernière extrémité. Le nouveau 
gouvernement de France fut reconnu (1793,) et 
son envoyé. Genêt, accueilli partout avec enthou- 




Mais la Fayette était nlora prcwcrit; le 

r de ce qu'il avait fait ne a'eSàça polat de 

oiro des AméricainB, et leur unbaas&deur i 

Fuis reçut l'ordre <îe ne négliger aucune occasion 

[ de solliciter en ea faveur, sans compromettre lea 

I intérêts de l'Union. 

La France avait déclaré la guerre aux puisaan- 
xa. Le peuple américain, voycOit une ligue for- 
' midable s'élever contre cette république, demanda 
hautement ù lui prêter l'appui qu'elle-ûiême avait, 
dana des temps semblahles, donné â l'Amérique. 
Heureusement la France n'avait pas besoin de 
secoure, et elle le prouva pendant 25 ans à l'Eu- 

Le gouvernement des Etata Unis, qui n'était pas 
en mesure défaire la guerre, fit tous aea efforts pour 
maintenir la neutralité qu'il avait naguère déclarée 
par un acte, appelé du nom à'idil royal par ses 
ennemia- Une grande partie de la nation se 
plaignait amèrement, et l'accusa d'un pencliant 
secret pour l'Angleterre. Mais, s'il n'était réelle- 
ment pas trop- porté pour la France, il l'était cer- 
tainement moins encore pour son ennemie. Pen- 
dant pluaieura années, cette grande question ogitu 
l'Amérique, et lea partis des fédéralistes et des 
démocrates y puisèrent de nouvelles forcea Des 
Bociélêa populairea fiirent organisées, et l'on y sou- 
tint plus d'une fois le principe de l'inutilité des 
deux chambres d'Amérique, que l'on crut démon- 



226 RESUME DB L^aiSTOIRB 

trée-par l'organisation plus simple adqpiée par la 
France. 

Le temps pour lequel le président avait été élu 
était expiré. Washington fut de nouveau nommé 
à la première magistrature. Adams fut aussi fidt 
vice-président, malgré l'opposition, qui, iï*ayant 
pu se résoudre à éloigner le premier du pouvoir, 
en voulait exclufe le second. Le ministère fut 
continué. Le gouvernement s'occupa de prévenir 
les tentative!^ que l'ambassadeur de France médi- 
tait sur le Mississippi et la Floride alors apparte- 
nant à l'Espagne, tentatives qui eussent compromis 
la neutralité dô la république. Il arma ensuite 
contre les Indiens de l'ouest, que paraissait soute- 
nir en secret l'Angleterre, et dont le soulèvement 
pouvait déterminer au sud l'agression toujours pro- 
bable de la confédération des Creeks. Les pre- 
miers furent complètement battus par le général 
Wayne (1794,) et les autres ne prirent pas les 
armes. Mais toute la prudence de Washington 
eut pour but d'éviter à tout prix une rupture avec 
l'Angleterre, contre laquelle des sujetâ de mécon- 
tentement graves s'élevaient La presse des 
matelots, prétendus anglais, qu'elle exerçait à 
bord des vaisseaux de toutes les nations, avait 
hnmilié le pavillon Américain. Cette affaire 
devint Tobjet de négociations, que nous verrons 
par la suite terminées par la guerre. 

Quelques états de l'ouest, secrètement poussés 



327 1 



par l'Espagne, menacèrent, à cette époque, de se 
séparer de l'Union, qui ne pouvait pas leur assurer 
le cours du Mississippi, si Dccesseire pour eux, et 
qui les laissait à découcerC du côté ds la frontière 
du Canada. D'un autre cûté, plusieurs états s'op- 
posèrent avec force à lu perception des droits éta- 
blis pur le congrès sur les liqueurs américaines, 
objet d'un commerce considérable avec les Indiens. 
Plusieurs comtés de laPenneylvanie s'insurgèrent, 
et k révolte menaçait de gagner les états voisina. 
Toutes les invitations, tous les ordres du gouverne- 
ment aux insurgés étAnt inutiles^ le président con- 
voqua 15,000 hommes de milices, et les dirigea 
vers les comtés rebelles. Ce déploiement de fince 
dispensa de frapper personne; tout rentra dans 
l'ordre. Ce qui donne une juste idée de la modé- 
lation du gouvernement, c'est que deui habitans, 
convaincus du crime de haute trahison, obtinrent 
leur grâce (sepL 1794). 

Si les troubles avaient cessé, le mouvement des 
opinions opposées ne pouvait être arrêté. Ce iiit 
inutilement que les sociétés populaires cessèrent 
d'exister, nu moment même où, par suite de cir- 
constances bien différentes, le club des jacobins 
était fermé à Paris. Le parti populaire gagnait 
en force, et, dans la chambre des représentons, il 
avait acquis la majorité. Jefferaotî avait été Gircé 
par les fédéralistes de quitter le ministère en 1793; 
r Hamilton, Bon rival, fiit o 



328 RÉSUME DB L*HI0!rOI&E 

les démoeretes de se retirer dans les premiers jonti 
de 1705. Tous deux rentrèrent purs et les main 
vides dans la carrière privée. Hamilton laissait 
en partant un plan de finances di^fne de lui Peu 
de temps après, le général Enox quitta aussi te 
ministère de la guerre, au moment même où le 
général Wayne venait de conclure la paix avec 
les Indiens du nord-ouest de TOhip (3 août 17K$). 
Le traité de commerce avec l'Angleterre était 
toujours l'objet des reproches du parti populaire. 
Le cabinet britannique semblait voulœr donner des 
armes aux mécontens, en renouvelant les ordres 
de confisquer les cargaisons de vivres destinées 
pour la France, et violant ainsi comme on l'a sou- 
vent pratiqué depuis, la règle du droit des gens, 
qui veut qu'il n'y ait de blocus légal que là où il en 
existe un de fiiit. Les > peuples d'Amérique ne 
pouvaient soufirir sans impatience qu'un traité 
d'amitié avec l'Angleterre vînt proclamer une in- 
difi^rence pour la France, qui était loin de leur 
cœur. A Boston, à New-York, à Philadelphie, à 
Baltimore, à Charleston, etc., il j eut des assem- 
blées, où le peuple réclama contre ce traité ; mais 
le président maintint les principes du gouverne- 
ment n ne répondit rien à toutes les calomnies 
dont il devint un instant l'objet, et sa persévérance 
triompha de tous les obstacles. Un traité avec 
Alger acheva d'assurer la navigation des Améri- 
cains; etceUedu Mississippi» permise aux états 



de IVmfiflt par un autre traité avec l*Espagn% 
étoufb les désirs qu'avaient ces états de se séparer 
de l'Union. D*un autre côté, le colonel Monro0 
avait été chargé des affaires de la république en 
France, où la Convention le reçut dans son sein, 
souff les drapeaux unis de France et d'Amérique^ 
Ainsi la marche des afi&ires' n'éprouvait plus au- 
(Sun obstacles à l'extérieur. A l'intérieur des taxes 
furent portées et préparées pour les sessions sui* 
vantes du corps législatif, dans le but d'éteindre la 
dette publique. 

Ce fiit à cette époque (1796) que le président 
sollicita, en son propre nom, de l'empereur d'Au- 
triche, et avec autant de noblesse que de courage, 
la liberté de Xol Fayette, alors détenu dans les pri- 
sons d'Olmutz ; mais ce fut inutilement 

On touchait à la fin de l'année 1796. La 
magistratur&de Washington allait cesser. Il prit 
congé de la nation par une proclamation digne de 
toute sa carrière. Elle produisit une impression 
fiivorable au système des fédéralistes, et concourut 
puissamment à faire porter à la présidence de la 
république (1797) John Adams, qui tenait à cette 
opinion. Jefierson, candidat de l'opposition, eut la 
vice-présidence. Le ministre français à Philadel- 
phie avait pris, dans cette occasion, une part active 
au mouvement des partis. Ces menées portèrent 
ombrage aux Américains, et ce fut une des 99xm» 
qui firent triompher le candidat des fédéralistes. 

U 



2dD niscuÉ dé l'huIoirb 

Déjà des nuages s'élevaient entre les deux répi^ 
lique& Le traité de commerce avec PAngletem 
en était le prétexte. Le Directoire, qui goavemait 
ilors la France, B*était plaint amèrement, et tes 
défiâtes dont avaient fidt usage les envoyés de 
rUnion avaient amené la saisie des vaisseaux amé- 
ricains destinés pour l'Angleterre. Ceux des ambas- 
sadeurs américains qui tenaient au parti fédéralisle 
reçurent l'ordre du Directoire de quitter la France. 

(1796) Le congrès, présageant que la gnene 
éclaterait bientôt, prit des mesures de défense* 
L'ardeur fut si grande, que, quoiqu'une fièvre eon* 
tagieuse régnât à Philadeliriiie, tous les membres du 
congrès furent présens à sa première séanee. On 
ordonna des levées, et on vota un emprunt considé* 
rable. Le commandement suprême de l'armée, en 
cette circonstance mémorable, fut confié à Wash- 
ington, qui l'accepta. Ainsi celui qui, à la tête 
des armées, avait conduit l'Amérique à l'indépen- 
dance, y était de nouveau placé peur maintenir la 
dignité de la république. Les discordes des partis 
opposés n'avaient pu lui ravir la confiance de ses 
concitoyens, et il passait sans répugnance du pre- 
mier rang au second. 

Cette démonstration courageuse des Etats-Unis, 
peut-être un peu trop hâtée par John Adams, au- 
tant que la volonté générale dans la république 
firançaise de ne point fiûre, sans de puisBansmotifi^ 
la guerre à sa sœur d'Amérique, amenèrent nn ac- 




D AXCBICtUK. 

conmiodemenL D'ailleurs le Directoire n'était 
plus. L'influence secret* de l'Angleterre était 
détruite dosa le cabinet de Paris, et ta France ve- 
nait de confier la première magistrature de l'état 
& Bonaparte, qui aontait bien que le inalalien de la 
paix avec l'Amérique était nécessaire.' Noua le 
verronti plus tarJ adopter les ftux principes soivia 
par le Directoire, et interrompre toutes nos Iwnnes 
relations avec les États-Unis. Mais, à celte der- 
nière époque, il n'y avait plus de carrière commune 
pour les deux peuples amis, et la FVaurj; allait ces- 
ser d'f^lre une république. 

Cette même année (13 déo. 1796,) et avant que 
la paix fut bien assurée, Washington mourut à la 
suite d'un Courte maladie. Quoique son adminis- 
tration, pendant ses deux présidences, 'eût été 
vivement censurée, ses intentions ne furent l'objet 
d'aucun reproche. Il passait pour appartenir an 
parti des fédéralistes, et l'on se souvenait trop 
qu'au commencement de la lutte avec l'Angleterre 
il avait été de l'avis d'un accommodement Néaoi 
moins, les chefs mfmes de l'opposition profêan- 
rent toujours pour ses vertus k plus haute vénéra- 
tion. Il mourut universellement regretté ; et, 
depuis, l'histoire i'a proclamé le plus beau oarac- 
tére des temps modernes. 

T1 est un iàit de cette mémorable présidence, 
que nous nous abstiendrons de juger, de peur de 
jie le pas faire avec assez d'impartialité. En 1791, 



5 ^ RÉSUMÉ m L*HI0IOIUB 

les nègres de SaintrDoming^e, s^étant inaoïfêB 
ooDtre les colons français, en massacrèrent « 
grand nombre. Ce fat Torigine de la répoUiqna^ 
haïtienne. Le gouvernement des Btata-Unis 
avança nne somme considérable à rambassadèar. 
français, pour lui procurer les moyens de conserver 
cette colonie, en réduisant les nègres à Tobéis- 
sance. Cependant, avant cette époque, Tétat de 
Massachusetts avait aboli l'esclavage (1783;) et, 
dans ce moment même, les lois de l'Union pfoscii- 
vaient la traite, et les constitutions des divers étals 
préparaient raflOranchissement graduel de la popii- 
lAtion noire. 

Présidences de Jefferson et de Madison, — DiS" 
cussUms avec la France et V Angleterre, — Dé* 
daration de guerre contre ceUe<L 

La présidence de Jdtm. Adams vit renaître la 
concorde entre la. France et l'Amérique. Les 
insultes que la marine anglaise fit éprouver au 
commerce américain, dans le sein duquel elle avait 
la prétention de se recruter des matelots, sous pré- 
texte qu'ils étaient d'origine anglaise, consolidèrent 
encore l'union avec la France. 

Les discussions avec celle-ci, et les mesures de 
défense que l'on avait prises, avaient aggravé la 
situation du trésor, et, au commencement de 1801, 
la dette publique s'élevait à plus de 400,000,000 
de francs. Gallatin venait d'être appelé aa minis^ 



DAMERiaUE. 433 

tére des finances. Sept enjiées àe prospérité 
commerciale, sous une banne odinmiEtratiun, les rè- 
tablirenL Les taxes ûilêricurea furent eupprimêes, 
la caïase d'amortissement reçut une dotation an- 
nuelle de 8,000,000 de dollars (40,000,000 de 

Le parti populaire avait reçu avec transport la 
nouvelle du rétabliBsement de la paix avec ta 
France. Il vit avec plaisir lever la défense ds 
commerce avec son aniîe' naturelle, et s'nccrottre 
la haine publique contre les mesures vexatories de 
l'Angleterre. C'était pour lui un véritable succès 
qui augmenta ses forces. Elles lurent toujours 
croiasant, jusqu'à l'élection du nouveau président 

JelTerson avait donné trop de gagea au parti 
populaire, et Adams avait trop peu de titres A. aoii 
affection, depuis les démêlés avec la France, ponr 
que l'élection du nouveau président ne Sût pas 
orageuse. Jefferson fut élu à la majorité de neuf 
voix (1804 ;) et sa conduite fut telle que, quatre 
années plus tard, il obtint sur son compétiteur 
Pinckney une majorité de cent quarante-huit suf- 
frages. A cette dernière époque, et plus tard, 
sous la présidence de Madison, qui partageait les 
opinions de Jeffer^on, chef du parti populaire, le 
parti des lëdétalistcs, qui perdait chaque jour de 
ses forcer continua d'avoir pour cbels John Adams 
et le lameu;! Rufus King. Ce qu'on appela l'aii- 
miaistrstion fédérale avait cessé h la présidence 



5234 RESUME DE L'HIfiTTOIRE 

de Jeffenon. Nouveauté remarquaUe dans l*hi^ 
toire des nations; une révolution complète dam 
les partis s^était opérée, par le paisible exercice àa 
droit électoral! Sous la présidence de Jefiènnii 
la plus sévère économie fut introduite dans tontes 
les branches de Tadministration ; Tarmée, déjà 
peu nombreuse, fût encore réduite ; la constitatioo 
américaine fut mise en action dans toute sa sim- 
plicité. En un mot, son administration réalisa le 
problème du meilleur gouvernement et ê. moins de 
frais. 

Vers le milieu de la seconde présidence de Je^ 
feraon (1806,) la France, qui depuis trois ans 
n^était plus une république, avait adopté un noih 
veau système politique. Victorieuse des coaliti- 
ons, elle voulait réduire désormais l'Angleterre à 
rimpuissance de lui nuire. Napoléon avait résolu 
de fermer tous les ports du continent européen à 
l'Angleterre. Celle-ci lui opposa lé blocus nomi- 
nal, qui interdisait aux neutres tout commerce 
avec la France et les pays qui en dépendaient 
Les Etats-Unis ne pouvaient adopter des mesures 
aussi ruineuses pour eux. Us ne pouvaient asso- 
cier leur sort à celui de la France, malgré leurs 
justes sujets de plaintes contre l'Angleterre. De 
nombreuses difficultés diplomatiques s'élevèrent 
Napoléon, accoutumé à brusquer toutes les délibé- 
rations auxquelles il prenait part, crut déterminer 
les États-Unis en sa faveur par des mesm^s vio- 



D AMERIQUE 380^ 

tentes: le décret de Berlin fut rendu. L'Angle- 
terre y répondit par Tarrêt du côneeil de jan?ier 
ISOTy portant défense à tout navire de commercer 
d'un port quelconque de France à un port étranger 
d'où les Anglais seraient exclus. Cet arrêt motiva 
le décret de Milan, par lequel Napoléon voulait 
fixrcer tous les neutres à se ranger de son côté. 
L'Amérique se trouva alors réduite à ne pouvoir 
déployer une voile sans permission. Cette situai 
tion humiliante excita son indignation. Le conseil 
de V Union délibéra s'il ne déclarerait pas à la 
ûAb la guerre à l'Angleterre et à la France. On 
s'étonne qu'à ceMe époque, ni l'une ni l'autre ne 
se soit décidée à adopter, à l'égard de l'Amérique» 
un système de modération qui l'eût déterminée en 
frveur d'une des parties belligérante& * 

Renoncer à tout commerce étranger était une 
chose impossible pour l'Amérique unie. Elle en- 
gagea donc séparément chacune de^puissances en- 
nemies à renoncer à son odieux, système ; c'eût 
«té décider la guerre contre l'autre. La sagesse 
de Madison, qui venait d'être élu président (1808), 
i^ïlanit enfin ces graves difficultés. Napoléon, le 
premier, consentit à modifier son système en faveur 
des États-Unis, à la condition que l'Angleterre re- 
noncerait au sien; mais celle-ci persista: bien plus, 
elle continua d'exercer les rigueurs de la presse 
«nvers les matelots américains, et, à une eertame 



S96 ftXSUltS DE L*HI«TOntB 

époque, elle en retenait forcément 'mur ses vus- 
seaux environ hait mille. 

La nation américaine avait éprouvé des pertes 
immenses en Europe. Les déjurédatiomï des croi" 
fleurs anglais avaient excité dans les -esprits une 
grande fermentaticm; Les partis se partageaient 
entre TAngleterre et la France : mais celle-ci eut 
bient5t d*autant plus de partisans, que les Indiens 
de Touest, poussés par les Anglais, commirent de 
nouveaux ravages sur les frontières. Le général 
Harrison, gouverneur dlndiana, faillit être la vic- 
time de la iùrcur d'un de leurs chefs ^ une GOiii> 
ference tenue à Vincénnes en 181*1. Ce guerrier 
avait requ des Anglais des promesses de secours, 
et préparait en secret une invasion. Harrison Tat- 
taqua, et deux combats successif, ' où les Améri« 
cains triomphèrent, exaltèrent leur courage et leur 
indignation contre les menées de TAngleterre, 
dont les outrages se multipliaient Le gouverne- 
ment ne pouvait plus résiter à Tascendont de la vo- 
lonté nationale. Un glorieux combat, soutenu en 
mer par le commodore Rodgers, qui châtia l'inso- 
lence d'un capitaine Anglais et le força de venir à 
merci, détermina la guerre, seul remède qui restât 
à r Amérique pour mettre un terme à tant de maux. 
Le 18 juin 1812 elle fut proclamée. L'Amérique, 
jeune encore, jetait le gant à une des plus grandes 
puissances qui se disputaient l'empire du monde, 
et son cri de guerre fut : Liberté des mers. 



d'ahkbiqiik. 



^ 



Cette noDvcIie fut reçue avec transport dus 
presque toute l'Union, c]uL se flattait de dépouiller 
bientôt l'Angleterre du resla de ses posBessions 
d'Amérique. Lee élats âe l'est virent itu contraire 
avec peine se perdre tout .espoir de rétablir de 
long-temps leurs relationa commorciales. 

Pendant toute la durée de la neutralité, les ban- 
ques puticullérea des états de l'Uuiou avaient mis 
une prodigieuse quantité de billets en circulation. 
Le crédit baissait de toutes parts. Malgré ces 
diilicuités et l'accroisseoient de la dette, par suite 
de l'acquisition de la Louisiane, fuite à )a Fronce 
en 1803, bu prix de 15.000,000 de dollars, le tré- 
sor avait remboursé en 1812, 45,000,000 de doUars 
sur la dette tiationale. Dana le même espace de 
temps, l'Union s'était augmentée des états de Ver- 
mont (1791). de Kentucky (1702), de Tennessoe 
(1796) et d'Ohio (1802). L'achat de la Louisiane, 
fait à la France, à laquelle l'Espagne l'avait resti- 
tuée en 1800, avait presque doublé l'étendue de 
l'Union. Au nord et au sud les territoires d'India- 
na et d'Alabama (1800) avaient étendu dans les 
déserts la puissance des États-Unis. D'un autre 
cAté, les institutions et les découvertes utiles ve- 
naient placer l' Amérique-Unie au premier rang 
parmi les états civilisés, et aa littérature cessait 
d'être uniquement consacrée à la philosophie. 
L'agriculture avait fait d'immenses progrès, et la 
population s'était accrue dans vingt ans de plue de 



286 BECUIIE DK L*HinOIBX 

CnNf millions trois cent mille individoB. S^il n^ 
pts donné à un résomé de développer cette inlé' 
resBUite partie de Thistoire d'on grand peuple^ 
qa'il nous soit permis de rappeler qoe oe ftit <te 
ce peuple que naquit Fulton, qui le premier appli- 
qua la vapeur, coomie fiirce motrice» à la mé» 
nique, et qu*en 1807 cette belle déeoaverte ftt 
pour la première fins a^^foopriée à la navigilHB.. 




DEUXIÈME SECTION. 

QDBBKB DB 1813 A 1815.. 

L'abhéb permanente de l'Union était à peine de 
5000 hoimnea. Les enrâlemena étajent difficiles 
dans un pays où il' 7 a peu de bras inoccupés; mais 
les citojena étaient tous oiganieés en cumpaguies 
de milices, fonnés de bonne heure aux exercices 
militaires. Le congrès autorisa le président à ac- 
cepter les services de cinquante mille volontaires 
et appela sous lesarmescent mille miliciens. Cette 
armée n avait que des généraux inexpérimentëa, 
ou rouilles par trente ans de repos; et ce fiirent 
les revers et l'habitude du service qui seuls produi- 
sirent cette élite d'officiers distingués qui couvre 
aujourd'hui l'Amérique. 

La marine de l'Union était à peine composée de 
di^t frégates et d'une centaine de chaloupes canon- 
nières. En peu de mois les chantiers eurent fourni 
des flotilles sur les lacs et sur l'Océan. La victoire 
donna plus tard des escadres à l'Amérique. 

Le général Hull, gouverneur de l'Ohïo, n'avait 
pas attendu la déclaration de guerre pour se mettre 
en campagne. H avait attaqué les Indiens alliés 
de* Anglais. Dès que la guerre fut proclamée, il 



240 RESUME DB L*Hi0TOIEB 

pénétra dans le Haut-Canada, dont il appela kl 
peuples à Tindépendance. Mais ses opératiooi 
furent si mal conduites, qu'après quelques actiooi 
de peu d'importance, il fut obligé de battre en i^ 
traite et définitivement de capituler dans la ville de 
Détroit, en abandonnant plusieurs forts importsiii 
aux Ansrlais et aux Indiens. 

Ce désastre fut vivement senti dans toute lllmoii 
et surtout dans les contrées occidentale^, plus ex* 
posées que les autres à Tinvasion des Sanvageii 
Mais le patriotisme des états de Touest fîit bientôt 
ranimé; et le général Harrison, qui prit le cooh 
mandement de l'armée du nord-ouest, pénétra de 
nouveau dans le Haut-Canada. D'uli autre c6té| 
une petite armée s'organisait sur le reste de k 
frontière nord. Le corps le plua voisin du lac On» 
tario, sous le nom. d'armée du Centre, éprouva plu- 
sieurs revers dans les attaques sur les forts placés 
entre les lacs Erié et Ontario. Celui qui manœu- 
vrait sur le St Laurent, sous le nom d'armée du 
Nord, paya également tribut à l'inexpérience de 
ceux qui le composaient Quelques opérations 
eurent aussi lieu sur le lac Ontario, le commodore 
Chauncey arma en peu de jours une petite flotte, et 
essaya ses forces contre les Anglais, maîtres de la 
navigation des lacs. Ainsi s'écoula la fin de l'an-' 
née 1812. Sans doute la campagne du nord 
aurait eu un plein succès, si les états de Massachu- 
setts, de New-Hampshire et de Connecticut, mus 



D'AMÉRiqrB. SU' 

par des motifs d'intérêt particulier» n'eussent leicmê 
de laisser partir leur milice, la mieux disciplinée 
dé rUnion. Il était bioi difficile que les états de 
l'ouest, réduits à leurs propres forces ne manquas- 
sent pas cette expédition, dent le succès eût corn- 
Internent paralysé les forces des Anglais dans le 

IKHd. 

Pendant que ces choses se passaient, une ee- 
cadre américaine mettait à la voile, sous les ordres 
do conmiodore Rodgers, et venait désoler le com- 
merce anglais jusqu'à Tembouchure de la Manche. 
Le capitaine HuU devait réparer l'honneur de ce 
nom si grièvement compromis dans le Canada ; il 
commandait la frégate la ConstittUiouj qui eut la 
gloire du premier succès à Pouverture de la cam- 
pagne. En vingtrcinq minutes elle prit la frégate 
ai^laise la Chierrière. Ce brillant fait d'armes 
répandit la joie dans toute la fédération; on se 
souvint que l'Angleterre avait déclaré qu'elle 
ferait disparaître des mers la pavillon américain, 
et tous les regards se portèrent sur la marine de 
l'Union. Une série d'exploits maritimes consola 
bientôt ^* Amérique de la malheureuse issue de 
l'expédition du Canada. Avant la fin de l'année 
on avait pris aux Anglais quatre grands bàtimens 
de guerre^ et les catBÙreB américains s'étaient 
rendus maîtres d'une fbnle de navires marchands. 
Ainsi se trouvait humilié dans sa partie la plus 
■enitble l'orgueil britannique ; et tandis que toute». 

X 



913 mEflciiE DK L'HonontE 

ks [wiiinrrn réonieB B*efiEcirçaient de tenaaser 
celni quelles appelaient le tyran de rEuzqpe, la 
jeune Amérique fic^ppah an cœur le tyran des 



Cependant le coDgrèa était aasemUé, et lea par- 
tie, que les intérêts diTers du moment avaient 
ranimés, 8*y combattaient avec chaleof (nov. 1812.) 
Avant les premières hostilités^ mais après que la 
guerre 6it déclarée, TAngleterre avait rapporté 
les arrêttf du conseil qui Pavaient décidée. Elle 
réclama la cessation des hostilités» les Etats-Unis 
s*y refusèrent, josqu*à ce que la presse des mate- 
lots eût été abolie ; ils rejetèrent même des pro- 
positions d^armistice fiâtes par le gouverneur du 
Canada. 1a Russie offirit sa médiation, aussitôt 
refiisée par la jalouse Angleterre ; c'était le mo- 
ment des désastres de Napoléc»]. Des forces plus 
considérables allaient être opposées aux Améri- 
cainsw Le congrès décréta des levées de troupes 
et ne répondit que par un généraux silence à la 
déclaration de blocus que TAngleterre porta contre 
ses ports de mer : il eût été trop facile de rendre 
jactance pour jactance. 

L*hiver de 1S12 ne vit rien de remarquable, si 
ce Q*est que rindien Técumseh, chef des tribus' 
de Touest, vint visiter celles du sud. Son élo- 
quence et son génie plaisaient aux barbares de 
TAmérique. Quoique depuis long-temps les bien- 
âits du gouvernement de ITJnion les eussent ap- 



D^AMERIQUB. 248 

pelés à des mœurs plus douces, ils écoutèrent Té- 
cumseh. Beaucoup se soulevèrent, et le général 
Jackson, imitant le guerrier indien, alla fiiire chez 
ces peuplades une course amicale pour ramener 
leur inconstance. 

(1812) Dès que le printemps eut reparu, Harri- 
son reprit Toifensive contre le Haut-Canada, les 
armées du centre et dvt nord dépassèrent la fron-' 
tière, et la flotte du lac Ontario reprit ses opéra- 
tions. Les succès d*Harrison furent balancés par 
les revers d'un de ses lieutenans. Winchester, qui 
capitula dans Frenchtown, et dont les troupes 
furent impitoyablement massacrées psir les Indiens, 
alliés des Anglais. On reprocha au général an- 
glais Procter d'avoir favorisé ces actes de barbarie. 
L'armée du centre, après plusieurs succès mêlés 
de revers, prit deux fois aux ennemis la ville 
d'York, située sur le bord septentrional du lac 
Ontario; soutenue par l'escadre américaine, elle 
enleva ensuite les forts qui défendent l'entrée de 
ce lac du côté de l'ouest: l'escadre américaine 
prenait également sur le lac Ontario un ascendant 
visible sur les forces anglaises. 

Dans les états de l'ouest, où le républicanisme 
était ardent et le dévouement sans bornes, oix ne 
peut dire si l'exaltation devint plus grande par les 
succès de la marine américaine, ou par les revers 
des armées de terre. Des levées considérables 
eurent lieu; on combattit sur les bords du iao 



**'e8 de^^*** «4«que^ """^ «Je cl ^*- 



D*AM£RIQUE. 245 

peak deax flottilles commandées par les lords Cock- 
bum et Beresfbrd, qui portèrent Tincendie et la 
dévastation sur les rivages américains, sans recher- 
cher des combats plus dignes de Thonneur de leur 
pavillon. Bientôt Tamiral Warren vint les ren- 
forcer dans la Chesapeak, et menaça à la fois toutes 
les villes centrales de la confédération. La vigou- 
reuse résistance qu'il éprouva dans diverses tenta- 
tives retarda pour le moment le succès de ses en- 
treprises. Le dései^ir s'était emparé des Amé-^ 
ricains: ils opposèrent aux Anglais incendiaires 
des moyens nouveaux de destruction ; la machine 
torpédo, qui, éclatant sous l'eau, anéantit tout ce 
qui est autour du point vers lequel on la dirige, fut 
mise en usage. Mais le commodore Hardy, qui 
commandait et guidait avec une rare modération 
les forces navales des Anglais dans le nord, adriessa 
de vives remontrances aux Américains, qui renon- 
cèrent à un moyen de défense aussi contraire aux 
usages de la guerre. 

Pendant ce temps, la frégate ïa Constitution 
prenait successivement un vaisseau et une (régate 
aux Anglais, et plusieurs autres bâtimens de guerre 
tombaient entre les mains des Américains, dont les 
corsaires désolaient le commerce de la Grande- 
Bretagne. C'était par des succès de tous les jours 
que la marine de l'Union répondait aux mépris des 
Anglais, dont les flottes, destinées seulement au 

x2 



216 RÉSVIIE DE L^HISTOIRC 

pillage, kogoeient les côtes du nord an sud, et po^ 
talent partout autant d*indignation que de douleur. 

Ces succès relevaient graduellement l'esprit 
guerrier de la nation, que trente ans d'habitudes 
pacifiques avaient amollie. Ds neutralisaient les 
efforts du parti fédéraliste, qui s'était- réveillé plus 
violent que jamais. Mais c'était inutilement qu'il 
éclatait dans le sein du congrès (déc. 1813) ; toutes 
les mesures nécessitées par les besoins de la guerre, 
les armemens maritimes, la défense du territoire 
furent votées à une grande majorité. Quelques 
prisonniers américains avaient été incarcérés sons 
le prétexte qu'ils étaient Anglais de nJEÛssance : on 
devait les juger comme coupables de trahison. Les 
Américains usèrent de représailles, et emprison- 
nèrent quelques Anglais. Le gouverneur du Car 
nada fit alors emprisonner des officiers américains, 
et comme les ordres du président commandaient 
la même mesure, bientôt tous les prisonniers de 
guerre fiirent arrêtés de part et d'autre. Cette 
circonstance amena d'inutiles négociations (1814), 
par lesquelles l'Angleterre voulait endormir la vir 
gilance du gouvernement américain. Mais la na- 
tion, que ses succès de chaque jour exaltaient in- 
cessamment, continuait de se préparer à défendre 
tous les points qu'elle supposait menacés. 

Cependant le peu de succès des armées de terre 
vers le nord avait afi&ibli la constance des états de 
cette partie de l'Union. Ds menaçaient de se sépa- 




rer de 1« fédération. Les finances étsient déla- 
brées, et nulle pB.rt le gouvernement ne pouvait 
donner de prompts secours aux provinces attaquées. 

Ce fût dans cet état de découragement que la 
nouvelle de la chute de Napoléon trouva l'Amé- 
rique. On ne pouvait se dissimuler que toutes les 
forces navales de l'Angleterre allaient Être portée 
en Amérique. Déjà elle parlait de recalonisalUM, 
On ne pouvait plus rien espérer de la France; 
" car, suivant toutes les apparences, son roi, comme 
dit un auteur américain,* ne devait pas être porté 
k voir de bon œil une république dont re.<(emple 
avait amené le bouleversement dont lui et les siens 
avaient eu tant à souffrir." Mais auEii il était évi- 
dent que l'Angleterre, qui repoussait toute propo- 
silion d'accommodement, voulait châtier l'Amé- 
rique et la soumettre; cette conviction réveilla 
l'énergie de In nation. Elle fàt convaincue que le 
monde entier avait les jeux sur elle et appuyait 
de ses vœux la cause de la liberté. 

Il ne s'ag-issait plus maintenant d'envahir le 

Canada, mais de défendre tous les points menacéa 

Déjà les Anglais étaient descendus sur le tac 

Champlain et avaient conquis une partie de l'êtAt 

rde Marne. Leurs flottes menaçaient le centre 

fl Étata-Unis, et au sud. déjà des préparatifs éta- 
VA faits, de concert avec les Espagnols, pour en- 

. ffîjUtri dt la fiurrg Ji 1819 i I81S, lOoig 



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D* AMERIQUE. SM9 

combattirent couragreusement et repoussèrent les 
ennemis avec une vigueur qui excita Tenthoa- 
siasme de TAmérique-Unie. Les Anglais avaient 
immédiatement évacué Washington; leur flotte, 
après cette expédition, mit à la voile et fut débar- 
quer des troupes à Pcnsacola, ville de la Floride, 
d*où Ton se proposait de porter la guerre dans Tin- 
térieur. 

Pendant ce temps, une armée .anglaise de qoa^ 
torze mille homn^es, sous les ordres du général 
Prévost, entrait sur le territoire de l'Union par 
la frontière du Canada. Elle avait pour but de 
réaliser l'ancien plan de Burgoyne, en isolant les 
états de l'est de ceux du centre, par l'occupation 
de la ligne de l'Hudson, jusqu'à New-York. Elle 
arriva bientôt sur le lac Champlain et marcha mu 
Plattsburg, petite ville voisine de' Burlington» 
Les Américains y avaient concentré les braves 
milices de Vermont, et la petite flotte M'Donnougfa, 
qui comptait plusieurs navires construits avec des 
arbres qui, dix-huit jours auparavant, croissaient 
sur les bords du lac Les Anglais avaient aussi 
une flotille commandée par le capitaine Downie. 
Les premiers navires ayant commencé le feu, ce 
fut le signal d'un combat général. La flottille 
anglaise fut prise, et l'armée' britannique, complè- 
tement battue, abandonna le siège de Plattsburg. 

Cette glorieuse aflkire rendit les Américains 
maîtres du lac Champlain, commeT ils l'étaient déjà 



250 RESUME DB L'HISTOIRE 

des lacs Erié et Ontario ; la frontière de ce côté 
cessa d'être menacée. 

Mais ce n'était pas seulement sur les lacs que 
leur marine faisait des prodiges : sur TOoéan, le 
vaisseau anglais le Plantagenet, de soixante- 
quatorze, refusait, le combat que lui ofiraîl là fré- 
gate le- Président, prise plus tard par une escadre 
ennemie ; et plusieurs vaisseaux anglais, pris dans 
- difieirens combats, étaient décorés du pavillon de 
l'Union. Les chances n'avaient pas été un instant 
égales depuis la déclaration de guerre, et l'Angle- 
terre ne comptait que peu de succès contre mille 
revers. 

Cependant les Indiens du sud étaient armés par 
les Anglais ; ils avaient fidt leur entrée en cam- 
pagne par un massacre affreux. Le général 
Jackson pénétra sur leur territoire et les battit 
plusieurs fois. Le combat de Horseshoe-ben4 
mit fin à la guerre avec ces peuples. Les Créecks 
posèrent les armes, et cédèrent aux États-Unis 
une portion de leur territoire. L'humanité de 
Jackson les consola de leur dé&ite et assura leur 
fidélité. 

Mais d'autres tribus étaient encore armées par 
les Anglais et les Espagnols de Pensacola. Jack- 
son,* qui avait augmenté son armée des milices de 
Tennessee, et qui avait pris position à Mobile, se 
porta sur Pensacola et s'en rendit maître après une 
Aible résistance, ' Ce fut \à q|a?i\ ie<^\it. la^ nauvelle 






que lord Cochrane metia<;«it d'invasion la Loniei' 
ane, depuis peu conaCittiée en état (1811.) II se 
rendit ù la Nouvelle-Orléans. Sa présence donna 
une étonnante activité au zèle ett«n courage des 
habituas. La vocation étonoonle des Français 
pour le métier des annea ne parut jamais aussi 
vivement que dans cette ciiconslance. Tous les 
citoyens forent bientôt prêts à combattre. Dn 
tbrban nommé LafHtte habitait prés des bouches 
du Mississippi. Sa tète uvait été mise il prix par 
Ib gouverneur âe ta Louisiane. Il eut la géné- 
rosité de repousser les offres que lui faisait l'Angle- 
terre pour trahir la cause de !s liberté. . Il fit plus, 
il vint défendre avec ses compagnons la ville 
d'Orléans (1§13.) 

Ijes Anglais, avec 15,000 hommes de troupes 
vieilles et aguerries en Europe, attaquèrent la 
place, où 60()0 vobntaires ou miljaiens, mal vëtUB 
et presque sans armes, attendaient le moment de 
mourir pour ta tiberté. Mais Jackson les commoQ' 
(lait, et ils étaient sans crainte. L'attaque flit ter- 
rible et k défense héroïque (8 jnnv.). Le com- 
mandant en chef lies Anglais, mnjor-génêral Paok- 
enham, parent de lord Welliuglon, fut tué sur la 
crête du g-Iacis. Cinq mille Anglais succombèrent, 
et le rctjte regBgna hooleusemeot ses yaisaeaiur, 
espérance de pouvoir rien tenter de long-temps. 

La jactance britannique avait été jusqu'à em- 
bord de cette esca'lift <\.m Çï^oai ^Iîs^.^» 



21^ RÉSUIIÉ DK l'HUTOUIE 

personnel du gonyemement civil à organiser dans 
le pays qu'on proposait de conquérir. Ces! ainsi 
que le eoura^ des Américains, enflammé et con- 
duit par le génie de Jackson, triompha de la plus 
grande expédition qu'eussent fidte les Anglais pen- 
dant tout le cours de la guerre. La reconnaissance 
de rUnion pour Jackscm fut égale à ses services: 
on ne le désigna désormais que sous le nom glo- 
rieux de héros de la NouveUe-Orléans. 

Pendant que ces choses se passaient, le congrès^ 
réuni sur la fin de l'année précédente, voyait 
s'éteindre les derniers germes de l'esprit de parti ; 
il approuvais à l'unanimité une décision de l'assem- 
blée de Pennsylvanie, qui censurait avec énergie 
le manifeste publié l'année d'auparavant par la con- 
vention convoquée par quelques états à Hartford, 
pour la réforme de la constitution fédérale et peut- 
être la séparation de la confédération. La propo- 
sition &ite par l'Angleterre aux États-Unis, d'a- 
cheter la paix au prix d'une partie de leur terri- 
toire, était repoussée avec indignation. On veillait 
à l'amélioration du trésor, à l'approvisionnement 
des années. 

Tel était l'état des choses, lorsqu'on apprit à la 
fois la victoire éclatante du général Jackson, et la 
détermination de l'Angleterre, qui, renonçant à ses 
injustes prétentions, consentait enfin à la paix. 
Elle avait été conclue à Gand, le 24 décembre 
1814, et fiit proclamée en Amérique le 22 février 




DAHERI^DE. 

1816. Le traité recannaissait aux Étate-Unis la 

limite du lac Hurun et du lac Supérieur (art. 
VlU.). U obligeait les deux tiatioiiB au démrine' 
ment des Indieas (art IX.), et engageait lea par- 
ties conlcactantes à unir leare efibrta pour l'aboli- 
tion de la traite des nègres (art. X.). 

Cette nouvelle fut accueillie avec des transporta 
de Joie dans toute l'Union. Tout présageait'une 
longue tranquillité. La guerre de 1765 avait été 
celle de la révolution ; celle-ci fut la guerre de l'in- 
dépendaace. Désoriaais la nulion mnéricabe n'a- 
vait plus rien à craindre. Elle avait éprouvé ses 
inetitutioaa et reconnaissait enHn unanimement 
qu'elles EufEsaient à assurer isa liberté, son repoe 
et sa dignité. 

L'issue de cette guerre mémorable acheva de 

ciraentcT l'union entre toua les citoyens. Elle 

marqua délînitjvement le caractère du peuple des 

États-Unis, et l'êleva vériiablement au rang qu'il 

I occupera désorinaîs parmi ica nations. 



254 B£SUM£ DE L^HHrrOIAB 



SECTION TROISIEME. 

HurronuB du sTATS-uma depuis la. paix de 1815 

jusqu'il noB jourii. 

Apkkb la p&ix de 1815, les partis ne se réveillè- 
rent paa daEis les États-Unis. Aucune agitation 
n'eut lieu sur le yaste territoire de la république. 
Les villes dç Test reprirent leurs relations commer- 
ciales, les provinces de l'ouest et du sud recom- 
mencèrent avec ardeur leurs travaux agncolesL 
Le gouvernement continua tranquillement sa 
marche. L'histoire des fidts d'une pareille époque 
ne peut être bien kmgue. (^.uelques lignes suffi- 
raient, si nous ne devions jeter un rapide coup 
d'ôeil sur les mœurs et les principales institutions 
d'un peuple qui marche à pas de géant vers sa ma- 
turité. 

Pendant la guerre, le commerce avait été ruiné. 
Les douanes n^avaient rien produit Les taxes 
intérieures avaient été renouvelées et augmentées. 
Plus de 60,000,000 de dollars avaient été empruntés 
par les états particuliers, dont les banques avaient 
presque toutes suspendu leurs paiemens en espèces. 
Le trésor de l'Union avait émis pour 20,000,000 de 
dolL de papier-monnaie ; en un mot, la dette, au 
1* janvier 1816, s'élevait à 130,000,000 de dollars. 



1 



» &XERI4VE. 256 

L& paix ramena k jiroapérilé dans les finances 
de rUnioo. La, ri'diictioD de l'armée k iljx mille 
hommes, k reprise du corntnerce, la plus bcile 
perception de i'ïmpât augmentèrent les revenu». 
Une nouvelle banque des Étata-Uois fut êlablie. 
La caisse d'amortissement fut plus richement 
dotée. Des tbnda furent assignés à la construction 
d'arsenaux et de fortijications ; et, malgré cet 
accroissement de dépense, on vit la dette publique 
marcher rapidement vers une extinction complète. 

Cependant tout était changé en Europe. Un 
envoyé français se rendait à Saint-Domingue pour 
y jàirc des propositions d'accommodement aux 
Haïtiens, et Christophe en appelait des prétentions 
de k France à son ëpêe et à eon peuple. Eo 
même temps de nouvelIesdiBCussioas commerciales 
s'élevaient entre le cabinet de Paris et celui da 
Washington. Elles niiinirent long-temps aux 
intérêts des deux peuples, et écartèrent les répub- 
licains de nos porta. Ceux-ci réclamaient les in- 
demnités qui leur étaient dues par suite des dépré- 
dations résultant des décrets de Berlin et de 
Milan. Ils eussent tout obtenu peut-être ai, 
avant la chute de Napoléon, ils avaient voulu 
mettre une seule frégate dans les rangs de noa 
ennemis. Tls ne l'avaient point fait : ils ne furent 
point compris dans la liquidation imposée par k 
coalition. 

Monroë venait d'être fait président de k réputé 



256 RÉSUME DE L'HISTOIRS 

lique. H arrivait au timon des affitires au moment 
où toat florissait dans l'état Sa douce adminis- 
tration se tourna tout entière vers les institutions 
dont la nation pouvait encore manquer. ' Sa pre- 
mière présidence fut marquée par tant d'heureux 
travaux que la nation reconnaissante l'élut une 
seconde fois à la première magistrature de l'Ëtat, 
avec une telle unanimité de sufl^rages qu'il ne lui 
manqua qu'une seule voix dans toute l'Union 
(1820.) L'heureux résultat de cette élection 
démontra l'entier anéantissement du parti fédé- 
raliste ou de l'opposition, dont les forces, depuis la 
présidence de John Adams, qui lui appartenait, 
avaient toujours été en déclinant Depuis lors, 
la même unanimité d'opinions s'est perpétuée dans 
l'Amérique, au milieu des intérêts souvent si op- 
posés de peuples qui vivent sous des latitudes 
difierentes, et dont les mœurs, les besoins, l'indus- 
trie varient selon la différence de leur origine et 
le climat qu'ils habitent 

Les peuples de l'est, dont les pères furent appelés 
en Amérique par l'amour du commerce, ont con- 
servé leurs habitudes. Un sol ingrat et sablon- 
neux, qui s'étend fort avant dans les terres, semble 
leur prescrire de ne pas regarder l'agriculture 
comme leur première industrie. Ce sont ceux 
qui approvisionnent l'intérieur des produits étran- 
gers et qui fournissent des marins à l'état La 
population du centre est manufacturière à la fois 






DÂHERlqUS. 257 

et Bgricole ; celle àe l'ouest et du sud, répandue 
sur une surfiice immense de teireine fertiles, est 
purement agricole. Quoiqu'elle ne comprenne 
pas le tiers de la population totale de l'Union, elle 
occupe les trois quarts de la surface du pays. A 
mesure que le gouvernement a acquis ces immenses 
légions, il les a divisées en territoires, à l'ad- 
ministration desquels il veille. Chaque territoire 
ayftnt cbq mille Imbitans mâles et libres a le 
droit d'envoyer au congrès un délégué, qui prend 
part aux débats, mais qui ne peut voter. Lorsque 
la population du territoire s'élève à soixante mille 
âmes, il est autorisé à convoquer une convention pour 
établir sa constitution particulière, et prend place 
dans la contëdération comme république indépen- 
dante. < Dons ces contrées oix la culture et l'indus- 
trie pénètrent pour la première fois, la multiplication 
des individus est prodigieuse ; et telle population 
de cinq mille citoyens, établie en territoire, qui 
doit s'élever à soixante mille pour Ibrmer une ré- 
publique, dans l'Union, passe souvent en peu d'an- 
nées du premier état au second. C'est ainsi que 
le territoire it'Uiinois, constitué en IBOl, a été 
admis dans l'Union en 1S18. Indiana, formé en 
territoire à la même époque, fut également admis 
dans l'Union en 1816. U semble que la nature, 
tyli précipite avec une efirayante rapidité l'extinc. 
de la race indienne, veuille multiplier les 
imea blancs dans une proportion plus étonnante 



256 RESUME DE L'msTonuiB 

encore. De 1810 à 1820 la population des États- 
Unis s'est accrue de deux millions quatre cent 
mille individus, c'est à-dire du quart de la pc^nila- 
tion totale. 

Cependant d'autres territoires, d'autres états 
s'organisent encore. Pendant que l'état de Mis- 
souri est admis dans l'Union (1820,) le territoire 
d'Arkansas (1819,) placé un peu plus au sud, ceux 
de nord-ouest et d'ouest, peuplés par deux cent 
mille Indiens, et par une race mélangée d'origine 
française, se préparent à prendre place à leur tour 
dans la confédération. Déjà dans le sud, celui 
d'Alabama, acheté des Indiens Choctaws en 1811, 
est formé en état (1817.) De ce même côté, une 
des républiques les plus intéressantes de l'Unioii 
s'élève rapidement, c'est la Floride. Elle avait 
été le théâtre des hostilités pendant la dernière 
guerre, et les États-Unis en avaient occupé mili- 
tairement une partie. A la paix, ils entrèrent en 
négociation avec l'Espagne pour la cession de la 
Floride. Cette puissance craignait de placer, si 
près de ses possessions des Antilles, des voisins 
aussi puissans. La négociation allait lentement ; 
pendant ce temps, des événemens multipliés se 
passaient en Floride, et l'on y reconnut encore les 
trames de l'Angleterre, toujours active à soulever 
les Indiens contre les États-Unis. Enfin le traité 
de 1820 transmit à ceux-ci la propriété de cette 
provincOf et le général Jackson vint en prendre 



possession ; l'année suivante (1821) elle fut organ- 
isée en territoire. Cette posBefflion étent! la fkm- 
tiéra àes Etats-Unis just^u'au canal de Bahama, et 
leur donne sur le golfe du Mexique une ligne de 
eûtes, qui se joignent, par le territoire d'Ouest- 
Floride et les ÉtAts d'Alabama, de Misaissippi et 
de Louisiane, avec celles de l'empire du Mexique. 
Ainsi le pavillon de la république-unie flotte 
depuis les bords de l'indépendance espagnole joa- 
qu'auxrivageeseptentTionaaxdelanouvelleEcoeBe. 
Sur ce pavillon, treize bandes alternativement 
rouges et blanches, rappellent la confédération dee 
treize premiers états; nn nombre d'étoiles blan- 
cbes, égal a, celui de tous les états actuels de 
rUnioir.paraérne le fond bleu qui couvre un des 
coins du pavillon. A de courts intervalles de 
temps, l'Amérique salue les nouvenux astres qui 
viennent le décorer; elle applaudit A. ces coi^ 
quêtes, que la civilisation seul a faites, puisque des 
Iraiiés conclus pendant les dernières années* avec 
des Indiens de diverses tribus, leur assurent une 
indenmitê annuelle pour prix du territoire qu'ils 
ont cédé. 

C'est ainsi que la république gagne incessam- 
ment en étendue, en populatioo, en puissance. 
Déjà vingt-quatre états sont constitués sur des ba- 
ses entièrement en harmonie avec les principes de 

• Ceui do CbicafD, d'EdirudcïUla «I ds Bialiuiw, bit! an 



260 RESUME DE L'hISTOI&B 

k constitation fédérale, et le républiGanisme le 
plus ardent caractérise surtout les populations nou- 
velles. 

Comme elles s^accroissent incessamment et que 
le nombre des députés se multiplierait trop, le con- 
grès, qui avait déjà à deux reprises augmenté le 
nombre des individus que chaque député peut re- 
présenter, a décidé par un acte du 3 mars 1823, 
que cette fraction serait désormais de 40,000. 

Nous avons fait connaître ailleurs sur quelles 
bases repose le gouvernement central de FUnion ; 
mais nous ne lèmpiirîons qu*impar£iitement la 
tâche que nous nous sommes imposée, si nous nV 
chevions pas d*esquisser le tableau de l'organisa- 
tion sociale de l'Amérique, en rappelant les princi- 
pes sur lesquels sont établies les constitutions des 
diverses provinces. 

Lorsque les treize colonies unies déclarèrent 
leur indépendance et s'organisèrent en états libres, 
onze adoptèrent la distinction du pouvoir législatif 
en deux branches. La Pennsylvanie et la Géorgie 
maintinrent seules l'unité de la législature. On 
pensait, dans ces contrées, que la nation n'étant 
pas divisée en deux classes, une seule chambre 
devait suflSre à la représenter. Franklin même 
avait été de cet avis; mais, plus tard, qes deux 
états adoptèrent la division de la législature en 
deux branches, soit que ce fôt comme gage de la 
maturité des décisions soit que ce fût retour aux 




habitudes contractées soua la dépendance de l'An- 
gleterre ou imitation de la constitution Edérale. 
Il est certain du moins que celte institution ne fut 
pas due au besoin de représenter une aristocratie, 
qui n'existe heureusement point en Amérique. 

Il est il reinan]uer que les états de New-Harap- 
shire, de Pennsylvanie, de New- York et de Mie- 
Bouri sont les seuls où la base de l'élection soit ab- 
solument la mf me que celle de la constitution fédé- 
rale; les seuls où la nation élise les députée d'a- 
près la population, tandis que chaque district nom- 
me un sénateur. Lk les intérêts locaux sont com- 
plètement distincts des intérËis généreux, et con- 
courent avec eux à la formation de la loL 

Dans les autres états de l'Union, la branche sé- 
natoriale de la législature ne représente pas des 
inCéréts aussi distincts, et il eût peut-être été in- 
diffèrent que le pouvoir législatif n'eût eu qu'une 
chambre, comme celui de Vermont Ce n'est pas que 
dans tous ces étals l'existence des deux chambres ne 
eoit justifiée par des attributions sociales et un but 
politique ; mais ce but et ces nttributione ne parais- 
sent pas toujours, au premier abord, assez impor- 
tons pour nécessiter l'existence du sénat Ces 
états ayant d'ailleurs perdu, par leur association 
avec les autres et !a création du congrès fédéra], 
une partie de leur souveraineté, telle, par exemple, | 
que le droit de faire la paix ou la guerre, l'action 
. modératrice du Bénal,Bl utile iiia é\».\. "is^fei-wi 



263 KÉ0UMK DK L^mmoiBS 

aemble-i-eUe pas maintenant sans nécessité ansa 
réelle ? Peut-être que le ^mps n^est pas éloigiié, où 
la crainte de voir en?anr le sénat par une clane 
quelconque de la société qui voudrait se constituer 
en aristocratie, fera abolir la chambre haote dans 
les états particuliers. 

Comme il a fidlu que les deux chambres ne fus- 
sent pas exactement de même origine, le Massa- 
chusetts a &it élire un sénateur par chaque dis- 
trict, et un député par chaque commune. Dans le 
Maryland, la nation élit directement ses députéi^ 
et délègue à des électeurs le droit de choisir le 
sénat, qui se rapproche davantage de la chambre 
haute. Dans la Caroline, le droit électoral n'est 
acquis qu'aux propriétaires de cinquante acres de 
terre. 

Partout ailleurs Télection est directe et popu- 
laire; partout ailleurs il suffit d'être citoyen du 
pays et de payer l'impôt pour être électeur des re- 
présentant Le Vermont même a été plus loin, 
et n'exige dans l'électeur qu'une moralité recon- 
nue, avec la résidence d'une année ; et, ce qui ne 
surprendra personne, c'est que les habitans de cet 
état sont non-seulement les plus démocrates de 
l'Union, mais encore les plus renommés par leur 
nationalité fédérale. 

Sur les vingt-quatre états constitués de l'Union, 

sept ont adopté la propriété territoriale ou mobi- 

lùUre, pour condititiHi d'êligibilUé au sénat seule- 




ment, ou bux deux brancbes de la législature.* 
Mais dans ces élais, ii l'an en excepte leNew- 
Hampahire, cette soite d'aristocratie doit son ori' 
gine à la présence de la populatbn noire et muM- 
tre. Douée de moiuB d'activité que la population 
blanche, dont lea intérêts ne ae fondront que lante- 
rnent avec les siens, elle est presque aussi nom- 
breuse, et la sûreté publique a esigé des gaian- 
tieB.t D'autres causes moins importantes ont con- 
tribué à donner cette forme à l'êlectioa. Celles 
des provinces qui l'ont adoptée le plus ancienne- 
ment étaient plus rapprochées que lea autres étata 
de l'Union des classifications et des habitudes an- 
glaises; et, dans les nouveaux états de Louisiane, 
de MisaÎEsippi, de Tennessee, qui furent autrefois 
colonies françaisca, les miBurB avaient une légère 
teinte de l'ancienne aristocratie de la France. 
Heureusement cette légère dèviatmn des vrais 
principes américains n'est point irréparable; lad 
stats de l'Union ont tous la faculté d'améliorer leur 
constitution en convoquant une convention qui a le 
droit de mettre les lois en harmonie avec lea 
mœurs et lea besoins des peuples. Ches les Amé- 
ricains, les institutions ne sont pas plus station- 
naires que la civilisation, et aucun ptéjugé de fk- 

• NewIlaoïinliirB.— CaroriBB N.— Caroline 8.— Georgi».— 
t Loa Hit Etaii Mià indiqui^t compisDt 1,DKA33 blano st 



yreat ne i^attmclie de préférence aux usages et tint 



L*électioii a partout été réglée, qoant à sa durée, 
sor les intérêts locaux. Le plus généralement, 
elle est d'un an pour les représentans. La Caro* 
line du sud, la Louisiane, le Tennessee et l'Illi' 
nois élisent les députés pour deux ans. Les séna" 
teurs sont élus dans plusieurs étals pour un an j 
mais dans la plupart ils le sont pour deux, trois et 
quatre annéesL Bans le Maryland, l'élection a lieu 
pour cinq ans. Selon sa durée, les sénateurs sont 
généfalement renouvelés chaque année par mûtié, 
tiefs^ quart ou cinquième. 

Le pouvoir exécutif se compose d'un gouver- 
neur, presque toujours assisté, ou, comme onl'a dit, 
entravé par un ccxiseiL L*un et l'antre sont choisis 
pour un petit nombre d'années par le peuple, et 
quelquefois par la législature. Dans le seul état 
de New- York le gouverneur fidt lui-même partie 
de la représentation nationale. Accoutumés à une 
grande somme de liberté^ les Américains ne délè- 
guent à leurs gonvemeurs que le moins d'autorité 
possible : aussi la nomination aux emplois publics 
a-t«lle lieu dans presque tous les états, par le vote 
combiné des deux chambres législatives. C'est 
cette même inquiétude de liberté qui a fait admet- 
tre dans toutes les constitutions qu'un citoyen, 
tenant un emploi salarié du gouvernement fédéral 
OU de celui de Véltal yaVÂgaalier, ne ^[^ourrait être 



éln membre de la législature de l'ét&t ni de 

l'Union. 

Le pouvoir judiciaire est orgsuiaé dana chaque 
état confonnément à ses besoins, et, psr une faen- 
reuse prévoyance de la constitution fédérale, les 
décisions judiciairea d'un État sont exécatoiresduia , 
tons. ÏA cour eaprême des États-Unis est nne 
espèce de jury national pour tous les cas gnrea, 
qui ne peuvent être du ressort de la justice dW 
état particulier. 

La traite des noire, cette It'pre de l'Amërique, 
evait été défendue par le congrès fédéral plus de 
douze ans avant que le parlement britannique l'iii> 
terdtt; et ce congrès était composé, en grande 
partie, d'hommes qui possédaient des esclaves. Db 
firent admettre l'abolition pure et simple de l'es- 
clavage dans la constitution de tous les nouveaux 
états. Dans les autres, la loi fijia la marche pro- 
gressive de l'affranchissement des esclavee. Dana 
le nord, les écoles sont ouvertesaui noirs. Dssont 
reçus dans la même église que les autres citoyens. 
Leurs mœurs, encore éloignées de celles des blance, 
■'en rapprochent graduellement, et beaucoup e:t- 
«leent déjà leurs droits politiques. 

Toutes les constitutions particulières proclament 
]a liberté absolue de conscience: aussi le nombre 
des sectes religieuses est-il considérable ; la tolé- 
nnce les multiplie encore. Les plus remarquables 
■Mt celle des Quakers, dont noUBBvooa déjà parlé; 



206 

celle des Monves, aaan pacifiqwi qii*eiu^ et qfH 
se vouent surtout à la c unvewi oBL des SMXVBgeB; 
enfin celle des Unitaires, qui ne rniniiMJiinl pM 
trois personnes en Dieu. Le clergé^ putMit oui 
influence, ne songe point à réveiUer lei pMwiomi 
et r Amérique, autrefois en proie muz discofdea 
religieuses, ne peut plus les connaître déflonnai& 

La liberté de la presse, ce premier bien&it d'un 
gouvernement libre, doit les en garantir pour tou- 
jours. Le nombre des journaux de llJniaa est 
infini Une feuille firançaise* en porte le nombre 
à cinq cent quatre-vingtrdix-huit Sans doute ce 
nombre est exagéré ; mais les Annales des Etate- 
Unis pour 1823 comptent soixante-onze feuilles 
politiques quotidiennes. Les états les plus nou- 
veaux, quoique établis au milieu des déserts, en 
ont au moins une. La Floride, le Michigan, le 
territoire d^Arkansas, presque inhabités il y a dix 
anis ont un journal politique. 

Le bienfait de l'éducation est également ré- 
pendu parmi tous les citoyens. Chaque commune 
dans les états de Test et dans New- York a une 
école gratuite, où tous les enfàns sont admis. 
Quarante-huit universités reçoivent ensuite ceux 
qui ont besoin d'études plus étendues. Le col- 
lège de West-Point, sur THudson, établi en 1822, 
et semblable à l'Ecole Polytechnique de France, a 
le double avantage de répandre les connaissances 

* Le Journal do Paru, du S mai 18SM. 



D AMFJtlttOE. 

militairee dans toute l'Union, et de nourrir l'élite de 
la jeunesse des mêmeH principes et du mÉme h 
pour la république. 

Tandis que là se forment de bons citoyene et 
d'excellena olKciera àa génie, les pêcheries de 
Terre-Neuve, patrimoine naturel des Aniêric&ine, 
deriennent k pépinière de leurs intrépides m 
que la pèche de la baleine, le commerce d'Europe 
et d'Asie achèvent de perfectionner dans l'ail dilfi~ 
cile de la navigation. Le caractère de la législa- 
tion générale est extrêmement doux. Jji peine 
de mort est rarement appliquée. On t'inflige à 
ceux qui Ibnt la (raite des noirs, La peine la plus 
sévère, après celle-là, est la prison solitaire. C'est 
le secrel, avec cette difleience qu'il n'est point ap- 
pliqué à la manière de France, comme torture pré- 
paratoire et de précaution ; on ne le subit jamais, 
en Amérique, qu'en vertu du jugement qui le pro- 
nonce. Cette peine, si simple en apparence, pa- 
Boumis les caiactéres les plus indiaci- 
.bles. 

LodératioD universelle dans les lois, la liberté 
de penser, de parler, d'agir donne aux Américains 
une vigueur d'esprit surprenante, et une légère 
rudesse de caractère qui choque parfois l'Européen. 
L'Américain parle du gouvernement comme d'une 
chose à lui. Il s'identifie avec l'élat: "JVbu» 
ivons fait la paix ou la guerre, dit-il ; noui allons 
âixe noire président." 



208 KEmmx db i/HrarcMRS 

Les Américains ont résola le proUéme si loii|^ 
temps étudié du meilleur gouvernement, organisé 
à moins de frais. Sous Tinfluence de lois s^^ei^ 
leurs finances, délabrées, dés l'origine, par la guerre 
de la révolution, se' sont graduellement rétaUieflL 
Elles sont aujourd'hui à un tel point de prospérité, 
que les recettes de 1883 ont présenté sur les dé- 
penses un excédant de plus de 37 millions de francs. 
Les dépenses totales du gouvernement central ne 
s'élévant pas annuellement à plus de 85^000,000 
de fr. ; c'est le quinzième de celles de l'Angleterre^ 
et le dixième de ce que coûte le gouvememQit 
actuel de la France. Mais si, pour être plus exacte^ 
nous réduisons nos calculs d'après la proportion de 
chacune de ces puissances,* nous aunms pour ré- 
sultat une dépense comparée de deux tiers moin- 
dre que celle de la France, et de sept huitièmes 
inférieure à celle de l'Angleterre. Si nous com- 
prenons dans notre calcul les dépenses particulières 
d'administration de tous les états de l'Union que 
l'on évalue à trois millions de dollars environ, 
l'avantage du budget américain ^ur celui des puis- 
sances européennes reste à peu près le même. 
Tandis que la France sonsacre à la seule liste civile 
environ 33,000,000,1 le président des Etats-Unis, 

* Angleterre 1,500,000,000 de francs pour 16 millions d'babi- 
tans ; Franco 900,000,000 pour 30 millions d'habitans ; Amé. 
rique 85 millions pour 9,600,000 babitans. 

t Le roi d'Angleterre n'en reçoit guère que 11,000,000, sur 
JbesquelB 1,200,000 francs seuls ne aonl. »\i^«u «i «.>M3ixu«QiiAsMft« 




D'AMJIRiqDK. 



qui mirche l'égal de tous les souverains, reçoit une 
simple indemnité de 1:10,000 fr. Les miaistres 
n'ont guère plus de 30,000 fr. de traitement; et 
ce n'est que pour satisfaire aux usages fastueux 
des coure d'Europe, que les ambassadeurs de la ré- 
publique prés des graadea puissances, reçoivent 
une somme plus considérable.* 

Une économie semblable s'étend à toutes les 
bruicbes de l'administration publique. L'extrËme 
rédaction de l'armée pennanejite, dans ce pays où 
tout citoyeQ est soldat, allège le trésor d'un poids 
considérable, et les forces navales, qui, dons la 
dernière guerre, ont battu si souvent les escadres 
anglaises, coûtent à la république un quatorzième 
de ce que dépense la marine britannique.t Le se- 
cret de ce gouvernenient, qui veut être riche, non 
par ses agens, mais par son peuple, c'est de n'avoir 
pus de luxe de représentation et par conséquent 
pis de einécures. L'on en compte d'autant moins 
chez lui, que tout salaire payé par l'état excluant 
celui qui le reçoit des fonctions législatives, les 
citoyens tiennent à n'être point frappés par cette 
prohibition; les hommes y gagnent en considéra- 
tion et le trésor en économie. Tandis qu'en Eu- 
rope les gouvernemens croient augmenter leur 
force en multipliant les emprunta, en se frappant 



mataellement de solidarité pécuniaire, en com- 
promettmnt dans leor cause le plus grand nombre 
pofldUe de fortunes, le gouyemement américain 
réserve son crédit pour des temps de véritable dan- 
ger : il amortit de jour en jour la dette créée par 
la révolution ; il ne croit pas être isolé de la natkm, 
parce que les finrUmes privées sont indépendantes 
de son pouvoir. Le système financier d'Amérique 
est organisé en sens inverse de celui qu'adoptent 
aujourd'hui tous les grands états de TEurope ; chez 
lui le gage de la dette existe, et l'homme raison- 
nable ne voit point le trésor de l'état, sem- 
blable au tonneau des Danaïdes, engloutissant 
tout, sans espoir qu'il puisse jamais être assu- 
jéti à une balance égale entre les besoins et les 
ressources. 

Une pensée, qu'ils n'avouent pas, dirige au- 
jourd'hui plusieurs cabinets. Us savent que les 
grandes révolutions, qui reconstituent les états sur 
un plan entièrement neuf, sont plus difficiles là où 
un énorme budget rattache une foule de salariés à 
l'autorité, là où presque toutes les fortunes mobi- 
liaires ont leur principe de vie dans le système de 
finances du gouvernement Plus le nombre de ces 
in tcres s cs augmente, plus le| renversement de ce 
qui est parait difficile. C'est sur cette déception, 
passée en principe, qu'est fondé tout le code poli- 
tique de ceux qui ne gouvernent pas dans les véri- 
tâbles intérêts des nations; mais comme on tel 



jtat de choBea déshérite presque toujours la, majo- 
lité du peuple de plusieurs de aee droits, le nombre 
des ennemis du système s'accroît û mesure que ce 
ayitème s'étend. AJors se préparc toujours pour 
l'arcnii une lutte inévitable eutre les intérêts légi- 
times et les intérèlfl de coDvenlion, lutte dont l'ia- 
sue est toujours à l'avantage des peuples, qui ne 
peuvent Jamais être ruinés par une faUlite de gou- 
vernemenL Mais, de nos jours, les gouvernemena 
ne résisteraient plus eux-mêmes à de pareilles ca- 
tastrophes, s'ils n'avaient d'autres racines dans les 
nations que les tînonccs. . Le gouvernement dea 
États-Unis en a de plus profondes ; ce sont l'utilité, 
et la sûreté de tous, rattachées par des lois sages à 
la forme actuelle du gouvemeraent ; ainsi iLjtrrive 
à uD résultat plus avantageux par des moyens plus 
simples à la fois, plus OMumux et plus sûrs : il est 
donc plus solidement établi comme organisation 
sociale que les gouvernemons d'Europe. 

Il a de plus qu'eux une foule de ressources, et 
surtout celle des impôts, qui chez lui ne sont pas 
poussées au delà de toute proportion avec la pro- 
duction. Jusqu'ici les taxes n'ont point porté sur 
la propriété territoriale; mais, ijuelle que soit la 
répugnance des Américains pour ce genre de OOB- 
tributions, sans doute le temps n'est pas éloigltâ 
OÙ il sera établi. 
E La politique de l'Europe multiplie les soldats, et 
Kb tient prête à tout événement au milieu de peu- 



8TII kesume de L^HurroiRE 

|de8 paisibles: le gouvernement de rUnion de- 
meure sans gardes au milieu de la fiation en armes» 
Nos cabinets cachent les secrets de leur diplomatie» 
et marchent à leur but par des voies lentes et dé- 
tournées : le pouvoir exécutif de l'Union, d'accord 
avec le ccmgrès, publie les journaux secrets de sa 
diplomatie. Cette organisation sociale peut par 
rattre vicieuse aux habitués du despotisme euro- 
péen ; cependant elle ne favorise chez l'Américain 
ni l'esprit de parti, puisqu'il est complètement 
éteint, ni les séditions, puisque depuis quarante- 
sept ans de Tépublique pas une seule conspiration 
n'a éclaté contre le gouvernement Quelle est 
celle des grandes puissances qui pourrait se flatter 
du même avantage? 

n y a dans le bien une sorte d'influence conta- 
gieuse. Le voisinage des Etats-Unis pouvait ré- 
veiller les peuples du Canada, qui ne sont pour 
l'Angleterre qu'une garde avancée en Amérique ; 
il a fallu les séparer d'elle. Persécutrice des ca- 
tiioliques en Irlande, l'Angleterre les a protégés 
spécialement dans le Canada. Dans cette province, 
la religion romaine est favorisée, les évêques jouis- 
sent d'un grand pouvoir, l'ancienne noblesse de 
France est en crédit Ainsi la politique anglaise 
oppose aux mœurs libres des Américains les pré- 
jugés des Canadiens, qui ne jouissent même pas 
des bienfaits de la constitution britannique. Les 
lacs du nord et le fleuve Saint-Laurent sont une 



d'amÉbique. 278 

buTÏère trop Ikible entre la colooie anglaise et lea 
états de l'Union; c'est dans l'e.vtstence morale du 
peuple que l'Angleterre ezi a cherché une plus 
&rte. Aussi la civilisation du Caitada est-elle sta- 
tionnaire quand tout Je reste de l'univers s'avance, 
quand la Louisiane, autrefois aussi colonie française, 
n'accroît rapidement en population, en industrie, 
en richesse. 

On avait cru l'Amérique trop libre, et; la liberté 
ne l'a point tourmentée. On l'avait trouvée trop 
pacifique, et elle a lutté contre l'Angleterre. On 
la disait trop grande, et eou étendue a augmenté 
les liens de l'Uunion. Cotnbiefl est diâerente au- 
jourd'hui celte terre civilisée de ce qu'elle était il 
f a trois cents ans, lorsque Jem Cabot 7 toucha, 
pour la première iôis! A la place des solittidea 
immenses qui la couvraient, des champs fertiles se 
déploient dans loute son étendue. Une population 
rare, Jàihie et sans énergie a été remplacée par 
une nation plus nombreuse, active et vaillante. 
■L'ignorance de see premiers peuples était égale à 
leur férocité. Une nation instruite et humaine 
la couvre. Les progrès de la civilisation chez 
l'Américain étonnent l'imagination. Son indu»< 
trie se développe avec rapidité. Déjà des canaux 
s'ouvrent de toutes parts, et le commerce aura 
bientôt des communications établies entre tous les 
fleuves navigables de l'Amérique du nord. Lea 
L luences sont cultivées avec succès, et Franklia 



Pavait prapré depuis king'-temps^ C'est en Améri- 
que que plusieurs des principales découvertes qui 
honorent notre époque eut été &ite& CTest chez 
elle que les premiers pcmts suspendus, qui fixent 
en ce moment Tattention générale, ont été mis en 
usage. Sa littérature devient intéressante et 
variée. Ses poètes et ses romanciers sont à la 
hauteur du genre des Bynm et des Walter Scott 
Ses peintres promettent une école digne des 
grandes scènes qu'offire la nature dans un pays 
neu£ 

Pendant que les États-Unis se développent avec 
une vigueur toujours croissante, de nouveaux gou- 
vememens sont fimdés à leur exemple dans les 
deux Amériques. Dans celle du sud, les colonies 
espagnoles sont devenues indépendantea Dans le 
Chili 0*Higgins, à Colombie Bolivar, ont proclamé 
la république. Ce dernier, non content de donner 
la liberté sur les bords du golfe du Mexique, va la 
porter dans le Pérou. Le Brésil abandonne à son 
tour le Portugal, et forme un empire constitution-' 
neL Dans l'Amérique du nord, le Mexique, voisin 
des États Unis, s^agite, non plus pour une indé- 
pendance facilement conquise, mais pour obtenir 
un (gouvernement stable. Partout la colonisation 
tombe en ruines. L'Amérique et l'Europe sem- 
blent ainsi se partager le système politique du 
monde. De ce côté de l'Océan, les monarchies se 
eoDBolïdeni à l'abri des chaitee et des Gonstitutions 



STO 



tcprésenlatiïes, palliatif de moderne invention 
contre les agitations démocratiqaes, de l'autre 
côté s'êlèTent dos républiques sans aristocratie, 
contre laquelle il n'; a pas de remède. Ici c'est 
la décrépitude et la curruptïon des peuples usés, 
là c'est la vigueur et l'activité des peuples nou- 
veaux. L'Europe cuenace l'Auiérique du privi- 
lège ; l'Amérique menace l'Europe de la liberté. 
Des deux côtés de la raci une ligue doit être 
formée. 

Déjà plusieurs fois des patriotes ardens avaient 
sollicité du congrès de l'Union la recouuaisBance 
solennelle des républiques américaines. Ce ne fut 
cependant qu'en 1823 que le gouvernement fêdéral 
reconnut celle de Colorobic. Les autres le seront 
bientôt; la similitude de position cimentera l'aniitié. 

Sans doute si la politique européene veut que 
ces républiques soient attaquées, les Étnts-Unis 
prendront part à la lutte. Le syatème monarchique 
ne peut s'établir sur leur hémisphère, et ai près 
d'eux, de leur consentement. 

Une grande question va doue peut-être se dé- 
cider. Les républiques modernes passeront-elles, 
rt'duitea par la force, sans que le monde ait pu 
faire l'expérience de leur mérite et de leurs dê- 
làuts! Sans doute la haine que leur ont vouée le 
_ despotisme et l'aristocratie, les deux grands fléaux 
mffif la société humaine, serai - t une présomption 



STB REfluvÉ 1» l'hutqirx 

Buffisante de leur excellence ; mais si rexpéritm 
n*a pas eu assez de durée encore pour cooitiU 
légalement cette supériorité; si un denû-ûèek 
est peu pour une telle expérience; remarqiNDi 
toutefois qu'aucun de nos gouvememens d*Eonpe 
ne nous offire dans un même espace de tempe 
autant de choses utiles faites, avec aussi peu de 
fautes commisea Espérona donc que Ton ne sof* 
pendra point de si tôt nos études à cet égard, et 
que le temps nous réconciliera enfin i^yec les lé* 
publiques. 

(18S4) Pendant que l'orage semble se préparer 
dans Fancien monde contre TÂmérique du sud et 
le Mexique, TAmérique-unie est attentive. Elle 
sait que Tasile qu'elle ofire à tous les proscrits est 
un aiguillon de plus pour ses ennemis; que les 
Anglais de tous les partis souriraient à l'espoir de 
la recoloniser ; que l'alliance des rois ne sauiait 
vivre en paix durable avec l'aliiance des peupleSi 
Elle prépare donc, à tout événement, ses arsenaux^ 
ses marins, ses milices. Pour prévenir le retour 
d'événemens semblables à ceux de 1814, les EtatEK 
Unis, maîtres de la Louisiane et de la Floride, en 
fortifient les côtes. Le général français Bernard» 
compagnon d'armes de Napoléon et maintenant 
citoyen de l'Union, trace les plans d'après lesquels 
une foule de points de défense sont établis sur les 
baies de Delaware et de Chesapeak et sur l'Hud- 



an ^ 



soD. La frontière du Ca.nadH est couverte. Prés 
des grands Id.cs, les fort^ du sud et surtout celui de 
MichilimackinDC, situé au point de jonction du )&c 
Huron et du lac Michigan, assurent la ftontiêre 
contre l'invasion des Indienâ du nord. Ainsi tout 
est pr6t pour résister à des forces combinéee qui se 
présenteraient sur plusieurs points. 

Mais le plus grand moyen de défense de l' Amé- 
rique, c'est le BCntiment de sa propre force et la 
connaissance des bommes qui peuvent la sauuel. 
Dans peu de mois* un nouveau président sera êltL 
Tout fait présager que parmi les candidats remar- 
quables qui sont préfentés, la nation américaine, 
prévoyante autant qu'énergique, saura trouver un 
homme aussi constant que Washington, ausai actif 
que La Fayette, aussi populaire que JefTerson, un 
génie à la mesure des grande évênemeus dont un 
avenir prochain peut menacer It république. 

Telle est, jusqu'à ce jour, la série des faits his- 
toriques relftlifa aux Etals-Unis d'Amérique. Nous 
n'avoBs pu jeter qu'un rapide coup d'œil sur leurs 
constitutions, leur régime BOcial,|.lcB mœurs de 
leurs citoyens. Sans doute nous laissons beaucoup 
h dire aux écrivains qui viendront après nona. 
Mais notre ustoibe pourra servir à jalonner leur 
route : cela noue suffit L'hislobe des institutions 

n peuple qui est foin encore d'avoir atteint tout 



2 A 



978 h^EumoMM D^AirstfHivlB. 

■on développement de poiasuice n'est pas l'affiir^ 
de quelques pages. Honneur à ces insdtntioii^ 
qoi le ganntinnit de la maladie morale des autres 
peuples» Pégoisme, et qui feront triompher loog* 
temps le grand principe de sa jeanesse et de sa 
force, Tarnoor de la patrie ! 



PIN- 




POR EXAMINATION OP STUDENT8 



mSTORY OF THE UNITED ETTAI 



FriawUi>lU. P. 5. 



.TEB^^H 



Uaw are tfae United Suica bomided I What ta thc Imglh 
oTLheieacoiuitoriheUniiedSUilesI Hanlongbiisiacsthii 
CDuntty WI9 dbcovered ? How long unes il niu »ided 1 
How long aince il Iiu been independeiiH Wheii doa* 
American Hialory i»>mnun» T Who were the orignal in- 
habilann oT Ihe «untry I Whnt ia ths fint epoch oT 
Americun hisloiy ! — the eemnd î — the [hird 7 Of what 
doea the suthar pnpoae la trest berurs entering on tbe» 

DicotaxTtei et navigalion» de» ancient par t^iport ov 

Nouvrau-MamU P. a 
WhBl pooi^B fint devolBiJ ihenBolve» lo Ibreign coro- 
merseT Wherfl û Egyptl— The Arabiui gulf!— Indiat 
Where did Ûiey Irade 1 Why did Ihey abandon dktsnt 
eipediiionaF Where ia Phenicia T Why did the Pheniciana 
devuto thenuelrei to commerce t Whai did thoy hecoroe ? 
How Taf did they aail t What neighbouring nation Isamed 
Gomnierct rrom the Phcnicinns ! To whu did Ifaey «mline 
Iheniselïea! Why! IVhal colony of Ihe Fhenician» ba- 
came aeiive merchantsl Where wns Carlhoge ntuated I 
What counl/ÎDa did the Canhagûimn tnetcbuu^ -vsaA 



280 QUESTIONS. 

What islaiids did they discover? Wl^ is said of thoM 
islands? What is said of the PeripluB of Hannof What 
Afirican voyager is described by Herodotus ? What Toyageit 
does Pliny record? What -was the object of the Grecian 
voyager? Whatis said of the Romans? What did the 
ancients believe about the zones ? What was the e^ct 
of this opinion ? What countries were known to the an> 
cients in Europe ?— in Africa ?— in Asia ? What was done 
by Ptolemy ? 

Moyen Age* P. 11. 

What is said of the Arabians?— of Spain?~of the Ve- 
nitians? 

Treizième et quatorzième siècles» P. 12. 

W^t vo3rages ezcited the love of adventure in Ihe ]3th 
and 14th centuries ? What invention took place in 1302 ! 
By whom? What was its effecU What is said. of the 
Normans? 

Quinzième siècle. P. 12. 

What is said of the art of navigation? — of the Portu- 
gueee? Whither did John I. of Portugal send vessels to 
make discoveries ? How far did Ihey go ? What disco- 
veries were made under the direction of Prince Henry ? 
What was the effect of thèse discoveries ? What was ef> 
fected by the Portuguese under John IL ? What was the 
principal object of voyages of discovery iii the 15th century ? 
Who first attempted to go to India by sailing west ? 

Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. P. 14. 

Where was Columbus bom ? What was bis profession ? 
What nation did he serve ? Where ? What prools did he 
hâve of land being situated west of the Atlantic ? What 
Project did he foirn ? To whom did he fiiat apply fiv pa* 



tnmïgDt How WH hia oflèr treïted } Toinbom did ha 
neil opplyî Of whal treachery were the PortuguesB 
guilly! Whiiher did Columbus send bis brolherl To 
Vihax Bovereign did ColumbuB himBelf neil apply T What 
waa the resull! Whence did he BoiU Whenî Wi* 
how many vessela 1 What diflïDultlea did be iomE în hû 
voyage' Give on Bceount of iho finit discovory of tha 
landl Of hie laking posBesdon oT the ùland r Whendid 
ihis happenî Where a iho ialandî Wlml iBlanda waro 
next diHcoïeredl Wliat hsppened lo Coluinbiu on hù 
voyage home! Whal characierinic anecdoleia relMod of 
hiDiiI How WI19 he rewarded on bis retum to Spoiat 
When did he discover Souih America ! Whal tnwODeDt 
did he receive ta hie ald sget 

DtaKiterta det Anglaii en AnUripie, F. 19. 
What wss Iho condition of the Brithh marine in the 
reign of Heniy VTI. I How ia il compnred wdth thcss of 
Spain and Portugal? Whom did Henry VTI. send outto 
niake diacoTerieBl WhenT For whal purposo! Whst 
dincoTCrica did he tnakel Who diacovered Floridat 
WhenT Whal abeurd Blocy did the Caribi make Juan 
Ponce de Léon belïeve! Whal wna the gresl diacoveiy 
t>f the Hlh cenlury î— Of the 15lh! Who would bave 
been fini diwoverer of America, if Columbus hnd nolt 
Who diicovered Groenland? WfaenT Whal diHioveriea 
were made in Canada? Bywhom! Who broughl a Ci- 
nadianlo France in 1509? Whal hindered Ihe progrès 
of diBcovery by the EngUah in Ihe reïgn nf Henry VTI. î 
or Henry Vm. Edward VI, and Mary? Wbflt waa tho 
policy oT Eliiabethr What wna donc in hor reign by 
Frobiiher, Drako, Gilbert, enâ Rsleight Why waa Virginia 
*a called î What hefell the colony ertabliabcd there in 
ISTSt When WB« Iho fiittkiiiWKiwiïvtiBv'wKï.V ■^™" 



QUBmoini» 

Bmdi tune elapsed between the fint d k cov e rie e and Hkè 
fint tettlemento of the Englîsh in Nordi America T What 
change waseflfected bjr CSwnold? When! What plaça 
didhe touchât? 

De r Amérique et de tes HalntanM, P. 24. 

Who bad explored America? How doea the hktarian 
deacribe itf Whidi is the most intereating portioii of itt 
Kyw are the aboriginal inhahitanta of America deacribed ! 
How are tfaoee of North compared with dioae of South 
America ? To whom do the Indiens abandon Ût» cultiva- 
tkn of their lands ? What évidences of force and intelli- 
gence do the Americans give f Ib the origin of tfie Ame- 
ricana known ? What reason bave we for snppoaing diat 
America was peopled ùoai the North-Eastem part of Aaia. 



SECONDE PARTIE. P. 31. 

Whïx did Qoeen Elizabeth die ? Who succeeded her ? 
How did he divide the North American colones ? What 
territory was poesessed b^ the Lond<m company ? What 
remarkable rights were granted to the colonies f Did the 
componies of Londcxi and Hymouth act separately and in- 
dependently of each other ? 

Vilenie. P. 33. 

Who discovered Chesapeake bny ? When ? What town 
did Newport found ? When? How many cokmists did 
he bring ont from London ? How did they treat captain 
Smith ? What compelled them to give him the chief cran- 
mand of the colony î What was the eflèct of Smith*8 ad- 
«w i s t ra ti o n of aflbirs? How was he taken priscner? 
Wbêt adrentore bad be among ^ilhe AfiâÀanaX '^NVai 



Whst u 



iho coiony on tiia rctum 1 Whnt Mveil il I 
^ky diBcovery divfrled the alMnlioii of the 
coliHiisU froia agriculture V Whal wu ihe conxKiuEncB 1 
Wbal Bved Uie colaiiy from periahing b; rumine f What 
dacoreriea did Smiih ranke 1 Whal wu done li>r Ihe co- 
lony by Jame« I.f Who was nade goTcnwrl Whal 
befell ona or Ihs veuels sent oui under Gal«, SumiDen, 
and Newporl I Whm occBiioncd SmiA's retum to En- 
gland f Whal miironunes lôllawed, at\er his deinrturel 
Td whnt numbcr wna Ihe coloiiy reduced in sii monUwl 
Who itow amvBd fiom BarniudaBÎ Whsl wbji reiolYed 
on 7 Whst preventod Ihe abanduimoiit uf (he oolony I 
WhalwaH lord Delanare'a chuiacler? Who udminiilerad 
the goveminenL afler bia depuLurc ( Whnt in relDied af 
Mr. Rolfet Wliol important chnnga was modo by go- 
veroor Dalo I What become ihe slaple article produced 
in Virginia 7 Whal naa donc lo avoid Ihe heavy dulie* 
laid on tobncco importcd inlo Englsnd ! Ilow were ilavei) 
Gnt ïnlnduced inlo Virginia? Whal Prenchman had 
(brmed s colony in Canada t Whcn ? When did the French 
Ibund (he Hltlemcnl al Cape Breton 7— ai Quebac T— al 
Rm RuyalT Where nu Pari Royal? Who look it lÏDni 
Ihe Freneli? Wni lie Ijlnmed Ibt Ihia? Wus the colony 
reoivered liy Iha Frencli ( Wliat olher colony did Argal 
Mark ? Did Uie Dutch nftenrarda eonfirra Ifae Irealy ei- 
loned ftom thom liy Argal T Who wai mnde caplain gê- 
nerai of Virginia aller the ilealh of lord Delaware! 
Wlien ? Wfaal very important ereat octurred diirlng Ihe 
Diluiiuùmlïan uf Yatdieyl When did the Chamber of 
BursecMM or Hou» of Burgeves of Virginia lînt «laimn- 
Did Iho colony proaper onder thii go- 
1 chief «ucceoded Powhaton I What 
^ did he hyl When waii Ihe siuck madoT Wbal 
'1V*Bd a imall pKrt of Iha peuple ? 



L ,toldi< 
H'wndt 



8M <iux8noif8. 

terenged! Wbat wbi done by Jamflf L in lG23fMBf 
Chailes Lf How did he injure tfae llberties of the ooli^ 
imtêt- Tlieir commerce? How wbs govemor Harvejr 
treatodbjrâiemf WhyT Who succeeded Harvey f What 
WM lus characterf What privilèges were granted by 
Charles I. T What waa their eSEBCtt How did the ookmisfi 
show their gratitade? What wbs done bjr aie porliament! 
What bold step did die oolonists take during <M\er Crom- 
well*s administratioQ of the govermneiit of £iigiaiid? 
What saved them fiom chastisement f How were the 
oolonists oppressed hy the ne w govenmient T What were 
the provisioDs of the act o£ navigation T How were thejr 
evaded f Who formed the design of rendering the colony 
independent f Did it succeed f What misfiirtunee maiked 
the year 1675 and 1676 ? Give an aocount of Baoon's re- 
Tok? What were his motives? What took place aiter 
tfae deatfa of Bacon ? What law was passed under go* 
TemorColepepper? What was the population at the time 
ef tfae révolution? 

MaryUand. P. 4a 

Who setded Maryland ? When ? Why viras it called 
Bfaryland ? What was the first town settled ? Of what 
did the Virginian planters complain? Were their oran- 
plaints regarded? What was <Jone by W. Ckyboine? 
What increased the population of Maryland? What 
change took place in the govemment in 1639? In 1650? 
In 1641 ? In 1651 ? What was the population of Mary- 
land at the^restoration of Charles II. ? 

Caroline. P. 50. 

Who first surveyed Floride? When? Inwhatookmy 
lid Elizabeth include it? What was done by Francis L f 
Vhat design did admirai Coligny form ? Wheie 



ï 



•etHement form^ J Whfit was dune by Luudoonièna T 
What clid he 1^11 liLs fort I Whal bgrberuuj set vm) doue - 
by Uie Spani»h leiilara iii Flondaî Wlio reïcngod itt 
IIdwI Whcudid Iho Eogliali senle m Norlh Caraliiul 
Who letlled IbU lint cnlaay on Albemorle eomid I W1m> 
■oUled Souih Cacoliua ( Wliat vios tbe oiUMit of llie two 
Canlinas. IhpD I Who inode a caniiitution Ibr Cnrolina T 
Whal WDS iu ehnracierî lu ctTeel' Wlien waa it re- 



DEUXIEME SECTION. P. 54. 

VfnEUX waa Ihe lint intablishmeilt in Navi Englond U- 
lempledl SuccEnfiUly T Who firal iumeyed Iha conet 
of New Engiflndî Who natoed ihe roimliyl Whal 
hindered iba ptogresa of English coliniu^on I Whal ma 
done hy Hanry VIIL I By Edwonl VI. f By Mary f Bjr 
Elizabotlit Bythc puriiana! By Robert BrDivn t Whi- 
ther did Ihc Brownïitj lirai llco î What comiiony graïUed 
Iham a tonilory ïn Tiew England I 

NeiB Plgmoiah. P. M. 

Haw many DrownisK eaiiod from Holland lôr the Hud- 
aon river in 1620? Where did Ihey land and lôuiid a 
tawn ) Whal wsre die law-i of Iha colany t Whnt ar- 
rested ibe progre» of ihe colony t Whal wai in popula- 
tion 10 yem aller ils actdemenL Ta whal colony wn it 
(inally uniiod. 

MttuackutOl. F. ST. 

Who Htdad MawiDhuKttiT WhtnT Wbence vrai 
in nime derived t Whal were ÎU Tint twa town T Wliat 
■BUKd ihe vitlruiy tn inrresia I Whal lini 



What thra» towiit weie next MCâed ? By 

dfe» oogiB of tiie represeniBtnw g» 

f? Wbat decree 

L? Wk» iMfgnitffd to 

«Tcnted fie 

<wt in 1638? Win 




P.SL 
î 



of kivd» Sk^ and 



< llMtMHtl d? 







of tii0 Oonnecticii 
did dk» Paqpod» 



dof 



du 



Wh»a«aie«i >Jew Ha 



P. 63L 









"1 



sm 

Englah Hoate of Communs favouc Ibe colonieaf Hmv 
WBa ihe lâïour repaid î WTial office web givcn to Wuy 
widi î Whal remnrk i» made noiipeming ihia rrnnsaclionl 
WbBl fOlonieB uniled ! For nbat purpDae 1 llnder whBI 
narne ? ITndor whitt conditions! How long did iho union 
luil Whal coluny was eicludcd? WhyT Wluit ww 
dons in ]6â2I-4n leSOÎ-'lGS! î Whal passed becween 
MsssBChuHetIa and the porliument ? Wbal dÏBsenBlona 
)«oh place I What roUege won cncoumged ) Whea had 
il been Balahlished î Whal eervod lo aiienaW Mama- 
chugeiu fram the molber counlry? Wben was Rhod« 
Island chntleredî Conneclicnlf Whtttcolonywaaunilod 
wilh Connecticutl 

Nea HampihiTt et Maine. P. 69. 

Who becaine propoetor uî Maine ' Who of New 
HampHhire? When? Wlio foiuidal EieWrt Wharel 
When I Wbo built Dover, N. H. 1 Whal bscomc a eub- 
jeol of rjïapate between MaanacliuBenB. Mmne, and New 
Uamp^re 1 How waa Ihe nutiler aoicled I 

A-eio York et Nae Jaaey. P. 70. 

What hsd baen dnne by ihe Dutch in 1609!— in 1655! 
Whal waa the eitenl or their pometnions I Who eipelled 
them ! When ! What waa ihe counDy called 1 Whal 
pnrtWBB given to Berlteley and Carterelî Whal Win il 
caljsd I Wilh nhom waa a treaty made by ihs colony of 
New York ! When wa« ûia colony retaksn by the Dulch î 
When realored ! Whom did tho duka of Yorit «md U 
goïemiif WhenI WhalcneUBd! 

Suile de thiUniTt dei cvloniti du Nord. P. T3. 

Whal waa done by Charlo tl.t Who reaislcd Ihil f 



QUEffnONS. 

faif wan ? What was done hy James II. ? — By governor 
Andioas? Who rebelled in. 1689? What saved them 
fiom punishment ? What was done by the colonies of 
Riiode bland and Connecticut? What new colony waa 
iôrmed? 

Petmsylvama et Delaware. P. 75 

How did William Penn obtain a grant of PennsylTania 
fiom Charles ? From the Indiens 7 When did he fimnd 
Fhiladelphiaf When was Delaware made a separate 
coksay f What distinguished Pennsylvania fiom the other 
colonies ! Who exerted themselTes to abolish slavery ? 

ConddèrtUions relatives aux deux premih^s $ecH(ms» P. 77. 

What dœs the colonial history of America teach us 
conceming the aborigines? Conceming liberty? Con- 
oeming the means of obtaining independence ? Concem- 
ing govemment T 



TROISIIME section, p. 79. 

Who gave Massachusetts a new charter? When? 
Why was it not satisfactory ? Give an account of Leisler's 
rébellion in New York? What was the cause of the 
French annoying the New England colonies and New 
York ? Why did the French count Frontignao fiùl in an 
attempt on New York? What number of French were 
slain ? How was this revenged ? Who took Port Royal ? 
Who fitted out an expédition against Canada ? What de* 
featedit? What further exertions were made in 1693? 
What was done with respect to Acadia (or Nova Scùtia f) 
When did hostilities cease ? When did they begin again ? 
Which colony made a separate treaty with the French ? 




riglil of Kuing ! \Vhal nra^iuit is given of iho supposed 
wiiehcraft in 1B9Z i WbaL was done by the propriplora of 
New Jenej in ITOS I Whst Hccoiint is given of Ibs neit 
S5 yean F Wbat ailvanced mpidly I Whii tmupired in 
ni9! 17!0!, I733I (1720—17211) 1728? Whal hap. 
l>enodliiMiU7landuil6S9! In Virginin, 1899? In Neir 
Yar)!.17MI InCorarecûcal. 1701 ? In New Jersey. 1738 ? 
in Muwi^htuetU, 1704! Rhodo blnnd and Nnw York, 
17331 InPenney]ïania,l()99f-1718f InVeniionI,17Mf 
New Ilampeliire, 1727? 

Élat de h Catiiine à la mime Ipoque. P. 66 
Who disturbed the colonisbi of CnroUnn! What at- 
lc[nptwn«mude Ûin02? Su<^c(^arully I VVhst enaued f 
What mâlonunD. tiappenod in ITIZI Whal tbilowed Uie 
massacre ! Whithor did Ihe Tuiraniraa go I Whal did 
governoc Jubnua aitempll Whal look place in 17S9I 
Tn 1T41 1 Tn 1748 1 

Oeergie. F. 89. 
When wasOeorgisMOladl By nbont 
Cardmt et Gicrgie. F. 89. 
Wbat allempt af Ihc Georgia Eelllen biled I Wbat nl- 
lempt of Ibc Spaniorda failed l 

Suite de thiiloin gitiérale da coljnie» j'mju'd la Tiadtdiiia 

d'Amiriiue. P. 9a 

WhRT Enropean warinvolved Ihe mlonies of Amerioa f 

place did Ihe Americann lake ? Wiiat woi tbc con- 

nrainn-M! In 1716! Wiint happened in I74Bt 

What dÎKDTenea n*ere niade by tlic Frencb in 1660) la 

"■ ? Iq ma* Whal waa Ihe eileiil of tlio causai 

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«f«4 flM BrilUi Md 
JnlTBftt 17W«iidl787t 
bfflMFiMidif WlmBriliih 
IkmhurfhÊtdkgfmee tûmi ûmBt WhHwM dam Ijy 
MnlDlTWf In 1787? Wliiitfii|wdidflMcnlorLoiidoii 
ntefaiN^wEngtaiidr WhtyiiiMiwwHiaMiiumttc 
FMMkt WbooonmttidadâMEiii^iimiwinditook 
Qatbtet Whtt li rdaled of WoUI Qf Montealmr 
WhttgiMtpRmncewM an» gainedfiom Fiance t Whî- 
th^rdidtlM French retire? What obkoiei did diey and 
Um Indiam diaturb ? What reanlted fiom tiie evacnatioD 
of Canada? What happened in 1763? 1764? Whatnew 
terrrilories were eiplored ? 

Omêidératûmi Ctémiraieê. 

What waa the oharacter of tfie AmencaBi? How had 
they leamed their own atrength? How were they op- 
prewed? What were âieir notioiia of libeify?-—parlîa- 
ment?— taiet?— What did they begin to deaire? Who 
IhUtered Uùt deaire ? What cauMi made the revolutioa in- 
•Vkablef 




TROISIEME PARTIE. 



Caïae de la molurùn. P. 103. 
Wht ware Iho olhrr powpn nf Europe jealoua of 
fiaglsndt Howdid thsy eicils the colonialaiodiaconteiilï 
Bow mu Iho AmeHcaD commerce iujuredl What wu 
(laoa in BaEUn iii 1764 1 What woa doue by Ihe Briiiiti 
SOïofnraenl wiOi respect lo commeree I— monej I Whal 
wu tho effoci on tlie rolonisiaî What wïa loid Bule'i 
design I When was Ibe slamp act passed ? Whdl djd 
Franklin «y ? Thompson ? How wbs the newa of the 
Blnnip aci receiTed J lo Virginia what «na done ? In 
Boiton t In Rhode lelniid, Connecliinil, and New Bamp- 
■bire I In New York t On the arrivai of ihe nenifa 
whai n-aa done I In Fhiladelphial InBoalon! In New 
Torkf Who fomied a compact! What v.im donc wilb 
jeapect lo Briliah n^anu&cmrea F Wlio proposed a ge^ 
neral congrsas! Whera did il mcel t Whal was done by 
Jlt How was the atampocl reaialed' 

Rtmcationdtl'imp^detimbTt.^t. P. 111. 
VhnlchangB louk place in (be Briliah rainiaOyl WhO 
WtBcked iliB aianip actî Wns ît repoaledl How wn 
the newi reccived in America î What wos done in Mas- 
BchoaeluT In Virginia F Who oppoaod Ihe artnOïry 

hid by parhament ! What whb placed al Bouon ! How 
did ihe culonbu regard the duty on tce-ftc-T How dïd 
diey DppuM ihe lawl What coueed a lumuli in BoMonl 
What waa donn by Bernard? By (he Bostoniaiw? By 
thBliwpcl BytbeEngliih ]nrliamential7<<sr— In ITS9? 
By ihe Vlrgirùaaaand Ihe other cnioniUi I By Ihs aranm- 



UfêiU i m 1 

UMmwêmmàtmctn Whidb 

mdMjudMMlcmiftr 

UtUettjtdàJawm. P. 117. 

WbtlWMdi»ilirt0of dofiialTnf InlT»? 
Mfioaf fWinMfticin took plaee in BortOK in 17781 

Whtra wat dM enngi— to meetf Who 
SMMQfVf WlMt «w doiM ÎD Bortoftt Whit 

Rgmdon au eoHgrég geiierûL F. llSl 

Whtn dld flM ginenl eaagnm i— Mtf 
WhttpowMiWlRVglTeiitoitbydltflMitr Hdw; 
éi^BtliiWtMtlMM! HowdidthefbegkiAcirliawiiRr 
Howdklthafiirooeêdr Wht wai ÉwirmoU iwnQiiaUe 
iolt Wm U g«nerally approredl For what did the 
pioviiioof proptra 7 Whtt nvtm dom by aie royalists oi 
N«w York? What took place Feb. 1. 1775 T What en- 
iUiMl? !>> what wai the Ëngliih pariiament inclinedt 
What dId Chatham wy ? What wat done hy pariiament T 
¥fkkt itroparalioi» did the AmericanB make ? For what 
éM Itmiral (Uifie Mnd troopt to CbnoordT Give an ao- 
MMtit oT what fbllowod ? After tfae batde of C6noord and 
lipxliigtim. what meaiurov were taken by thè New England 

What rity \%*iir h<MÙog«d f What waa the efièct of the 
liew« of t^oxinitt^vi battlo f What paased in New York f 
i» l>Mrolina f IViuwylvanki f Jeraey and Maryland I In 
ViiiHilaf InBoalMir Wliat happened Hth Junel775? 



Hon manr | 



Expédition lur lei laa, ^. F. 1 

WhBl twD générais marched (owarda CniiBila 1 What 
IbrtB did thay teke î What -wa» done in Mnsmchuietn ! 
Where àiâ ùie second congroB» assemble î What was Ihe 
ntuation of afiaira T Whom did they cboose for Gommandor 
in tbief of Uie American anales! Wbat was bis chatac- 
wrî Wliere did he join ihe annyl What was hia lîni 
care T How did congreffi croule Tunda 1 What other avt* 
of mngiBBs are raentioned f Wbal îlalo joined tliB conra- 
deralionf 

Eforii ât dmr* gaieimiiari en/ancBr d« ringte- 
lem,^. P. 132. 

Whatwaa done in Vu^iakl S. Carolinat N. Cuo- 
liuT PenngylvBnia! New Yotkl Muryluid? New- 
Jeneyl Connecticut, snd Rhode Island ï New Hatnp- 
shire T Wbat news came fhim Englnnd 7 What was the 
(he conséquence ! Whatwaa paaiing in Boston T Whal 

Wlien waa Bueton evacualed by Ihe Britisht 
Oaem de Canada P. 137. 
Who commandoil the eipedilioti lo Catuida! What 
eouree did he Iakn I Whom did he raecl ï Whal is aaid 
of Arnold I Of Washington ! Whal was the resuli of the 
Bltcmpl to Blonn Québec ! Wbat is laîd of Montgomerjr 1 
Wbat nas Ibe roiult of thia eipedilion lo Canada l 

Diipoiîiiaii da eipriu en AngUierre, ^c. P. 14L 

What wa> the atale of pnblic feeling in England t Whal 

•awB incrmaed Ibe aaïuBtion T What Ull was jxuud in 

parllatnentT How and where were Imk^ raised by Iha 

2^^% 



QVtBtîOfB- 

h gDvernment 1 WhaC genonilB and admirai* toot 
RiidB 1 WhDt tonk plore in Norlh Camlina ! Charlea. 
1011,8.0.! Virginia! NewYorkf 

Priparatifi du congrh, ^c P. 144. 

How mony vesflela of war were builtï Wbo UxA com- 

DUDd oT the AmerïcDn navy 1 What ïs eaid or Franklin î 

of Paine t Wbal niu decreed by cnagrew I WtuLt oBicera 

nunioa Ibr doclantig Ihc United Smiea indcpendenl or 
Oieat Briloin I Wlio oppwed it? Whon was Ihe decta- 
ntion of independencp announced ? How wos il raceived 
by loe people » 

Coatiiteratimi GinifoUa. P. 149, 

What il asid of révolu lions ? What was llio stato of 

N. America bcfbro the rcvolulion? What caused thaï 

BTGnl ! What was ils rharacter ? Ils eBècl I Wbat oct 

■Ocompliahed the révolution I What remained la he done t 



DEUXIEME SECTION. P. 152. 

WHEIKwsa gênerai Howo? Wilh nhom ? What force 
had hel What was Ihe ptojeec of the Ënglishî What 
yns dotis hy Washington ? By Howe I Uow were bis 
overtorea trestsd t^ Washington ! Whnt nas Ihe reiull 
of Ihe action on Long laland ) What losa to the Amerï- 
cam I What cily was abandoned M Ihe Enghsh I What 
wu tha e^cl of this chock on the army T What aart of 
troopa did congress raÏBo T How J Who proposed poace I 
What pravented il î What was then dono by Howe ! By 
Washington? What two forts did the Ëngiisb take ) 
What propertyl What slUle was cipoted î What was 
Ihe comequenceT How did Washington operatel Whi- 
û;er did be nttiaatl 




ntdaginindanurricaial^e.^. P. 197. 

Whal Of^caaioned the En$;liiih to delay Iheir BitHck i 
Hùladelphia ! How did Washington iniprove ihe Cimi 
Wha usa capRiiedî Whal wi» dons in RI 
In Canlïna >nd Vii^iniu t How did the Indiens fare ïa 
thair war ! Whal waa pasaing on Iho noMhern fronrier T 
WhBl waa iha slale of affiùn in New Jeraoy I New York 
and Rhode Island ? Tn Iho Amorlcsu anny ! What waa 
doeieed liy CongresaJ Wluihei was Ihe Congre» re- 
moved I What was iu fini act there J What wera iH 
olher acOt 

Dispomtùmi de la France, ^c P. 161. 

Wbat naa passing in France 1 Spaïn ? Wlio wera sent 
cnt lo France I Fur what purpose 1 IIow was Franklin 
IrestetI I Whatdelafcd Ihe ackuoitlodgnientof American 
independence by France 7 Wïio oSered hïa aerviceH lo 
Franklin and the oibor commiasioners 7 What ia naid of 
lAFayeltol When did hs go lo Anierica! Howwaehs 
«oeived ? Whal other officeis ftora Europo servad on Ibe 

BalaSU de Trenton, f c. P. IH. 

Whal wMdona by Washington, Decembef 25? How 
Uany G^nnan troopa wcre captured 7 Whel rvaa the ef- 
ftcl of the hatde of Tronton I How did Washington ako 
^ranlage ofitt Who wero nearly driven mit oT New 
Jeneyl What (bllowed iho retum of Corignws lo PhHa- 
driphiaT What exploit did gooeral Barton porform I Who 
■roded a baille t Who rotired lo Slaien Iihind f How 
/Sa Waihington emplo; biinielf ? 

Can^agja de Canada, i/C. F, 166. 

Wh«t£]igliBh gênerai comnuuided in Canada! What 
li i^ of hii annjF I Whal Ibn did he Isket Who oi}- 



|ned hira? What hnppened at Beraiington I Wbo MM 
reiaTorcemenU lo Ihe norihem nrm)' 7 Who look coimnand 
afiil WhaLbappeasd LnSepIeDiberantlOcUiberl Wbal 
mis Burgoyne'a einiaiioul What naa he obliged la dot 
Wbal wos Ihe conEequence ! Haw iras Gain nwaided I 
What bluader had Howe commiKedï 

I famée de HoM!dibarjue,^e. P. 170. 

I WhalwBS done bvHoweï Who nenl lo meot hunl 
matfBilowed! Who wim wounded al thii balUe 7 Wbac 
cily nus iakeaJ Whilher did CoDgres relire! Whut 
wa« dono at Gennanlown î Via» Iha confidenca of Con- 
gre» in Washinglon diminished I WhalissaidofSlepheiiB? 
Greene and La Fajene ' GoWa ! Of Ihe Americsn amiy 
at Valley Forge! Of La Fayelle! Henry Clinton' 
ChalhamT The minJBtryî Whal newa oecadoned the 
French to embrace the cause o( Ihe . 
B>Tt of treaif nm mode wiEh France 1 



\ 



SECTION TROISIEME. 

taFrmcedédarsIaGwrrcàrAjigleltrre,^. P. 177. 

What did Ihe king of Enghmd wsht The Englbh 
publie ! Whal ia «aid of the Engliah cahinetl Of Chat- 
bain ? Of ParUament 1 France I D'Eelaing ! Byrau ? 
Keppell Whal waa Ihe (irai ad of beatiUly belween 
France and Englsndi Who waa sent as amboasador K> 
the TTnited Slatcs' What waa poesing in ihe Uniled 
Slalea I What did the Engliah do ? Who purauinl Ibeia ? 
Whal Oansiûred at Mnnmouih ? For what vraa gênerai 
idl Howt WhanademnaHempI on miDde 



i 




! Wlinc caueed ils failure? WhaC tranapired in 
Bulan ? WhBl was ihn conBi4:|itf niie o{ Oie diaasler in 
Rbods lalmul ! What ia relnied of La Fafelte? GitBid 
daRayneïttlî FroiJilinî 

Campagne da Français, ^c F. ]S3. 

What waa dune by d'Eataïng ? Tho Engliih gênerai» I 
Whal town àii Ihey uhe in Georgia! Wliai lown naa 
^luidonedlalbeaif Whal pawod at Brior Crei?k I Whal 
yna done by the royalisia } D*li^fltaing ? In whol did "be 
ftil) WhofBllatSsïennDh? Who euceeeded d'IXiiiiig I 
OpenHioBi des Anglais ou centre. P. 1S6. 

Whal wa» dono by CUnton's oHicets in Virginia f In 
ConnecticnlT Who look Slony Point from the Engliaht 
Who masBacred the Américain al Wjooiing î How wi» 
ftÎB pevengsd î By whom! Whero waa Waahinglon! 
How vmated ( Whal wae iho stole of ihe couniry ond 
Oiecuuae! The curroQq>? Wbnt nalion Uiok arma iôr 

Situation de FAngleleTTe, ^ P. 190. 
WhalwHslhDBlaicorEnglnndl Wbslnntiana leagned! 
Tbr whal purpœel How did Ihe Englidi show Ihoir 
l^tl What waa Ihc itDio of the Engltth army in New 
TorkI InlheSouIh! Who altacked Chariealon, S.C.Î 
irbodefendeditT What nas the reaull ! Honweralbe 
jrinncn lient«dï Whithor did Clinton reltunt tVho 
■BCcoeded hini al Chnrleslon t How did ho behairol 
BnwdidlheperaoCDlGdCaroIintiuul ThoUdteit Whal 
touupired in tho Weii Iiidiea! In Europe! In fha 
«alh«m Slalea? Whnt nos doue by La Fayette ! The 
AmerJCBiu t Hochambcau ! CHnlon 7 Wonhinpon f 
Gateal llie CnroUniaos j ComwiLllii? In what did b« 



RelatAifa 
havB after 
wallùt G 






d- Arnold. ^. P. 199. 
nold'a 



1 be be- 



WliHi ÏB laïc! of genpral I^hUo T 
10 ! Tho b»tllo of CowpeiK? On whal 
le odvaace \ Comwallia T Whai vias àaae 
iaCumlinat Virginia T AlHobkirkl Kinsty-râil Eu- 
Un Springi î Jmnesiown ! Whal wu ihe resull of thû 
atnpalgnT Whsi places did ihe Britiah bold ! 

Varialimtdete^rllpuaic^c. P. 20S. 
Wbat was tbe condillon of tbo Americani T The anny ! 
The Ireasuiyl Who wos made treanurert How did he 
nÙM Ihe publie crédit ! Where woa liera n mutiny î 
Hown-ai itlerminiiiedl Wbero onolbcrî How endeJ! 
WbuL powers vivre opposcd lo England ? Wbal v/aa dono 
in the Weat Indi» ! The Medilcrranegn I Cape of Good 
Hopel GibmJuut St Cusiaiie î Doggerabank ! 

Washinglon K porte en Virginie, ^c. K206. 
Wbat Frencb gênerai and admirai cotnmandod the 
Frencb tùrrea in Virginia? Wbat femt wai made by 
Waahinglonî Whal accldenl fiiïoiired itî Whither did 
WasUoeton marcli I Wby did noi ClinlDir fùllow f Wbo 
«itered the Cboaipeake î Thon whither did Washington 
BUTtih I Wham did ho join tbers 1 Wbat place did they 
benegel Wbo defcnded it! Fnitn wbimi did Com- 
wsllia Bjpecl relief! Whj did be not receivB iti How 
did be try lo eSêct diversion nf Ihe American Ibrces fnim 
Yorktawn! Whatissaid ofWashinglonI Clinlonl Vio- 
raenil and Id Fayette ? The besieged ( Wbat dme did 
ihfl Knglish Uemond for dcUbeiation T Huw niucb wu 
■nntedl WhBtwmlhereault? Wbat fell lo the Freach T 
Ta Ih* Afiiericanat What bsppened munediately Bfter 



erJ HowwoslhfinewareceiTPdl WhalwM 
dons by Congms? The Stoto aieembliei i De Gruiet 
WnBhJEponf WhntwasDawilioamiBOf nfiainl What 
ia raid or La Fayette ! Congress I 

CliaHgaHiit de Mnitière m AngItUm, ^c. P. 210. 
What ob]iB;ed lord North aiid hia coUeDgaea la rsdgn 1 
Whonicceeded ihemt Whatdid Uiey aiicm[itl Howt 
To whomdid IheysucccsBivelymake pittpotdtkiDs) WbaC 
dïd Congren déclare î What «ucceasea of Ihe Englîah 
enabled Ihem le tnml Ter pence wilheiit iitterhumiliBlioat 
Whal new Cagliib miolaler look aflicel Whst dïd he 
percBÏve! Whithet weredeputies sent! Whom di J Ihoy 
oieel there I Whca wos Ihe provisieniil Ireuty ligned T 



beaties rigned I What waa tliua accoinpliahed I What 
mlgecl ofaUrm temalnedl Who removed ilt Howl 
What dïd he then ila I Whithei dïd he relice I 



QUATRIEME PARTIE 

éuil des partit, ^c. P. 216. 
WHiTWMtheconditioQofthecoiintryf ITie traBory I 
The govenuneniT Whal waa done by John Adamt 
DeœribelhedifferenrooftwopoIiiicalpnrtieBl Whaluso- 
cïeliMi inu ronned I What ia laïd of Ihe old conlèdemioo 
oriheilalea! Of Virginia I MmachusetU ' NowYoricI 
For whal did Cnngrese ninuiiDti a natioiial conTenlianl , 
When did tlie repceïcntstivea of tiiB alnlei B«ombla I 
Wherol What did Ihoy présent 10 Ihe çooçls t What ia 



WOO OmBRIOMb 

«id 4)r Fnoddfiit Whtf iim accepCedf Wliat ctei^ 
diditefiêetr Wlwtdid it leeu»? How îb the gmrw» 
mentfimBBdf HowisthehoDW of lepreseiitBtnraB eo»^ 
■titatedt Ihb Mnatef How m die iodepeulfloee cf 
memlNn «( ^cinagwi KGniedf When does co n gw 
meet? What an ili powen? Wlwt are aie powen of 
dieeeQatof How can ba ceto be uwÉiu led? Howiiâie 
preâdeqMhonn f Where k tfie jnâkiny power TMladT 
What aii <he olher prorwong of die eona tituti oD? Whai 
Ynm di0 I10W gOTemmnit institated f Who y9U tbm fini 
ptmdeatl Vice-presideiitf What foUowed the ad op C m 
of thecxmsfîtatioiif Whatoflkeliad JefimoQ? HamO- 
tanf Knoxf What was doœ fay Ae fint eongrewf 
llieBeoond? What were the snbjecia of dispute between 
die pditical parties ? What happened in Penn a y l Taiiia f 

RevobitUm Franonae, ^ F. 8S4. 

What waspeamig in France f Who waa sent as mima* 
ter to the United States ? What is said of La Fayette T 
France ? Of the govemment of the United States ? Qf 
the political parties ? What is said of the French and In» 
dians? OfWajrne? Washington? The western states 7 
Pennsylvania ? Jefiereon ? Hamilton > Knox f Qf die 
treaty with England ? Of Algiers ? MissisBip]» ? ^pain ? 
Monroef Of the président? When did Washington re- 
sign the fxesidency? Who sacceeded him? Who waa 
Vice-presldent ? What conduct of the French minister of* 
ftnded the Americans? What was done in France? 
Where did congress assemble ? For what did they pré- 
pare? Who was made généralissime? What was the 
confidence ? Who took the govemment of France ? What 
was his policy towards the United States? When did 
Washington die ? What happened in St Domingo ? Maasa- 
fibnaeUf t 



l 



PrenâenceÊ de Jegemm et de Maditoa. fe. F. S33. 
WhBI ie ssid of Adanw'B presidcDry ? Ameticu) ccm- 
marcBÎ The public dobt? Direct laiest France and 
EnglandT Wha succeedod Adan» 7 The federaliriB? 
i-nuica! Napoléon! Ths deoree ofBeriinI Tlia ordots 
mmuncil! The decree of MilaiiT What did Ihe Ajneri- 
mudeliberaleoD? What û soid of Madinui ! Nspoleonl 
JtnpmonealofrailorBT lAsses? Parties? Thalndiaiu! 
General HamBonl Cominodore Rodgeraî When nas 
tmr declared with Eiigland! Waa it populart Whal 
ilïtea woro oppowd lo ihe war ! Why 1 What eonntry 
had been [lurdioBed of France 1 For what pries T When 
hsd Vennont becn added ta Ihe union! Kentuckyl 
TermeseB I Ohîo ! What had Fulion inveoled ! 



DEUXIEME SECTION. P. SSfl. 1 

WhiT wob ihc nanding anny of (he United Smtei t What 
wore Ihe olher mililary resourcea of tho country ! Tho 
mvy T WhaC vna done by général Hull ! Hairiionf The 
■nnyoflhocentrel Tlio nnnyof ihe north? Cnnmodore 
Chauncey ! What would hâve ensurcd Ihe aaoeeu of 
Ihia nunpaign! What ïs eaid of coounodore Rodgent 
Caplain HulH Of Ihe mbnequent ranriiime Bïploit»! j 
Congres ! England I Tlia Unilod Slaica ! Ruraia ! Na- 
poléon) Cungreas! Tecumechl Jackson! Harriaonl 
Winchester! Pniclor! York! Tho western Btateal . 
Cap4ain Perryl HarriKin! Teeumaeh! O'Beal! Wil- 
kiiwml Whal wmi psnaing in the Cheaapcak' What 
■iogular machine did the Araericans inveni t Wham did 
i( Uirilir 1 Whal Anterican ttigato m&de importaul cap- 
1Z 
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toMtf ttowt»— tbb fii^fah ieeli empto ftajl 
«MdODoinoo^IreMioDaoMdUritlMST WlnfraMiTi 
Ib^Ui ww ntafiatedt Wb»t Mpwwtf WkÎT 

«fcntiBokplayMioËani^t Whil wury^Miiil oft 
«M ^ïïgÊtâidd Ij fta AnHriooitt Wl*f Hw ém^ 
"éfâiii eipeeUtfknt Wfaitf ^vm îmiw tbi «M9al«t^ 
AmericHHt What ■bbobmm had litf FiigilA r%|j(ft(M 
âiflj thiMlmt Whrtiiw nowdoMbf lln|r|iilri|iadt 
WhatiMi doi» bgr oonmBdm BffDonnoqgbf :<fciiwil 
JadoNot Adflrfnl Goitemef Wkil dljrivai takm 1y 
ilii nmlàhl QfwliBtiieeeof IwifMrfniivere âi*fe^ 
Hdi jimiigtdltf diereT Bowdid flicyfiare aflim i ii^ 
intfafliriMpplon BaUiiBianf What attemptwM mnds 
t^ginaïamBBtottf Wliera «aa bn anny defeated, aad 
âiaBîiliAflaet captaredT ^n^hat lakaa Iwd tlie Ameti- 
cani taken tirom Ae Englidii' What ^vaa paaing oo tha 
oceaat WbobeattheKmliiemlndianif Whatplaeedid 
ha ftdBa in Florida? What news did he hear âieraf 
Whiâier did he proceedf What was tfae atate of thinga 
Hieref What is said of Lafitte ? With what iorce did tfae 
Snglish attack New Orléans f With what force did Jack- 
■on défend it? What was te nsnltf What pamed on 
Ûkê meeting of congress 7 What oBa of England was re- 
jected ? When and where waa paaee concluded ? Whas 
were the terms of the treatf f Efaiw was the news !•• 
ceived ? What was the eflfoct of tha war f 



TROISIÈME SECTION. P. 254. 

What was the state of things afler the peace of 1815 1 
Of thetreasuryf Theanny? What is said of tfae bankT 
Tbe £}rtiûc9tionÊt OfStDoimnQot WhatwasasolfMt 




SOS 

of diipute between France and tLe Uniled Stslet ? Who 
mielecledpresidonll Whatiaenidof hisfliU prendencyt 
Ofhi» second 7 The p«i[ile of ihe eBBlom btotaa ! Tha 
nul and Baulhl Ths lorriloriea? Illinois? Indianut 
Minonri! Arkansas! Alibomsl Floridat l^e treBl7 
oT 1S30? Jac^kwml The eitenl ofFlonduI Deecribe 
ttie Americnnflagî The rapreaenlalionT The lepalaSva 
bodiei of [he atales t Ponnsyl vnma and Georgia ? Pranb- 
liaf New ilampchire, PennayliBnio, New York, and 
Mosouii! Vermonl? MaBEnchiuotlB I Maiylondl 
Cacolinal Electionl Whalts tbi) qualilïnalionnf btoIot 
in Vormont! Whitt a xaid onlie aouthem alateal Of 
Louiaiana, Mirainaippi, and Tennessee ? How may s itale 
conaCiniuon be nmondcd I How it Ihe élection in parlicular 
«taies regulaiedl Of represenlaiiv« f Orscoatora! How 
il the executive of ihe glatea generally composed t In 
New Yorli > What ia [ha law with teapecl lo eiecutiTs 
officere with salaries I How is tho judiciary of the alala 
organized î The Snpiomc Court ? When was tho alave 
trade abolished in ihe United Stntea T How long belbre 
Ihs Britiah parliament made lawa apïnst il) What haï 
beendone towarda the abolition ofalavery in Ihe atateal 
What îs Iho atale of Ihe countiy wilb respect to religiont 
The liberty of the piHs! Tho joamala? Education! 
ThB miiilary academy ac West Point? The fieheneaf 
Conuoeiee I Le^ladon ? Punbhments T Mannen T 
Eipenie of govemmenlT The national debt? The fi- 
tuncîal syslem? Howis a rutiurm] dobi made a cneansaF 
petpelunliiig eiialing abuses in Europe î What is founded 
on Ihis déception J On whalis the •ecurilj' of the govem- 
meni of the Uniled Slatei Snmded t Doea Ibe wrilar oT 
this hisiory suppose thaï direct taies will become necewaiy 
in Ihe United Slates ? What i> Ihe puUcy wilh raapect la 
■ttndingsniiiea in Europe) In du United States I What 



■Ktoenedoft 



of thtAtncriran nnd Etmpeiin diplamacyt OC 
I jCtTwrfa ! Iduiâna < l.on ii ibe pmeni 
at àtt Ne» World niiapared wiifa its fixinn 
tWWt WfaW ■ Hût uf AmeiicsD Kiencet lavenliinaf 
liminiii I An*? OrSonth America! Chili and Co- 
titfiift f P«ni T BrBzil ?) Menai ? Europe oorapared 
«ttfaAoKrical WbenWBtheindependenceafColinnbia 
neogniied by ibe fniied States I What gresl qucaiiiHi ii 
ID he dedded I Whsl put wilt Amènes Oke I What 
ftinificUicnt are pnpuvd in Iho Uniled Staxea I What a 
Oh) gtmd nwuH ofddêo» I 



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